Les gouvernements de la Région de Bruxelles-Capitale (1989-2026)
par Caroline Sägesser, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 14 avril 2026
Voici deux mois, la Région de Bruxelles-Capitale a enfin vu s’installer un gouvernement de plein exercice, six cent quinze jours après les élections du 9 juin 2024. La coalition dirigée par Boris Dilliès réunit le MR, le PS et Les Engagés du côté francophone, et Groen, Anders et Vooruit du côté néerlandophone ; elle est en outre soutenue de l’extérieur par le CD&V. Les raisons de cette très longue crise politique ont été abondamment analysées et commentées. L’objectif de cette @nalyse du CRISP en ligne est de mettre en perspective la composition du gouvernement Dilliès avec celle des onze gouvernements qui l’ont précédé. Cet examen fait notamment ressortir les spécificités de la vie politique dans la Région bruxelloise, qui n’a jamais été gouvernée par une coalition composée des mêmes formations politiques que celles alors au pouvoir dans les autres entités fédérées ou au niveau fédéral.
Les @nalyses en ligne
Région de Bruxelles-Capitale : pourquoi ça bloque ?
interview de Jean Faniel et Jean-Paul Nassaux par Mathieu Stassart, parue dans Trait D'Union, n° 146, janvier-février 2026, p. 18-21
Près de 20 mois après les dernières élections régionales, la Région bruxelloise est engluée dans une crise politique sans précédent. Porter un regard critique sur les raisons de cette paralysie aux conséquences graves pour les Bruxelloises et les Bruxellois amène à questionner l’attitude des partis politiques et le manque de transparence entourant les négociations. Cette réflexion ouvre aussi la porte à des réformes institutionnelles pour Bruxelles, dont la crise actuelle fait chanceler une autonomie déjà fragile.
Courrier hebdomadaire
Le contrôle de la disponibilité des chômeurs au lendemain de la sixième réforme de l’État
Courrier hebdomadaire n° 2668, par Océane Bertrand, Benjamine Dejardin, Manon Pierrot, Ilan Tojerow, Magali Verdonck, 49 p., 2026
Parmi les politiques visant à augmenter le taux d’emploi, figure dans de nombreux pays le contrôle de la disponibilité et du comportement de recherche des chômeurs. Ce contrôle – ainsi que l’imposition de sanctions y afférentes – peut être plus ou moins articulé avec l’accompagnement des demandeurs d’emploi. En Belgique, l’accompagnement des demandeurs d’emploi est une compétence de la Région wallonne, de la Région flamande, de la Région de Bruxelles-Capitale et de la Communauté germanophone. En outre, depuis la sixième réforme de l’État, ces quatre entités fédérées sont partiellement compétentes en matière de contrôle et de sanctions : elles peuvent compléter le cadre normatif fédéral par des mesures d’exécution et elles sont chargées d’appliquer concrètement celui-ci. Depuis lors, chacune d’entre elles peut donc déterminer la manière dont elle articule les missions d’accompagnement et de contrôle pour ce qui la concerne. Ce Courrier hebdomadaire analyse la manière dont les quatre entités fédérées ont exercé leur nouvelle autonomie en matière de contrôle de la disponibilité des chômeurs au cours des premières années qui ont suivi la sixième réforme de l’État (à savoir jusqu’en 2018). Il s’agit d’évaluer dans quelle mesure la régionalisation opérée a influencé l’articulation entre les compétences nouvellement acquises et les politiques régionales d’accompagnement des demandeurs d’emploi. Les auteurs montrent également dans quelle mesure les modalités de contrôle et de recours ont alors été adaptées aux spécificités ou préférences régionales.
Podcasts
L’État actionnaire. De la Société fédérale de participation et d’investissement aux intercommunales liégeoises…
intervention de David Van Den Abbeel diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 12 mai 2025
Réécoutez ‘L’actualité en 3D. Décrypter, débattre et discuter avec le CRISP’, émission proposée dans le cadre du partenariat avec Radio Panik. Au menu de l’émission présentée par Julien Pieret : 1° David Van Den Abbeel : L’État actionnaire. De la Société fédérale de participation et d’investissement aux intercommunales liégeoises… 2° ‘province’, une nouvelle définition extraite du Vocabulaire politique. 3° Le tour des dernières parutions du CRISP, avec Jean Faniel et Cédric Istasse.
Les @nalyses en ligne
La sécurité à Bruxelles et le projet de fusion des zones de police
par Jean-Paul Nassaux, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 20 mars 2025
Alors que l’actualité quotidienne de la Région bruxelloise est marquée par les fusillades attribuées aux trafiquants de drogue, les négociations en vue de la formation d’un nouveau gouvernement régional patinent, plus de neuf mois après le scrutin du 9 juin 2024. En revanche, la formation du gouvernement fédéral s’est conclue et l’accord de gouvernement prévoit notamment la fusion des six zones de police qui découpent le territoire de la Région-Capitale. Or le débat sur cette fusion constitue depuis longtemps un enjeu à caractère communautaire entre partis politiques francophones et néerlandophones. Quels sont les termes du débat sur la sécurité à Bruxelles et les implications de la situation politique actuelle dans ce domaine ?
Podcasts
Bruxelles : une région à bout de souffle ? Généalogie d’un blocage et solutions possibles
intervention de Caroline Sägesser diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 10 mars 2025
Réécoutez ‘L’actualité en 3D. Décrypter, débattre et discuter avec le CRISP’, émission proposée dans le cadre du partenariat avec Radio Panik. Au menu de l’émission présentée par Julien Pieret : 1° Caroline Sägesser : Bruxelles : une région à bout de souffle ? Généalogie d’un blocage et solutions possibles 2° ‘commune’, une nouvelle définition extraite du Vocabulaire politique. 3° Le tour des dernières parutions du CRISP, avec Cédric Istasse.
Courrier hebdomadaire
La répartition des compétences culturelles en Belgique
Courrier hebdomadaire n° 2628-2629, par Loïc Perrin, 83 p., 2025
En Belgique, les trois Communautés (française, flamande et germanophone) sont en charge des « matières culturelles » au sens constitutionnel du terme, c’est-à-dire des matières désignées comme telles par l’article 4 de la loi spéciale du 8 août 1980 de réformes institutionnelles. Ce champ de compétence est loin de recouvrir l’ensemble du champ culturel au sens commun du terme, tout en comprenant aussi des éléments qui n’y sont pas inclus : la langue, les beaux-arts, le patrimoine, les sports, les loisirs, la promotion sociale, le recyclage professionnel, etc. Dès lors, les Communautés ne sont nullement seules à mener des actions dans le champ culturel dans son acception englobante. En effet, entendu au sens élargi, le domaine de la culture est également investi par l’ensemble des autres composantes de l’État fédéral belge : l’Autorité fédérale, les trois Régions (wallonne, flamande et bruxelloise), la COCOM et la COCOF. Ce paysage institutionnel est le fruit de six réformes de l’État successives. Sa complexité tient notamment aux multiples enchevêtrements et ramifications qui existent entre les différents niveaux de pouvoir. Afin de démêler cet écheveau, ce Courrier hebdomadaire dresse un panorama général de la répartition des compétences dans le domaine de la culture en Belgique, en s’intéressant successivement à chacune des composantes de l’État fédéral belge. Cet exercice est d’autant plus utile que des réformes sont susceptibles d’être opérées en la matière dans un futur proche.
Les @nalyses en ligne
« Le modèle institutionnel actuel pourrit la vie des Bruxellois »
interview de Jean Faniel par Corentin Di Prima, parue dans L’Écho, jeudi 19 décembre 2024
Au terme d’une année politique 2024 haute en couleur, la poussière des élections n’est pas encore retombée partout. Le brouillard reste épais au fédéral, et encore plus à Bruxelles. Que dire de tout cela ? Quels enseignements peut-on tirer de l’année politique écoulée au fédéral, à Bruxelles et en Wallonie ?
Podcasts
Bilan de l’année politique 2024. Pourquoi n’avons-nous toujours pas de nouveaux gouvernements fédéral et bruxellois ?
intervention de Benjamin Biard et Jean Faniel et Caroline Sägesser diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 13 janvier 2025
Réécoutez ‘L’actualité en 3D. Décrypter, débattre et discuter avec le CRISP’, émission proposée dans le cadre du partenariat avec Radio Panik. Au menu de l’émission présentée par Julien Pieret, le bilan de l’année politique 2024, avec Benjamin Biard, Jean Faniel et Caroline Sägesser. Pourquoi n’avons-nous toujours pas de nouveaux gouvernements fédéral et bruxellois ?
Les @nalyses en ligne
Stratégies et performances électorales des partis néerlandophones dans la région bilingue de Bruxelles-Capitale (2004-2024)
par Caroline Sägesser, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 10 janvier 2025
La Région de Bruxelles-Capitale est une région bilingue, où tant les partis néerlandophones que francophones et les rares partis nationaux participent aux élections. Ces formations doivent toutefois respecter les règles d’organisation propres à chaque scrutin. Lorsque les règles le permettent, partis francophones et néerlandophones sont amenés à considérer la possibilité d’une alliance. Ces différences de règles et de situations, et le fait que tous les scrutins aient été organisés en 2024 sur une même courte période, offrent l’occasion d’une série d’observations intéressantes à propos des choix posés par les partis néerlandophones à Bruxelles et de leurs résultats électoraux. Pour chaque scrutin, cette @nalyse du CRISP en ligne met les résultats des récentes élections en parallèle avec ceux des vingt dernières années.
Courrier hebdomadaire
La démocratie face aux « crises » globales : la Belgique entre unité et division
Courrier hebdomadaire n° 2619-2620, par Vincent Lefebve, 123 p., 2024
En Belgique, des crises qui, en raison de leur nature même, présentent une dimension internationale peuvent se transformer rapidement en conflits politiques internes, notamment de type communautaire : par leur intensité, ces menaces sont en effet susceptibles de créer ou d’attiser les divisions au sein de la société belge, qui est structurellement traversée par diverses lignes de fracture. Mais ces crises peuvent également venir alimenter les dynamiques centripètes et unificatrices qui animent le pays : étant donné qu’ils appellent une réponse coordonnée des différentes composantes de l’État, ces périls incitent les acteurs politiques à s’entendre pour y faire face ou pour que la Belgique puisse parler d’une seule voix sur la scène internationale. Vincent Lefebve analyse la façon dont cette dialectique entre division et unité se déploie en Belgique dans un contexte marqué par la survenance ou l’intensification de crises durables, globales et systémiques. Pour cela, il examine les politiques publiques qui ont été élaborées en Belgique en réponse respectivement à quatre défis majeurs : le dérèglement climatique, la crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19, le bouleversement géopolitique découlant de la guerre en Ukraine, et l’enjeu migratoire (ou, plus précisément, la gestion de l’accueil des migrants). Ce Courrier hebdomadaire montre que, si les clivages qui traversent de longue date la Belgique constituent autant de facteurs de complexité et potentiellement de division, la structure fédérale du pays et la tradition consociative belge peuvent pour leur part faciliter dans une certaine mesure la recherche de compromis et d’équilibres entre points de vue et intérêts divergents.
Courrier hebdomadaire
La préparation des élections provinciales et communales du 13 octobre 2024. Cadre juridique du scrutin et élections provinciales
Courrier hebdomadaire n° 2615-2616, par Benjamin Biard, Pierre Blaise, Jean Faniel, Cédric Istasse, Vincent Lefebve, Caroline Sägesser, 98 p., 2024
Le 13 octobre 2024 auront lieu les élections communales et provinciales. Elles mèneront au renouvellement de plusieurs centaines d’organes locaux : l’ensemble des conseils communaux et des collèges communaux (ou collèges des bourgmestre et échevins) du pays, l’ensemble des conseils provinciaux et collèges provinciaux (ou députations) de Wallonie et de Flandre, et l’ensemble des conseils et collèges de district de la commune d’Anvers.
Ce Courrier hebdomadaire est consacré à la préparation de ce scrutin.
Afin d’aider à comprendre les principales règles en vigueur et à en saisir les enjeux et implications, ce premier volume présente de façon synthétique les différents systèmes électoraux en vigueur, en insistant en particulier sur les modifications qui ont été apportées à ceux-ci durant la législature 2019-2024. Les thématiques suivantes sont abordées : les fusions de communes, le caractère obligatoire ou non du vote, le droit de vote des étrangers, les modalités du vote (vote papier ou vote électronique avec preuve papier), les conditions d’éligibilité, les règles relatives à la présence de femmes et d’hommes sur les listes de candidats, les conditions de dépôt de liste, l’attribution des sièges entre les listes, la désignation des suppléants, l’effet dévolutif de la case de tête, le mécanisme de l’apparentement provincial, la désignation du bourgmestre, les règles de non-cumul et d’incompatibilité, etc.
Ce volume est également consacré aux élections provinciales. Il rappelle le résultat du scrutin de 2018 et la composition des organes provinciaux qui en avaient été issus, puis il analyse les listes de candidats déposées en vue de celui du 13 octobre 2024.
Hors collection
Démocratie et fédéralisme. La Belgique dans l’Union européenne
par Pierre Blaise, 102 p., 2024
Cet ouvrage retrace les grandes étapes qui ont façonné la Belgique depuis son indépendance en 1830. Il vise à expliquer de quelle manière la démocratie y a évolué et comment et pourquoi, d’un État unitaire, elle est devenue un État fédéral. Un État fédéral complexe, composé de Communautés, de Régions et de l’Autorité fédérale. Quelles sont leurs compétences respectives ? Comment sont-elles organisées ? Qui les dirige ?
La Belgique est aussi très impliquée dans l’Union européenne dont elle a été un des États fondateurs. Comment s’organise la démocratie dans cet ensemble de 27 États ? S’agit-il d’un État fédéral ? Qu’est-ce qui distingue son fonctionnement de celui de la Belgique ?
Par des chapitres concis et rédigés dans un style didactique, et à l’aide de schémas clairs, cet ouvrage permet à un large public de comprendre les évolutions et le fonctionnement actuel de la Belgique et de l’Union européenne.
Courrier hebdomadaire
L’analyse d’impact de la réglementation (AIR) en Belgique, 1997-2023 (I). Cartographie du bilan
Courrier hebdomadaire n° 2592-2593, par Camille Lanssens, 122 p., 2024
Mener une analyse d’impact de la réglementation (AIR) consiste à évaluer, selon une procédure structurée, les conséquences potentielles d’une réglementation, préalablement à l’adoption de celle-ci. Il s’agit donc d’améliorer la qualité des politiques publiques : qu’elles soient élaborées sur la base des meilleures informations disponibles, qu’elles atteignent au mieux leurs objectifs, qu’elles engendrent les coûts et les charges administratives les plus limités possible, qu’elles n’induisent pas d’impacts indésirables, etc. Cet instrument est promu par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l’Union européenne (UE). Ce Courrier hebdomadaire retrace et examine l’intégration des systèmes d’AIR dans les procédures et les processus d’élaboration de la réglementation en Belgique (lois, décrets, ordonnances et arrêtés). Il se concentre sur la mise en place et les évolutions de ces systèmes au niveau de l’Autorité fédérale, de la Région wallonne et de la Communauté flamande. Grâce à une cartographie évolutive, comparative et systématique, il dresse un bilan de l’intégration des systèmes d’AIR en Belgique depuis la fin des années 1990 jusqu’à aujourd’hui. Dans ce premier tome, Camille Lanssens présente les objectifs et les caractéristiques de l’AIR, et revient sur la genèse et la diffusion de l’instrument. Elle examine les différents systèmes d’AIR mis en place en Belgique, en analysant l’évolution de leur régime juridique. Elle met en évidence les points communs et les divergences entre les systèmes fédéral, wallon et flamand. Elle détaille les lignes de force et les faiblesses de ces systèmes et, dans les trois cas, dresse un constat d’échec de leur intégration.
Courrier hebdomadaire
Les partis frères en Belgique : les relations entre le PS et Vooruit
Courrier hebdomadaire n° 2590-2591, par Benjamin Biard, 99 p., 2024
Le PS et Vooruit sont tous deux les héritiers du Parti ouvrier belge (POB), fondé à la fin du 19 e siècle, devenu le PSB-BSP au lendemain de la Seconde Guerre mondiale puis divisé sur une base linguistique en 1978 à la suite de vives tensions internes. Les liens qui unissent les deux partis frères qu’ont été le PS et le BSP et que sont aujourd’hui le PS et Vooruit ont sensiblement évolué dans le temps : des moments de forts désaccords ont alterné avec des épisodes de rapprochement. Tendanciellement, les deux partis socialistes ont conservé des liens étroits (quoique faiblement formalisés) en dépit d’un progressif éloignement de leurs lignes idéologiques respectives. B. Biard interroge les rapports qu’entretiennent les deux descendants du PSB-BSP unitaire, en se focalisant sur la période entamée au début des années 2000. Ce faisant, il questionne plus largement ce que recouvre encore aujourd’hui la notion de « partis frères » en Belgique. Tous les types de liens, formels ou informels, entre les deux formations sont investigués, qu’il s’agisse des rapports entre dirigeants des partis, de ceux établis au niveau des ministres et des parlementaires, ou même, dans une certaine mesure, des liens existant au niveau de leurs centres d’étude. Sont également prises en compte les relations susceptibles d’être entretenues entre ces partis politiques à travers les associations gravitant autour d’eux et constituant le pilier socialiste, à commencer par l’Action commune. Cette étude se base notamment sur une trentaine d’entretiens, réalisés principalement avec des (ex-)cadres et élus des partis socialistes de Belgique.
Courrier hebdomadaire
Les spécificités institutionnelles de la Communauté germanophone au fil des réformes de l’État (II)
Courrier hebdomadaire n° 2588-2589, par Cédric Istasse, 103 p., 2024
En 2023-2024, la Communauté germanophone célèbre un double anniversaire : celui de l’installation, d’une part, de son parlement le 23 octobre 1973 et, d’autre part, de son gouvernement le 30 janvier 1984. Les commémorations et festivités sont placées sous le thème de l’autonomie que, depuis cinq décennies, cette entité fédérée a pu acquérir dans le cadre de l’État fédéral belge. À cette occasion, ce Courrier hebdomadaire reparcourt l’histoire de la Communauté germanophone au fil des six réformes de l’État qu’a connues la Belgique à ce jour. Pour cela, il adopte une perspective originale : celle des spécificités institutionnelles significatives qu’a présentées, ou que présente encore, la Communauté germanophone par rapport aux autres entités fédérées belges (Communautés et Régions). Pour chacune des périodes, sont en outre exposés les différents projets de mouture institutionnelle ayant été évoqués lors des négociations, ainsi que les positions des acteurs germanophones. Cette démarche permet de comprendre tout à la fois la place qui est aujourd’hui dévolue à la Communauté germanophone au sein de l’architecture étatique belge et celle que cette entité souhaiterait y occuper à l’avenir. À travers l’évolution institutionnelle de la Communauté germanophone, c’est plus largement l’ensemble de l’élaboration du fédéralisme belge qui est retracé. Ce second volume est consacré aux quatre réformes de l’État les plus récentes (1988-1990, 1992-1993, 2001 et 2012-2014).
Courrier hebdomadaire
Les spécificités institutionnelles de la Communauté germanophone au fil des réformes de l’État (I)
Courrier hebdomadaire n° 2586-2587, par Cédric Istasse, 97 p., 2024
En 2023-2024, la Communauté germanophone célèbre un double anniversaire : celui de l’installation, d’une part, de son parlement le 23 octobre 1973 et, d’autre part, de son gouvernement le 30 janvier 1984. Les commémorations et festivités sont placées sous le thème de l’autonomie que, depuis cinq décennies, cette entité fédérée a pu acquérir dans le cadre de l’État fédéral belge. À cette occasion, ce Courrier hebdomadaire reparcourt l’histoire de la Communauté germanophone au fil des six réformes de l’État qu’a connues la Belgique à ce jour. Pour cela, il adopte une perspective originale : celle des spécificités institutionnelles significatives qu’a présentées, ou que présente encore, la Communauté germanophone par rapport aux autres entités fédérées belges (Communautés et Régions). Pour chacune des périodes, sont en outre exposés les différents projets de mouture institutionnelle ayant été évoqués lors des négociations, ainsi que les positions des acteurs germanophones. Cette démarche permet de comprendre tout à la fois la place qui est aujourd’hui dévolue à la Communauté germanophone au sein de l’architecture étatique belge et celle que cette entité souhaiterait y occuper à l’avenir. À travers l’évolution institutionnelle de la Communauté germanophone, c’est plus largement l’ensemble de l’élaboration du fédéralisme belge qui est retracé. Ce premier volume est consacré aux deux premières réformes de l’État (1970-1973 et 1980-1983).
Courrier hebdomadaire
L’année politique 2022 en Région bruxelloise
Courrier hebdomadaire n° 2585, par Pierre Blaise, Jean-Paul Nassaux, 60 p., 2023
Ce Courrier hebdomadaire retrace les principaux événements qui ont fait l’actualité politique en Région bruxelloise durant l’année 2022. L’attention se porte essentiellement sur le Parlement et le gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale (tant pour les compétences régionales que pour les compétences d’Agglomération), sans cependant oublier les institutions de la COCOF et de la COCOM. En Région bruxelloise, l’année 2022 a été celle de vifs débats politiques – en ce compris au sein du gouvernement Vervoort III – autour de questions telles que l’interdiction de l’abattage rituel sans étourdissement, l’aménagement de la friche Josaphat, le plan régional de mobilité « Good Move », le plan taxi et les questions posées par les activités de la plateforme Uber, et le plafonnement de l’indexation des loyers. Des décisions ont également été prises dans les domaines de la gestion de la pandémie de Covid-19, des méthodes de lutte contre la discrimination à l’embauche, de la propreté et de la démocratie participative. Enfin, des tensions ont opposé la Région de Bruxelles-Capitale à une ou plusieurs autres composantes de l’État fédéral (essentiellement l’Autorité fédérale et la Région flamande) sur des problématiques comme le survol aérien de la Région bruxelloise, l’instauration d’une taxe kilométrique et la sécurité.
Courrier hebdomadaire
Grèves et conflictualité sociale en 2022 (II). Services publics
Courrier hebdomadaire n° 2577-2578, par Iannis Gracos, 83 p., 2023
Le Groupe d’analyse des conflits sociaux (GRACOS) est un collectif interdisciplinaire ayant pour objectif l’étude des principaux mouvements de grève et autres éléments de la conflictualité sociale qui jalonnent chaque année civile. Ce Courrier hebdomadaire est consacré aux conflits qui ont marqué l’actualité belge en 2022. Particulièrement significatifs par rapport à l’histoire sociale et aux enjeux futurs, ceux-ci sont regroupés en deux volumes. Ce second volume est consacré aux conflits survenus dans les services publics. Dans le domaine des soins de santé, les tensions ont été particulièrement nombreuses dans le secteur public. Elles ont été liées à l’application des accords non marchands wallon et bruxellois, aux revendications en faveur d’une augmentation des effectifs, aux stratégies de privatisation à l’œuvre dans les hôpitaux publics, et à la restructuration du secteur hospitalier dans le cadre de la loi mettant en place des réseaux hospitaliers cliniques locorégionaux. Dans le secteur de la police, les mobilisations s’inscrivent dans un paysage syndical unique et dans un contexte marqué par une régulation assez stricte du droit de grève. Les revendications des syndicats ont concerné la revalorisation salariale, l’aménagement de la fin de carrière, le manque de moyens et de personnel, et la violence commise à l’égard des forces de l’ordre. En Communauté française, l’enseignement obligatoire a connu une conflictualité sociale particulièrement vive. Celle-ci a été due aux différents impacts de la crise sanitaire sur les écoles, à la mise en œuvre du « Pacte pour un enseignement d’excellence » (en particulier son volet relatif à l’évaluation des enseignants) et à de difficiles négociations sectorielles. L’étude se clôt par une annexe statistique fournissant un aperçu quantitatif du phénomène des grèves en Belgique en 2022. La présente étude a été rédigée par N. Hirtz, V. Lefebve, J. Pieret, P. Reman, S. Smeets, C. Tange, M. C. Trionfetti et K. Vandaele.
Podcasts
Le bilan des législatures fédérale et bruxelloise 2019-2024
intervention de Caroline Sägesser et Jean-Paul Nassaux diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 15 janvier 2024
Émission diffusée le 15 janvier 2024 Réécoutez ‘L’actualité en 3D. Décrypter, débattre et discuter avec le CRISP’, émission proposée dans le cadre du partenariat avec Radio Panik. Au menu de l’émission présentée par Julien Pieret : 1° Caroline Sägesser et Jean-Paul Nassaux : Le bilan des législatures fédérale et bruxelloise 2019-2024 2° ‘législature’, une nouvelle définition extraite du Vocabulaire politique. 3° Le tour des dernières parutions du CRISP, avec Cédric Istasse.
Courrier hebdomadaire
Grèves et conflictualité sociale en 2022 (I). Niveau interprofessionnel et secteur privé
Courrier hebdomadaire n° 2575-2576, par Iannis Gracos, 93 p., 2023
Le Groupe d’analyse des conflits sociaux (GRACOS) est un collectif interdisciplinaire ayant pour objectif l’étude des principaux mouvements de grève et autres éléments de la conflictualité sociale qui jalonnent chaque année civile. Ce Courrier hebdomadaire est consacré aux conflits qui ont marqué l’actualité belge en 2022. Particulièrement significatifs par rapport à l’histoire sociale et aux enjeux futurs, ceux-ci sont regroupés en deux volumes. Ce premier volume s’ouvre avec l’analyse de la conflictualité sociale interprofessionnelle. Celle-ci s’est essentiellement déployée en lien avec la revendication syndicale d’une révision de la loi du 26 juillet 1996, qui régit le volet salarial des négociations menées tous les deux ans en vue de la conclusion d’un accord interprofessionnel. Le contexte économique, les décisions du gouvernement De Croo (en particulier le jobsdeal) et la remise en cause par le patronat de l’indexation automatique des salaires ont également nourri les nombreuses mobilisations. Dans le secteur des titres-services, les syndicats ont déployé une campagne originale de « grand nettoyage » des principales entreprises privées, dont les façades ont été aspergées de mousse. Un accord sectoriel a procédé à une hausse des salaires des aides-ménagères et à un meilleur défraiement de leurs déplacements, tandis qu’était décidée une revalorisation de l’intervention du gouvernement flamand dans le financement de ce secteur. Dans le domaine de l’aviation civile, des conflits sont survenus au sein de deux compagnies aériennes : Brussels Airlines et Ryanair, en lien notamment avec les conséquences des mesures prises durant la pandémie de Covid-19. Le renouvellement du permis d’exploitation de l’aéroport de Liège a également été l’objet de tensions. La présente étude a été rédigée par B. Bauraind, A. Bingen, B. Conter, I. Erdinç, J. Faniel, C. Leterme et J. Vandewattyne.
Courrier hebdomadaire
Le contrôle du bien-être animal en abattoir
Courrier hebdomadaire n° 2562, par Anne-Laure Mathy, 34 p., 2022
En Belgique, la compétence du bien-être animal a été régionalisée le 1er juillet 2014, dans le cadre de la sixième réforme de l’État. Toutefois, les trois Régions ont décidé de ne pas mandater elles-mêmes des vétérinaires chargés d’assurer le contrôle du bien-être animal dans les abattoirs. Pour des raisons notamment financières, elles ont conclu un accord – via leurs « unités de bien-être animal » (UBEA) respectives – avec l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA). Dès lors, les vétérinaires qui contrôlent les aspects sanitaires pour l’AFSCA continuent, comme ils le faisaient déjà avant 2014, de relever les infractions liées au bien-être animal. S’ils constatent un problème à cet égard, ils en informent les UBEA, qui prennent les mesures qui leur semblent s’imposer. Mais, contrairement à ce qui prévalait précédemment, ils ne peuvent pas sévir eux-mêmes. Ce Courrier hebdomadaire a pour point de départ des cas de maltraitance survenus à l’abattoir de Tielt en 2017. Alors que ces manquements à la législation sur le bien-être animal étaient dénoncés par une association de défense des droits des animaux, via une vidéo postée sur les réseaux sociaux, ils n’apparaissaient nullement dans les statistiques officielles, issues des contrôles effectués par les vétérinaires chargés de mission par l’AFSCA. L’étude montre que ce décalage peut s’expliquer par une interaction entre, d’une part, la régionalisation de la compétence relative au bien-être animal et, d’autre part, le statut des vétérinaires mandatés par l’AFSCA pour contrôler le bien-être animal dans les abattoirs.
Podcasts
Le dossier du Stade national. Chronique d’un échec emblématique
intervention de Serge Govaert diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 14 novembre 2022
Dans quelques jours débutera, au Qatar, la 22e édition de la Coupe du monde de football dans un climat marqué par de nombreuses polémiques sur les conditions de travail et de vie de milliers d’ouvriers étrangers ayant participé à la construction, notamment, des stades nécessaires à une telle compétition. Voilà en tout cas un reproche qui ne pourra être fait à la Belgique ! En effet, longtemps annoncé, le projet de construction d’un Stade national sur le plateau du Heysel a finalement et probablement définitivement avorté en 2018. Quelles sont les raisons de cet échec ? Quels étaient les acteurs, politiques mais également économiques, de ce projet ? Quelle en fut la généalogie et quels obstacles dirrimants a-t-il rencontré ? En quoi son abandon est-il révélateur des limites que présentent notre système fédéral et le modèle coopératif sur lequel il repose ? Nous tâcherons de répondre à toutes ces questions et à bien d’autres en compagnie de Serge Govaert, fin connaisseur des substilités institutionnelles de notre pays, auteur d’un Courrier hebdomadaire sur ce dossier et administrateur du CRISP, le Centre de recherche et d’information socio-politiques, le partenaire de notre émission.
Courrier hebdomadaire
Les acteurs publics de la mobilité à Bruxelles
Courrier hebdomadaire n° 2528-2529, par Jean-Paul Gailly, 63 p., 2022
La mobilité dans et vers les grandes villes, particulièrement les métropoles, constitue un enjeu de taille. Bruxelles, ville-région et capitale multiple, le vit quotidiennement. Notamment, en tant que bassin d’emploi important qui draine de nombreux navetteurs, son accessibilité par les différents modes de déplacement individuels ou collectifs et l’organisation de sa logistique sont des sujets de préoccupation permanents. Dans le même temps, depuis la création de la Région de Bruxelles-Capitale en 1989, le souci de préserver l’environnement – et en particulier d’améliorer la qualité de l’air – a été à la base d’une volonté politique, plus ou moins affirmée, de promouvoir une mobilité dite durable. Les différents acteurs publics en charge de la mobilité en région bruxelloise sont souvent méconnus, de même que la manière dont la gouvernance est (ou non) assurée dans ce domaine. D’une part, la complexité des institutions bruxelloises nuit à la lisibilité et à la compréhension de ce champ de l’action publique. D’autre part, les autorités régionales bruxelloises ont progressivement réorganisé leurs services et conclu des accords avec d’autres composantes de l’État fédéral. Ce Courrier hebdomadaire analyse les rôles et responsabilités des acteurs publics, que ceux-ci soient en charge de la structuration de l’espace, de la gestion et de l’aménagement des infrastructures, ou des modes de déplacement et de transport.
Podcasts
Le survol aérien de Bruxelles. Généalogie et perspectives d'une histoire belge
intervention de Jean-Paul Nassaux diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 13 juin 2022
Depuis une trentaine d’années, le dossier des nuisances sonores liées à l’exploitation de l’aéroport national situé à Zaventem n’en finit plus de rebondir sans jamais rencontrer de solution définitive. Pourquoi cette question semble-t-elle à ce point insoluble ? Les raisons qui expliquent cette difficulté sont complexes et multiples : elles ont trait autant à la localisation problématique de cet aéroport en bordure de zones urbaines densément peuplées qu’à l’articulation délicate des compétences de l’Autorité fédérale, responsable des conditions d’exploitation de l’aéroport, et de celles de la Région bruxelloise, en charge de fixer des normes de bruit et de les faire respecter. Révélatrice des limites de notre modèle de coopération fédérale, cette question est également emblématique d’une certaine judiciarisation des conflits sociaux et politiques qui voit la justice constamment saisie tantôt par des collectifs de riverains opposés, tantôt par des compagnies aériennes souhaitant augmenter leurs activités, tantôt encore par une classe politique incapable de parvenir à un compromis… Durant cet épisode de L’Actualité en 3D, nous tâcherons de dénouer les nombreux fils de ce dossier qui empoisonne la vie politique belge depuis si longtemps et envisagerons son actualité la plus récente.Á cette fin, nous aurons le plaisir de recevoir Jean-Paul Nassaux, historien et politologue de formation, collaborateur scientifique du CRISP, le Centre de recherche et d’information socio-politiques, partenaire de notre émission. Jean-Paul est un observateur attentif de la vie politique bruxelloise et parmi ses publications, l’on pointera justement un Courrier hebdomadaire du CRISP consacré aux nuisances sonores subies par la Région bruxelloise dont on recommande la lecture (et pour les personnes qui souhaitent encore aller plus loin, on suggère l’étude très fouillée réalisée par l’IGEAT de l’ULB et publiée en novembre 2016).