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1998 - 2014

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Courrier hebdomadaire

Attitudes et comportements des électeurs lors du scrutin du 25 mai 2014

Courrier hebdomadaire n° 2225, par Pascal Delwit, Kris Deschouwer, Marc Hooghe, Benoît Rihoux, Stefaan Walgrave, 40 p., 2014

PartiRep (« Participation et représentation dans les démocraties modernes ») est une équipe interuniversitaire belge regroupant les départements et centres de recherche en science politique de la VUB (Kris Deschouwer), de l’ULB (Pascal Delwit), de la KULeuven (Marc Hooghe), de l’UCL (Benoît Rihoux) et de l’UA (Stefaan Walgrave). Dans le cadre du scrutin multiple du 25 mai 2014, PartiRep a collecté une masse de renseignements relatifs aux positions des partis politiques et des électeurs, tant au Sud qu’au Nord du pays. Cette vaste entreprise a été menée grâce à deux outils. D’une part, le « Test électoral », application en ligne qui a sondé les opinions des principales formations politiques et a mesuré la proximité entre les idées des électeurs et celles prônées par les partis. D’autre part, une enquête pré- et post-électorale, menée auprès d’un échantillon représentatif de 2 000 électeurs de Wallonie et de Flandre concernant leur comportement électoral et leurs motivations de vote. Ce Courrier hebdomadaire dévoile les premiers enseignements de cette recherche. Ceux-ci sont présentés en trois chapitres. Tout d’abord, Ruth Dassonneville et Pierre Baudewyns se penchent sur les transferts de voix qui se sont opérés entre partis politiques entre 2010 et 2014 (en réservant une attention toute particulière à l’électorat de la N-VA) et tentent de dresser le profil des électeurs volatils. Ensuite, Émilie van Haute et Marc Hooghe s’intéressent au degré de satisfaction et au niveau de confiance des électeurs envers les institutions politiques, en opérant une ventilation entre régions, entre partis et entre niveaux de pouvoir. Enfin, Conrad Meulewaeter, Benoît Rihoux, Stefaan Walgrave et Christophe Lesschaeve étudient les différences entre les opinions publiques wallonne et flamande, établissent dans quelle mesure des familles politiques existent encore en Belgique, et analysent les processus de formation des coalitions gouvernementales en Wallonie, à Bruxelles et en Flandre.

Courrier hebdomadaire

Disparitions d’enfants et Justice : émergence de nouveaux acteurs

Courrier hebdomadaire n° 1590-1591, par Benoît Rihoux, Stefaan Walgrave, 72 p., 1998

Depuis le mois d’août 1996, avec le déclenchement de l’affaire Dutroux et consorts, la Belgique est le théâtre de mobilisations d’une ampleur et d’un nombre jamais vus. Une crise de confiance nettement plus profonde que durant les années précédentes s’est développée entre les citoyens et de nombreuses institutions. Depuis l’été 1996, l’on a également assisté à des rebondissements multiples en relation avec des affaires d’enlèvements d’enfants, de pédophilie ou de maltraitance, Il s’est passé peu de semaines se sont passées sans qu’un développement ou une hypothèse ne fasse la une des médias. Développements et hypothèses qui sont depuis des mois au coeur des conversations quotidiennes, dans un contexte marqué par l’émotion, certes légitime, vu la nature des affaires en question. Au moment, donc, où les affaires de disparition d’enfants et de pédophilie continuent de défrayer la chronique dans le pays, comment s’engager dans une démarche de recherche politologique ou sociologique de ces phénomènes ? Malgré le temps écoulé depuis les événements d’août 1996 et des mois qui ont suivi, la difficulté de maintenir le recul nécessaire demeure grande à cause de la charge émotive qui leur reste attachée. De plus, les dossiers et les enjeux soulevés restent d’actualité, notamment parce que les procès n’ont pas encore eu lieu et que différentes investigations (instruction judiciaire, mais aussi commission parlementaire) sont encore en cours. L’objet du présent Courrier hebdomadaire est l’analyse des nouveaux acteurs qui ont émergé sur la scène publique à l’occasion de ces affaires. C’est donc au niveau de ces acteurs individuels ou collectifs que l’on se placera, dans le prolongement d’une publication précédente. Non pas que l’analyse des réformes du système judiciaire ou des enquêtes en cours soient inintéressantes, mais parce que ces réformes et enquêtes n’auraient pas été possibles sans l’émergence de nouveaux acteurs défiant le système politico-institutionnel. D’autre part, pour mieux comprendre les enjeux qui traversent le pays depuis près de deux années, il importe de mieux identifier les logiques de construction et d’évolution de ces différents acteurs. Ces acteurs sont nombreux et se sont affirmés avec plus ou moins de vigueur. La plupart sont apparus au cours des années 1990, voire plus récemment dans le fil des événements de 1995-1996. Parmi les acteurs collectifs, l’on peut citer : - les associations flamandes Ouders van een vermoord kind - OVK, créée en 1993 par les parents de Joris Viville, et Hulpfonds voor Vermiste en Ontvoerde Kinderen - HOVK, créée dès 1991 à l’initiative de Eric Gijsbregts, le père de Nathalie Gijsbregts ; - l’asbl Marc et Corine, créée par Jean-Pierre Malmendier (le père de Corine Malmendier) et François Kistemann (le père de Marc Kistemann) en 1992 ; - l’asbl Opérations Marie-France Botte créée en 1995 ; - les « comités blancs » lancés en décembre 1996. Au fil des événements, des acteurs individuels se sont également affirmés, et, en premier lieu, des parents d’enfants disparus et/ou assassinés, plus médiatisés comme les Russe et les Lejeune, Marie-Noëlle Bouzet (la mère d’Elisabeth Brichet), Paul Marchal, les Benaïssa, Tiny Mast (la mère de Kim et de Ken Heyrman) ou moins médiatisés dans de nombreux autres cas. Dans la très grande majorité des cas, des groupements de fait se sont formés autour de chaque parent ou famille. Parfois, ces groupements ont pris la forme d’asbl, telle l’asbl Julie et Mélissa N’oubliez pas ! autour des parents Russe-Lejeune, mais également autour de Marie-Noëlle Bouzet, des Marchal (Het Huis van An),... Outre ces nouveaux acteurs ayant acquis une visibilité plus importante, il existe également dans le pays de nombreuses associations plus ou moins développées, à caractère national ou plus local, et qui se centrent sur les problèmes de l’enfance, de la maltraitance et de la pédophilie : les associations Parents-Secours, SOS Enfants, Écoute Enfants, Missing Children International Network, SOS Inceste Belgique, SOS Enfants-Parents, Fondation Nathalie, Ajade, Enfance Maltraitée, Enfance en Danger, etc. S’y ajoutent d’autres acteurs préexistants mais qui, de par leurs préoccupations, se sont particulièrement préoccupés de ces enieux : la Ligue des Familles, la Ligue des Droits de I’Homme, le CRASC, etc. A un autre niveau, il faut également citer différents acteurs de la sphère publique qui sont intervenus également de manière active et qui, le cas échéant, sont également porteurs de revendications : l’ONE, les Services d’Aide à là Jeunesse, la Délégation générale aux droits de l’enfant et de la jeunesse,...