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1985 - 1987

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Courrier hebdomadaire

6 mois de présidence européenne – janvier⁠-⁠juin 1987

Courrier hebdomadaire n° 1175, par François Jongen, 42 p., 1987

Le traité de Bruxelles du 8 avril 1965 instituant un Conseil unique et une Commission unique des Communautés européennes prévoit en son article 2 que ’la présidence du Conseil est exercée à tour de rôle par chaque membre du Conseil pour une durée de six mois’. Succédant au Royaume-Uni et précédant le Danemark (la charge est dévolue successivement à chacun des Etats membres selon l’ordre alphabétique), la Belgique a occupé la présidence du 1er janvier au 30 juin 1987. Les hasards du calendrier faisaient que l’existence de la Communauté européenne devait être affectée, au cours de ce semestre, de deux événements importants le trentième anniversaire du traité de Rome et l’entrée en vigueur de l’Acte unique européen, première modification fondamentale dudit Traité depuis sa signature le 25 mars 1957. L’entrée en vigueur de l’Acte unique a finalement été retardée au 1er juillet 1987, contrariant une partie des souhaits émis en début de mandat par la Belgique. Ces six mois de présidence ont néanmoins été l’occasion d’un certain nombre de rendez-vous – un mot qui fait recette dans le jargon européen – plus ou moins réussis ou manqués selon les cas. Si l’on mentionne encore l’élection en janvier d’un nouveau président du Parlement européen, le discours du Roi à Strasbourg en avril, les Festivités européennes et le Sommet des douze chefs d’Etat et de gouvernement à Bruxelles fin juin, on comprendra pourquoi, au cours des six premiers mois de l’année 1987, les médias belges ont réservé à l’Europe une place qu’elle n’avait plus occupée depuis longtemps. Le présent Courrier hebdomadaire tentera de confronter les objectifs dressés en janvier par la présidence belge et les résultats atteints à la fin du mois de juin, tout en s’interrogeant sur les causes et les conséquences d’éventuelles distorsions. Trois domaines seront successivement abordés qui correspondent aux trois lignes de force proposées en début de mandat par le ministre des Relations extérieures : la mise en oeuvre de l’Acte unique, les réformes de structure de la Communauté, et les questions de relations extérieures et de coopération politique.

Courrier hebdomadaire

Le Conseil européen

Courrier hebdomadaire n° 1072, par François Jongen, 55 p., 1985

Institué lors du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement à Paris en décembre 1974, le Conseil européen s’est réuni pour la première fois à Dublin les 10 et 11 mars 1975. La session de Bruxelles des 30 et 31 mars offre l’occasion de faire, après dix ans de fonctionnement, le bilan de la plus récente des institutions européennes. Sans avoir été prévues dans le mécanisme initial des Communautés européennes, les réunions au sommet se sont peu à peu imposées de facto. Institutionnalisées en marge des Traités sous le vocable de ’Conseil européen, elles sont aujourd’hui légitimées par une série de textes, à tel point que nul ne semble plus remettre leur existence en question. Pourtant, le bilan des trente réunions du Conseil européen est de loin d’être entièrement positif. S’il a parfois permis de débloquer certains problèmes, il a le plus souvent été synonyme de piétinements, de frustrations, voire d’échecs. Le statut de ses membres vaut au Conseil européen d’être la plus suivie des institutions européennes. Et cette couverture médiatique, qui en fait une vitrine de l’Europe, a pour effet de transformer en tempête le moindre éternuement. On peut également se demander dans quelle mesure le Conseil européen répond aujourd’hui aux objectifs qui lui avaient été assignés il y a un peu plus de dix ans.’