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1991 - 1997

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Courrier hebdomadaire

La Société régionale d’investissement de Wallonie – SRIW

Courrier hebdomadaire n° 1571, par Alain Dangoisse, Vincent Vagman, 42 p., 1997

La Société régionale d’investissement de Wallonie - SRIW est une société anonyme d’intérêt public constituée en 1979. Elle a été constituée sur le modèle de la Société nationale d’investissement - SNI et figurait au nombre des outils d’intervention économique mis en place par le gouvernement belge. Depuis lors, la SRIW s’est imposée comme un instrument central de politique économique wallonne, notamment à la faveur de l’évolution institutionnelle. En effet, la réforme de l’Etat de 1988-1989 a assuré aux régions une très large autonomie en matière de politique économique dans le cadre de l’union économique et monétaire belge. Cette décision a contribué à hisser la SRIW au rang des premiers groupes d’entreprises wallons. Ce numéro du Courrier hebdomadaire du CRISP s’attache, d’une part, à décrire le rôle important joué par la SRIW dans la politique économique wallonne conformément aux orientations tracées par l’actionnaire qu’est le gouvernement wallon (appelé antérieurement exécutif régional wallon) et, d’autre part, à déterminer la logique managériale qui prévaut au sein de ce groupe. Les informations utilisées pour ce faire proviennent principalement des déclarations de politique générale d’une part, des bilans et des rapports sociaux de la SRIW d’autre part, soit un ensemble de données qui présentent un caractère officiel et public. Une première partie est consacrée à la période qui s’étend de la création de la SRIW à la réforme de 1988-1989. Les enjeux économiques et les réponses politiques qui ont été apportés sont esquissés sous l’optique de l’outil SRIW. Les filiales ou opérateurs publics fonctionnellement liés à la SRIW qui sont créés au cours de cette période sont présentés. Les deuxième et troisième parties concernent la période de l’autonomie économique qui débute à partir de 1989. La deuxième retrace les orientations qu’assigne le gouvernement wallon à la SRIW dans les déclarations successives de politique régionale. Elle souligne le travail législatif opéré pour doter la SRIW des moyens adéquats et relève ponctuellement des éléments de débat développés au sein du Parlement wallon. La troisième procède à l’analyse des ratios financiers et décrit le développement du processus de filialisation et de participation. Elle met en exergue les diverses stratégies mises en oeuvre pour assurer une logique de groupe. De la sorte, un exercice de confrontation entre l’approche politique et l’approche managériale de la SRIW est tenté dans la dernière partie. Il fait ressortir les éléments d’adéquation entre ces deux approches, mais révèle aussi une relative autonomie du groupe SRIW. Cet exercice, se clôture au moment où le gouvernement wallon vient de rendre publique une note d’orientation économique qui confirme le rôle joué par la SRIW dans la politique économique wallonne.

Courrier hebdomadaire

Le mouvement wallon et la question bruxelloise

Courrier hebdomadaire n° 1434-1435, par Vincent Vagman, 64 p., 1994

Différents groupes organisés se réclament du mouvement wallon. Ils ont en commun de vouloir valoriser le patrimoine wallon, d’énoncer des griefs et de revoir l’organisation unitaire de l’Etat. Cependant, l’évolution de leurs objectifs, la variété de leurs modes d’organisation et la disparité de leurs implantations géographiques empêchent de considérer ce mouvement comme un ensemble monolithique. Il importe plutôt de l’envisager au travers de ses principales composantes. Les premiers congrès wallons, l’Assemblée wallonne, la Ligue wallonne de Liège et Concentration wallonne dominent le mouvement wallon jusqu’à la deuxième guerre mondiale. Revendiquant alors le fédéralisme, le mouvement wallon entame ensuite une percée dans l’opinion publique. Le Congrès national wallon, Wallonie libre, Rénovation wallonne, le Mouvement populaire wallon, le Mouvement libéral wallon, le Collège exécutif de Wallonie et une délégation permanente de quatre de ces groupes exercent avec des succès divers une influence sur les partis politiques. Dans le même contexte se créent de nouveaux partis fédéralistes : le FDF et le RW. Ils jouent un rôle dans l’amorce à partir de 1970 du processus de réformes institutionnelles. Après la disparition du RW, le mouvement wallon subsiste sous la forme précédente de l’existence de plusieurs groupes qui s’en réclament. Wallonie Région d’Europe est devenu le plus représentatif d’entre eux. Une perception du cas particulier de Bruxelles est présente au sein du mouvement bruxellois wallon dès ses débuts. Elle est toutefois entachée d’ambigüité. En effet, d’une part, une distinction entre Wallons et francophones vivant en Belgique n’est pas opérée initialement : il est question de Wallons de Bruxelles (voire de Flandre). D’autre part, les premières ligues wallonnes dissocient le statut de Bruxelles de celui de la Wallonie dans leurs ébauches institutionnelles. L’objectif de la défense du français resté longtemps prioritaire entrave la levée de cette ambiguïté. Par la suite, la nécessité grandissante de prendre en compte d’autres enjeux – notamment économiques – et les avancées de la réforme des institutions favorisent une clarification dans la prise en compte du cas particulier de Bruxelles. Avec la recherche d’une plus grande autonomie pour la Wallonie, le mouvement wallon doit concilier la confrontation à une question bruxelloise aux termes ambi-valents : résoudre des griefs à l’encontre de la capitale et organiser une solidarité avec sa composante francophone. Une première partie de ce Courrier hebdomadaire retrace l’émergence de la question bruxelloise dans l’évolution du mouvement jusqu’à sa percée dans l’opinion publique. Procéder à l’évaluation de l’importance qu’y occupe cette question implique de se livrer préalablement à une présentation des composantes du mouvement. Les réflexions de leaders, les projets institutionnels qui y sont conçus, le rôle des partis de référence wallonne ou bruxelloise et l’influence exercée auprès des familles politiques traditionnelles fournissent des éléments d’évaluation. Mais la confrontation du mouvement wallon à la question bruxelloise a des répercussions tant au sein des partis qui s’en réclament qu’en dehors de ses composantes. Les dissensions au sein de la fédération FDF-RW en font foi. En marge du processus de réformes institutionnelles, le mouvement wallon contribue à l’émergence d’un débat sur les institutions francophones, puis inspire au sein des fédérations wallonnes du PS des remises en cause de la Communauté française. Le débat ’régionaliste’ s’est amplifié depuis cinq ans avec le risque évoqué par certains de voir un ’repli wallon’ menacer la solidarité avec Bruxelles. La seconde partie de ce Courrier hebdomadaire s’attache à déterminer l’influence du mouvement wallon dans la prise en compte de la question bruxelloise par les partis francophones, et, indirectement, sur le processus de réformes institutionnelles qu’ils conduisent. Une série d’événements politiques et institutionnels constitue la toile de fond sur laquelle évolue la question bruxelloise. L’approche historique du mouvement wallon ne peut actuellement s’appuyer que sur des sources fragmentaires. Les fonds d’archives de militants et les actes officiels de congrès sont à ce titre des documents du plus haut intérêt.

Courrier hebdomadaire

Charleroi. Eléments d’une mutation post⁠-⁠industrielle

Courrier hebdomadaire n° 1319, par Vincent Vagman, 32 p., 1991

Pôle des premières révolutions industrielles, Charleroi connaît aujourd’hui une période de mutation post-industrielle qui modifie peu à peu des aspects très divers de la ville et de ses environs. La taille critique territoriale, les traits sociologiques dominants et les perspectives européennes de Charleroi contribuent à tisser la toile de fond de cette évolution. Outre Charleroi, l’arrondissement administratif de Charleroi comprend les communes d’Aiseau-Presles, Chapelle-lez-Herlaimont, Châtelet, Courcelles, Farciennes, Fleurus, Fontaine-l’Evêque, Gerpinnes, Les Bons Villers, Manage, Montigny-le-Tilleul, Pont-à-Celles et Seneffe. Ce découpage administratif ne correspond pas totalement à une autre réalité, d’abord économique - le bassin industriel - et ensuite sociologique - le bassin de vie à forte charge identitaire. Le bassin économique de Charleroi s’est édifié sur une industrie lourde traditionnelle, antérieurement source de richesses, qui impose aujourd’hui des reconversions. Sur cette superficie marquée par l’industrialisation, s’est façonné un profil sociologique correspondant. Charleroi fait partie des 120 agglomérations européennes de plus de 200.000 habitants. Sa place dans la concurrence intervilles qui se joue au niveau européen mérite d’être évoquée, même en l’absence de typologie urbaine européenne adéquate. L’image passéiste du ’pays noir’ s’estompe progressivement au profit de celle moins marquée du ’pays de Charleroi’. Le volontarisme qui est à la base de ce changement puise sa vitalité dans quelques facteurs comme l’évolution consensuelle du climat social, la gestion de la ville de Charleroi, la mise en oeuvre de nouveaux partenariats,... Toutefois, certains indicateurs socio-économiques trahissent toujours les séquelles d’une difficile reconversion. Une dynamique de mutation est enclenchée. L’objet de ce Courrier hebdomadaire est d’esquisser quelques grands traits du visage post-industriel de Charleroi. Dans ce cadre, la dynamique de mutation est interprétée comme la conjonction d’éléments de crise survenue au travers de certains problèmes et de germes de renouveau apparus à la faveur de ruptures encourues. Parmi les données qui ont servi de base à ce Courrier hebdomadaire , de nombreuses proviennent d’une étude pluridisciplinaire du développement de Charleroi commanditée par le bourgmestre de Charleroi Jean-Claude Van Cauwenberghe, réalisée sous la coordination de B. Bermils et publiée avec le concours de la Fondation Roi Baudouin.