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Les @nalyses en ligne

Cinq pour cent du PIB

par Giuseppe Pagano, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 18 décembre 2025

Les 24 et 25 juin 2025, s’est tenu à La Haye un important sommet des chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), en présence du président des États-Unis d’Amérique, Donald Trump. Comme il l’avait déjà fait précédemment, celui-ci a une nouvelle fois demandé fermement aux pays membres de porter leurs dépenses de défense à 5 % du produit intérieur brut (PIB). Accédant à cette injonction, la quasi-totalité des pays européens membres de l’OTAN, en ce compris la Belgique, se sont engagés à consacrer, d’ici 2035, 3,5 % de leur PIB aux dépenses de défense stricto sensu, et encore 1,5 % de ce PIB à des dépenses de sécurité au sens large, comme la cybersécurité ou la mobilité militaire. Cette @nalyse du CRISP en ligne examine les conséquences budgétaires de l’engagement pris lors du Sommet de La Haye, de manière globale d’abord, en se concentrant principalement sur le cas de la Belgique ensuite, et ce en considérant principalement quatre dimensions importantes.

Courrier hebdomadaire

Les institutions à dotation du Parlement fédéral

Courrier hebdomadaire n° 2646-2647, par Serge Model, 120 p., 2025

Diverses institutions sont financées par le Parlement fédéral, tout en étant situées hors des trois pouvoirs classiques – législatif, exécutif et judiciaire. Elles exercent des missions de contrôle, de médiation, de régulation, ou encore de protection des droits fondamentaux. Au fil des décennies, elles se sont multipliées, diversifiées et parfois superposées, et elles ont pris une place parfois majeure dans le système juridico-politique de la Belgique. Actuellement, les institutions à dotation du Parlement fédéral sont au nombre de treize : la Cour des comptes, la Cour constitutionnelle, le Conseil supérieur de la justice (CSJ), le Comité permanent de contrôle des services de police (Comité P), le Comité permanent de contrôle des services de renseignement et de sécurité (Comité R), le Médiateur fédéral, l’Autorité de protection des données (APD), les Commissions de nomination pour le notariat, la Commission administrative chargée du contrôle des méthodes spécifiques et exceptionnelles de recueil des données (Commission BIM), l’Organe de contrôle de l’information policière (COC), la Commission fédérale de déontologie (CFD), le Conseil central de surveillance pénitentiaire (CCSP) et l’Institut fédéral pour la protection et la promotion des droits humains (IFDH). Les trois premières d’entre elles sont créées par la Constitution, tandis que les dix autres le sont par la loi. Ce Courrier hebdomadaire propose une cartographie synthétique de ces treize institutions : fondement juridique, missions, composition, rapports avec le Parlement fédéral, articulation interinstitutionnelle, défis actuels. Chaque organe fait l’objet d’une présentation autonome, rédigée selon une grille homogène permettant comparaison et mise en perspective. À partir d’une analyse juridique, institutionnelle et fonctionnelle, S. Model éclaire les forces et les fragilités d’un paysage institutionnel souvent méconnu, fragmenté, parfois redondant, mais porteur de garanties essentielles pour l’État de droit.

Podcasts

Les élections, un an après. Une Belgique qui change ?

intervention de Jean Faniel et Caroline Sägesser diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 9 juin 2025

Réécoutez ‘L’actualité en 3D. Décrypter, débattre et discuter avec le CRISP’, émission proposée dans le cadre du partenariat avec Radio Panik. Émission spéciale présentée par Julien Pieret, avec Jean Faniel et Caroline Sägesser : Les élections, un an après Une Belgique qui change ?

Courrier hebdomadaire

La formation du gouvernement De Wever (juin 2024 – février 2025)

Courrier hebdomadaire n° 2637-2638, par Caroline Sägesser, 69 p., 2025

Dès le lendemain des élections du 9 juin 2024, se dégage la piste d’une coalition associant la N-VA, le MR, Les Engagés, Vooruit et le CD&V pour constituer le nouveau gouvernement fédéral. Cette formule reçoit le nom d’« Arizona », en référence au drapeau de cet État des États-Unis, qui réunit le jaune, le bleu, le rouge et l’orange (soit les couleurs respectives, en Belgique, des nationalistes flamands, des libéraux, des socialistes et des sociaux-chrétiens). Le processus de formation du gouvernement fédéral dure un peu moins de huit mois. Durant cette période, aucune formule de coalition autre que l’Arizona n’est sérieusement envisagée. Les négociations débutent dès le 12 juin, jour où Bart De Wever (N-VA) est chargé d’une mission d’information par le roi Philippe. Hormis une brève interruption du 23 août au 2 septembre, durant laquelle Maxime Prévot (Les Engagés) mène une mission de médiation, B. De Wever pilote la constitution du gouvernement jusqu’à sa mise en place, en tant qu’informateur, puis préformateur puis enfin, à partir du 10 juillet, formateur. Des moments de grandes tensions politiques marquent le processus de formation, qui est en outre retardé par la tenue des élections communales et provinciales du 13 octobre 2024. Le gouvernement De Wever entre en fonction le 3 février 2025, soit 239 jours après le scrutin. Sa formation est la troisième plus longue de l’histoire du pays, après celles des gouvernements fédéraux Di Rupo (540 jours en 2010-2011) et De Croo (494 jours en 2019-2020). Chose encore difficilement imaginable un an auparavant, B. De Wever, président d’un parti qui vise à l’indépendance de la Flandre, devient Premier ministre ; toutefois, son accession à ce poste a rapidement fait consensus parmi les partenaires de la coalition.

Les @nalyses en ligne

Le monde va mal, l’Arizona se porte bien ?

par Vincent Lefebve et Caroline Sägesser, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 2 mai 2025

Nous vivons dans un monde assiégé par des crises de natures multiples. Sur le plan géopolitique, le monde a pénétré depuis le 20 janvier 2025 dans une nouvelle ère, qui a des répercussions sur l’ensemble des secteurs de la vie sociale. Si la Belgique n’échappe pas à une telle situation, cette période marquée par la thématique de la crise y prend cependant des accents particuliers. Alors que les tensions internes avaient paralysé la Vivaldi, la gravité des bouleversements géopolitiques en cours, et de leurs conséquences, semble contribuer, en tout cas en un premier temps, à unir les différentes composantes de l’Arizona et à gommer les tensions internes qui auraient pu, autrement, entraver la bonne marche de l’exécutif.

Courrier hebdomadaire

L’année politique 2023 au niveau fédéral

Courrier hebdomadaire n° 2621, par Caroline Sägesser, 51 p., 2024

Ce Courrier hebdomadaire retrace les faits saillants de l’année 2023 qui ont concerné le gouvernement belge et qui ont alimenté l’actualité politique au niveau fédéral. Pour le gouvernement De Croo, l’année 2023 représentait la dernière occasion de dégager des accords et de mettre en œuvre des réformes, avant que les énergies politiques ne soient largement absorbées par les échéances électorales de 2024. Toutefois, cette perspective n’a pas constitué l’aiguillon nécessaire à une action résolue, et l’année a été riche en échéances reportées et en réformes maintes fois annoncées puis définitivement abandonnées (réforme fiscale) ou fortement réduites (réforme des pensions). En outre, le gouvernement fédéral est apparu fragilisé, en raison de tensions au sein de la coalition Vivaldi, ainsi que de difficiles perspectives électorales pour plusieurs des partis politiques qui la composent. Caroline Sägesser examine ici les modifications intervenues dans la composition du gouvernement De Croo, et passe en revue les principaux événements et dossiers auxquels celui-ci a été confronté au cours de l’année 2023 (énergie, asile, concertation sociale, fiscalité, sécurité sociale, pensions, environnement, justice, budget, sécurité, cultes, survol aérien de Bruxelles, guerre en Ukraine, conflit israélo-palestinien…). Elle propose aussi un retour sur l’évolution de la cohésion de cette majorité singulière, qui se compose de plus de partis qu’aucune autre avant elle dans l’histoire de la Belgique.

Courrier hebdomadaire

La démocratie face aux « crises » globales : la Belgique entre unité et division

Courrier hebdomadaire n° 2619-2620, par Vincent Lefebve, 123 p., 2024

En Belgique, des crises qui, en raison de leur nature même, présentent une dimension internationale peuvent se transformer rapidement en conflits politiques internes, notamment de type communautaire : par leur intensité, ces menaces sont en effet susceptibles de créer ou d’attiser les divisions au sein de la société belge, qui est structurellement traversée par diverses lignes de fracture. Mais ces crises peuvent également venir alimenter les dynamiques centripètes et unificatrices qui animent le pays : étant donné qu’ils appellent une réponse coordonnée des différentes composantes de l’État, ces périls incitent les acteurs politiques à s’entendre pour y faire face ou pour que la Belgique puisse parler d’une seule voix sur la scène internationale. Vincent Lefebve analyse la façon dont cette dialectique entre division et unité se déploie en Belgique dans un contexte marqué par la survenance ou l’intensification de crises durables, globales et systémiques. Pour cela, il examine les politiques publiques qui ont été élaborées en Belgique en réponse respectivement à quatre défis majeurs : le dérèglement climatique, la crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19, le bouleversement géopolitique découlant de la guerre en Ukraine, et l’enjeu migratoire (ou, plus précisément, la gestion de l’accueil des migrants). Ce Courrier hebdomadaire montre que, si les clivages qui traversent de longue date la Belgique constituent autant de facteurs de complexité et potentiellement de division, la structure fédérale du pays et la tradition consociative belge peuvent pour leur part faciliter dans une certaine mesure la recherche de compromis et d’équilibres entre points de vue et intérêts divergents.

Courrier hebdomadaire

L’année politique 2022 au niveau fédéral

Courrier hebdomadaire n° 2563, par Caroline Sägesser, 50 p., 2022

Ce Courrier hebdomadaire retrace les faits saillants de l’année 2022 qui ont concerné le gouvernement belge et qui ont alimenté l’actualité politique au niveau fédéral. Cette année devait être une année capitale pour le gouvernement De Croo, avant que l’échéance électorale prévue le 9 juin 2024 ne vienne entraver son action et sa capacité à dégager des accords. Cependant, une actualité internationale dramatique – la guerre en Ukraine – et ses conséquences – la flambée des prix de l’énergie et le retour d’une forte inflation – ont bouleversé le programme de l’exécutif et compliqué son action. En outre, l’hétérogénéité de l’équipe s’est avérée difficile à surmonter, et le gouvernement a été déclaré en danger à plusieurs reprises. Caroline Sägesser examine ici les modifications intervenues dans la composition du gouvernement De Croo, et passe en revue les principaux événements auxquels celui-ci a été confronté au cours de l’année 2022 (crise sanitaire, énergie, fiscalité, pensions, marché du travail, immigration, justice, budget, sécurité, concertation sociale, cultes…). Elle propose aussi un retour sur l’évolution de la cohésion de cette majorité singulière, qui se compose de plus de partis qu’aucune autre avant elle dans l’histoire de la Belgique.

Les @nalyses en ligne

« Opération militaire spéciale » : un exemple d’euphémisme en temps de guerre

par Cédric Istasse, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 24 février 2023

Nommer une réalité, c’est lui permettre d’exister dans les esprits. Mais souvent, c’est aussi – voire surtout – tenter d’influencer la façon dont cette réalité sera perçue et pensée et, donc, d’influer sur la manière dont elle existera et se déploiera. Sans surprise, les temps de guerre sont dès lors l’une des circonstances dans lesquelles l’acte de nommer revêt une pleine dimension politique. Au point que certains régimes, comme celui qui est aujourd’hui à la tête de la Russie, entendent l’accaparer car ils y voient, plus qu’une simple faculté, un élément de pouvoir.

Livres
Illustration de la ressource

La Constitution au fil de ses versions (2ème édition)

Livre, par Cindy Regnier, 408 p., 2022

Adoptée en février 1831, la Constitution belge a été révisée à plus de 65 reprises depuis lors. Élargissement du droit de vote, d’abord, réformes de l’État successives, ensuite, ont tout particulièrement modifié sa physionomie de départ. Cette évolution de la « loi fondamentale » reflète à la fois les changements intervenus dans la société belge et les transformations des structures institutionnelles du pays. En 2019, l’ouvrage La Constitution au fil de ses versions est venu proposer une formule de lecture originale permettant de retracer l’évolution d’un article au fil de ses modifications et, plus largement, de saisir finement les évolutions de ce texte central. La deuxième édition inclut les dernières révisions constitutionnelles et améliore la lisibilité de certains articles particulièrement touffus. L’objectif de cet ouvrage demeure de permettre au lecteur d’observer aisément les révisions qu’a connues la Constitution belge depuis sa promulgation en français en 1831, en livrant, dans une présentation originale et exhaustive, les versions successives de chaque article et en signalant de manière précise les modifications intervenues et les dates de ces changements. La présentation permet de saisir aisément quand une modification a été apportée au texte. Le procédé utilisé offre trois modes de lecture possibles. Le lecteur peut ainsi lire la Constitution actuelle de la Belgique, en connaître la version initiale ou suivre l’évolution d’un article en particulier, voire d’un paragraphe ou d’un alinéa spécifique. Ce dernier mode de lecture est assurément le plus original. Par cette plongée historique dans la loi fondamentale, le CRISP offre le fil qui permet de tracer un chemin dans ce texte sinueux et, pourtant, crucial pour tenter de comprendre ce dédale auquel la Belgique s’apparente parfois. Publié avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Loterie nationale.

Courrier hebdomadaire

La démographie de la Grande Guerre en Belgique et sa géographie

Courrier hebdomadaire n° 2508-2509, par Jean-Pierre Grimmeau, Pierre Marissal, 83 p., 2021

La Guerre 1914-1918 a provoqué en Belgique des morts militaires, une augmentation de la mortalité civile, une diminution des naissances, un exil à l’étranger et une diminution de l’immigration. Tous ces phénomènes ont affecté l’évolution de la population. Mais leurs effets n’ont pas touché l’ensemble du pays de la même façon : ils présentent des variations géographiques. Plus de cent ans après les faits, on pourrait croire que tout cela est bien connu. Or il n’en est rien : les estimations sont rares et disparates. Palliant cette lacune, ce Courrier hebdomadaire constitue la première étude des conséquences démographiques de la Première Guerre mondiale en Belgique et de leur géographie. D’une part, il cartographie l’impact du conflit sur les différents phénomènes démographiques et permet d’en comprendre les facteurs. D’autre part, il construit des estimations justifiées et argumentées, et les compare aux principales propositions antérieures. Tour à tour, l’analyse se penche sur l’exil, la déportation et la migration, sur l’opposition des évolutions dans les grandes villes et dans les campagnes, sur le déficit des naissances, sur la surmortalité civile et sur les décès militaires. La conclusion, qui établit le bilan migratoire et démographique de la guerre, réserve quelques surprises. Ce Courrier hebdomadaire présente 11 cartes, 9 pyramides d’âge et 20 autres graphiques, tous originaux, ainsi qu’une carte d’époque restaurée.

Les @nalyses en ligne

Te Deum, défilé militaire : quelle fête nationale pour le 21e siècle ?

par Caroline Sägesser, paru dans Levif.be, 25 juillet 2021

Chaque année, la célébration d’un Te Deum à la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule à Bruxelles en présence de la famille royale, du Premier ministre et d’autres personnalités suscite des critiques dénonçant une infraction au principe de neutralité de l’État. Cette année, celles-ci ont été particulièrement vives, étant donné l’actualité récente à propos de ce thème. Cette cérémonie pose-t-elle effectivement un problème ? Et est-ce le seul élément des festivités du 21 juillet à poser question ?

Courrier hebdomadaire

L’organisation fédérale de la lutte antiterroriste en Belgique

Courrier hebdomadaire n° 2463-2464, par Chloé Thomas, 63 p., 2020

Suite aux attentats terroristes survenus à Paris en novembre 2015, l’État belge a été critiqué pour son laxisme dans la lutte contre le terrorisme et la radicalisation. En particulier, l’éclatement de la structure antiterroriste belge et le manque de coordination entre les services de sécurité ont été pointés du doigt. Quelques mois plus tard, en mars 2016, les attentats de Bruxelles et de Zaventem ont confirmé que plusieurs aspects de la lutte antiterroriste devaient être renforcés en Belgique, notamment la gestion des flux d’informations. En particulier, a été critiquée la confusion qui entoure les rôles de chacun des services de renseignement et de sécurité : en raison d’une architecture fragmentée, les missions des multiples acteurs semblent se recouvrir et les responsabilités se perdre. Dans l’État fédéral qu’est la Belgique, la lutte contre le terrorisme dépend en effet de l’action et de la coordination d’une multitude d’acteurs, allant des traditionnels professionnels de la sécurité aux travailleurs sociaux en passant par les administrations des différents niveaux de pouvoir. À cela s’ajoutent une culture du secret et la confidentialité inhérente aux enjeux de sécurité, avec pour résultat une organisation de la lutte antiterroriste qui peut sembler floue et peu lisible. Si certains de ces reproches ont paru excessifs aux professionnels de la sécurité, les autorités belges n’en ont pas moins décidé de tirer des leçons de ces expériences tragiques. Ce Courrier hebdomadaire présente les évolutions récentes de la lutte antiterroriste belge au niveau fédéral et dresse un état des lieux de la situation actuelle : législation, orientations, structures, instruments, organes et actions. Alors que les citoyens belges sont amenés à apprendre à vivre avec la menace terroriste et que cette dernière justifie souvent des mesures politiques qui restreignent les droits fondamentaux et les libertés individuelles, cette étude permet de comprendre comment s’organise la lutte contre le terrorisme en Belgique.

Courrier hebdomadaire

L’organisation et le financement public du culte islamique. Belgique et perspectives européennes

Courrier hebdomadaire n° 2459-2460, par Caroline Sägesser, 71 p., 2020

Longtemps, l’organisation et le financement public du culte islamique n’ont pas constitué un thème porteur auprès du grand public, ce qui n’a guère incité les États européens à légiférer dans cette matière complexe. Cependant, depuis les attentats islamistes qui ont endeuillé l’Europe en 2015-2016, le processus de reconnaissance et de financement de l’islam connaît une nouvelle dynamique, dans un contexte où les responsables politiques souhaitent désormais encourager le développement d’un islam européen, c’est-à-dire une religion modérée, respectueuse de la démocratie et de valeurs telles que l’égalité femmes-hommes. En 1974, la Belgique a été le premier pays d’Europe occidentale à reconnaître le culte islamique. Toutefois, plus de trente ans se sont écoulés ensuite avant que les premières mosquées soient reconnues et que les premiers imams voient leur traitement pris en charge par l’État belge. Ce long délai est dû en particulier à la difficulté qui a été rencontrée pour constituer un organe représentatif du culte islamique. Ce Courrier hebdomadaire retrace l’évolution des politiques publiques menées à l’égard du culte islamique en Belgique. Il examine successivement la reconnaissance du culte islamique proprement dite, le processus de mise en place de son organe représentatif (l’Exécutif des musulmans de Belgique), la reconnaissance et le financement des communautés islamiques locales (organisées autour des mosquées) par les Régions, la prise en charge du traitement des imams par l’Autorité fédérale, la formation des imams, la mise en œuvre des aumôneries musulmanes et l’organisation des cours de religion islamique. En contrepoint, il évoque la situation prévalant dans d’autres États européens.

Courrier hebdomadaire

Planification d'urgence et gestion de crise sanitaire. La Belgique face à la pandémie de Covid⁠-⁠19

Courrier hebdomadaire n° 2453-2454, par Catherine Fallon, Aline Thiry, Sébastien Brunet, 66 p., 2020

En 2020, la pandémie de Covid-19 a provoqué une situation de crise sanitaire, exigeant une mobilisation efficace et rapide de moyens ad hoc . En Belgique, les modalités déployées ont résulté notamment de la configuration particulière du système politico-administratif dans deux secteurs : la politique de gestion des plans d’urgence, compétence restée fédérale et concernant donc l’ensemble du territoire, et la politique sanitaire, partiellement défédéralisée. La gestion de crise vise à organiser les interventions des différents services concernés pour réduire le temps de l’urgence collective et tendre ainsi le plus rapidement possible vers un retour à la normale. Elle repose sur un dispositif particulier peu connu du grand public : la planification d’urgence, qui consiste à anticiper les mesures, les procédures, les outils et les mécanismes de coordination à mettre en place pour une mobilisation rapide des moyens nécessaires afin de faire face à la situation et d’assurer la sécurité des personnes et des biens. Des plans d’urgence sont établis à différents niveaux par les autorités publiques, par les services d’intervention, etc. Gestion de crise et planification d’urgence sont les deux faces d’une même pièce au cœur des missions régaliennes de l’État : la sécurité de la population et du territoire. Ce Courrier hebdomadaire montre les limites des dispositifs actuels de planification et de surveillance. Les scénarios « hors cadre » mobilisant une forte logique de précaution peinent à être pris en considération. Les processus d’apprentissage comme les retours d’expérience sont insuffisamment valorisés, alors qu’ils sont indispensables au renforcement des capacités de résilience de la société.

Les @nalyses en ligne

L’externalisation de la surveillance des casernes militaires belges

par Charles de Pierpont, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 29 janvier 2019

Les services publics fédéraux sont au cœur d’importantes mutations depuis le début des années 2000. Le Ministère de la Défense n’y fait pas exception. Ainsi, une série de services tels que le transport, la logistique, l’informatique et l’entretien de ses installations et d’une partie de son matériel ont été externalisés par la Défense. Celle-ci prévoit désormais d’externaliser en plus la surveillance de ses casernes ainsi que leur gestion quotidienne. Cette évolution pose de nombreuses questions, non seulement économiques ou politiques, mais également éthiques. Elle représente aussi l’occasion d’examiner l’évolution récente du secteur de la sécurité privée en Belgique, désormais lié de façon durable au Ministère de la Défense. Quelles conséquences ce nouveau marché, plutôt prometteur, peut-il avoir sur ces activités en pleine croissance ?

Podcasts

Le service minimum en question

intervention de Vaïa Demertzis diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 3 décembre 2018

Émission diffusée le 3 décembre 2018 Aujourd’hui, l’Actualité en 3D reçoit Vaïa Demertzis, politologue et chercheuse au CRISP. Elle est notamment membre du Groupe d’analyse des conflits sociaux (GRACOS), un collectif interdisciplinaire qui étudie les principaux mouvements de grève ainsi que d’autres évènements liés aux conflits sociaux. Avec notre invitée, nous allons tenter de décrypter un enjeu régulièrement au centre de ces conflits : le service minimum.Qu’est-ce que le service minimum ? Quelles sont les professions ou les secteurs d’activité qui y sont soumis ? Quels sont les arguments qui plaident en sa faveur ou en sa défaveur ? Pourquoi semble-t-il cristalliser à ce point les oppositions idéologiques ? Quelle est la position du gouvernement belge mais également des gouvernements régionaux sur la question ? Telles seront entre autres les questions auxquelles nous tenterons de répondre en compagnie de Vaïa Demertzis, autrice d’une @nalyse en ligne du CRISP, intitulée Le service minimum dans les prisons belges, une pomme de discorde" (juin 2018)."

Les @nalyses en ligne

Une législature sous le signe des tensions

interview de Jean Faniel par Ann-Charlotte Bersipont et Bernard Demonty, parue dans Le Soir, 25 mai 2018, 4 p.

Quatre ans après le scrutin du 25 mai 2014, et à un an de la fin de la législature, on peut tirer un premier bilan de celle-ci au niveau fédéral. Deux mots prévalent : tension et polarisation.

Livres

Les classes sociales en Belgique. Deux siècles d’histoire

Livre, par Guy Vanthemsche, 461 p., 2016

Après avoir été fort en vogue jusque dans les années 1970, la notion de classes sociales a connu une longue période de désaffection. Depuis lors, les identités nationales, ethniques ou religieuses ont retenu l’attention des chercheurs. Pourtant, les classes sociales restent un élément crucial pour comprendre l’évolution de notre société contemporaine. Ce livre vise à combler une lacune en offrant une synthèse des connaissances actuelles sur l’histoire des différents groupes socio-économiques en Belgique en se focalisant sur les XIXe et XXe siècles : les salariats en général et leurs relations avec les marchés du travail, les ouvriers, les employés, les fonctionnaires, les agriculteurs, les indépendants, les professions libérales et les élites économiques. Cet ouvrage a été couronné par le Prix Ernest Discailles décerné par l’Académie royale de Belgique.

Les @nalyses en ligne

Une autre manière de réagir aux attentats, vraiment ?

par John Pitseys, paru dans Imagine demain le monde, n° 116, juillet-août 2016, p. 30-31

Très proches les uns des autres dans le temps et commis par le même mouvement terroriste, les attentats de Paris du 13 novembre 2015 et ceux de Bruxelles du 22 mars 2016 suscitent forcément la comparaison. Le débat et l’action publique semblent laisser place à un discours plus autoritaire en France, là où le débat public belge paraît plus tempéré. Mais est-ce vraiment le cas ?

Courrier hebdomadaire

B⁠-⁠FAST et l’aide d’urgence à l’étranger

Courrier hebdomadaire n° 2277, par Thierry Coosemans, 41 p., 2015

Depuis 2003, la Belgique dispose d’une structure destinée à coordonner les opérations d’aide d’urgence immédiate que le pays mène à l’occasion de catastrophes survenues à l’étranger  : B-FAST (Belgian First Aid and Support Team). Grâce à ce système, le gouvernement belge est en mesure d’assurer à tout moment une assistance rapide dans des pays touchés par un désastre d’origine naturelle ou humaine, en particulier lorsque des vies humaines sont en jeu. Concrètement, cette aide belge consiste à envoyer, dans les 12 heures qui suivent la décision d’intervenir, des équipes et du matériel dans les régions sinistrées. Sous l’autorité du ministre des Affaires étrangères, B-FAST coordonne les efforts fournis par les différents départements ministériels fédéraux concernés, dont les services du Premier ministre, les Affaires étrangères, la Défense et l’Intérieur. Les équipes de B-FAST ont déjà été mobilisées à de nombreuses reprises et en de nombreux points du globe. Traditionnellement, chaque retour de mission s’accompagne d’un concert de louanges, vantant le professionnalisme, les qualités et l’expertise des intervenants. Toutefois, tel n’a pas été le cas au lendemain de la mission belge envoyée au Népal en avril 2015, celle-ci n’ayant pu remplir pleinement ses objectifs. Ce bilan décevant a suscité une vive polémique, tant dans les médias que dans les cénacles politiques, qui a elle-même enclenché la mise en œuvre d’un processus d’audit interne. Ses conclusions devraient faire prochainement l’objet d’un débat parlementaire, qui pourrait aboutir à une restructuration de B-FAST. Ce Courrier hebdomadaire fait le point sur l’état actuel de ce dossier, après en avoir rappelé les origines. Préalablement, il présente succinctement les grandes lignes de l’organisation actuelle de B-FAST  : structures, fonctionnement, coopération internationale (avec l’UE, l’OTAN et l’ONU), etc.

Les @nalyses en ligne

Attentats de Paris : un certain idéal de communication politique

par John Pitseys, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 18 novembre 2015

La France est en guerre, déclare le président français, François Hollande, devant le Congrès du Parlement français le 16 novembre 2015. Ce faisant, il utilise les mêmes mots que ceux prononcés deux jours plus tôt par Manuel Valls au journal télévisé de TF1. Le Premier ministre affirmait alors que l’État islamique (EI) perdrait la lutte, mais avouait que celle-ci ne faisait que commencer. Il est vrai que Paris ressemble à un champ de bataille embué par les larmes des témoins. Il est cependant faux de croire que les actes qui ont été commis sont des actes de guerre. Ce sont des actes terroristes. Aussi étrange ou déplacé que cela puisse paraître à ses victimes, le terrorisme représente avant tout un outil de communication, une technique rhétorique. Son but premier est de faire passer un message, d’influencer les émotions et les opinions de son destinataire.

Livres

Les chagrins de la Belgique. Libération et reconstruction politique 1944⁠-⁠1947

Livre, par Martin Conway, 527 p., 2015

La libération de la Belgique par les troupes alliées en septembre 1944 marqua la fin d’une Occupation allemande particulièrement dure. Ce fut aussi le début d’une période turbulente et décisive dans l’histoire du pays. La transition entre guerre et paix n’eut rien de facile, bien au contraire. Les forces politiques concurrentes que représentaient le roi Léopold III et ses partisans, l’ancien gouvernement en exil à Londres et les mouvements de résistance s’affrontèrent en un combat acharné, avec le pouvoir politique pour enjeu. Dans les années qui suivirent, un climat constant de crise politique et sociale régna. Les manifestations qu’organisait la Résistance, les grèves et les mouvements de protestation pour ou contre le roi semblèrent menacer le pays d’une guerre civile et d’une dissolution institutionnelle. Dès 1947, pourtant, la Belgique avait atteint une certaine stabilité : les groupes de résistance avaient été marginalisés et le Parti communiste exclu du gouvernement, le roi languissait dans son exil involontaire en Suisse et ‒ c’était là l’élément le plus manifeste ‒ les partis politiques et le régime parlementaire avaient retrouvé la place qui était la leur avant-guerre. Martin Conway livre ici une contribution substantielle à l’histoire de la Libération en Europe. Grâce à des archives du plus grand intérêt, il dresse le premier récit du processus de normalisation politique qui permit à la Belgique de s’intégrer à l’ordre politique européen d’après-guerre. Mais il montre aussi que ce succès eut un prix. L’absence de toute réforme politique d’envergure après la Seconde Guerre mondiale exacerba les tensions entre les différentes classes sociales, entre les communautés linguistiques et entre les régions du pays. Les fondements du détricotage de l’État-nation belge qui interviendrait dans la seconde moitié du vingtième siècle étaient ainsi jetés. « Cette édition en français constitue un enrichissement essentiel pour le public francophone qui s’interroge sur l’étrange cas de la Belgique contemporaine. » Extrait de la préface de J. Gotovitch

Courrier hebdomadaire

Les commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale

Courrier hebdomadaire n° 2235-2236, par Mélanie Bost, Chantal Kesteloot, 62 p., 2014

En Belgique, les commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale constituent un événement mémoriel d’une ampleur sans précédent. Elles s’ancrent à tous les niveaux de pouvoir (communal, provincial, régional, communautaire, national, européen et international), ainsi que dans la sphère familiale. Elles concernent tant la recherche scientifique que la vulgarisation à destination du grand public et le « devoir de mémoire ». Elles prennent de multiples atours  : expositions, reconstitutions historiques, publications, hommages, parcours touristiques, collectes d’archives privées, etc. En outre, elles présentent la caractéristique inédite de porter sur l’ensemble de la période de guerre, et non sur la seule fin des affrontements. L’architecture institutionnelle du pays a des impacts directs sur le programme des commémorations. En effet, si les différentes composantes de l’État fédéral participent toutes au mouvement, elles œuvrent de manière distincte. C’est dès lors une perspective de compétition, et non de collaboration, qui prévaut entre elles. Seules la Région wallonne et la Communauté française se sont réunies au sein d’un projet commun. Par ailleurs, les commémorations n’ont pas l’Autorité fédérale pour principal moteur et acteur  : au contraire, celle-ci a largement laissé le champ du souvenir aux Régions et aux Communautés. La conséquence directe de cette atmosphère de concurrence et de ce désinvestissement du pouvoir central réside dans un risque de fragmentation accrue de la mémoire de la Grande Guerre. De part et d’autre de la frontière linguistique, chacun réécrit son histoire séparément, selon des perspectives sensiblement différentes  ; au Nord, le projet répond ainsi à la volonté affirmée de renforcer l’identité flamande. Tel est l’un des multiples enjeux que met en lumière le présent Courrier hebdomadaire .

Livres

Overheden in Brussel

Livre, par Caroline Sägesser, 72 p., 2002

Brussel is het landsgedeelte waar het grootste aantal overheidsinstanties bevoegdheden uitoefenen : 19 gemeenten, een Gewest, twee Gemeenschappen, drie Gemeenschapscommissies, een gouverneur, een vice-gouverneur, en natuurlijk ook de Federale Overheid. De bevoegdheidsuitoefening in het Brussels Hoofdstedelijk Gewest is dus een complexe materie die in het gedeelte Overheden in Brussel nader wordt toegelicht. Door zijn bijzondere status ais stad, hoofdstad, gewestelijke aantrekkingspool en tweetalig gebied vormt Brussel een uitermate belangrijke inzet voor de Staatshervorming. Aangezien men er niet in slaagde overeenstemming te bereiken over de vorm die het Brussels Hoofdstedelijk Gewest moest krijgen, was het wachten tot 1989 om Brusselse instellingen van de grond te krijgen. Dat terwijl de Vlaamse en Waalse gewestinstellingen reeds in 1980 het levenslicht zagen. In het gedeelte Overheden in Brussel wordt kort teruggeblikt op de ontstaansgeschiedenis van het Brussels Hoofdstedelijk Gewest tegen de achtergrond van de hervorming van de eenheidsstaat en de omzetting ervan in Federale Staat. Daarna volgen enkele samenvattende infopagina’s met een beschrijving van de instellingen van het Brussels Hoofdstedelijk Gewest alsook van de andere overheidsinstellingen die hun bevoegdheden in Brussel uitoefenen. Dit eerste deel wordt aangevuld met kaarten, schema’s en een verklarende woordenlijst. ln een tweede deel wordt uitgelegd hoe deze bevoegdheden verdeeld zijn, ditmaal niet volgens bestuursniveau, maar volgens de diverse materies. In 30 infopagina’s wordt omschreven welke overheidsinstanties in Brussel bevoegd zijn voor elke materie, variërend van ’Landbouw’ tot ’Stedenbouw’. Hierbij wordt de aard van de uitgeoefende bevoegdheid (wetgevend, ais inrichtende macht... ) nauwkeurig omschreven.