L’institutionnalisation du tirage au sort au sein des assemblées parlementaires belges (I). Le cadrage par une élite culturelle et l’alignement des partis politiques
Courrier hebdomadaire n° 2658-2659, par Vincent Aerts, Geoffrey Grandjean, Archibald Gustin, 62 p., 2025
Désigner les responsables politiques par le moyen d’un tirage au sort parmi les citoyens. L’idée n’est pas neuve ; dans l’Antiquité grecque, sa mise en œuvre a d’ailleurs constitué l’un des fondements de la démocratie athénienne. En Belgique, cette idée connaît un important regain d’intérêt depuis une quinzaine d’années, c’est-à-dire depuis la tenue du G1000 et la publication de l’ouvrage Contre les élections de David Van Reybrouck. Des citoyens, des chercheurs et des responsables politiques mettent en avant son potentiel pour faire face à la crise de la démocratie représentative. Les dispositifs recourant au tirage au sort se multiplient à tous les niveaux de pouvoir (avec, cependant, une différence marquée entre le sud et le nord du pays). Il s’agit essentiellement de compléter le système électoral par la création de panels ou conseils citoyens liés aux instances législatives. Ce Courrier hebdomadaire analyse la progressive institutionnalisation de mécanismes de tirage au sort de citoyens au sein des assemblées parlementaires belges. Il met ainsi en lumière un mouvement inégal mais réel vers une participation citoyenne renouvelée, dont il éclaire les enjeux philosophiques, politiques et institutionnels. Ce premier volume présente les différentes conceptions du tirage au sort en politique, les arguments théoriques mobilisés pour ou contre son introduction, ainsi que les cadrages proposés par les experts qui ont marqué le débat public en Belgique. Il procède aussi à un examen des programmes des partis politiques à cet égard, de 2009 à 2024.
Les @nalyses en ligne
Cinq pour cent du PIB
par Giuseppe Pagano, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 18 décembre 2025
Les 24 et 25 juin 2025, s’est tenu à La Haye un important sommet des chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), en présence du président des États-Unis d’Amérique, Donald Trump. Comme il l’avait déjà fait précédemment, celui-ci a une nouvelle fois demandé fermement aux pays membres de porter leurs dépenses de défense à 5 % du produit intérieur brut (PIB). Accédant à cette injonction, la quasi-totalité des pays européens membres de l’OTAN, en ce compris la Belgique, se sont engagés à consacrer, d’ici 2035, 3,5 % de leur PIB aux dépenses de défense stricto sensu, et encore 1,5 % de ce PIB à des dépenses de sécurité au sens large, comme la cybersécurité ou la mobilité militaire. Cette @nalyse du CRISP en ligne examine les conséquences budgétaires de l’engagement pris lors du Sommet de La Haye, de manière globale d’abord, en se concentrant principalement sur le cas de la Belgique ensuite, et ce en considérant principalement quatre dimensions importantes.
Courrier hebdomadaire
Les résultats des élections du 9 juin 2024 (II). Parlements régionaux et communautaires
Courrier hebdomadaire n° 2656-2657, par Benjamin Biard, Pierre Blaise, Jean Faniel, Cédric Istasse, Vincent Lefebve, Caroline Sägesser, David Van Den Abbeel, 191 p., 2025
En Belgique, les élections du 9 juin 2024 ont constitué un scrutin complexe, aux enjeux et aux effets multiples. Les citoyens ont été appelés à renouveler de manière directe six assemblées : la Chambre des représentants, le Parlement wallon, le Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale, le Parlement flamand, le Parlement de la Communauté germanophone et la représentation belge au Parlement européen. Cinq autres assemblées ont été renouvelées de manière indirecte, dont le Sénat et le Parlement de la Communauté française. Ce Courrier hebdomadaire analyse les résultats de ces différents scrutins. Il en dégage les principaux enseignements, en mettant l’accent sur les modifications du paysage électoral qui en découlent. L’analyse des évolutions prend essentiellement pour point de comparaison les élections multiples du 26 mai 2019. Ce second volume est consacré au renouvellement des différents parlements régionaux et communautaires. Pour chacune des assemblées élues directement, sont analysés la participation au scrutin (en ce compris l’absentéisme et les votes non valables), les résultats à l’échelle de l’ensemble de la Région ou de la Communauté, les scores et l’implantation électorale des partis politiques, et les voix de préférence et taux de pénétration. La nouvelle composition des diverses assemblées est également étudiée. L’exposé est soutenu par une trentaine de cartes. Celles-ci permettent notamment de visualiser, commune par commune, les scores électoraux qu’ont obtenus en 2024 les différentes listes actuellement représentées au Parlement wallon, au Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale ou au Parlement flamand.
Les @nalyses en ligne
Quels intérêts sont représentés au Sénat ?
par Cédric Istasse, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 12 décembre 2025
La suppression du Sénat figure au programme du gouvernement fédéral dirigé par Bart De Wever. Les partis membres de cette coalition (soit la N-VA, le MR, Les Engagés, Vooruit et le CD&V), appuyés par l’Open VLD, ont introduit divers textes visant à modifier la Constitution afin de rencontrer cet objectif. Le Sénat est aussi ancien que l’État belge lui-même. Comme celui-ci, il a connu de nombreuses transformations. Sa composition a tout particulièrement fait l’objet d’évolutions en lien direct avec les mouvements à l’œuvre au sein de la société belge. Retracer ces étapes successives permet de mettre en évidence les intérêts principaux qui ont successivement trouvé à s’exprimer au sein de cette institution, qui semble désormais appelée à disparaître.
Courrier hebdomadaire
Les résultats des élections du 9 juin 2024 (I). Parlement fédéral et Parlement européen
Courrier hebdomadaire n° 2654-2655, par Benjamin Biard, Pierre Blaise, Jean Faniel, Cédric Istasse, Vincent Lefebve, Caroline Sägesser, David Van Den Abbeel, 184 p., 2025
En Belgique, les élections du 9 juin 2024 ont constitué un scrutin complexe, aux enjeux et aux effets multiples. Les citoyens ont été appelés à renouveler de manière directe six assemblées : la Chambre des représentants, le Parlement wallon, le Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale, le Parlement flamand, le Parlement de la Communauté germanophone et la représentation belge au Parlement européen. Cinq autres assemblées ont été renouvelées de manière indirecte, dont le Sénat et le Parlement de la Communauté française. Ce Courrier hebdomadaire analyse les résultats de ces différents scrutins. Il en dégage les principaux enseignements, en mettant l’accent sur les modifications du paysage électoral qui en découlent. L’analyse des évolutions prend essentiellement pour point de comparaison les élections multiples du 26 mai 2019. Ce premier volume s’ouvre par l’exposé des quelques problèmes que le déroulement de la journée électorale du 9 juin 2024 a connus sur le plan organisationnel. Ensuite, il est consacré au renouvellement du Parlement fédéral et à l’élection des représentants belges au Parlement européen. Pour la Chambre des représentants, sont analysés la participation au scrutin (en ce compris l’absentéisme et les votes non valables), les résultats à l’échelle de l’ensemble du pays et dans chacune des trois régions, les scores et l’implantation électorale des partis politiques, les voix de préférence et taux de pénétration, et la nouvelle composition de l’assemblée. Pour le Sénat, sont abordées la désignation des sénateurs émanant des entités fédérées et celle des sénateurs cooptés. Pour l’élection de la représentation belge au Parlement européen, le plan est semblable à celui suivi pour la Chambre des représentants. L’exposé est soutenu par une vingtaine de cartes. Celles-ci permettent notamment de visualiser, commune par commune, les scores électoraux qu’ont obtenus en 2024 les différentes listes actuellement représentées au Parlement fédéral.
Les @nalyses en ligne
L’évolution de la fréquentation des cours philosophiques pousse-t-elle au changement ?
par Caroline Sägesser, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 4 décembre 2025
L’organisation des cours de religion et de morale non confessionnelle suscite le débat depuis plusieurs années. En Communauté française, une évolution significative a eu lieu en 2016-2017 dans l’enseignement officiel avec la réduction du volume horaire de ces cours à une heure par semaine et l’introduction du cours de philosophie et de citoyenneté. Ce dernier est obligatoire à raison d’une heure par semaine, et peut être suivi pour une deuxième heure, en lieu et place du cours de religion ou de morale. Les derniers chiffres de fréquentation révèlent que ce choix est devenu plus populaire, au détriment des cours de religion catholique et de morale non confessionnelle, qui sont de moins en moins choisis.
Courrier hebdomadaire
L’année politique 2023 en Wallonie
Courrier hebdomadaire n° 2653, par Benjamin Biard, 40 p., 2025
Ce Courrier hebdomadaire retrace les principaux événements qui ont fait l’actualité politique en Wallonie durant l’année 2023. Pour le gouvernement wallon Di Rupo III (PS/MR/Écolo) et le Parlement wallon, l’année 2023 a été celle de diverses décisions dans les domaines de la politique climatique (adoption du Plan Air Climat Énergie 2030 et du décret Neutralité carbone), de l’approvisionnement énergétique (validation des grandes orientations du projet de ligne à haute tension dite « Boucle du Hainaut »), de l’aménagement du territoire (réforme du Code du développement territorial et du schéma de développement territorial), de l’économie des titres-services (réforme du financement des entreprises, amélioration des conditions de travail des aide-ménagères), du commerce de proximité (octroi d’un soutien à une centaine de communes), de l’économie circulaire (adoption du décret relatif à la circularité des matières), du logement (instauration de l’allocation de loyer et d’énergie, amélioration de l’accès au logement), du transport aéroportuaire (renouvellement du permis d’environnement pour l’exploitation de l’aéroport de Liège), de la gestion des risques d’inondation (approbation des plans PGRI 2022-2027), de la législation électorale (limitation des dépenses électorales, révision du système d’apparentement pour les scrutins régionaux et provinciaux), des communes (fusion de Bastogne et Bertogne) ou encore de la fiscalité (dans les domaines de l’immobilier et de l’automobile). L’année 2023 a également été marquée par divers autres événements, dont l’éclatement du scandale de la pollution aux substances PFAS, les difficultés politiques liées à la gestion du Parlement wallon, et les projets avortés de Legoland et du Puy du Fou. S’y ajoutent les initiatives entamées ou poursuivies dans le cadre du plan de relance wallon.
Courrier hebdomadaire
La question d’une représentation garantie des germanophones au Parlement belge (1925-2025)
Courrier hebdomadaire n° 2651-2652, par Cédric Istasse, 85 p., 2025
Le projet du gouvernement De Wever d’abolir le Sénat ne rencontre guère d’opposition politique en Wallonie, en Région bruxelloise et en Flandre. En revanche, en Communauté germanophone, cette perspective d’une suppression prochaine de la seconde chambre du Parlement fédéral suscite l’inquiétude de la classe politique. En effet, le Sénat est la seule instance législative fédérale dans laquelle la région de langue allemande dispose d’une représentation garantie. À l’inverse, les germanophones n’ont actuellement aucune assurance constitutionnelle ou légale de voir l’un des leurs siéger à la Chambre des représentants. Le 23 juin 2025, le Parlement de la Communauté germanophone a adopté une résolution par laquelle il réclame une représentation garantie de la population germanophone à la Chambre des représentants par la création d’une circonscription électorale propre à la région de langue allemande. C’est loin d’être la première fois que l’assemblée germanophone formule une telle demande. Depuis la seconde moitié des années 1970, elle a adopté de nombreuses prises de position par lesquelles elle a plaidé en faveur d’une assurance de représentation des germanophones au sein des deux chambres législatives nationales. Ce Courrier hebdomadaire retrace cette histoire, en la faisant débuter en 1925, époque de la fixation des règles originelles quant aux modalités de la participation des habitants des communes germanophones aux élections de la Chambre des représentants et du Sénat. À titre de mise en perspective, il procède de même relativement aux élections du conseil provincial de Liège, du Parlement wallon et du Parlement européen. Une attention spécifique est réservée à la résolution du Parlement germanophone du 23 juin 2025 et à ses développements récents.
Livres
L’extrême droite en Belgique
Livre, sous la direction de Benjamin Biard, Archibald Gustin, 250 p., 2025
L’extrême droite connaît un nouvel essor au 21 e siècle, et la Belgique n’échappe pas à cette tendance. Les recherches menées depuis de nombreuses années mettent toutefois en évidence un contraste frappant : en Flandre, elle se structure solidement autour du Vlaams Belang, tandis qu’ailleurs dans le pays, elle reste fragmentée et se révèle incapable de s’enraciner durablement. Cette singularité confère à la Belgique le statut de véritable laboratoire d’analyse de l’extrême droite et de l’opposition à celle-ci. Cet ouvrage collectif propose une analyse approfondie de ce phénomène en Belgique aujourd’hui et à travers le temps, ainsi qu’une réflexion sur ses spécificités. Les contributions réunies portent sur la notion même d’extrême droite, sur la sociologie et la géographie électorale, sur les stratégies de communication des partis qui en relèvent, sur leur idéologie, sur l’émergence d’organisations non partisanes, ainsi que sur les acteurs et instruments mobilisés dans la lutte contre ce courant. Réunissant des spécialistes francophones et flamands reconnus, ce volume s’adresse autant aux chercheurs et aux étudiants qu’à un public plus large désireux de mieux comprendre les ressorts, les stratégies et les conséquences politiques d’une idéologie qui façonne les espaces publics belge et européen de manière croissante.
Podcasts
La justice à l’écran. Comprendre le droit et la justice à partir de leurs représentations culturelles
intervention de Vincent Lefebve diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 10 novembre 2025
Comment le droit et la justice sont-ils représentés à l’écran ? Du film dit de procès jusqu’aux programmes de téléréalité judiciaire en passant par un nombre incalculable de séries policières mettant en scène des juges ou des avocats, le droit et la justice sont partout sur nos écrans. Mais que nous disent ces représentations culturelles de la justice, quel type de message diffusent-elles parmi la population ? Et est-ce que c’est bien sérieux pour un chercheur ou une chercheuse de s’intéresser à ce sujet ?
Les @nalyses en ligne
La société civile belge, entre sécularisation et (dé)pilarisation
par Jean Faniel, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 30 octobre 2025
La sécularisation est un phénomène qui touche largement l’ensemble de l’Europe occidentale. En Belgique, elle s’accompagne d’une dépilarisation, c’est-à-dire d’un affaiblissement des piliers historiquement structurés, notamment, autour du clivage philosophique. Toutefois, ce phénomène de dépilarisation reste limité. Par-delà ces concepts, comment cela se traduit-il concrètement sur le terrain ? La sécularisation et la dépilarisation ont-elles atteint le même degré ? Considérer le champ associatif et syndical livre quelques réponses.
Courrier hebdomadaire
La publication par commune des résultats des élections multiples du 9 juin 2024 : une approche critique
Courrier hebdomadaire n° 2650, par David Van Den Abbeel, 36 p., 2025
Depuis 2014, les résultats des élections européennes, fédérales, régionales et communautaires sont disponibles jusqu’au niveau des communes (et non plus seulement, comme auparavant, jusqu’au niveau des cantons). Incontestablement, il s’agit là d’une avancée vers une connaissance plus fine des choix des électeurs. Pour les chercheurs, cela rend notamment possibles de multiples croisements avec d’autres données socio-économiques disponibles à l’échelle communale. Et pour les citoyens, il est bien plus évocateur de disposer des résultats électoraux au niveau de la commune qu’à celui du canton. Toutefois, l’analyse des données électorales par commune révèle que celles-ci comportent de nombreuses anomalies, ce qui soulève des questions sur leur fiabilité. Leur qualité rend-elle effectivement compte des choix posés par les citoyens dans leur commune ? David Van Den Abbeel s’est penché sur les résultats du scrutin multiple du 9 juin 2024, tels qu’ils sont disponibles sur le site Internet officiel créé et géré par le SPF Intérieur. Dans ce Courrier hebdomadaire , il pointe de manière détaillée les manquements dans ces données, et identifie les raisons pour lesquelles celles-ci doivent toujours être considérées avec une certaine prudence, voire nécessitent des corrections. En l’occurrence, il repère 32 anomalies, qui concernent pas moins de 40 communes belges. Quatre tableaux répertorient l’ensemble des difficultés constatées et documentées pour le scrutin européen, fédéral, régional et communautaire du 9 juin 2024. Celles-ci entraînent des conséquences variables sur l’interprétation et l’utilisation qui peuvent être faites des résultats par commune – voire, dans quelques cas, des résultats par canton.
Podcasts
Les relations entre syndicats et partis politiques. Je t’aime, moi non plus ?
intervention de Jean Faniel diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 13 octobre 2025
Réécoutez ‘L’actualité en 3D. Décrypter, débattre et discuter avec le CRISP’, émission proposée dans le cadre du partenariat avec Radio Panik.Au menu de l’émission présentée par Julien Pieret :1° Jean Faniel : Les relations entre syndicats et partis politiques. Je t’aime, moi non plus ?2° ‘Représentativité’, une nouvelle définition extraite du Vocabulaire politique.3° Le tour des dernières parutions du CRISP, avec Cédric Istasse.
Les @nalyses en ligne
« Ce soir, j’peux pas, j’ai conseil communal »
par Vincent Lefebve, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 13 octobre 2025
Depuis plusieurs années, bon nombre de communes ont entrepris de retransmettre sur Internet les séances de leur conseil communal. Si une telle mesure apparaît au premier abord comme un simple reflet des évolutions technologiques, on peut percevoir dans le développement de cette pratique un outil potentiellement important pour restaurer l’attachement des citoyens à la démocratie.
Courrier hebdomadaire
Le secteur de l’éolien offshore en Belgique
Courrier hebdomadaire n° 2648-2649, par Fabienne Collard, 63 p., 2025
En Europe, l’éolien au large des côtes maritimes (« éolien en mer » ou « éolien offshore ») est jusqu’à présent essentiellement cantonné à la mer du Nord. Pourtant, il est appelé à jouer un rôle de première importance pour que l’Union européenne puisse atteindre l’objectif de neutralité climatique qu’elle s’est fixé à l’horizon 2050. Pour cela, le secteur de l’éolien offshore peut compter sur plusieurs atouts. Mais son développement se heurte aussi à diverses difficultés, qui expliquent en partie le retard que présente aujourd’hui l’éolien en mer sur l’éolien terrestre. S’agissant de la Belgique, le gouvernement De Croo a validé en octobre 2021 un nouvel objectif ambitieux, dans un contexte de relance post-Covid, de Pacte vert européen ( European Green Deal ) et d’abandon programmé de l’énergie nucléaire. Une nouvelle zone offshore sera exploitée d’ici 2030 en mer du Nord : la zone Princesse Élisabeth. L’électricité ainsi produite sera acheminée vers la terre ferme via une « île artificielle ». Cependant, en juin 2025, le gouvernement De Wever a suspendu la partie de ce projet qui devait assurer les interconnexions avec les réseaux électriques et parcs offshore d’autres pays européens. Il s’est agi par là de réduire les coûts, qui avaient entre-temps augmenté considérablement en raison du contexte géopolitique. Ce Courrier hebdomadaire compare l’énergie éolienne offshore avec d’autres technologies, avant de proposer une cartographie de son développement actuel à l’échelon mondial et européen. Il aborde la situation belge, en s’intéressant notamment au poids du secteur éolien offshore dans la production d’électricité, ainsi qu’aux investisseurs qui exploitent les parcs déjà existants au large des côtes belges, situés dans la première zone développée à cet effet (la « zone orientale »). F. Collard détaille le projet de mise en place d’une nouvelle zone, la zone Princesse Élisabeth, ainsi que les difficultés qui l’entourent.
Les @nalyses en ligne
Comprendre les logiques qui ont un impact sur les CPAS aujourd’hui
par Jean Faniel, avec la collaboration de Sandrine Xhauflaire, paru dans CPAS+, n° 8, octobre 2025, p. 11-13
Les centres publics d’action sociale (CPAS) constituent des acteurs centraux dans les politiques sociales. Organes communaux, ils sont tributaires de décisions politiques prises à de nombreux niveaux, sur lesquels ils ont peu de prise. À travers une analyse historique, politique, idéologique et institutionnelle, on peut tenter de mettre en lumière les tensions, contradictions et (in)cohérences qui structurent l’action publique et, ce faisant, éclairer les conditions d’exercice des missions des CPAS dans un contexte en grande transformation.
Les @nalyses en ligne
Jeune et citoyen : l’élargissement du droit de vote, et après ?
par Fabienne Collard et Vincent Lefebve, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 16 septembre 2025
Les jeunes sont les citoyens de demain. Avec l’abaissement partiel du droit de vote à 16 ans, ce « demain » arrive désormais un peu plus tôt encore. Le rôle de l’école pour accompagner les jeunes dans leur découverte de la citoyenneté est dès lors, plus que jamais, primordial.
Contours de la citoyenneté, complexité et fragilité de la démocratie, compétences et aptitudes à développer… Cette @nalyse du CRISP en ligne entend contribuer à la réflexion sur l’éducation à la citoyenneté afin d’outiller au mieux ces nouveaux électeurs et leurs enseignants, par-delà les seuls cours de philosophie et de citoyenneté.
Courrier hebdomadaire
Les institutions à dotation du Parlement fédéral
Courrier hebdomadaire n° 2646-2647, par Serge Model, 120 p., 2025
Diverses institutions sont financées par le Parlement fédéral, tout en étant situées hors des trois pouvoirs classiques – législatif, exécutif et judiciaire. Elles exercent des missions de contrôle, de médiation, de régulation, ou encore de protection des droits fondamentaux. Au fil des décennies, elles se sont multipliées, diversifiées et parfois superposées, et elles ont pris une place parfois majeure dans le système juridico-politique de la Belgique. Actuellement, les institutions à dotation du Parlement fédéral sont au nombre de treize : la Cour des comptes, la Cour constitutionnelle, le Conseil supérieur de la justice (CSJ), le Comité permanent de contrôle des services de police (Comité P), le Comité permanent de contrôle des services de renseignement et de sécurité (Comité R), le Médiateur fédéral, l’Autorité de protection des données (APD), les Commissions de nomination pour le notariat, la Commission administrative chargée du contrôle des méthodes spécifiques et exceptionnelles de recueil des données (Commission BIM), l’Organe de contrôle de l’information policière (COC), la Commission fédérale de déontologie (CFD), le Conseil central de surveillance pénitentiaire (CCSP) et l’Institut fédéral pour la protection et la promotion des droits humains (IFDH). Les trois premières d’entre elles sont créées par la Constitution, tandis que les dix autres le sont par la loi. Ce Courrier hebdomadaire propose une cartographie synthétique de ces treize institutions : fondement juridique, missions, composition, rapports avec le Parlement fédéral, articulation interinstitutionnelle, défis actuels. Chaque organe fait l’objet d’une présentation autonome, rédigée selon une grille homogène permettant comparaison et mise en perspective. À partir d’une analyse juridique, institutionnelle et fonctionnelle, S. Model éclaire les forces et les fragilités d’un paysage institutionnel souvent méconnu, fragmenté, parfois redondant, mais porteur de garanties essentielles pour l’État de droit.
Podcasts
Le Sénat belge. Tout savoir sur cette assemblée avant qu’elle ne disparaisse
intervention de Cédric Istasse diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 8 septembre 2025
Réécoutez ‘L’actualité en 3D. Décrypter, débattre et discuter avec le CRISP’, émission proposée dans le cadre du partenariat avec Radio Panik. Au menu de l’émission présentée par Julien Pieret : 1° Cédric Istasse : Le Sénat belge. Tout savoir sur cette assemblée avant qu’elle ne disparaisse 2° ‘Sénat’, une nouvelle définition extraite du Vocabulaire politique. 3° Le tour des dernières parutions du CRISP, avec Cédric Istasse.
Courrier hebdomadaire
Les métamorphoses de la planification en Belgique (1973-2014). Souvenirs d’un commissaire au Plan
Courrier hebdomadaire n° 2644-2645, par Henri Bogaert, 124 p., 2025
Au cours de son riche parcours professionnel de haut fonctionnaire de l’État belge, H. Bogaert a exercé de multiples responsabilités. En particulier, de 1992 à 2014, il a dirigé le Bureau fédéral du Plan, qui est l’organisme belge d’intérêt public chargé de la planification économique.
H. Bogaert entre au Bureau du Plan en 1973, en tant qu’expert des analyses macro-économiques et des prévisions. Il est notamment l’un des concepteurs du modèle Maribel, l’un des élaborateurs du plan de dévaluation du franc belge de 1982, et l’inventeur du concept économique d’« effet boule de neige ». Au début des années 1990, il est chef de cabinet adjoint du Premier ministre, successivement Wilfried Martens et Jean-Luc Dehaene. Dans ce cadre, il œuvre entre autres à la préparation du plan de réduction du déficit public belge.
De 1992 à 2014, H. Bogaert est commissaire au Plan. Durant deux décennies, il prend une part active à l’élaboration des politiques économiques de la Belgique, notamment celles visant à répondre aux crises de 1993 et de 2008. Il développe aussi une stratégie à long terme de lutte contre l’accroissement du coût budgétaire lié au vieillissement de la population. Par ailleurs, il préside les comités de politique économique de l’Union européenne et de l’OCDE.
Sous la direction de H. Bogaert, le Bureau fédéral du Plan connaît de multiples évolutions : réforme de ses missions (il est chargé désormais d’un rôle de prévision, de diagnostic et de mesure d’impact des décisions gouvernementales, à destination des décideurs politiques et des interlocuteurs sociaux), affermissement de sa reconnaissance scientifique et technique, accroissement de son indépendance vis-à-vis des pouvoirs publics, développement de ses outils de modélisation, intégration de la problématique du développement durable, etc.
À travers ses mémoires, publiées dans ce Courrier hebdomadaire à titre de document inédit, c’est donc le témoignage d’un important observateur et acteur de la vie économique belge et européenne que livre H. Bogaert. Spécialement, ses souvenirs constituent une source de premier plan pour retracer l’histoire des métamorphoses de la planification en Belgique.
Courrier hebdomadaire
Les résultats des élections communales du 13 octobre 2024 en Wallonie
Courrier hebdomadaire n° 2642-2643, par Benjamin Biard, Cédric Istasse, 168 p., 2025
Le 13 octobre 2024, les élections pour le renouvellement des conseils communaux se sont tenues sur tout le territoire belge. Ce Courrier hebdomadaire analyse les résultats de ce scrutin s’agissant de la Wallonie. Il distingue les 252 communes de la région de langue française (Wallonie francophone) et les 9 communes de la région de langue allemande (Communauté germanophone). En effet, ces deux régions linguistiques diffèrent quant aux législations qui y sont en vigueur et aux réalités politiques qui y prévalent. Après avoir rappelé les forces politiques en présence et s’être intéressé au taux de participation au scrutin, l’exposé étudie les résultats par province et par arrondissement : des tableaux présentent, pour les trois dernières élections (2012-2024), la liste arrivée en tête dans chaque commune et précisent si cette liste a obtenu une majorité absolue (des suffrages ou des sièges uniquement). Une attention particulière est réservée à la situation des communes de plus de 20 000 habitants et, spécialement, aux neuf villes les plus peuplées : Charleroi, La Louvière, Liège, Mons, Mouscron, Namur, Seraing, Tournai et Verviers. L’examen procède aussi de manière thématique, en se penchant notamment sur les tendances majoritaires, sur l’appartenance politique des élus et sur la proportion de femmes parmi les élus. Les performances électorales des principaux partis politiques sont appréhendées d’un point de vue global. Le nombre de sièges obtenus et les positions de force sont recensés. Cette étude montre que, en 2024, le parti présentant l’ancrage local le plus fort reste le PS, suivi du MR. En revanche, Les Engagés (ex-CDH) dépassent désormais Écolo. Vient ensuite le PTB. Les analyses sont appuyées par des cartes figurant les zones d’implantation de ces cinq partis.
Podcasts
Les élections, un an après. Une Belgique qui change ?
intervention de Jean Faniel et Caroline Sägesser diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 9 juin 2025
Réécoutez ‘L’actualité en 3D. Décrypter, débattre et discuter avec le CRISP’, émission proposée dans le cadre du partenariat avec Radio Panik. Émission spéciale présentée par Julien Pieret, avec Jean Faniel et Caroline Sägesser : Les élections, un an après Une Belgique qui change ?
Les @nalyses en ligne
La notion de communauté : un palimpseste
par Vincent Lefebve, paru dans En Question, n° 153, été 2025, p. 28-33
Qu’est-ce que le terme de « communauté » recouvre aujourd’hui ? Ouvrant un dossier consacré à cette thématique publié par la revue En Question , cet article explore les multiples strates de cette notion aux usages politiques, sociaux et philosophiques mouvants. De la querelle philosophique entre libéraux et communautariens aux tensions politiques belges, en passant par les enjeux écologiques, il montre comment ce palimpseste conceptuel demeure un enjeu central du vivre-ensemble et de la démocratie contemporaine.
Courrier hebdomadaire
Cartographie des médias d’information en Belgique francophone
En recensant et en classant les médias d’information de Belgique francophone (qu’il s’agisse de la presse écrite, audiovisuelle ou numérique), ce Courrier hebdomadaire poursuit deux objectifs majeurs. D’une part, il met à la disposition de toutes et de tous – citoyens, étudiants, chercheurs, décideurs politiques, professionnels du secteur, responsables de structures sociales ou d’organisations culturelles… – un répertoire détaillé, raisonné et le plus complet possible des acteurs de ce paysage médiatique : les organes de la presse quotidienne, ceux de la presse périodique, les chaînes de télévision, les stations de radio et les médias disponibles uniquement en ligne (« pure players »). D’autre part, Clémence Petit et Olivier Standaert proposent une base méthodologique, discutée et clairement présentée, pour identifier, sélectionner, catégoriser et classifier les médias. Cette visée théorique et critique porte notamment sur le cadrage, sur la définition et sur la délimitation des notions de journalisme, de journaliste et de média d’information. Cette étude met en lumière l’étendue et l’hétérogénéité du secteur des médias d’information en Belgique francophone. Bien qu’elle soit un marché de taille modeste – en prise, qui plus est, avec un phénomène de concentration –, la Communauté française héberge un nombre nettement plus élevé de médias que ce qui est habituellement estimé, posant notamment question quant à leur visibilité, à leur modèle éditorial et à leurs profils d’audience. Ce Courrier hebdomadaire est lié à une base de données en ligne cartographiant les médias d’information de Belgique francophone, qui a été réalisée par l’Observatoire de recherche sur les médias et le journalisme (ORM) de l’UCLouvain et qui sera régulièrement actualisée.
Courrier hebdomadaire
De l’information à la politique : regards sur les réseaux sociaux en Belgique
Courrier hebdomadaire n° 2639-2640, par Bernard Cools, Xavier Degraux, 81 p., 2025
Les réseaux dits sociaux prennent une place croissante en tant que sources et canaux d’idées et d’informations. Cependant, ils peuvent faire l’objet d’usages très différents d’un pays à l’autre, ou même d’une région à l’autre. Ce Courrier hebdomadaire s’intéresse à la situation des réseaux sociaux en Belgique, principalement en rapport avec leur rôle dans l’information et leur éventuelle inclinaison politique. Quelle est l’audience des réseaux sociaux ? Dans quelle mesure constituent-ils une voie d’accès vers l’information pour les Belges ? Quelle est l’évolution en la matière, et quelles sont les différences entre les catégories de population ? Non seulement selon la langue, le genre, l’âge, etc., mais aussi selon le niveau d’intérêt pour l’information ou pour la politique. Quel degré de fiabilité ou de confiance est accordé aux différentes plateformes, et a-t-il un effet sur le degré d’utilisation ? Quelle influence la sensibilité politique de l’utilisateur a-t-elle sur sa consommation de réseaux sociaux, sur ses choix de plateforme et sur son rapport à l’actualité, notamment politique ? Quelle est l’audience des « influenceurs » ? L’étude se penche également sur l’utilisation qui est faite des réseaux sociaux par les partis politiques belges et par les présidents de ces partis. Quelle est leur présence organique en termes de plateformes utilisées, de volumes de messages postés et d’interactions suscitées ? Dans quelle mesure recourent-ils à la publicité payante (et quel regard la population porte-t-elle sur cette pratique) ? Notamment, quelles ont été les dépenses réalisées lors de l’année électorale 2024 ? Quels sont les effets de la présence des partis sur les réseaux sociaux au niveau de la polarisation et de la communication politique ? Enfin, B. Cools et X. Degraux livrent quelques réflexions sur le rôle des réseaux sociaux en matière d’information, sur les enseignements de l’analyse des dépenses des partis politiques belges sur les plateformes, et sur la question – centrale – de la régulation des réseaux sociaux par les pouvoirs publics, notamment européens.