Courrier hebdomadaire n° 2538, par Xavier Mabille, 49 p., 2022
Xavier Mabille est décédé le 24 décembre 2012. Afin de lui rendre hommage en ce dixième anniversaire de sa disparition, le CRISP publie un texte inédit de cet auteur clairvoyant et prolifique, tout à la fois politologue et historien, qui fut l’un de ses principaux responsables pendant plus d’un demi-siècle et sa figure la plus connue. Dans ce texte, Xavier Mabille étudie le processus de formation de l’espace belge, du Moyen Âge au lendemain de la Première Guerre mondiale, afin notamment de montrer combien « l’établissement des frontières de la Belgique n’a pas été le fruit du sentiment des populations concernées ». Cet écrit constituait le premier chapitre d’une étude menée dans la première moitié des années 1980 et intitulée Recherche relative à l’évolution de la société et des institutions en Belgique . Mais lorsque celle-ci avait été convertie en ce qui allait bientôt devenir l’ouvrage le plus célèbre de Xavier Mabille – son Histoire politique de la Belgique. Facteurs et acteurs de changement , qui est aujourd’hui encore une référence majeure dans la littérature scientifique belge –, le choix avait été posé de ne pas conserver ce chapitre sur la « pré-histoire » de l’État belge. Aujourd’hui, il est édité pour la première fois, et devient ainsi le 140 e Courrier hebdomadaire répertorié de celui qui fut le rédacteur en chef de cette revue de 1968 à 1983, avant de participer à la direction du CRISP jusqu’en 1999 et d’en être le président jusqu’en 2012. Ce volume est complété par la bibliographie de Xavier Mabille.
Les @nalyses en ligne
La grande désunion
par Xavier Mabille, paru dans Espace de libertés, n° 404, 1er janvier 2012, p. 19-20
Le clivage Église/État a été absent de la très longue crise politique qui a suivi les élections fédérales de juin 2010. On ne peut pas en conclure, pour autant, qu’il aurait disparu, ou qu’il aurait perdu toute portée politique. Pour comprendre son effacement, mais aussi pour mesurer les conséquences, parfois discrètes, qu’il continue d’alimenter, un retour sur le passé s’impose, effectué ici sans esprit partisan.
Les @nalyses en ligne
La démocratie économique et l’air du temps
par Xavier Mabille, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 21 décembre 2011
La revendication de démocratie économique est souvent occultée par la démocratie politique. Cette revendication est pourtant insistante, même si les termes dans lesquels elle s’exprime varient selon les contextes. Trois moments forts de cette revendication sont évoqués ici : le programme du Comité national de la Résistance, à la veille de la libération de la France ; le rapport Holdings et démocratie économique de la FGTB en 1956 ; enfin, l’ouvrage Démocratiser l’économie. Le marché à l’épreuve des citoyens, qui tente d’actualiser le thème. Cette mise en perspective permet de mesurer l’importance du conditionnement historique dans la forme que prend la revendication de démocratie économique, sans pour autant relativiser cette dernière. Texte de la conférence donnée au groupe Attac de Charleroi le 26 février 2011.
Livres
Nouvelle histoire politique de la Belgique
Livre, par Xavier Mabille, 457 p., 2011
L’État belge, forgé au fil du temps par les forces multiples qui traversent la société, est aujourd’hui confronté aux difficultés d’un monde en crise. Alors qu’une nouvelle réforme profonde des institutions se dessine, la Nouvelle histoire politique de la Belgique de Xavier Mabille revient sur la genèse et sur l’évolution de cet État. L’auteur a choisi 1780 comme point de départ. C’est le temps où s’achève l’Ancien Régime et où s’amorcent des mouvements durables de laïcisation, de centralisation et d’industrialisation. De jalon en jalon, cernant toujours l’essentiel, Xavier Mabille retrace la transformation de la Belgique. Ce livre s’adresse à tous ceux qui veulent comprendre les problèmes aujourd’hui en jeu, au moment où se noue plus que jamais le destin du pays. Stabilité ou réforme des institutions, rôle des acteurs collectifs, pratique et exercice des pouvoirs : ces questions prennent un éclairage nouveau dès lors que l’on en repère les origines, que l’on perçoit l’entrelacs des effets et des causes, que l’on cerne les évolutions de la société dans laquelle elles s’insèrent.
Les @nalyses en ligne
Pourquoi on doit voter en Belgique
par Xavier Mabille, paru dans Politique, revue de débats, n° 66, septembre-octobre 2010, p. 63-65, p. 63-65
L’obligation de vote, que la Belgique a été le premier État à instaurer en 1893, ne s’est guère répandue depuis dans les pays démocratiques. Elle constituait à l’époque, en Belgique, une manière de lutter contre l’absentéisme et d’assurer l’égale participation au vote de toutes les composantes de la population. Elle a cependant été combattue dès le départ, et l’est encore aujourd’hui, parce qu’elle altérerait le résultat des élections en encourageant les votes mal informés. Xavier Mabille fait le point sur l’histoire de l’obligation de vote et sur l’évolution de l’absentéisme et de l’abstentionnisme.
Les @nalyses en ligne
« 50 ans de politique »
par Vincent de Coorebyter et Xavier Mabille, paru dans Le Soir, 24 janvier 2009, p. 17-19
Le Soir interroge le président et le directeur général du CRISP, à l’occasion du 50e anniversaire de l’institution, sur les grandes évolutions, les faits marquants, les personnages clés, les impasses aussi, de la vie politique belge pendant un demi-siècle. Les conditions de réussite des grands accords institutionnels sont notamment examinées, ce qui fait ressortir quelques motifs des blocages récents. A travers la figure d’André Renard, l’importance décisive du mouvement wallon est mise en lumière, alors qu’on la sous-estime souvent en prêtant une puissance particulière au mouvement flamand.
Livres
Le CRISP : 50 ans d’histoire
Livre, par Xavier Mabille, 165 p., 2009
Avec des textes de Jean Heinen, François Perin, Yves de Wasseige, Gauthier de Villers, Jacques Brassinne de La Buissière, José Gotovitch, Mario Hirsch, Els Witte, Luc Dardenne, Jacques Taminiaux, Jean Ladrière, Vincent de Coorebyter. Un 50ème anniversaire ne peut être passé sous silence. Le CRISP a choisi, à cette occasion, de se manifester sous diverses formes. Et notamment par ce livre qui retrace les circonstances de sa genèse et les principales étapes de son évolution. Il présente aussi des témoignages et quelques textes à portée davantage théorique. L’ensemble a été conçu comme un hommage aux fondateurs du CRISP et tout particulièrement au président-fondateur, Jules Gérard-Libois.
Courrier hebdomadaire
Le Parti socialiste : évolution 1978-2005
Courrier hebdomadaire n° 1867-1868, par Xavier Mabille, 66 p., 2005
Pour retracer l’histoire d’un parti, de multiples points de vue sont possibles. Xavier Mabille, fidèle à la tradition d’analyse du CRISP, a choisi de sélectionner parmi la multitude des faits ceux qui sont pertinents d’un point de vue politique : comment une organisation hiérachisée et décentralisée en compétition et en coalition avec d’autres organisations semblables pour l’exercice du pouvoir politique a-t-elle traversé la période 1978-2005 ? Ces faits ne sont pas toujours ceux qu’attendraient les tenants d’une histoire plus anecdotique, voire investigatrice, axée sur une conception plus subjective de « l’actualité ». Il va de soi que ce point de vue n’épuise pas la réalité et que d’autres disciplines sont appelées à retravailler la période. La création en 1978 du Parti socialiste en tant que composante francophone autonome de la famille socialiste s’inscrit dans le processus quasiment continu de réformes institutionnelles de l’État. Le PS en a été un acteur essentiel. Il s’est trouvé ainsi en compétition pour l’exercice du pouvoir dans un nombre croissant d’entités politiques. Mais la période a aussi été celle d’une réorientation complète des grands axes d’équilibre qui fondaient l’action publique. Le parti a dû notamment s’adapter à la montée en puissance d’un pouvoir supranational européen d’inspiration très différente de l’esprit keynésien qui avait animé l’immédiat après guerre. La période étudiée revue est aussi celle qui a vu la plus longue participation du parti au pouvoir, ce qui lui a donné la possibilité de faire aboutir certains points de son programme tout en le conduisant à avaliser des compromis parfois douloureux.
Livres
La Belgique depuis la Seconde guerre mondiale
Livre, par Xavier Mabille, 309 p., 2003
En 1950, les élections donnent une majorité absolue au Parti social-chrétien, mais un violent mouvement de protestation en Wallonie conduit Léopold III à renoncer au trône. La Wallonie est alors la première région industrielle du pays, et celle où la revendication d’autonomie dans un État à redéfinir est la plus affirmée. La Société générale de Belgique détient des intérêts importants dans de très nombreux secteurs de l’économie belge et au Congo. L’adultère et la publicité pour les contraceptifs sont des délits. Des créateurs participent au groupe Cobra pour contrer l’attraction exercée par Paris sur les artistes belges, aussi bien flamands que francophones. La Belgique s’est profondément transformée depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, dans un jeu complexe d’évolutions lentes, d’événements voire de crises, et malgré de fortes résistances. Le premier objectif de ce livre est de placer ces mouvements dans un cadre clair : quatre périodes de quinze ans environ, pour lesquelles sont chaque fois examinées l’évolution politique et institutionnelle, l’évolution économique et sociale, les mutations dans la culture et la vie quotidienne, enfin le cadre européen et international dans lequel s’inscrit la Belgique. De brefs compléments, en ouverture et au terme de chaque période, rendent compte des transformations les plus importantes. La transformation du pays a fait l’objet de nombreux récits, d’interprétations, de tentatives d’explication. Ce livre entend pour sa part établir avec précision un maximum de faits significatifs et les replacer dans leur contexte, en laissant le lecteur libre de dégager ses interrogations et ses conclusions.
Courrier hebdomadaire
L’évolution récente des partis politiques
Courrier hebdomadaire n° 1759, par Xavier Mabille, 46 p., 2002
Que retenir de l’évolution récente des partis politiques ? De multiples changements interviennent par petites touches avant de former une évolution. Comment la mémoire peut-elle les sélectionner pour parvenir à en dégager des tendances ? Changements de dénomination des partis, bouleversements dans leur hiérarchie, réorientations, regroupements, dissidences et ralliements, changements de présidence et de mode d’élection des présidents, … : avec une sélectivité très acérée, Xavier Mabille rassemble les faits et réussit le défi de nous faire voir un paysage politique en mouvement. Deux décennies feront ici l’objet de rappels d’un certain nombre de faits marquants : rappels rapides pour la période de référence constituée par la décennie ouverte par les élections législatives du 8 octobre 1981, et rappels plus complets et plus précis pour la décennie ouverte par les élections législatives du 24 novembre 1991.
Dossiers
Mémoire et histoire (2002)
Dossier n° 55, par Xavier Mabille, 24 p., 2002
Les deux guerres mondiales qui ont déchiré le XXème siècle ont laissé de profondes traces dans les esprits. Elles ont aussi posé le problème général des rapports entre mémoire et histoire. Contre le révisionnisme et le négationnisme, qui prétendent exiger des preuves « scientifiques » du génocide, le rôle des témoins dans la transmission de la mémoire et des leçons de l’histoire doit être préservé. Mais il ne peut suffire à prévenir tous les risques inhérents à la reconstitution du passé, processus dans lequel les nations et les groupes cherchent ou se forgent une identité. L’altération, la dénégation et l’hypertrophie du passé constituent un défi permanent pour l’histoire. Dans une Europe en construction, l’image que chaque nation donne d’elle-même ne peut reconduire à l’époque où les nationalismes déchiraient le continent. C’est pourquoi il importe de rappeler que la structuration interne de l’Europe ne s’est pas faite seulement sur des bases territoriales ou dynastiques, mais aussi selon des dynamiques économiques, sociales et culturelles qui traversent les frontières d’État. La reconnaissance de ces multiples mouvements, dans les médias comme dans l’enseignement, constitue un défi pour l’avenir. C’est à éclaircir ces enjeux que se consacre le présent Dossier, hors de tout esprit polémique ou partisan.
Livres
Histoire politique de la Belgique (4ème édition). Facteurs et acteurs de changement
Livre, par Xavier Mabille, 505 p., 2000
L’Histoire politique de la Belgique de Xavier Mabille, président du CRISP, en est à sa quatrième édition. Ce volume de 500 pages alliant l’information, l’analyse et la synthèse, s’attache à la genèse et à l’évolution de l’État, forgé au fil du temps par les forces multiples qui traversent la société, s’y révèlent, s’y déploient. Ce livre n’est pas réservé aux seuls spécialistes de l’histoire mais s’adresse à tous ceux qui veulent mieux connaître et comprendre les problèmes d’aujourd’hui. Stabilité ou réforme des institutions, rôle des acteurs collectifs, facteurs de changement, pratique et exercice des pouvoirs, ces questions prennent un éclairage nouveau dès lors qu’on en repère les origines, parfois lointaines, qu’on perçoit l’entrelacs des effets et des causes, que l’on cerne mieux les évolutions de la société dans laquelle elles s’insèrent.
Courrier hebdomadaire
Medi@bel. Le contrôle d’un groupe de presse catholique francophone
Courrier hebdomadaire n° 1656-1657, par Xavier Mabille, 56 p., 1999
Xavier Mabille retrace les péripéties qui ont jalonné la prise de contrôle de Medi@bel, l’important groupe de presse catholique francophone par un actionnariat qui, s’il est encore marqué par la même tendance idéologique, a par ailleurs une importante composante flamande. Il est d’autant plus intéressant de faire le point sur le processus de restructuration du capital de Medi@bel qui s’en est suivi que les liaisons financières établies en amont et en aval de cette société, soit à la veille, soit au lendemain de l’opération, concernent une partie importante de la presse belge. Et que les groupes qui s’étaient portés candidats acquéreurs et dont l’offre n’a pas été retenue en fin de compte étaient eux aussi très représentatifs des milieux de la presse et d’autres milieux d’affaires. En outre, l’intervention, à divers stades du processus, d’entreprises et de groupes de presse de diverses nationalités a donné à l’affaire une réelle dimension internationale. Dans sa conclusion, Xavier Mabille se sert des critères définis par le conseil d’administration de Medi@bel lui-même, pour évaluer les offres des candidats acquéreurs. L’auteur se garde bien de procéder à une telle évaluation, mais cet exercice lui permet de passer en revue, en profondeur et tout en nuances, les enjeux présents dans le monde de la presse francophone aujourd’hui.
Dossiers
Législatif, Exécutif et Judiciaire. Les rapports entre les pouvoirs (1998). Les rapports entre les pouvoirs
Dossier n° 48, par Xavier Mabille, 24 p., 1998
Ce Dossier est essentiellement consacré aux rapports entre les trois pouvoirs constitutionnels au niveau de l’État fédéral. On examinera toutefois en fin de Dossier dans quelle mesure certaines des observations faites à ce niveau s’appliquent également à celui des Communautés et des Régions. La définition des trois pouvoirs constitutionnels repose tout d’abord sur le rôle propre de chacun d’entre eux à l’égard de la loi, soit par rapport à l’élaboration et à l’adoption de celle-ci, soit par rapport à sa mise en exécution, soit par rapport au respect de son application. La présentation des pouvoirs renvoie au texte même de la Constitution. Ce texte met d’emblée en lumière l’absence de tout cloisonnement étanche entre les pouvoirs. Il importe d’examiner aussi comment s’opèrent dans les faits les interactions entre eux.
Livres
Histoire de l’enseignement en Belgique
Livre, par Dominique Grootaers, 608 p., 1998
L’histoire de l’enseignement est traversée par les tensions qui caractérisent la société belge. Les clivages philosophiques, sociaux et culturels marquent en profondeur la dynamique du développement de l’école. Et aujourd’hui encore, la coexistence des différents réseaux et la structuration des nombreux acteurs qui interviennent dans la décision politique en matière d’enseignement sont le reflet de cette histoire et de ces clivages. Cet ouvrage est le premier à retracer l’évolution de l’enseignement en Belgique tant du point de vue politique et institutionnel que du point de vue des contenus et des méthodes pédagogiques. Il propose une fresque à la fois globale et précise du développement du système d’enseignement, dans le cadre des politiques scolaires menées depuis la naissance de l’État belge jusqu’à nos jours.
Dossiers
Les groupes d’entreprises (1998)
Dossier n° 47, par Xavier Mabille, Charles-Xavier Tulkens, Anne Vincent, 27 p., 1998
Pour la majorité des travailleurs, l’employeur c’est une entreprise. Cette entreprise est leur seul interlocuteur : elle seule contracte des obligations et des droits à leur égard. Eux-mêmes ne contractent d’obligations et de droits qu’à l’égard de cette entreprise. Et pourtant, des entreprises - qui emploient au total la majorité des travailleurs - ne sont en réalité que de petites parties d’ensembles plus grands : les groupes d’entreprises. Les groupes d’entreprises sont une des structures fondamentales du capitalisme. Ils trouvent leur origine dans le mouvement de concentration du pouvoir économique qui est un mouvement incessant et multiforme et qui est loin d’être exclusif d’un mouvement simultané de diversification. Que sont les groupes d’entreprises ? D’où viennent-ils ? Quelles sont les différences entre eux ? Comment les entreprises se situent-elles dans les groupes ? Quelle est la politique des groupes ? Et leurs rapports avec la politique ? Ces questions forment la trame du présent Dossier.
Dossiers
Le système de décision européen (1997)
Dossier n° 45, par Xavier Mabille, 24 p., 1997
’La multiplication et la complexité des procédures, tant législatives que d’exécution, ont rendu le système décisionnel de l’Union boursouflé et illisible’. Ce jugement implacable n’est pas le fait d’un polémiste adversaire des institutions européennes, il figure textuellement dans l’avis de la Commission européenne du 1er février 1996 sur la réunion de la conférence intergouvernementale. La situation juridique ai l’Union et des Communautés européennes est d’une extrême complexité : - les traités et actes de base, au nombre d’une douzaine, totalisent plus de 700 articles, les uns de nature fondamentale, les autres de caractère technique, avec survivance de nombreuses dispositions obsolètes
Livres
La Société générale de Belgique 1822-1997. Le pouvoir d’un groupe à travers l’histoire
Livre, par Xavier Mabille, Charles-Xavier Tulkens, Anne Vincent, 336 p., 1997
Ce livre, d’un volume maniable et d’un style accessible à tous, est d’abord un livre sur le pouvoir. Comme les autres travaux du CRISP sur les groupes d’entreprises, il fournit les éléments nécessaires pour une réflexion sur les rapports entre pouvoir économique privé et pouvoir politique. Le cas de la Société générale est d’autant plus intéressant qu’il y a eu parallélisme au milieu du XIXe siècle entre la croissance du groupe et la formation de l’État, comme à la fin du XXe siècle entre la recomposition du groupe et celle de l’État. Ce livre complète la série d’ouvrages sur les groupes d’entreprises publiée sous la direction d’Anne Vincent, dans laquelle ont déjà paru quatre titres et qui fournit, en recourant à la méthode des morphologies de groupes, une vue significative des structures fondamentales du capitalisme en Belgique et de ses liaisons internationales.
Livres
Histoire politique de la Belgique (3ème édition). Facteurs et acteurs de changement
Livre, par Xavier Mabille, 476 p., 1997
Cette « Histoire politique de la Belgique » s’attache à la genèse et à l’évolution de l’État, forgé au fil du temps par les forces multiples qui traversent la société, s’y révèlent, s’y déploient. L’auteur a choisi 1780 comme point de départ. C’est le temps où s’achève l’Ancien Régime et où s’amorcent à la fois des mouvements durables de laïcisation, de centralisation et d’industrialisation. Il nous conduit, de jalon en jalon, cernant toujours l’essentiel, jusqu’à ce temps où l’État vient d’opérer - ou de subir - une réforme profonde de ses structures et est confronté aux difficultés d’un monde en crise. Pour la première fois, les méthodes du CRISP sont appliquées à une période aussi longue et l’auteur a réussi ce tour de force de traiter son sujet - deux cents ans d’histoire - en un volume de 400 pages alliant l’information, l’analyse et la synthèse. Ce livre n’est pas réservé aux seuls spécialistes de l’histoire mais s’adresse à tous ceux qui veulent mieux connaître et comprendre les problèmes aujourd’hui en jeu, au moment où se noue sans doute le destin du pays. Stabilité ou réforme des institutions, rôle des acteurs collectifs, facteurs de changement, pratique et exercice des pouvoirs, ces questions prennent un éclairage nouveau dès lors qu’on en repère les origines, parfois lointaines, qu’on perçoit l’entrelacs des effets et des causes, que l’on cerne mieux les évolutions de la société dans laquelle elles s’insèrent.
Les textes publiés dans le Courrier hebdomadaire présentent pour la plupart une approche approfondie d’une problématique bien délimitée. La diversité des sujets abordés peut apparaître très grande. Il y a néanmoins une unité dans le thème central des recherches du CRISP : le système de la décision politique en Belgique. L’examen de ce système s’opère sous divers angles : les mécanismes de la décision et le rôle des groupes-acteurs, mais aussi la dimension temporelle du cheminement de la décision, depuis le seuil de politisation qui marque l’entrée de la problématique dans la sphère politique jusqu’aux stades de l’adoption et de l’application et, de façon plus générale, du destin de la décision. Le système de décision dont le CRISP poursuit l’analyse depuis 1959 a évolué en devenant plus complexe. Cette complexité croissante s’est traduite en une multiplication et une imbrication des niveaux de décision. Le processus de réformes institutionnelles en Belgique a donc requis une attention particulière, puisque non seulement il constituait une modification importante du cadre dans lequel se joue la décision politique, mais aussi parce qu’il comportait ses propres enjeux. L’évolution institutionnelle qui a mené à l’Union européenne dans sa configuration actuelle appelle des observations d’ordre comparable. Mais la complexité croissante du système de décision, c’est aussi la multiplication des groupes-acteurs, c’est aussi la multiplication des enjeux. Il serait vain de vouloir consigner, ou même synthétiser, dans un seul texte la totalité des enseignements qui peuvent se dégager de la lecture de la collection du Courrier hebdomadaire et des autres publications du CRISP. Le propos du présent Courrier hebdomadaire est de présenter, dans les dimensions d’une seule livraison, des observations sur quelques évolutions majeures du système depuis une quinzaine d’années. Une première série d’observations concernent le rythme de ces évolutions. Des découpages chronologiques sont proposés à partir de repères de nature différente, parfois conventionnelle, parfois événementielle. Ces cycles ou découpages se chevauchent dans le temps et trouvent après coup une cohérence plus ou moins grande. Une seconde série d’observations concernent l’évolution des clivages caractéristiques de la société belge. Il y a tout particulièrement lieu de ce point de vue de s’interroger sur la persistance des cloisonnements qui en ont procédé ou sur des formes diverses de décloisonnements. Enfin, il s’est imposé de prendre en compte une hypothèse à double branche : l’évolution du système va-t-elle vers l’accentuation des formes duelles ou vers le maintien de formes mixtes ? La démarche ainsi entreprise est sans doute loin d’apporter des réponses simples à chacune des questions posées, mais permet peut-être, au lecteur, sans que lui soit imposé quelque schéma simplificateur que ce soit, de disposer d’éléments d’appréciation d’un système dont la complexité est incontestable.
Dossiers
Le Parlement européen (1995)
Dossier n° 41, par Xavier Mabille, 22 p., 1995
Le Parlement européen présente de nombreux traits originaux, tant par comparaison avec d’autres assemblées parlementaires que par comparaison avec les autres institutions européennes. Son évolution a été, en quelques décennies, marquée par des étapes importantes dont les dernières et non les moindres ont été l’entrée en application de l’Acte unique européen d’abord, et, davantage encore, du Traité de Maastricht ensuite. Cette évolution revêt des aspects institutionnels, il s’agit alors de la position et du rôle du Parlement dans le système de décision européen. Cette évolution revêt aussi des aspects plus proprement politiques, Une lecture complémentaire à celle du présent Dossier s’impose d’ailleurs à ce sujet, celle d’un autre Dossier du CRISP consacré aux Partis politiques en Europe (Dossier n° 35) qui indiquait bien les conditions et les formes de l’émergence d’un espace politique européen.
Courrier hebdomadaire
Les résultats des élections communales du 9 octobre 1994 (I)
Le 9 octobre 1994 ont eu lieu des élections dans les 589 communes du pays pour le renouvellement des conseils communaux. Dans ce Courrier hebdomadaire et dans le suivant, la présentation des résultats de ce scrutin communal est établie par région : Wallonie, Bruxelles, Flandre. Des comparaisons avec le scrutin communal de 1988 sont opérées. Après un relevé de la participation au scrutin et du nombre de votes blancs et nuls, l’analyse privilégie à la fois le poids relatif des principales forces politiques en présence et le recensement des majorités locales. Pour la Wallonie et pour la Flandre, des cartes des zones d’implantation des principaux partis politiques et du premier parti de chaque commune regroupé par province ont été dressées. Le dépôt de listes sous numéro national est un indicateur du degré de politisation explicite du scrutin. C’est aussi une des mesures les plus ’visibles’ du poids électoral et de l’implantation locale des partis. Des tableaux établis par arrondissement reprennent, complétés par des commentaires, les premiers partis ou les premières listes (de cartel ou à appellation locale) en indiquant s’ils disposent d’une majorité absolue en voix et en sièges, d’une majorité absolue en sièges ou d’une majorité relative. Et ceci pour toutes les communes wallonnes et pour les communes flamandes de plus de 10.000 habitants. La situation des grandes entités urbaines fait l’objet d’analyses complémentaires. Des références sont faites pour les communes-cantons aux scrutins législatif de novembre 1991 et européen de juin 1994. Une attention particulière est accordée, dans un chapitre séparé, à la situation dans les communes à statut linguistique spécial de la périphérie bruxelloise et de la frontière linguistique, ainsi qu’à la représentation francophone dans des communes à statut linguistique ordinaire de la grande périphérie bruxelloise. Le scrutin communal de 1994 a été caractérisé par la présentation et l’élection d’un nombre plus élevé de femmes et de belges issus de l’immigration. Des données sont fournies sur ces deux catégories de candidats et d’élus. Les coalitions qui seront mises en place dans les communes et la composition des collèges des bourgmestres et échevins ne sont pas encore connues pour l’ensemble des communes du pays. Il n’en sera pas question ici. Par ailleurs, on ne peut préjuger, au moment de cette publication, du sort réservé aux nombreuses réclamations introduites à l’issue du scrutin du 9 octobre 1994.
Courrier hebdomadaire
La Société générale de Belgique. Éléments pour une histoire de la Banque mixte 1822-1934
Courrier hebdomadaire n° 1414-1415, par Xavier Mabille, 67 p., 1993
Sous trois dénominations successives – Société générale des Pays-Bas pour favoriser l’industrie nationale à partir de 1822, Société générale pour favoriser l’industrie nationale à partir de 1830, Société générale de Belgique à partir de 1903 – s’est développé, avec une continuité qui n’a pas d’autre exemple, ce que l’on peut considérer comme le prototype même de la banque mixte, cette forme de structuration du pouvoir financier caractéristique du capitalisme belge jusqu’à la réforme intervenue en 1934-1935. Certes l’histoire complète en reste encore à écrire, avec recours systématique à toutes les sources. Un survol tel que celui présenté ici nous paraît toutefois suggestif, et ce de plusieurs points de vue. Née de l’initiative conjointe du roi des Pays-Bas et de financiers et négociants de la place de Bruxelles, la Société générale ouvre la voie à un certain type d’institution financière privée, mais joue simultanément un rôle public pendant plus de vingt-cinq ans. Son histoire s’organise autour de grandes dates, qui appartiennent au calendrier de l’histoire politique (la création de l’Etat belge indépendant en 1830, la guerre en 1914,…) et en périodes, qui sont celles de l’histoire économique (l’expansion internationale de la société et de son groupe coïncidant avec la deuxième révolution industrielle). Cette histoire est marquée de crises, dont la plus grave se situa en 1848 et entraîna la fin du rôle public joué jusque-là. Le mode de résolution de la crise ne prémunit toutefois pas la société, non plus que sa clientèle, contre tous les risques inhérents à la forme de la banque mixte. Ce ne sera que lors d’une crise bien ultérieure et par des décisions concernant la totalité des sociétés de même nature – qui s’étaient pour la plupart développées sur le modèle même de la Société générale -, qu’il sera mis fin en 1934-1935 au système de la banque mixte. Histoire politique et histoire économique sont indissociables dans l’étude de tels cas. On verra par exemple toute l’incidence d’une décision politique telle que la réforme du régime légal des sociétés intervenue en 1873 et toute l’importance des enjeux des débats politiques sur les modes de mise en exploitation des gisements charbonniers de Campine. Histoire politique et histoire économique apparaissent également indissociables à travers les indications biographiques sur les dirigeants, dont de très nombreux ont cumulé ou assuré successivement des fonctions très diverses. La société et ses dirigeants ont été des acteurs importants et souvent déterminants de l’histoire économique et politique. Les stratégies mises en oeuvre furent toutefois souvent circonstancielles. ’L’engagement de la Société générale dans la grande industrie résulte non pas d’une stratégie mûrement délibérée mais des circonstances imprévisibles de la crise de 1830’. Le survol de plus d’un siècle d’histoire met en relief, davantage qu’une capacité d’innovation, plus d’une fois prise en défaut ou mise en échec, une faculté d’adaptation, parfois tardive mais jamais démentie.
Livres
Histoire politique de la Belgique (2ème édition). Complément 1986-1992. Facteurs et acteurs de changement
Livre, par Xavier Mabille, 32 p., 1992
Depuis la première édition de cet ouvrage, en décembre 1986, la vie politique belge a été marquée par l’accentuation des asymétries entre les communautés et les régions. Les élections législatives de décembre 1987 et de novembre 1991 ont été particulièrement significatives de ce point de vue. C’est dans ce contexte que s’est poursuivie la réforme des institutions, tandis que les préoccupations budgétaires sont demeurées un thème lancinant de la vie politique. Ce complément à la deuxième édition analyse, en une trentaine de pages, l’évolution des rapports de force politiques, la poursuite de la réforme des institutions, l’évolution de la fonction politique du roi. Il aborde également de nouveaux problèmes au-delà du seuil de politisation, les priorités budgétaires, la Belgique et le traité de Maastricht, l’internationalisation des centres de décision économique, et enfin l’action gouvernementale en période d’affaires courantes.
Livres
Histoire politique de la Belgique (2ème édition). Facteurs et acteurs de changement
Livre, par Xavier Mabille, 428 p., 1992
Cette « Histoire politique de la Belgique » s’attache à la genèse et à l’évolution de l’État, forgé au fil du temps par les forces multiples qui traversent la société, s’y révèlent, s’y déploient. L’auteur a choisi 1780 comme point de départ. C’est le temps où s’achève l’Ancien Régime et où s’amorcent à la fois des mouvements durables de laïcisation, de centralisation et d’industrialisation. Il nous conduit, de jalon en jalon, cernant toujours l’essentiel, jusqu’à ce temps où l’État vient d’opérer - ou de subir - une réforme profonde de ses structures et est confronté aux difficultés d’un monde en crise. Pour la première fois, les méthodes du CRISP sont appliquées à une période aussi longue et l’auteur a réussi ce tour de force de traiter son sujet - deux cents ans d’histoire - en un volume de 400 pages alliant l’information, l’analyse et la synthèse. Ce livre n’est pas réservé aux seuls spécialistes de l’histoire mais s’adresse à tous ceux qui veulent mieux connaître et comprendre les problèmes aujourd’hui en jeu, au moment où se noue sans doute le destin du pays. Stabilité ou réforme des institutions, rôle des acteurs collectifs, facteurs de changement, pratique et exercice des pouvoirs, ces questions prennent un éclairage nouveau dès lors qu’on en repère les origines, parfois lointaines, qu’on perçoit l’entrelacs des effets et des causes, que l’on cerne mieux les évolutions de la société dans laquelle elles s’insèrent.