Courrier hebdomadaire n° 1139, par Herman Deleeck, 37 p., 1986
L’objet de cette étude est d’approcher la structure et le fonctionnement de la sécurité sociale par l’élaboration d’indicateurs sociaux. Dans ce cadre, l’accent est mis sur la description ’et l’évaluation de la situation, telle qu’elle est ressentie par les ménages, en matière de sécurité (ou d’insécurité) d’existence du point de vue financier et de la répartition des allocations sociales entre les ménages. L’évaluation est basée sur des normes de revenu minimum, établies par la population elle-même (méthode dite subjective). Les résultats de cette étude sont regroupés dans trois séries d’indicateurs. Les indicateurs descriptifs enregistrent la répartition des revenus sociaux. Les indicateurs de résultats évaluent la sécurité d’existence de la population ainsi que le caractère opérant de la sécurité sociale (description et application d’une norme objectivée). Les indicateurs de moyens mesurent les moyens mis en œuvre globalement et au niveau des prestations individuelles. Les indicateurs de moyens ont été élaborés sur base des statistiques officielles. Les indicateurs descriptifs et les indicateurs de résultats s’appuient sur des enquêtes réalisées auprès d’un échantillon en : - 1976, de 5.429 ménages, uniquement dans la communauté flamande - 1982, de 4.840 ménages, uniquement dans la communauté flamande - 1985, de 6.419 ménages, dans toute la Belgique. Les enquêtes effectuées de cette manière ont comme caractéristiques, par rapport aux statistiques officielles, de fournir des données par ménage. Elles apportent, en outre, des informations sur la composition et les caractéristiques sociales des ménages et permettent de tenir compte du cumul des revenus et des prestations sociales. Dans le texte qui suit, nous donnons d’abord des indicateurs de résultats se référant à la situation pour l’ensemble du pays pour l’année 1985. L’évolution au cours de la période 1976-1985 a été esquissée ensuite sur base des données relatives uniquement à la région flamande. Les indicateurs de résultats pour 1976 et 1985 ne peuvent être comparés que dans le cas de la Flandre, l’enquête de 1976 concernait uniquement cette région. En lisant cette étude, on tiendra compte de quatre éléments importants du point de vue méthodologique : le ménage a constitué l’unité de base de l’analyse et non l’individu ; le revenu considéré est le revenu total disponible du ménage ; le caractère opérant ou non de la sécurité sociale est jugé sous l’angle de la garantie du revenu minimum (et non proportionnel) ; les normes auxquelles nous avons abouti (les minima socio-vitaux) et qui nous ont servi à évaluer la répartition des revenus, y compris les prestations sociales, proviennent des déclarations de la population elle-même. En outre, les résultats conservent un caractère global, en dépit de l’ampleur de l’échantillon.
Courrier hebdomadaire
Apparences et réalités de la réforme de l’État belge
Courrier hebdomadaire n° 1138, par Franklin Dehousse, 38 p., 1986
Au cours des vingt dernières années, la Belgique a connu d’importantes mutations institutionnelles. En 1970, la troisième révision de la Constitution a consacré l’existence des Communautés et des Régions. Peu après, le vote de la loi spéciale du 21 juillet 1971 a permis l’entrée en fonction des Conseils culturels. La mise sur pied des institutions régionales a été plus ardue. Elle a été entamée par la loi de régiona1isation préparatoire du 1er août 1974. Elle a été poursuivie par les lois du 19 juillet 1977 et du 20 juillet 1979. Finalement, la loi spéciale de réformes institutionnelles du 8 août 1980 et la loi ordinaire du 9 août 1980 ont modifié de manière importante à la fois la structure et le rôle des Communautés et des Régions. La réforme de l’Etat belge a été présentée de diverses manières. Pour les uns, elle instaure un système sui generis, qui ne se rattache à aucune structure constitutionnelle connue. Plusieurs caractéristiques plaident en faveur de cette analyse : l’absence de primauté des normes nationales sur les normes communautaires ou régionales, la superposition sur un même territoire des Communautés et des Régions, le sort (ou l’absence de sort) destiné là l’entité de Bruxelles. Pour les autres, la réforme de l’Etat belge s’apparente à un système fédéral comportant des modalités particulières. D’autres caractéristiques plaident en faveur de cette seconde analyse : l’autonomie de l’Etat, des Communautés et des Régions, ainsi que l’exclusivité de leurs compétences.
Courrier hebdomadaire
L’accord interprofessionnel du 7 novembre 1986
Courrier hebdomadaire n° 1137, par Pierre Blaise, 36 p., 1986
Le 7 novembre 1986, les interlocuteurs sociaux concluent un accord interprofessionnel. Le premier ’vrai’ accord depuis dix ans, commentent la plupart des observateurs, qui considèrent que celui de 1981 répond mal à cette dénomination. Une convention qui intervient après six mois et demi de négociations, suite à la menace d’une intervention d’autorité du gouvernement dans les matières qu’il régit. Un accord interprofessionnel et national certes, mais qui se contente avant tout de fixer le cadre dans lequel devront se dérouler des négociations sectorielles ou d’entreprises à propos de l’emploi et de la formation des salaires principalement. Cet accord, tant par son origine que par son contenu ou par le processus de concertation dont il est issu, s’inscrit dans le droit fil d’évolutions perceptibles depuis la moitié des années 1970. Evolutions qui touchent au fonctionnement de la concertation sociale et qui se manifestent notamment au travers de glissements qui s’opèrent dans les relations collectives de travail d’une façon générale. Un ’modèle’ aux mérites souvent vantés et qui avait prévalu durant de nombreuses années, semble avoir entamé, depuis une décennie, un processus dont le dernier accord interprofessionnel serait à la fois un maillon et un révélateur. Ces évolutions semblent caractérisées notamment par l’intervention du gouvernement dans les relations entre interlocuteurs sociaux, par des déplacements dans le contenu des négociations et des glissements dans les niveaux où elles sont organisées. Le présent Courrier hebdomadaire poursuit le double objectif de cerner l’évolution récente des relations collectives de travail, et plus particulièrement les dernières concertations sociales, d’une part, et d’étudier le déroulement des négociations et le contenu du dernier accord interprofessionnel, d’autre part. Il se termine sur une ébauche d’appréciation de la convention collective et sur une tentative de réponse à la question de savoir en quoi l’accord conclu en novembre dernier s’inscrit dans le prolongement des évolutions observées ces dernières années.
Dossiers
La concentration économique (1986)
Dossier n° 24, par Évelyne Lentzen, Anne Vincent, 28 p., 1986
Le terme concentration économique « exprime une situation, la répartition du pouvoir économique entre les mains d’un petit nombre d’agents et un processus d’évolution, le passage d’une économie de petites entreprises et de concurrence à une économie de grandes entreprises et de monopole... Dans le premier sens, les mesures de la concentration prennent en considération le nombre et la dimension des unités de décision économique qui concourent à la production ou à la distribution des biens et des services... Dans le second sens, la concentration est souvent considérée comme un processus inéluctable d’évolution des sociétés industrielles ». Le mouvement de concentration économique est une des caractéristiques majeures des sociétés industrielles contemporaines, Dans les formes qu’il revêt actuellement, ce mouvement est apparu dans l’histoire des sociétés occidentales à la faveur d’évolutions telles que l’industrialisation et l’urbanisation. Ce mouvement se manifeste également dans d’autres domaines de la vie sociale. L’évolution observée dans un domaine appelle et renforce l’évolution observée dans un autre, La concentration économique est perçue différemment par _les divers agents économiques. Pour l’entrepreneur, il s’agit d’abord de se situer sur le marché qui le concerne, par rapport à ses concurrents, et notamment aux « leaders » du marché, avec l’objectif de maintenir ou d’accroître sa propre part. A cet effet, il cherche à réorganiser sa production, à utiliser au mieux de ses intérêts les structures juridiques existantes, Pour le travailleur d’une entreprise, la concentration économique est vécue à travers les restructurations ou les fermetures d’établissements, liées ou non au déplacement d’activités vers d’autres lieux, Elle peut aussi être vécue à travers le passage de relations sociales caractéristiques d’une petite ou moyenne entreprise à des relations caractérisées par un éloignement des centres de décision : il se trouvera rarement face au réel interlocuteur. Pour les pouvoirs publics, la concentration économique est liée à des préoccupations de politique économique et notamment de planification, de politique de développement sectoriel, de politique des prix, etc. Les divers agents économiques (principalement les pouvoirs publics mais aussi le secteur privé, notamment des groupements professionnels) établissent et publient les statistiques qui répondent à leurs préoccupations. A partir de ces statistiques, souvent parcellaires et rarement cohérentes entre elles, il est possible de mesurer différents aspects de la concentration économique, à un moment donné ou dans son évolution. La concentration économique revêt des formes différentes, dont la principale est la structuration en groupes d’entreprises. La concentration économique est considérée ici aussi bien lorsqu’elle affecte le développement des unités économiques définies juridiquement (les entreprises), des éléments qui les constituent (les établissements) et des ensembles dans lesquels ils s’insèrent (les groupes d’entreprises) que lorsqu’elle affecte les relations des entreprises entre elles. Cette définition du champ exclut donc les représentations communes dont les entreprises peuvent se doter (organisations professionnelles et interprofessionnelles), La concentration économique se développe sur la scène internationale, L’exposé sera basé sur la situation de la Belgique et soulignera l’importance du phénomène de l’internationalisation, Enfin, la concentration économique induit des relations ambivalentes entre le secteur privé et les pouvoirs publics, qui tiennent aux enjeux que celle-ci représente pour les différents acteurs sociaux. Ces relations seront illustrées à travers deux problématiques : celle de la concentration et de la concurrence d’une part, celle du profit et du pouvoir d’autre part.
Courrier hebdomadaire
La privatisation dans le secteur des équipements collectifs
Courrier hebdomadaire n° 1136, par Anne Drumaux, 45 p., 1986
Courrier hebdomadaire
Les standen dans les partis sociaux-chrétiens
Courrier hebdomadaire n° 1134-1135, par Jozef Smits, 84 p., 1986
Les partis sociaux-chrétiens, le Christelijke Volkspartij (CVP) et le Parti social-chrétien (PSC) rassemblent divers groupements et intérêts. Le CVP et le PSC se déclarent chacun parti de l’intérêt général et non celui d’une classe sociale déterminée. Les deux partis sont, statutairement, des formations non confessionnelles, bien qu’ils se présentent comme les défenseurs politiques du monde catholique et que leur base électorale se situe dans la fraction catholique de la population. Si, à l’origine, les sociaux-chrétiens flamands et wallons constituaient un seul et même parti, en 1968, le CVP et le PSC sont devenus deux partis autonomes qui défendent les intérêts de leur propre communauté linguistique. Chacun de ces partis est le centre d’un champ de tension où des groupes entrent régulièrement en conflit, cause des difficultés que rencontrent les opposants du CVP et du PSC pour aborder ces partis complexes et hybrides il est rare, en effet, que les sociaux-chrétiens adoptent des positions non ambiguës.
Courrier hebdomadaire
La presse quotidienne francophone
Courrier hebdomadaire n° 1133, par Évelyne Lentzen, 43 p., 1986
Ces dix dernières années, la presse quotidienne en langue française a fait l’objet d’un grand nombre d’opérations. Certaines ont modifié la structure de propriété et le degré de concentration du secteur. Ainsi, 6 titres ont changé d’actionnaires (un de ceux-ci par deux fois) et deux quotidiens verviétois ont fusionné. La présence du groupe français Hersant s’est renforcée tandis que quelques tentatives de ce groupe n’ont pas été suivies d’effet. La concentration de la presse quotidienne est présentée d’abord à travers l’évolution du nombre de titres (et de groupes de presse), leur tirage et leur audience. L’implantation régionale est soulignée. Ces indications sont également données pour l’unique quotidien belge en langue allemande. La concentration a des aspects financiers mais aussi techniques et publicitaires. L’importance de ces derniers se mesure également en termes d’investissements (la plupart des quotidiens ont modifié leur présentation ces dernières années) et en termes de concurrence par rapport à d’autres supports. La situation financière des entreprises de presse, et l’emploi dans le secteur, font l’objet du deuxième chapitre. A cet égard, la situation est telle que deux entreprises de presse ont récemment fait aveu de faillite, une troisième évitait ce sort de justesse tandis que quelques autres bénéficiaient d’équilibres plus favorables. Dans la présentation de chacun des groupes de presse quotidienne l’accent est mis sur les opérations qui les ont concernés, et dans certains cas, qui ont modifié leur configuration. La diversification des activités des groupes de presse s’inscrit dans les facteurs de changement qui touchent les activités liées à l’information et les modes de financement de leurs supports, en particulier la publicité. Les groupes de presse participent à une redéfinition des rapports de force entre les acteurs en présence, tant publics que privés.
Courrier hebdomadaire
Les pensions légales et complémentaires
Courrier hebdomadaire n° 1131-1132, par Henri Lewalle, 59 p., 1986
La sécurité sociale fait l’objet de divers projets de réforme. Ainsi une commission royale a été chargée de préparer la codification, l’harmonisation et la simplification relative à la sécurité sociale. Monsieur Dillemans, président de cette commission, a remis un rapport. Les partis politiques et les interlocuteurs sociaux se sont prononcés, à cette occasion notamment, sur une réforme du système. Leurs positions sur le rôle, le fonctionnement et le financement de la sécurité sociale, ont été développées dans des publications précédentes. L’idée selon laquelle sa privatisation est, face au déficit des finances publiques, un moyen de sortir de l’impasse dans laquelle se trouvent les assurances sociales, fait son chemin. Ce courant est prôné essentiellement par les tenants du courant néo-libéral. La privatisation de la sécurité sociale peut revêtir plusieurs aspects, parmi ceux-ci figure sans conteste une place accrue accordée aux assurances privées. Le secteur où cette présence est la plus marquée est celui des pensions. Pour présenter l’évolution qui s’est opérée dans le système de protection contre le risque de vieillesse, nous analyserons successivement les différents modes de protection qui se sont développés parallèlement aux couvertures légales l’assurance-vie, les couvertures professionnelles, et les comptes épargne-pension. Nous tenterons d’évaluer leur importance respective au départ des données recueillies auprès de l’Office de contrôle des assurances, de l’Union professionnelle des entreprises d’assurances, de l’Association belge des Fonds de pension et du Ministère de la Prévoyance sociale. Les enjeux de cette évolution sont à lire en terme de transformation de notre système de protection sociale dans un contexte de crise économique et de déficit des finances publiques.
Courrier hebdomadaire
L’exploitation cinématographique en Belgique
Courrier hebdomadaire n° 1129-1130, par Michel Jaumain, Guy Vandenbulcke, 73 p., 1986
La culture, l’art et la communication s’appréhendent de plus en plus en termes économiques. Que l’on songe, et ce sont des exemples parmi d’autres, à la fortune actuelle du concept issu de la rencontre entre les termes ’industrie’ et ’culture’, ou à la formation récente de ce champ d’intérêts et de recherches qui s’intitule ’économie de la culture’. Cette orientation de la pensée, sous peine de se rendre rapidement inconsistante, suppose que l’on mette en place, autour des secteurs culturels et de la communication, diverses démarches qui visent à spécifier au mieux leurs dimensions socioéconomiques. La collecte et le regroupement de données factuelles, la constitution d’indicateurs et de statistiques fiables, l’élaboration de séries chronologiques forment, parmi d’autres, des procédures qui rencontrent pareille préoccupation. C’est dans cette perspective que l’on a cru utile de rassembler ici un ensemble de données relatives à l’exploitation et à la consommation des ’images mécanisées’ (cinématographiques) en Belgique. Il s’est agi, plus précisément, de les rassembler et de les présenter sous forme de séries chronologiques - certaines d’entre elles démarrent en 1945 -, ainsi que de les assortir d’une analyse et d’un commentaire qui dégagent les principales tendances que leur observation donne à lire.
Dossiers
Le monde de la jeunesse (1986)
Dossier n° 22, 20 p., 1986
La jeunesse n’est pas homogène, et reste marquée par les distinctions sociales traditionnelles ; elle n’en constitue pas moins un groupe spécifique, dont l’importance est de plus en plus perçue par les milieux intéressés, politiques, syndicaux ou économiques. Ce groupe s’étend, sociologiquement, de l’âge de 14 ans (fin de l’obligation scolaire) au début du service militaire (à un âge qui peut donc varier suivant la durée des études). Si la majorité légale reste fixée à 21 ans et détermine la plupart des obligations existant à l’égard de la famille, du milieu de travail ou de l’État, la majorité pénale et l’obligation militaire s’établissent à 18 ans. Pour la première fois en 1970, cet âge a été aussi celui de la participation aux élections communales. Mais le seuil de 21 ans subsiste pour le droit de vote aux élections provinciales et législatives. On ne peut être élu qu’à 21 ans pour les élections communales, à 25 ans pour la province et la Chambre, à 40 ans enfin pour le Sénat. Les moins de vingt ans représentent un peu moins d’un tiers de la population belge. On peut considérer que le fléchissement de leur part relative dans la population, observé lors du recensement de 1947 et dû aux suites de la guerre, représente le point le plus bas d’une courbe qui se stabilise entre 1961 et 1980, compte tenu du nombre des naissances. Cette population jeune compte un peu plus de garçons que de filles (la différence atteignait quelque 60000 unités en 1961), alors que la population globale, à la même date, comptait au contraire 200 000 femmes excédentaires (l’espérance de vie des femmes est supérieure à celle des hommes), Le nombre total d’années que peut espérer vivre l’ensemble de cette jeunesse (son « potentiel-vie ») équivaut à peu près à la moitié du potentiel-vie de toute la population belge. Ce rapport ne varie guère si l’on compare les provinces flamandes, les provinces wallonnes et le Brabant. Mais le potentiel-vie des jeunes Wallons (51,3 millions d’années) ne dépasse que de peu la moitié du chiffre flamand (90,9), le Brabant atteignant pour sa part 34,2 millions.
Dossiers
Les organisations syndicales en Belgique (1986)
Dossier n° 23, par Étienne Arcq, Pierre Blaise, 24 p., 1986
Les syndicats sont des organisations complexes à plusieurs égards. Et d’abord par l’imbrication de leur dimension professionnelle et de leur dimension géographique, qui multiplie les niveaux de délibération et de décision internes. Mais cette complexité d’ordre organisationnel est le reflet de la multiplicité de leurs modes d’intervention, l’action syndicale pouvant aller de l’expression conflictuelle des revendications des travailleurs dans les entreprises jusqu’à la participation à la gestion des grands organismes de la sécurité sociale ou à la pression sur les décisions politiques. Le présent Dossier du CRISP donne une information concise sur les trois principales organisations syndicales présentes en Belgique : la Fédération générale du travail de Belgique, la Confédération des syndicats chrétiens et la Centrale générale des syndicats libéraux de Belgique. Le poids de ces trois organisations a amené les pouvoirs publics à les reconnaître comme représentatives dans de multiples aspects de la vie sociale. L’enracinement historique très différent des trois organisations fait encore sentir ses effets sur les structures et les pratiques d’aujourd’hui. Les doctrines syndicales quant à elles peuvent donner un éclairage sur les attitudes et les mentalités particulières à chaque organisation. Histoire et doctrine sont l’objet des deux premiers chapitres du Dossier. Les structures sont examinées à la fois d’un point de vue comparatif dans le chapitre trois et d’un point de vue plus descriptif dans les deux annexes jointes au livret principal. Enfin un repérage des principaux modes d’intervention des syndicats fait l’objet du chapitre quatre consacré à l’action syndicale.
Courrier hebdomadaire n° 1127, par Bérengère Marques-Pereira, 41 p., 1986
La Belgique est un des derniers pays d’Europe occidentale à n’avoir pas modifié, ces dernières années, sa législation pénale en matière d’avortement. Cette situation s’inscrit dans les réalités des mécanismes de décision politique en Belgique, caractérisés par les recherches de consensus et de compromis entre les différentes expressions des « mondes politiques » et des clivages de la société belge. La question de l’avortement s’inscrit dans le clivage laïc-catholique. Le processus de non décision en matière d’interruption volontaire de grossesse auquel on assiste, répond aussi à un changement au sein de la société civile relayé par la radicalisation des positions socialistes.
Courrier hebdomadaire
Les structures du syndicalisme international
Courrier hebdomadaire n° 1126, par Pierre Blaise, 41 p., 1986
En cent ans, le fait international s’est imposé à l’existence des collectivités et des individus. Qu’il s’agisse de la consommation quotidienne ou de décisions qui régissent une entité économique (une filiale de multinationale, par exemple) ou même politique (le règlement de la dette d’un pays), il semble quasi omniprésent au sein des sociétés contemporaines. D’aucuns s’accordent à reconnaître l’influence de plus en plus prégnante dès relations supranationales sur les économies nationales. En fait, les ’échanges’ économiques ou les transferts technologiques de pays à pays ne sont pas, en eux-mêmes, des phénomènes récents, pas plus que l’existence d’une ’division internationale du travail’. On observe cependant que des transformations assez profondes sont apparues au cours des deux dernières décennies qui ont pour effet de modifier les termes dans lesquels se posent certaines problématiques. Les organisations syndicales nationales n’ont pas tardé à prendre conscience du phénomène d’internationalisation de la vie économique et de ses implications et à essayer de structurer leurs efforts sur un plan plus large que celui limité aux frontières d’un pays. la seconde moitié du XIXe siècle a déjà vu naître les premières amorces d’un syndicalisme international voulant, à la fois, répondre à l’essor de l’industrialisation et réaliser le rêve de l’unité des travailleurs de tous pays. Aujourd’hui, le syndicalisme international est une réalité mais il est divisé. Le présent Courrier hebdomadaire envisage l’étude des principales organisations syndicales internationales, leurs structures, leurs orientations, leurs moyens, en les situant dans le mouvement historique dont elles sont issues et qui les a fortement déterminées. Ce faisant, on observera les relations que les syndicats belges entretiennent avec ces organisations et leurs influences mutuelles.
Livres
Histoire politique de la Belgique. Facteurs et acteurs de changement
Livre, par Xavier Mabille, 396 p., 1986
Cette « Histoire politique de la Belgique » s’attache à la genèse et à l’évolution de l’État, forgé au fil du temps par les forces multiples qui traversent la société, s’y révèlent, s’y déploient. L’auteur a choisi 1780 comme point de départ. C’est le temps où s’achève l’Ancien Régime et où s’amorcent à la fois des mouvements durables de laïcisation, de centralisation et d’industrialisation. Il nous conduit, de jalon en jalon, cernant toujours l’essentiel, jusqu’à ce temps où l’État vient d’opérer - ou de subir - une réforme profonde de ses structures et est confronté aux difficultés d’un monde en crise. Pour la première fois, les méthodes du CRISP sont appliquées à une période aussi longue et l’auteur a réussi ce tour de force de traiter son sujet - deux cents ans d’histoire - en un volume de 400 pages alliant l’information, l’analyse et la synthèse. Ce livre n’est pas réservé aux seuls spécialistes de l’histoire mais s’adresse à tous ceux qui veulent mieux connaître et comprendre les problèmes aujourd’hui en jeu, au moment où se noue sans doute le destin du pays. Stabilité ou réforme des institutions, rôle des acteurs collectifs, facteurs de changement, pratique et exercice des pouvoirs, ces questions prennent un éclairage nouveau dès lors qu’on en repère les origines, parfois lointaines, qu’on perçoit l’entrelacs des effets et des causes, que l’on cerne mieux les évolutions de la société dans laquelle elles s’insèrent.
Courrier hebdomadaire
Les conflits budgétaires dans la réforme de l’État. Secteurs nationaux, politique industrielle, communautarisation de l’enseignement
Courrier hebdomadaire n° 1124-1125, par Franklin Dehousse, 87 p., 1986
Le vote de la loi spéciale de réformes institutionnelles du 8 août 1980 a entraîné une réforme importante de l’Etat belge. Cette réforme a souvent été présentée comme une mutation fondamentale de notre système constitutionnel. Elle a fait l’objet de multiples commentaires. Beaucoup de ces commentaires ont porté sur les problèmes de compétence ainsi que sur l’organisation des pouvoirs communautaire et régional. D’autres ont porté sur les aspects financiers de la réforme de l’Etat ou sur ses aspects internationaux. Un aspect de la réforme a toutefois été un peu négligé : c’est l’aspect budgétaire. […]
Courrier hebdomadaire
Coalition gouvernementale et fronts communs
Courrier hebdomadaire n° 1123, par Étienne Arcq, Pierre Blaise, Xavier Mabille, 41 p., 1986
Entre le ’drame du Heysel’ (mai 1985) et la fin du Mondial (juin 1986), le pays connaît une période difficile dans les domaines politique et socio-économique. L’éclatement d’une coalition presque arrivée au terme de la législature, les élections anticipées de deux mois et la reconduction de la même coalition gouvernementale, la longue mise au point d’un accord de gouvernement, sa traduction en mesures budgétaires et le double refus de la CSC du plan gouvernemental et de ses modifications constituent les grands traits de cette période. Ces évènements s’inscrivent cependant dans le cadre plus large des évolutions liées au fonctionnement des coalitions gouvernementales, d’une part, et aux implications des positions des organisations syndicales, d’autre part. L’actualité invite à s’interroger sur le fonctionnement du gouvernement et à tenter de déceler les points de force des coalitions et ceux qui les affaiblissent. Elle inspire également une mise en perspective plus large pour appréhender l’évolution des différentes formules de coalition, des tendances qui en émergent en termes de collégialité, d’étendue de l’assise parlementaire, de rôle du Premier ministre et des dirigeants de partis. Ces observations conduisent à formuler quelques hypothèses pour un scénario à court ou à moyen terme […]
Courrier hebdomadaire
Les centres de coordination
Courrier hebdomadaire n° 1122, par Évelyne Lentzen, 35 p., 1986
La notion et les conditions de création des centres de coordination ont été définies dans un arrêté royal délibéré en Conseil des ministres pris, comme quelque 200 autres, en exécution des dispositions des articles l et 2 de la loi du 2 février 1982 habilitant le gouvernement à agir par pouvoirs spéciaux. Cet arrêté royal (n° 187 du 30 décembre 1982) s’inscrivait, plus particulièrement, dans les mesures visant la diminution des coûts des entreprises et le redressement de leur compétitivité ainsi que la réalisation d’un programme de résorption du chômage. Depuis son adoption, la législation sur les centres de coordination a été modifiée à deux reprises - et le sera une troisième fois suite aux décisions du ’conclave de Val Duchesse’ - à la fois pour répondre aux objections de la Commission des Communautés européennes et pour alléger le coût que ces mesures occasionnent pour les finances publiques. L’intérêt de l’analyse de cette législation particulière dépasse le champ des mesures fiscales puisque, pour la première fois dans un texte législatif en Belgique, une définition de la notion de groupe d’entreprises est proposée.
Courrier hebdomadaire
La communautarisation de l’enseignement
Courrier hebdomadaire n° 1121, par Christine Simon, 48 p., 1986
La communautarisation de l’enseignement constitue un des enjeux institutionnels importants. Au centre des clivages traditionnels en Belgique, le problème de l’enseignement s’est posé dès la création de l’Etat belge. Les débats actuels sur la communautarisation, ou non, de l’enseignement, sur les modalités et le calendrier de son application, doivent être situés dans une double perspective. D’une part, celle de l’évolution de la prise en compte de ce secteur dans les structures institutionnelles du pays et celle, y afférente, des compétences institutionnelles qui l’ont concerné. Les différentes étapes de ce processus sont retracées jusqu’à la répartition des compétences issues, en 1980, de la 4ème révision de la Constitution et des lois de réformes institutionnelles qui ont confirmé la compétence des Communautés en matière d’enseignement à l’exception de sept domaines où le pouvoir central conserve la maîtrise des décisions. D’autre part, les structures du secteur de l’enseignement et l’importance respective des différents réseaux, exprimée en termes de population scolaire, au Nord et au Sud du pays, permettent de situer les rapports de force qui déterminent, dans une certaine mesure, les attitudes prises par les partis politiques et les groupes concernés. Nous avons ensuite tenté de dégager les enjeux et les positions, lesquelles sont parfois en évolution, de chacun des partis et des groupes qui se sont exprimés sur la question de la communautarisation de l’enseignement, dans ses différents aspects. Une présentation tenant compte du clivage communautaire a été choisie tant pour les partis politiques que pour les groupes représentant les pouvoirs organisateurs, les parents, les enseignants, les organisations syndicales, les mouvements laïques,…
Courrier hebdomadaire
Le Mouvement syndical unifié et la naissance du renardisme
Courrier hebdomadaire n° 1119-1120, par Rik Hemmerijckx, 73 p., 1986
Pendant l’occupation, le mouvement syndical socialiste en Wallonie a été confronté à la naissance d’un certain nombre de syndicats de gauche, qui avaient tous en commun de vouloir rénover le syndicalisme belge. Ce Courrier hebdomadaire du CRISP s’intéresse plus particulièrement à une de ces organisations syndicales, le Mouvement syndical unifié (MSU). Le MSU est important surtout comme première expression organisée du renardisme, mouvement radical à l’intérieur de la FGTB, qui s’est concrétisée autour de la figure du dirigeant syndical liégeois André Renard. Le dessein principal de cette étude est de montrer comment les rapports de force à l’intérieur du syndicalisme socialiste ont permis la naissance du MSU Lés deux premiers chapitres tracent l’évolution du mouvement syndical socialiste au cours des premières années de l’occupation. Nous examinons dans quelle mesure la Confédération générale du travail de Belgique (CGTB) s’était préparée à une occupation éventuelle ; comment elle s’est restructurée dans la clandestinité et quelle était la nature de ses activités clandestines. Dans cette analyse initiale, nous nous sommes surtout intéressés à l’exemple de la Fédération des métallurgistes de Liège. Les chapitres suivants sont consacrés aux éléments qui ont été à l’origine du MSU. Nous examinons dans quelles circonstances A. Renard a pris la direction de la Fédération des métallurgistes de Liège et quelles ont été les conséquences de ce changement de pouvoir sur le fonctionnement de la fédération. La doctrine de A. Renard est présentée, de même que la position des Comités de lutte syndicale (CLS) et la stratégie du Parti communiste. Ensuite, nous essayons de dégager les points de rupture entre la CGTB et le syndicat des métallurgistes dirigé par A. Renard et nous examinons comment le MSU a consolidé sa position dans la région liégeoise. Le mouvement syndical socialiste carolorégien fait l’objet d’un septième chapitre. A côté de l’évolution du MSU-Charleroi, nous nous intéressons surtout aux rapports de force entre la CGTB et le MSU dans la métallurgie carolorégienne. Enfin, est présentée la position du MSU dans la lutte pour le pouvoir qui s’est déroulée à la naissance de la FGTB. L’histoire du mouvement syndicat socialiste pendant la deuxième guerre mondiale et fait l’objet d’un mémoire de licence, Rik Hemmerijckx, Syndicaat inoorlog. De socialistische vakbeweging ln oorlogstrijd en de ontstaansgeschledenis van het renardisme (1940-1945), VUB, 1984-1985.
Courrier hebdomadaire
La politique sociale de 1930 à 1936
Courrier hebdomadaire n° 1117-1118, par Géry Coomans, 55 p., 1986
Si la ’politique sociale’ ne constituait déjà plus, tout au long de la crise de l’entre-deux-guerres, une notion nouvelle, elle ne recouvre pas les contenus qu’on lui connaît aujourd’hui. En particulier, les interventions de l’État ne sont encore que ponctuelles, en fonction des urgences, laissant aux logiques de marché l’essentiel des ajustements. Sous ces interventions, où se mettent en place de nouveaux mécanismes de décision, il faut prendre en compte ce qui leur donne leur sens. D’une part, il y a les comportements concrets des entreprises, trop partiellement identifiables où se recompose le rapport salarial et les manières dont le travail doit servir l’outil de production. D’autre part, et d’une manière que l’on veut ici indissociable, il y a l’ensemble des commentaires tenus par les milieux d’affaires. Ces commentaires et ces prises de position patronales donnent à lire, et quasiment à livre ouvert, l’ordre ancien qui doit périr et l’ordre nouveau qui doit émerger. Il faut renvoyer en permanence les commentaires aux comportements, et réciproquement. La méthode adoptée ici ne cherche pas à ajouter un éclairage supplémentaire au relevé des comportements concrets, mais à en restituer les cohérences profondes que, précisément, les prises de position et les prises à partie révèlent, au sens proprement chimique. Cela étant, il faut demeurer d’une prudence extrême lorsqu’il s’agit de rapporter la crise de l’entre-deux-guerres à la crise actuelle - qu’il s’agisse de rechercher des similitudes ou des différences. Sans doute, dans les deux situations, la politique sociale, en modifiant la répartition des revenus, est tenue de rétablir une des conditions nécessaires de la rentabilité du capital. Mais pour être suffisante, cette condition doit s’insérer dans des ensembles de contraintes qui varient en même temps que varient les structures. De sorte que des comportements formellement semblables peuvent avoir des significations très différentes. Il faut envisager que la politique sociale construite de manière tâtonnante au cours des années trente, et lentement systématisée au cours de la croissance d’après 1945, soit celle-là même dont les limites participent à l’entrée dans la crise actuelle. Enfin, cela justifie la prise en compte de la période 1930-36. Après les années 1920, années de montée en crise, les ruptures de 1930 vont précipiter les mesures de ’politique sociale’, objet d’une campagne idéologique générale - que résument quelques thèmes de l’Ordre Nouveau. Après les réformes institutionnelles de 1935, les évènements de 1936 aboutiront à la consolidation de nouveaux mécanismes de décision, assignant un champ propre et limité à la concertation paritaire. Le Pacte social de 1944 ajoutera à cela des contenus, précisera des compétences. Mais le cadre et les enjeux étaient donnés depuis 1936.
Courrier hebdomadaire
Le Fonds de rénovation industrielle ’FRI’
Courrier hebdomadaire n° 1115-1116, 52 p., 1986
Mis à part le cas de la Société nationale d’investissement, créée dès 1962, c’est au cours des années 70, et surtout après le début de la crise, qu’ont été mis sur pied la plupart des outils de politique industrielle. Avec, au début de la décennie, les sociétés de développement régional, en 1976 l’organisation légale de l’initiative économique publique et, par certains de ses aspects, la loi sur les marchés publics, en 1978 les sociétés régionales d’investissement, les premières prises de participation dans la sidérurgie et la création du Fonds de rénovation industrielle. Après 1980, c’est autour des interventions dans les secteurs dits nationaux que se cristallisent les innovations majeures en matière de politique industrielle : 1a Société nationale de restructuration des secteurs nationaux, le plan textile, les ’invests’, etc. Dans l’intention des gouvernements successifs, ces divers instruments institutionnels devaient permettre aux pouvoirs publics d’assumer un rôle actif dans la restructuration et la diversification du tissu industriel, par l’injection de capitaux à risque dans les entreprises et les secteurs économiques où l’effort du privé semblait insuffisant, voire même défaillant. Dès l’origine de ce mouvement d’organisation d’une politique industrielle, la préoccupation économique a été liée à la mise en place des institutions régionales. Celles-ci trouvent d’ailleurs pour une large part leur raison d’être dans la volonté de décentraliser la responsabilité de la politique économique. Le Fonds de rénovation industrielle ’FRI’ et les péripéties qui ont entouré son existence, illustrent la conjonction de ces deux ordres de problèmes. Créé en 1978 pour une durée de dix ans, le FRI associe l’Etat et les régions dans la conception, le financement et la mise en œuvre d’un certain nombre de projets industriels. Après un démarrage laborieux (1978-1979), le système a très vite débouché sur des oppositions révélatrices tant des clivages entre les courants néolibéraux et interventionnistes que des tensions entre les partisans d’un Etat centralisé et les tenants du fédéralisme. A deux années de fonctionnement sans heurts (1980-1981) a succédé une période de blocage et de freinage qui perdura jusqu’à la fin de 1984. Réorganisé par la loi de redressement du 31 juillet 1984 et les arrêtés qui l’ont suivie, le F.R.I. réapparait dans une ’deuxième version’ où ses missions sont largement modifiées. Ce nouveau système connaîtra vraisemblablement une fortune identique à celle de son prédécesseur, puisque les décisions du récent ’conclave du Prieuré de Val Duchesse’ (avril-mai 1986) paraissent condamner l’expérience.
Courrier hebdomadaire
L’industrie agro-alimentaire
Courrier hebdomadaire n° 1113-1114, par Jean Vandewattyne, Pierre Vandewattyne, Roland Wuillaume, 73 p., 1986
Pour qui se propose d’analyser l’importance de l’industrie agro-alimentaire dans les économies modernes se pose d’emblée le problème de sa définition et de ses limites : ’l’agro-alimentaire, une catégorie qui ne va pas de soi pour l’analyse économique’. Cette constatation devient rapidement une évidence malgré les diverses options qui s’offrent aux chercheurs. Dans l’optique ’produits’, l’agro-alimentaire se définit par les matières premières transformées et par sa relation à l’agriculture. Une optique partagée, entre autres, par louis Malassis ’l’agro-industrie étant une superstructure de l’agriculture, on peut convenir d’appeler agro-industrielles toutes les industries dont les consommations intermédiaires proviennent pour plus de 50% de l’agriculture. Il en est ainsi des industries de la viande, du lait, des céréales, du sucre, des corps gras,… où la quasi totalité des consommations intermédiaires est d’origine agricole. Il n’en est pas de même pour les ’industries liées à l’agriculture’ celles-ci ont des consommations intermédiaires d’origine agricole, mais leur part est inférieure à celle provenant d’autres sources. Il en est ainsi, par exemple, des industries des boissons et alcools, des textiles, des cuirs et chaussures,…’. L’efficacité d’une telle définition n’est pas des plus évidentes. Elle est en effet trop stricte si l’on ne s’en tient qu’au concept d’agro-industrie et trop large si on l’étend aux ’industries liées à l’agriculture’. Quel serait le statut des industries linières, lainières pour l’industrie textile, de la viniculture ou des cidreries pour celles des boissons ? Une autre approche tente de fonder la cohérence du concept d’industrie agro-alimentaire en faisant référence à la demande finale. Dans cette optique, font partie de l’agro-alimentaire toutes les activités de transformation concernant l’alimentation humaine et animale. C’est cette dernière approche qui a été privilégiée ici en utilisant la Nomenclature des activités de la Communauté Européenne (le code NACE), qui divise l’agro-alimentaire en 18 sous-secteurs d’activités. Après certains regroupements, chaque sous-secteur sera analysé notamment au moyen d’une carte reprenant la localisation, par commune, de l’emploi salarié en 1982. Les statistiques de l’ONSS pour 1984 ont servi aux tableaux de synthèse ainsi qu’à la mise en évidence des évolutions les plus significatives. Ce travail a été réalisé dans le cadre des travaux du Centre de l’environnement de l’ULB (Treignes), du Groupe d’étude pour la valorisation de l’espace rural et urbain et du Front uni des Jeunes agriculteurs.
Courrier hebdomadaire
Les relations inter-organisationnelles dans le domaine de la défense nationale
Courrier hebdomadaire n° 1111-1112, par Philippe Manigart, 58 p., 1986
Ce Courrier hebdomadaire présente un certain nombre de données tirées d’un projet de recherche consacré à l’élaboration des décisions en matière de défense nationale en Belgique. Dans cette étude, les organisations actives dans le domaine de la défense nationale furent interrogées, au moyen de questionnaires standard, sur les différents aspects de la politique belge de défense, leurs intérêts, leurs activités, leurs ressources et leurs relations avec l’ensemble dés autres organisations. Les données dont il sera question dans ce Courrier hebdomadaire traitent, pour la plupart, de la représentation, ou de la perception, que les organisations interrogées ont des problèmes de défense et des autres organisations. L’élaboration des décisions en matière de défense nationale est soumise à une série de contraintes internes et externes. Citons, à titre exemplatif, la situation économique, démographique, les ressources industrielles et technologiques, l’opinion publique et, bien évidemment, l’environnement géopolitique. Toutefois, à tous ces facteurs bien connus, il convient d’en ajouter un autre, tout aussi important, mais qui n’a guère fait l’objet d’études approfondies : l’organisation sociale du domaine de la défense nationale. Il faut entendre par là les arrangements structurels qui relient l’ensemble des acteurs d’un domaine politique (densité des relations, degré de centralisation, de polarisation de ces relations, différenciation fonctionnelle, réseaux de communications inter-organisationnelles, de transmission’ des informations). C’est au sein de ce réseau que les options politiques sont d’abord formulées, débattues et enfin transformées en décisions politiques. En d’autres termes, d’un point de vue sociologique, il apparaît que la politique de défense s’explique aussi par le jeu d’interactions complexes entre les principaux acteurs qui participent au débat en cette matière. Il peut donc être important de mettre à jour ces réseaux de relations, ou l’organisation, sociale du domaine. Plusieurs variables ’structurelles’ seront successivement, passées en revue : la différenciation fonctionnelle au sein du domaine de la défense nationale en Belgique (qui fait quoi), ainsi que les structures d’influence, de communication et de circulation dés informations. Le deuxième objectif de ce Courrier hebdomadaire est, à travers le cas de la politique belge de défense, d’essayer de montrer l’utilité et l’intérêt d’une approche quantitative des systèmes politiques nationaux. Dans cette optique, un certain nombre de techniques, relativement nouvelles et peu utilisées en Belgique, seront introduites et appliquées à l’analyse du domaine belge de la défense. Ces techniques sont regroupées sous le nom danalyse de réseau’ (’network analysis’). Pour cette recherche, l’auteur a bénéficié d’un contrat de chargé de recherches au FNRS et d’une bourse de recherche de l’OTAN. Ce Courrier hebdomadaire a été rédigé alors que l’auteur était à l’Institut Universitaire Européen de Florence en tant que boursier Jean Monnet.
Courrier hebdomadaire
L’élection des conseils provinciaux et des sénateurs indirects
Courrier hebdomadaire n° 1110, par Xavier Mabille, 46 p., 1986
Si le présent Courrier hebdomadaire assure une certaine continuité avec des publications antérieures du CRISP, l’optique qui y est adoptée est toutefois légèrement différente, accordant davantage d’attention aux positions et aux considérations stratégiques des partis qu’aux mécanismes et aux résultats de la sélection des sénateurs provinciaux et cooptés. La stratégie des partis, tant en termes objectifs qu’en termes délibérés, s’exerce en effet dans des conditions et avec des orientations qui diffèrent selon les cas. Le conseil provincial, en tant qu’organe politique de la province, et le Sénat, avec les particularités de sa composition (élection indirecte des sénateurs provinciaux et cooptation) figurent par ailleurs parmi les institutions dont la réforme a été fréquemment évoquée au cours de la dernière décennie. Le pacte communautaire, dit ’pacte d’Egmont’, de mai 1977 avait ~prévu la suppression à terme de l’organe politique des provinces et la réforme du Sénat. L’article 53 de la Constitution, qui établit les règles de composition du Sénat et qui avait déjà été modifié lors des premières (1893) et deuxième (1921) révisions, avait été à nouveau repris dans les déclarations de révision du 14 novembre 1978 et du 5 octobre 1981. Il en fut de même de l’article 31, relatif notamment au règlement des intérêts purement provinciaux par les conseils provinciaux.