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1958 - 2026

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Courrier hebdomadaire

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel, une autorité de régulation indépendante

Courrier hebdomadaire n° 2054-2055, par Clémence Dumont, 88 p., 2010

Comment protéger le public face à l’influence considérable des médias audiovisuels ? La liberté d’expression et la liberté d’entreprise sont-elles compatibles ? Comment réguler l’accès aux ressources rares, comme les fréquences hertziennes, pour exercer ces libertés ? Ces questions fondamentales pour la démocratie débouchent sur celle de la forme à donner à cette régulation. La Communauté française a fait du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) le principal acteur de la régulation de l’audiovisuel. Après avoir présenté le cadre général du droit de l’audiovisuel, Clémence Dumont déroule le fil rouge de son analyse, à savoir la notion d’autorité administrative indépendante, que le décret sur les services de médias audiovisuels applique au CSA. Elle décrit l’organisation du CSA et ses règles de fonctionnement. Elle examine ensuite de façon transversale les pouvoirs du CSA, en s’appuyant sur les cas emblématiques de l’attribution du plan de fréquences, du code d’éthique de la publicité, de l’affaire TVi et de l’émission controversée de la RTBF « Bye bye Belgium ». L’auteure se demande enfin si le CSA répond vraiment à la qualification d’autorité administrative indépendante et s’il est justifié qu’une telle institution soit chargée de la régulation de l’audiovisuel.

Livres

La Cité : 45 années de combat quotidien

Livre, par Marie-Thérèse Coenen, Jean-François Dumont, Jean Heinen, Luc Roussel, Paul Wynants, 205 p., 2010

La parution, le 1er octobre 1950, du premier numéro de La Cité constitue un évènement dans la presse belge. Destinée par ses fondateurs aux travailleurs chrétiens, La Cité est fondée sur la conviction que l’information libère. C’est pourquoi le journal s’engage contre l’injustice sous toutes ses formes, la misère, l’inculture, ou encore pour le droit des hommes, des femmes et des peuples à vivre dans l’égalité, la dignité et la paix. Cela ne lui suffira pas pour gagner son autre combat permanent : celui de sa survie. Ni les réformes successives du quotidien, ni sa transformation en un magazine hebdomadaire ne lui permettront d’échapper, comme bien d’autres journaux progressistes, à la disparition. L’histoire complète de La Cité n’avait jamais été racontée. À travers les hommes et les femmes qui ont fait ce journal et l’actualité dont il fut le témoin engagé, ce livre éclaire la place et le rôle spécifique qu’il a tenus pendant quarante-cinq années en Belgique. Le présent ouvrage s’appuie sur le dépouillement des archives et des collections de La Cité, conservées au Centre d’animation et de recherche en histoire ouvrière et populaire (CARHOP).

Les @nalyses en ligne

Belgique : la fin des compromis ?

par Bernard Conter et Jean Faniel, paru dans Savoir/Agir, n° 11, mars 2010, p. 129-136

La Belgique est un pays de divisions autant que de compromis. Le pays, né en 1830, vit avec ses clivages. Aux moments de crise succèdent de nouveaux consensus, tantôt durables, tantôt provisoires, qui permettent à cet État de composer avec ses lignes de fracture communautaire, philosophique et socio-économique sans excès de violence. Récemment, le conflit communautaire a repris vigueur, notamment du fait des exigences flamandes d’une nouvelle réforme institutionnelle accordant davantage de compétences aux régions et communautés. La question de la survie du pays a refait surface. Mis en sourdine par la crise financière et économique, le conflit reste latent. Il est difficile d’en imaginer l’issue…

Courrier hebdomadaire

Les transformations du paysage universitaire en Communauté française

Courrier hebdomadaire n° 2052-2053, par Michel Molitor, 97 p., 2010

En 1999, la Communauté française adhère à la déclaration de Bologne, qui engage les pays européens à faire converger leur enseignement supérieur. Cet engagement est concrétisé par le décret Bologne, voté en mars 2004. Jusqu’alors, la Communauté française comptait neuf institutions universitaires, mais des rapprochements ou des regroupements d’institutions étaient régulièrement discutés. Des initiatives non concertées avaient abouti en 2002 au regroupement des universités en trois « pôles », où prédominaient les clivages traditionnels entre enseignement confessionnel et non confessionnel et entre public et privé. L’espace européen donne une actualité nouvelle à ces questions en accroissant la concurrence entre les universités. Celles-ci vont accepter prudemment les projets de rationalisation des autorités politiques avec la création des académies, qui se calquent largement sur les profils des pôles de 2002. Michel Molitor retrace l’historique de l’évolution du paysage universitaire depuis les années 1960. Il met à jour les contradictions entre les logiques de rapprochement sur des bases philosophiques et les logiques de concurrence géographique. Il analyse en profondeur les processus engagés par le décret Bologne : intégration des hautes écoles à des universités, intégration ou fusion au sein même des académies. Il se fait l’écho du débat parlementaire qui dénonce souvent l’absence de pilotage politique du processus et qui reste très attaché au maintien des « grands équilibres » entre familles philosophiques, alors que les mouvements en cours semblent parfois les menacer.

Les @nalyses en ligne

Retour sur une confession

par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 2 mars 2010, p. 17

L’interview dans laquelle le coprésident d’Ecolo parlait de sa foi catholique a fait couler beaucoup d’encre, sans qu’on saisisse clairement les enjeux de la polémique. Ce qui a pu choquer certains n’est évidemment pas l’idée qu’il y ait des croyants en politique, mais bien qu’ils soient désignés comme tels. Un retour sur la Constitution belge de 1831 montre que, dans notre système – qui possède sur ce point une dimension républicaine –, les élus ne sont pas censés afficher leurs appartenances, de peur d’y paraître asservis.

Courrier hebdomadaire

Les accords transnationaux d’entreprises et les autres niveaux de dialogue social

Courrier hebdomadaire n° 2050-2051, par Évelyne Léonard, André Sobczack, 84 p., 2010

Au cours des vingt dernières années, le dialogue social transnational s’est fortement développé au niveau interprofessionnel, sectoriel et de l’entreprise, tant dans le cadre européen qu’au niveau mondial. Mais quelles sont les interactions entre les différents lieux et les différents acteurs de ce dialogue social transnational ? De quelle manière le dialogue social transnational pèse-t-il sur les systèmes de concertation nationaux, eux-mêmes souvent caractérisés par une multiplicité de niveaux ? Ces ambitieuses questions sont examinées par André Sobczack et Évelyne Léonard à travers une revue minutieuse de la littérature sociologique récente à ce sujet ainsi qu’une enquête menée auprès des acteurs de terrain. Les auteurs montrent dans quels types de lieux surgissent les innovations qui serviront de modèles. Ils repèrent les acteurs qui leur ont donné naissance et dont l’expérience peut servir de point d’appui pour un enrichissement progressif du contenu des accords et de leurs procédures de mise en œuvre.

Les @nalyses en ligne

« L’aide sociale est devenue trop impersonnelle »

par Vincent de Coorebyter, paru dans Espace de Libertés, n° 383, février 2010, p. 7-8

Dans le cadre d’un dossier sur la notion de justice, Espace de Libertés a demandé à Vincent de Coorebyter quelles sont les principales conceptions politiques de l’idée de justice, et comment ces divergences se traduisent dans la gestion de l’État. Droite et gauche, égalité formelle et discrimination positive, universalité de la loi et politiques de quotas, liberté et régulation, État-providence et engagement citoyen, sont ainsi passés en revue pour rendre compte des tensions à l’œuvre.

Courrier hebdomadaire

Négociations et tensions autour de la création du Fonds amiante

Courrier hebdomadaire n° 2048-2049, par Marc Molitor, 61 p., 2010

L’ampleur et la gravité des maladies dues à l’amiante sont à la base de la création en Belgique, au 1er avril 2007, de l’Asbest Fonds Amiante (AFA). Ce fonds indemnise les victimes, non professionnelles comme professionnelles. Une nouvelle association, l’ABEVA, a réussi à mettre à l’agenda politique l’idée d’une réparation pour toutes les victimes de l’amiante. Les interlocuteurs sociaux se sont montrés ouverts à l’idée d’une nouvelle réparation, mais réticents à la voir sortir de leur champ traditionnel. Les négociations touchaient à plusieurs problématiques sensibles : les maladies de l’amiante en dehors des entreprises, la contamination environnementale, la mise en cause de l’immunité des employeurs, l’indemnisation des indépendants, le financement, etc. Accepter le principe d’un Fonds amiante spécifique, c’est accepter une différenciation fondée sur l’histoire particulière de l’exploitation de l’amiante. Aux yeux des victimes, la gravité des atteintes à la santé et les négligences ou les mensonges qui jalonnent cette histoire justifient une réparation spécifique. L’AFA est une amélioration incontestable pour toutes les victimes de l’amiante, même s’il ne répond pas à la revendication de départ d’une réparation intégrale du dommage.

Courrier hebdomadaire

L’annulation de la dette du Tiers Monde

Courrier hebdomadaire n° 2046-2047, par Renaud Vivien, 75 p., 2010

La crise qui a éclaté en 2008 dans les pays du Nord s’est répercutée sur tous les continents, l’Afrique en tête. La majorité des pays du Sud sont surendettés et leurs ressources financières, amputées à concurrence du remboursement de la dette, ne permettent toujours pas de satisfaire les besoins fondamentaux de leurs populations, malgré les promesses d’annulation de dette formulées par les grands bailleurs de fonds internationaux. Se pose alors la question de l’efficacité des différentes initiatives mises en place au niveau international pour traiter le problème de l’endettement du Sud, dont le FMI et la Banque mondiale sont les chefs d’orchestre. Dans quelle mesure les créanciers internationaux ont-ils changé de stratégie en matière d’allègement de dettes ? La controverse autour de la doctrine de la dette odieuse est placée au cœur du débat par les ONG. Mais les États et les organisations financières internationales comme la Banque mondiale tentent de les discréditer. En Belgique, la notion d’audit de la dette du Tiers Monde avait été au cœur d’une résolution adoptée par le Sénat le 29 mars 2007. Plus de deux ans après l’adoption de ce texte, le gouvernement, dont la composante libérale s’était abstenue lors du vote de la résolution, l’ignore entièrement et s’aligne sur les positions du Club de Paris. Quelle est la position défendue par la Belgique au sein du FMI et de la Banque mondiale, où son poids est relativement important ? Quelle est sa marge de manœuvre concernant ses créances bilatérales sur les pays en développement ? Renaud Vivien s’attache à éclairer les multiples enjeux de ces questions.

Les @nalyses en ligne

Le financement public des cultes en France et en Belgique : des principes aux accommodements

par Caroline Sägesser, paru dans F. Foret (dir.), Politique et religion en France et en Belgique, Bruxelles, Éditions de l'Université de Bruxelles, collection « Science politique », n° 34, 2009, p. 91-105

L’opposition entre le système belge et le système français de financement public des cultes est exposée ici dans ses principes, qui renvoient à des contextes historiques différents. L’auteur montre cependant que le système français est nettement moins simple qu’il n’y paraît, et que des évolutions récentes montrent une tendance à une reconnaissance accrue des identités religieuses, quoi qu’il en soit du caractère laïque de la République française. Inversement, le système belge, plus souple en apparence, n’évolue que lentement alors que son ancienneté peut le faire paraître archaïque sur certains points.

Courrier hebdomadaire

Index 2008⁠-⁠2009

Courrier hebdomadaire n° 2045, 79 p., 2009

Index et liste des Courrier hebdomadaire parus en 2008-2009

Les @nalyses en ligne

Rétrospective de la décennie : la politique belge

par Vincent de Coorebyter, paru dans La Libre Belgique, 24 décembre 2009, p. 50-53

La politique belge de la décennie 2000 est traitée ici à travers 12 billets synthétiques : trois dates clés, trois personnalités marquantes, trois tendances qui ont marqué la décennie, un coup de griffe, un coup de chapeau, une tendance fondamentale pour l’avenir. De la faillite de la Sabena à la vogue des idées libérales en passant par la loi sur l’euthanasie, entre autres...

Les @nalyses en ligne

Le Parti socialiste est⁠-⁠il populaire ?

par Jean Faniel, paru dans Politique, revue de débats, n° 62, décembre 2009, p. 18-23

Du point de vue de son ancrage électoral et militant, le PS belge reste un parti populaire, ce qui le distingue de la plupart de ses homologues européens. C’est également de là qu’il tire en bonne partie sa force. Le réseau qui entoure le PS consolide l’assise de ce parti, en diffusant (via le syndicat, la mutualité, les organisations d’éducation permanente, etc.) une idéologie marquée par la place centrale de la solidarité. Enfin, l’implantation locale et l’occupation du pouvoir à tous les niveaux depuis plus de 20 ans, confèrent à ce parti une assise forte en Wallonie. Pour autant, ce parti est-il populaire à tous les niveaux et de tous les points de vue ? Dans quelle mesure contribue-t-il à améliorer la situation des personnes issues des milieux populaires, qui forment l’essentiel de son électorat ?

Les @nalyses en ligne

Un accord à la belge

par Vincent de Coorebyter, paru dans Migrations Magazine, n° 1, hiver 2009-2010, p. 14-16

L’accord politique de juillet 2009 permettra de réaliser une nouvelle vague de régularisations individuelles de sans-papiers, et il a le mérite d’avoir débloqué ce dossier. Mais cet accord a débouché sur une « instruction administrative » qui a pris la place de ce qui aurait pu et dû être réglé par la loi. Il s’inscrit ainsi dans une culture du compromis typiquement belge, mais sans être à la hauteur des grands accords, déjà ancien, dont la Belgique s’enorgueillit. L’accord de juillet pose différentes questions sur la démocratie belge, les libertés qu’elle prend avec les règles de base du système et l’affaiblissement du sens de la norme.

Courrier hebdomadaire

Les résultats des élections régionales, communautaires et européennes du 7 juin 2009

Courrier hebdomadaire n° 2043-2044, par Pierre Blaise, Vincent de Coorebyter, Jean Faniel, Caroline Sägesser, 106 p., 2009

En Belgique, le scrutin du 7 juin 2009 était un scrutin complexe, à effets multiples. Les électeurs ont été appelés à renouveler de manière directe cinq parlements : la représentation belge au Parlement européen, le Parlement flamand, le Parlement wallon, le Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale et le Parlement de la Communauté germanophone. Cinq autres assemblées ont été renouvelées, en tout ou en partie, de façon indirecte, dont le Parlement de la Communauté française. Ce numéro du Courrier hebdomadaire examine d’abord les changements intervenus dans les rapports de force politiques à l’issue de ces élections. Ensuite, pour chaque parlement, sont analysés les comportements électoraux, en ce compris l’absentéisme et les votes non valables, les résultats à l’échelle de l’ensemble des circonscriptions ou à l’échelle des collèges, les résultats par circonscription et par canton, la nouvelle composition de l’assemblée, la constitution de la coalition gouvernementale et les attributions des membres du gouvernement. L’analyse des évolutions prend essentiellement pour point de comparaison les élections précédentes de même nature, c’est-à-dire les élections régionales, communautaires et européennes de 2004 et de 1999. Une brève confrontation des résultats de 2009 est néanmoins faite, pour les principales listes, avec leurs résultats au scrutin législatif fédéral de 2007.

Dossiers

Les industries culturelles (2009)

Dossier n° 72, par Anne Vincent, Marcus Wunderle, 131 p., 2009

Les industries culturelles se transforment rapidement sous l’effet de l’apparition de nouvelles technologies, mais elles conservent aussi leurs caractéristiques anciennes. On observe une segmentation des activités, dans laquelle la distribution et les fonctions d’intermédiaire, qui engendrent le moins de risques, occupent une place dominante. Parallèlement les centres de profit se sont déplacés. Le secteur des jeux, relativement neuf et en plein essor, se situe dans une logique semblable à celle des autres industries culturelles, qui sont aujourd’hui, pour les grandes entreprises actives dans ce secteur, des industries du divertissement. De nouveaux entrants, grâce à leur maîtrise d’internet, ont perturbé la chaîne de production et la gestion des droits en investissant les contenus créatifs, tandis que certains acteurs traditionnels adaptaient leur stratégie et parvenaient à maintenir leur position. Face aux stratégies de rentabilisation des groupes privés, les pouvoirs publics peuvent proposer différentes mesures de soutien aux industries culturelles. Dans tous les cas de figure, vu les rapports de force sur le marché mondial, la Communauté française apparaît marginalisée, comme acteur et comme territoire, dans un contexte européen et mondial.

Dossiers

Les droits de l’homme (2009)

Dossier n° 73, par Caroline Sägesser, 96 p., 2009

Le concept de droits de l’homme est apparu à la fin du 18e siècle, mais s’est réellement imposé après la Seconde Guerre mondiale. Les droits de l’homme sont aujourd’hui protégés par des engagements internationaux, comme la Déclaration universelle des droits de l’homme, par des textes juridiques et par des institutions comme la Cour européenne des droits de l’homme. L’Union européenne et la Constitution belge garantissent également des droits fondamentaux. Depuis peu, les droits de l’homme sont contestés parce qu’ils refléteraient avant tout une vision occidentale du monde, idéologiquement orientée. Leur élargissement à des droits de la deuxième et de la troisième génération a renforcé les droits de l’homme, mais ces nouveaux droits sont plus difficiles à mettre en œuvre. Les sanctions imposées lorsque les droits de l’homme sont bafoués restent très inégales, malgré des progrès tels que la création de la Cour pénale internationale. Ce Dossier fait le tour de cette question complexe, en attachant une attention particulière aux débats qui entourent les droits de l’homme et aux normes qui s’appliquent en Belgique et dans l’Union européenne. Rédigé de manière claire, sa vocation est pédagogique et non juridique.

Courrier hebdomadaire

L’instauration et les effets du seuil électoral de 5 %

Courrier hebdomadaire n° 2041-2042, par François Onclin, 72 p., 2009

Un seuil électoral de 5% a été introduit sans grand débat dans le système électoral pour lutter contre la fragmentation des forces politiques. Les petits partis, auxquels cette mesure est préjudiciable, ont saisi la Cour d’arbitrage à maintes reprises afin d’obtenir l’annulation du seuil, qu’ils considèrent comme une entorse au principe, constitutionnalisé, de représentation proportionnelle. François Onclin expose l’origine de l’adoption du seuil électoral. Il examine les intérêts stratégiques et les motivations qui ont amené les acteurs politiques à le soutenir ou à le contester. Il analyse ensuite les arguments des partisans et des opposants du seuil électoral, ainsi que le raisonnement de la Cour d’arbitrage qui a validé le seuil. Au-delà des stratégies et des discours, quels ont été les effets précis du seuil électoral de 5% ? Ils apparaissent au premier abord relativement limités. Quelques sièges ont été attribués différemment à la Chambre et au Sénat en 2003 et dans le groupe linguistique français du Parlement bruxellois en 2009 en raison du seuil légal de 5%. Le comportement des électeurs ne s’en est pas trouvé modifié. Mais l’anticipation par les partis des effets potentiels du seuil de 5% est une conséquence indirecte du seuil, en particulier la création de cartels en Flandre, qui a diminué la lisibilité du jeu politique et s’est révélée être, pour partie, à la base de la crise politique aiguë de 2007-2008.

Les @nalyses en ligne

Bonne gouvernance, vraiment ?

par Jean Faniel, paru dans Imagine demain le monde, n° 76, novembre-décembre 2009, p. 38-39

Depuis quelques années, la notion de « bonne gouvernance » est mise à toutes les sauces. Plusieurs partis ont axé une partie importante de leur campagne électorale sur cette expression. Pourtant, il est des tas d’exemples où l’action des pouvoirs publics apparaît incohérente, voire tout à fait contreproductive, et où peu de voix s’élèvent pour parler de « mauvaise gouvernance ». Est-ce parce que cette notion est employée à géométrie très variable ? N’est-ce pas même tout simplement parce que, après analyse, elle paraît peu utile, voire creuse ?

Courrier hebdomadaire

Le marché européen des quotas de CO2

Courrier hebdomadaire n° 2040, par Cédric Cheneviere, 51 p., 2009

Dans le cadre de la lutte contre le réchauffement de la planète, l’un des instruments les plus célèbres mis en place par l’Europe est assurément le système communautaire d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre. Ce système couvre près de 40% des émissions de gaz à effet de serre de la Communauté. C’est la directive européenne emission trading de 2003 qui gouverne ce mécanisme dans l’industrie et les transports aériens. Sa technicité n’en facilite pas la compréhension. C’est à un travail d’explication et de clarification que s’est attelé Cédric Cheneviere. Pour faire le point de la question, l’auteur recense les gaz à effet de serre et les activités visées par la directive. Il retrace ensuite l’origine des quotas et la manière dont ils sont répartis entre les secteurs. Il se place enfin au niveau des entreprises en présentant leurs obligations et le fonctionnement du marché européen du carbone. La directive anticipe l’accord qui pourrait être conclu en décembre 2009 à Copenhague. Le système des quotas est exigeant pour les entreprises. Il comporte des risques de spéculation sur le marché des quotas et de délocalisation de certaines entreprises polluantes.

Courrier hebdomadaire

La composition du Parlement européen issu des élections de juin 2009

Courrier hebdomadaire n° 2039, par Thierry Coosemans, 33 p., 2009

Institution souvent décriée pour son manque de notoriété auprès des électeurs, le Parlement européen n’en constitue pas moins une assemblée passionnante à observer. S’y côtoient en effet des élus de culture et d’idéologies parfois fort divergentes, mais tournés vers un objectif commun : assurer l’accompagnement démocratique du processus d’intégration européenne. L’assemblée est le lieu de rencontre e vingt-sept traditions parlementaires. Depuis sa première élection directe au suffrage universel, en juin 1979, elle a développé une identité propre et un mode de fonctionnement original. Thierry Coosemans présente la composition du nouveau Parlement européen à travers ces structures fondamentales que sont les groupes politiques, qui assurent la synthèse idéologique des débats, au détriment de l’approche nationale qui prévalut longtemps. Il évoque également le partage des responsabilités et des influences entre les différents groupes dans la distribution des présidences et des vice-présidences de l’assemblée et de ses commissions.

Courrier hebdomadaire

Les résultats des élections européennes de juin 2009 dans les États membres

Courrier hebdomadaire n° 2038, par Thierry Coosemans, 53 p., 2009

Du 4 au 7 juin 2009 s’est déroulée dans 27 États membres de l’Union européenne l’élection des 736 députés destinés à composer le Parlement européen pour la nouvelle législature 2009-2014. Ni le faible taux de participation, sans cesse déclinant, ni la médiocrité des campagnes électorales ne permettent, à ce jour, de dépasser le stade d’une élection dite « de second ordre » à laquelle, tous les cinq ans, les citoyens-électeurs n’accordent somme toute qu’un intérêt secondaire. Les élections européennes ont néanmoins constitué, dans chacun des États membres, un moment fort de la vie politique, les résultats et les enjeux du scrutin étant partout analysés en fonction de la conjoncture politique nationale. Thierry Coosemans reprend, pour chacun des 27 pays, l’évolution de la situation politique depuis l’élection européenne de juin 2004, et plus particulièrement les résultats des scrutins intervenus depuis lors. Les résultats de l’élection de juin 2009 sont comparés à ceux de 2004. Sont également précisés le nombre de sièges dévolus aux pays membres, et, pour chacun d’eux, sont rappelés les processus de ratification du traité constitutionnel et du traité de Lisbonne.

Les @nalyses en ligne

La dynamique d’auto⁠-⁠transformation des clivages

par Vincent de Coorebyter, paru dans La Revue nouvelle, n° 10, octobre 2009, p. 58-65

Au terme des objections émises à égard des analyses précédentes, Vincent de Coorebyter répond à la thèse de la perte de substance des clivages en insistant sur deux dimensions essentielles de ce modèle d’analyse : la place centrale qu’il accorde à la société civile plutôt qu’aux partis politiques, d’une part, et le fait qu’un clivage engendre par lui-même un processus de contestation et de rééquilibrage qui entraîne sa transformation, d’autre part. Il souligne ainsi que le modèle des clivages repose sur un phénomène sociologique fondamental, celui de la domination. (texte de l’intervention lors de la soirée-débat organisée avec La Revue nouvelle après la publication du Courrier hebdomadaire n° 2000)

Les @nalyses en ligne

Les clivages selon Lipset et Rokkan : un modèle revisité

par Vincent de Coorebyter, paru dans La Revue nouvelle, n° 10, octobre 2009, p. 31-39

Le modèle des clivages a longtemps été considéré comme la meilleure grille d’analyse de la politique belge. Il est cependant contesté depuis plusieurs années, certains clivages apparaissant dépassés, tandis que les nouvelles questions politiques, comme l’environnement ou l’immigration, échappent à ce modèle aux yeux de divers spécialistes. Vincent de Coorebyter propose une relecture sociologique du modèle, qui permet de comprendre la persistance des grands clivages historiques aussi bien que leur apaisement ou leur transformation, et qui permet d’établir l’existence d’au moins un clivage nouveau, noué autour des questions environnementales au sens large. (texte de l’intervention lors de la soirée-débat organisée avec La Revue nouvelle après la publication du Courrier hebdomadaire n° 2000)

Courrier hebdomadaire

Gouvernance et Technology Assessment en Wallonie

Courrier hebdomadaire n° 2037, par Pierre Delvenne, 43 p., 2009

Le Technology Assessment vise l’identification précoce des changements technologiques et de leurs impacts éventuels, en vue d’éclairer la décision politique. La Flandre a son office de Technology Assessment depuis 2000. Qu’en est-il en Wallonie ? Pierre Delvenne retrace l’historique de la réflexion wallonne et la tentative d’attribuer une fonction de TA au Conseil de la politique scientifique wallon en 1994, bien avant la création de l’office flamand. Il explore les raisons qui ont mené alors à un échec. L’auteur se penche ensuite sur le régime wallon de recherche et d’innovation et montre comment les pratiques et les institutions ont créé un cadre commun pour l’action, mais aussi des obstacles au changement. Tant la réflexion entamée par le programme Prométhée en 1998 que, plus récemment, les grappes technologiques, les clusters et les pôles de compétitivité, ont profondément transformé le régime wallon de recherche et d’innovation et donc changé le contexte de création d’un TA. Les initiatives qui voient actuellement le jour au niveau politique reflètent une évolution des mentalités en matière de TA. Une résolution, votée à l’unanimité en commission du Parlement wallon, vise à nouveau à doter le Conseil wallon de la politique scientifique d’une mission de Technology Assessment. La nouvelle coalition mise en place au lendemain des élections régionales de juin 2009 a quant à elle mis cette question en bonne place dans son programme de gouvernement.