par John Pitseys, paru dans Imagine demain le monde, n° 120, mars-avril 2017, p. 32-33
Le système judiciaire est injuste, coupé de la réalité, et il court-circuite l’autorité publique au profit d’intérêts privés ! Les accusations sont sérieuses : c’est le secrétaire d’État à l’Asile et la Migration, Theo Francken (N-VA), qui les prononce, lorsque la Cour d’appel de Bruxelles décide, le 7 décembre 2016, de condamner l’État belge à des astreintes financières pour non-exécution d’un arrêt du Conseil du contentieux des étrangers contraignant l’autorité publique à délivrer des visas humanitaires à une famille syrienne résidant à Alep-Est. L’affaire des « visas syriens » a fait l’objet d’un affrontement médiatique féroce mettant aux prises Theo Francken et la N-VA, d’une part, et les avocats de la famille syrienne ainsi qu’une grande partie du monde juridique, d’autre part. Sur quoi l’affaire porte-t-elle exactement ?
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Les tribulations du républicanisme en république
par John Pitseys, paru dans Politique, revue belge d’analyse et de débat, n° 98-99, mars 2017, p. 109-114
La France comme la Belgique ont connu ces dernières années d’importants débats de société, portant entre autres sur les contours de l’intégration, le port des signes convictionnels dans l’espace public ou sur le mariage entre personnes de même sexe. L’opinion publique belge aime se répéter que ces débats ont été, en son sein, conduits de manière assez rapide et sereine. Ceux-ci ont en tout cas conduit à des législations assez libérales. En revanche, les sujets précités ont fait l’objet en France de désaccords passionnés, de mouvements d’opposition spectaculaires et – dans le cas du port de signes convictionnels, par exemple – de législations plus restrictives. Vus de Belgique, les débats français suscitent souvent un double sentiment : un peu d’étonnement devant le conservatisme apparent de la société française, et une fascination pour la vigueur du débat républicain. Ces impressions sont-elles fondées ? Cet article est paru dans le numéro spécial consacré à la France par la revue Politique.
Les @nalyses en ligne
Globaliser la démocratie, pas la gadgétiser
interview de Jean Faniel et de John Pitseys par Aurélien Berthier, parue dans Agir par la culture, n° 48, hiver 2016, p. 10-13
Face aux interrogations sur notre système représentatif, il est utile de développer une vision plus globalisante de la démocratie, qu’il ne faudrait pas réduire au seul temps électoral ni même aux lois et institutions. Une démocratisation efficace pourrait dès lors passer non seulement par des modifications institutionnelles – le tirage au sort ou les votations constituant peut-être des pistes à affiner –, mais aussi par des changements sociaux et socio-économiques, facilitant l’exercice de la démocratie, laissant de côté les « gadgets politiques » n’affectant en rien son fonctionnement.
Dossiers
La production cinématographique (2016)
Dossier n° 86, par Fabienne Collard, Christophe Goethals, John Pitseys, Marcus Wunderle, 117 p., 2016
Le cinéma est souvent désigné comme le septième art. Il est aussi une industrie, avec ses activités de production et de commercialisation, ainsi que ses questions de financement et de rentabilité. Comme d’autres activités culturelles et économiques, le cinéma connaît de profondes évolutions, liées notamment à des mutations technologiques. Ainsi, un des enjeux majeurs à l’heure actuelle est la dématérialisation des contenus et son impact sur toute la filière de production cinématographique. Vu sous ce double angle culturel et économique, le secteur du cinéma a rarement fait l’objet d’une étude générale, encore moins en Belgique francophone. Le présent dossier vise à combler cette lacune. La première partie dresse un état des lieux général de l’organisation et des acteurs de l’industrie cinématographique en décrivant la chaîne de production du film. La deuxième se concentre sur la production cinématographique en analysant le secteur et son évolution, tant en termes d’entreprises et d’emplois que de types de production. La troisième partie décrit les sources de financement de la production en accordant une attention particulière aux soutiens publics apportés par les différents niveaux de pouvoir. L’aide des pouvoirs publics s’avère cruciale dans la structuration de la production cinématographique et dans le type d’œuvres produites. Mais rien ne permet d’affirmer que ce développement sera pérenne compte tenu des transformations que traverse ce secteur, des moyens limités des pouvoirs publics et de la concurrence fiscale internationale.
Les @nalyses en ligne
Less is more. Que faudrait-il abolir dans notre société ?
par John Pitseys et Thomas Ferretti, paru dans La Revue nouvelle, n° 6, 2016, p. 32-34
Aujourd’hui, nos sociétés pluralistes sont souvent caractérisées par les conflits de valeurs et d’intérêts, la violence et la rareté des ressources. Elles sont parcourues de désaccords profonds sur la manière d’organiser la vie collective et de distribuer ses avantages. C’est la raison pour laquelle nous avons besoin de principes de justice afin de répartir les biens sociaux disponibles et de règles de bon gouvernement afin que la détermination collective de ces principes de justice soit considérée légitime. Malgré les conflits, il faut tenter de construire des institutions sociales plus équitables. Voilà pourquoi, 500 ans après la publication de l’Utopie par Thomas More, à Louvain, il faut raviver notre disposition à penser un monde plus juste.
Les @nalyses en ligne
Démocratie : moindre bien ou monde parfait ?
par John Pitseys, paru dans Politique, revue de débats, n° 96, septembre-octobre 2016, p. 41-44
L’idéal démocratique, si particulier – autant de définitions que de démocrates ? –, est inatteignable. Mais il n’y a pas de démocratie… sans idéal démocratique. Se joue donc une dialectique subtile que nous aurions tort de laisser en friche. Le sens de la vie en société se situe dans les échanges – éminemment politiques – entre ces deux pôles.
Les @nalyses en ligne
Qui a tué Driss ? La trêve ou le sacrifice du bouc émissaire
par John Pitseys, paru dans La Revue nouvelle, n° 4, juillet 2016, p. 70-74
Qui a tué Driss ? Qui lui a fait la peau bleue ? Footballeur professionnel pour le club de Heiderfeld, situé quelque part en Gaume, Driss Assani a été retrouvé mort dans la Semois, atteint d’une balle, les os brisés, le crâne défoncé. Récemment muté au village de Heiderfeld où il a vécu une partie de son adolescence, l’inspecteur Yoann Peeters conclut rapidement à un crime et est chargé de mener l’enquête. Toutefois, l’assassin n’est pas forcément le seul coupable. Si le bourreau est celui qui actionne la guillotine, c’est bien la foule qui amène l’agneau pantelant à l’abattoir : la dissection télévisuelle du petit village de Heiderfeld opérée par la série belge diffusée à l’hiver dernier par la RTBF nous parle aussi de politique.
Les @nalyses en ligne
Une autre manière de réagir aux attentats, vraiment ?
par John Pitseys, paru dans Imagine demain le monde, n° 116, juillet-août 2016, p. 30-31
Très proches les uns des autres dans le temps et commis par le même mouvement terroriste, les attentats de Paris du 13 novembre 2015 et ceux de Bruxelles du 22 mars 2016 suscitent forcément la comparaison. Le débat et l’action publique semblent laisser place à un discours plus autoritaire en France, là où le débat public belge paraît plus tempéré. Mais est-ce vraiment le cas ?
Courrier hebdomadaire
L’obstruction parlementaire en Belgique
Courrier hebdomadaire n° 2289-2290, par Mathias El Berhoumi, John Pitseys, 76 p., 2016
L’obstruction parlementaire désigne l’ensemble des techniques dont les parlementaires peuvent user en vue d’entraver le processus d’adoption des lois. Cette « flibuste », comme on l’appelle parfois, prend des formes très diverses : dépôt massif d’amendements, discours-fleuve, interprétation pointilleuse du règlement d’assemblée, etc. Les objectifs qu’elle poursuit sont multiples : contrairement à une idée largement répandue, l’obstruction ne vise que rarement à paralyser la prise de décision, ni même à ralentir celle-ci. En général, l’opposition justifie plutôt ses manœuvres d’obstruction par le caractère insatisfaisant et inéquitable de la délibération parlementaire. Le présent Courrier hebdomadaire se propose d’étudier la place et le rôle que l’obstruction parlementaire occupe dans la démocratie représentative en Belgique. Bien que généralement présenté comme consensuel et pacifié, le jeu parlementaire belge connaît en effet régulièrement des épisodes d’obstruction. La flibuste est même intégrée à part entière dans le fonctionnement du régime parlementaire du pays. Elle participe pleinement au processus délibératif censé mener à une législation de qualité. Pour explorer le sujet, trois questions jalonnent l’étude. Quels sont les procédés utilisés par les flibustiers ? Sur la base de nombreux exemples, les pratiques de blocage (mais aussi de contre-blocage) sont décrites et classifiées. Quels sont les ressorts de l’obstruction parlementaire ? Les auteurs identifient les diverses fonctions de la flibuste et s’interrogent sur le statut du blocage dans la construction des codes sociaux et des processus de reconnaissance symbolique du parlement. À quel type de justification les pratiques d’obstruction obéissent-elles ? Il s’agit de déterminer jusqu’où des acteurs politiques peuvent avancer leurs intérêts et positions sans que cela ne compromette le fonctionnement des institutions démocratiques. Par cette étude, Mathias El Berhoumi et John Pitseys contribuent à éclairer les rapports entre majorité et opposition en politique, mais aussi entre espace politique et espace public.
Les @nalyses en ligne
L’émocratie n’existe pas ! Ou l’OCAM et la com’
par John Pitseys, paru dans Bruxelles laïque Échos, n° 92, mars 2016, p. 31-34
Les émotions sont une part importante de la vie publique. Elles peuvent aussi en accompagner les dérives. Ce qu’on appelle ici l’émocratie désignerait une manière de faire de la politique guidée par la volonté de manipuler les émotions de l’opinion publique, ou au contraire de s’y adapter à des fins stratégiques. Ainsi que l’indique sa racine étymologique, s’agit-il forcément d’une nouvelle forme de gouvernement ? Ou d’un risque naturel, inhérent à toute communication collective, dont il ne faut ni s’étonner ni se désespérer ?
Les @nalyses en ligne
Nous avons trouvé un accord !
par John Pitseys, paru dans Imagine demain le monde, n° 114, mars-avril 2016, p. 32-33
Agreement. Twitter aime la concision et c’est par ce mot unique que Charles Michel est le premier à informer triomphalement la presse le matin du 13 juillet 2015 : l’Eurogroupe et le gouvernement grec sont parvenus à un accord sur la teneur du plan à mettre en œuvre pour bénéficier du soutien financier de l’Union européenne. Mais qu’est-ce qui a le plus poussé le Premier ministre belge à saluer cet accord : le contenu de celui-ci ou son existence ?
Les @nalyses en ligne
Émotion et raison politique. Bart De Wever et la photo d’Aylan
par John Pitseys, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 21 décembre 2015
Le 5 septembre 2015, le président de la Nieuw-Vlaamse Alliantie (N-VA), Bart De Wever, fait la une du journal Het Laatste Nieuws en évoquant ses doutes sur la photo du petit Aylan, retrouvé mort sur une plage de Turquie. S’il affirme avoir ressenti des frissons en voyant le cliché, le bourgmestre d’Anvers dit vouloir tenter « de rester rationnel parce que cette histoire devient un moyen de pression émotionnel pour plaider en faveur d’une politique européenne d’ouverture des frontières ». Et il ajoute : « Je ne cède pas au sentiment de culpabilité parce que je trouve que ce n’est pas une bonne idée ». Critiquant l’idée de libre-circulation à l’intérieur de l’espace Schengen, ces propos ont été largement commentés. Ils peuvent bien sûr être approuvés ou critiqués pour leur contenu. C’est toutefois la conception du débat public qui les sous-tend qui apparaît surtout remarquable. Ce plaidoyer en faveur de l’argumentation rationnelle et du bon sens politique pose une question importante : quel rôle la raison et l’émotion peuvent ou doivent-elles jouer dans la délibération publique ? Comment distinguer ces deux registres ?
Les @nalyses en ligne
Attentats de Paris : un certain idéal de communication politique
par John Pitseys, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 18 novembre 2015
La France est en guerre, déclare le président français, François Hollande, devant le Congrès du Parlement français le 16 novembre 2015. Ce faisant, il utilise les mêmes mots que ceux prononcés deux jours plus tôt par Manuel Valls au journal télévisé de TF1. Le Premier ministre affirmait alors que l’État islamique (EI) perdrait la lutte, mais avouait que celle-ci ne faisait que commencer. Il est vrai que Paris ressemble à un champ de bataille embué par les larmes des témoins. Il est cependant faux de croire que les actes qui ont été commis sont des actes de guerre. Ce sont des actes terroristes. Aussi étrange ou déplacé que cela puisse paraître à ses victimes, le terrorisme représente avant tout un outil de communication, une technique rhétorique. Son but premier est de faire passer un message, d’influencer les émotions et les opinions de son destinataire.
Courrier hebdomadaire
L’évolution des partis politiques francophones (2007-2013)
Courrier hebdomadaire n° 2244-2245, par Pierre Blaise, Vaïa Demertzis, Jean Faniel, John Pitseys, 96 p., 2014
Depuis sa fondation, le CRISP s’attache à analyser le rôle et l’évolution des acteurs qui prennent part à la décision politique, que ceux-ci soient politiques, économiques, sociaux, associatifs… Dans cette perspective, les partis politiques constituent des acteurs de premier plan et font dès lors l’objet de nombreux numéros du Courrier hebdomadaire . Aux études particulières, s’ajoutent depuis quelques années des synthèses permettant d’observer les évolutions significatives survenues tant au sein des formations examinées qu’en ce qui concerne les rapports qu’elles entretiennent les unes avec les autres. Ce Courrier hebdomadaire s’attache à examiner l’évolution que les principaux partis politiques francophones ont connue entre le second semestre 2007 et la fin de l’année 2013. Sont examinés successivement le PS, le MR, les FDF, le CDH et Écolo. Chaque chapitre traite des évolutions internes du parti considéré, de ses principales prises de position, de l’évolution de son implantation électorale, ainsi que de ses rapports avec les autres formations.
Courrier hebdomadaire
Les résultats des élections fédérales et européennes du 25 mai 2014
Courrier hebdomadaire n° 2242-2243, par Pierre Blaise, Vaïa Demertzis, Jean Faniel, Cédric Istasse, John Pitseys, 111 p., 2014
En Belgique, les élections du 25 mai 2014 ont constitué un scrutin complexe, aux enjeux et aux effets multiples. Les citoyens ont été appelés à renouveler de manière directe six assemblées : la Chambre des représentants, le Parlement wallon, le Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale, le Parlement flamand, le Parlement de la Communauté germanophone et la représentation belge au Parlement européen. Cinq autres assemblées ont été renouvelées de manière indirecte, dont le Sénat et le Parlement de la Communauté française. Le présent Courrier hebdomadaire est consacré au renouvellement du Parlement fédéral et à l’élection des représentants belges au Parlement européen. Il dégage les principaux enseignements du scrutin du 25 mai 2014, en mettant l’accent sur les modifications du paysage électoral qui en résultent. L’analyse des évolutions prend essentiellement pour point de comparaison les élections fédérales du 13 juin 2010 ou les élections européennes du 7 juin 2009. Pour la Chambre des représentants, sont analysés le comportement électoral (en ce compris l’absentéisme et les votes non valables), les résultats à l’échelle de l’ensemble du pays et dans les différentes régions, les scores des partis politiques et la nouvelle composition de l’assemblée. Pour le Sénat, sont abordées la désignation des sénateurs émanant des entités fédérées et celle des sénateurs cooptés. Sont aussi présentées la constitution de la coalition gouvernementale et les attributions des membres du nouveau gouvernement fédéral. Pour l’élection de la représentation belge au Parlement européen, le plan est semblable à celui suivi pour la Chambre. L’exposé est soutenu par une trentaine de cartes. Celles-ci permettent notamment de visualiser, canton par canton, les scores électoraux qu’ont obtenus, en 2010 et en 2014, les différentes listes actuellement représentées au Parlement fédéral.
Les @nalyses en ligne
Labourer pour ses enfants : les temps du politique
par John Pitseys, paru dans En Question, n° 112, mars 2015, p. 8-11
Si l’être humain se définit par la conscience qu’il est un être fini, l’expérience du temps est de celles qui nous attachent le plus intimement à l’existence. À sa flamme brûlante, à sa fragilité, et à sa singularité. Toutefois, l’expérience du temps n’est pas celle d’un individu solitaire. L’ensemble des actes, des souvenirs, des paroles bâties en commun forme l’histoire, l’identité et la vie vécue d’une communauté. L’activité politique représente avant tout un processus de confrontation au temps. D’une part, elle en manifeste l’écoulement. D’autre part, une large part de l’activité politique n’a de signification que parce qu’elle s’inscrit dans une temporalité. Pourquoi souhaiter transformer une société si chaque instant s’identifie à l’autre ? Comment penser le juste ou l’injuste si le monde dans lequel nous vivons échappe au changement, à la décrépitude, au vieillissement, aux naissances ? Comment réfléchir aux valeurs que nous voulons transmettre si le sablier soudain immobile rend impensable la notion même de transmission ?
Les @nalyses en ligne
Vie privée et sécurité : qu’est-ce qu’une position libérale ?
par John Pitseys, paru dans La Chronique de la Ligue des droits de l’Homme, n° 166, février 2015, p. 10-11
La protection de la sécurité publique justifie-t-elle de limiter les droits individuels, parmi lesquels le droit à la vie privée ? Dans le débat public, le droit à la vie privée est parfois opposé à ce qu’on appelle aujourd’hui « le droit à la sécurité », qu’il s’agisse de souligner que ce dernier est, après tout, le premier des droits individuels ou, au contraire, de critiquer les dérives sécuritaires. Encore faut-il que cette opposition soit pertinente.
Les @nalyses en ligne
L’école, un lieu de démocratie ?
par John Pitseys, paru dans Traces de Changements, n° 218, novembre-décembre 2014, p. 18-19
Quel rôle l’é́cole peut-elle jouer dans un régime démocratique ? A priori, la réponse est évidente. L’école est l’institution de la citoyenneté par excellence. Elle doit donner à tous les capacités nécessaires pour participer à la vie publique. Elle représente un des principaux lieux d’intégration sociale et éthique de l’individu. Et pourtant, cette question se heurte à un paradoxe apparent : l’école n’est pas un lieu démocratique et n’est, en principe, pas vouée à l’être.
Les @nalyses en ligne
Vote for the Orcs!
par John Pitseys, paru dans La Chronique de la Ligue des droits de l’Homme, n° 164, novembre-décembre 2014, p. 5-7
La démocratie désigne un régime politique mais aussi un ensemble de valeurs et de principes organisant la vie en commun. Dans ce cadre, quelle place la démocratie réserve-t-elle à ceux que la communauté considère comme des personnes nuisibles ou incapables de jugement ? Il existe un monde parallèle où de telles brutes existent en grand nombre. Dans Le Seigneur des anneaux, les Orcs pourraient-ils voter en Terre du Milieu ?
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Écolo et l’idéologie
par John Pitseys, paru sur Revuepolitique.be, 7 novembre 2014
La défaite électorale qu’a subie Écolo est à la fois spectaculaire et imprévue dans son ampleur. Ses causes ont déjà été amplement commentées. Elles portent pour l’essentiel sur la communication du parti, son identité électorale et son positionnement politique. Mais on peut penser que les difficultés que rencontre Écolo trouvent aussi leurs causes dans plusieurs impensés idéologiques. Le premier a trait au rapport de ce parti à l’idéologie. Le deuxième a trait au rapport d’Écolo à l’action politique. Lié aux deux premiers, le troisième a trait au contenu du projet d’Écolo. Ce parti entend se présenter comme un parti « d’idées » et de « projet » pour la société de demain. La relation difficile qu’il entretient avec la notion même d’idéologie a toutefois des conséquences pratiques sur sa capacité à s’imposer dans le champ politique francophone.
Les @nalyses en ligne
La transparence et ses obstacles : vers une INDH en Belgique ?
par John Pitseys et Julie Ringelheim, paru dans La Chronique de la Ligue des droits de l’Homme, n° 163, septembre-octobre 2014, p. 31-34
L’idée est dans l’air depuis des années mais sa concrétisation demeure incertaine : créer une Institution nationale des droits de l’homme (INDH) en Belgique. Le concept provient des enceintes internationales. L’objectif est de disposer, au niveau national, d’une institution publique, financée par l’État mais indépendante de tous les pouvoirs, chargée de veiller au respect et à la mise en œuvre du droit international des droits de l’homme dans cet État. La constitution des nouveaux gouvernements suite aux élections du 25 mai dernier pourrait être l’occasion de relancer le dossier INDH. Cela suppose toutefois de surmonter les divers obstacles qui ont entravé jusqu’ici toute avancée sur ce projet. La création de l’INDH met en scène des enjeux à la fois communautaires et/ou politiciens. Ceux-ci ne font toutefois que s’ajouter à d’importantes questions de fond et de gouvernance.
Courrier hebdomadaire
Biodiversité et ressources génétiques : la Belgique et le Protocole de Nagoya
Courrier hebdomadaire n° 2226, par Brendan Coolsaet, John Pitseys, 31 p., 2014
Le « Protocole de Nagoya sur l’accès et le partage des avantages » est entré en vigueur le 12 octobre 2014. Quatre ans après son adoption, cet accord international a en effet été ratifié par plus de 50 pays à travers le monde. Le lendemain, s’est ouverte à Pyeongchang (Corée du Sud) la première réunion des parties à ce protocole. Le Protocole de Nagoya met en œuvre l’un des trois objectifs majeurs de ce qui constitue aujourd’hui le principal instrument international de conservation de la biodiversité : la Convention sur la diversité biologique (CDB) de 1992. Cet objectif est de permettre le partage juste et équitable des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques d’origine végétale, animale ou microbienne (à l’exception des ressources génétiques d’origine humaine, ainsi que d’une série de ressources génétiques pour l’alimentation et l’agriculture). Le Protocole de Nagoya forme donc la pierre angulaire de la politique internationale en la matière. De multiples domaines sont concernés, tels la recherche scientifique et le développement de produits pharmaceutiques ou cosmétiques. Le présent Courrier hebdomadaire dresse une vue d’ensemble des politiques qui régissent l’échange et l’utilisation des ressources génétiques, aux niveaux international, européen et belge. L’analyse est centrée sur le contenu du Protocole de Nagoya – une attention particulière étant accordée à la notion d’accès et partage des avantages (APA) – et sur sa difficile transposition dans le droit belge. En Belgique, la mise en application du Protocole est en effet confrontée à de multiples défis institutionnels, juridiques, politiques et économiques, dus notamment à la structure fédérale de l’État.
Courrier hebdomadaire
Les résultats des élections régionales et communautaires du 25 mai 2014
Courrier hebdomadaire n° 2223-2224, par Pierre Blaise, Vaïa Demertzis, Jean Faniel, Cédric Istasse, John Pitseys, 114 p., 2014
En Belgique, les élections du 25 mai 2014 ont constitué un scrutin complexe, aux enjeux et aux effets multiples. Les citoyens ont été appelés à renouveler de manière directe six assemblées : la Chambre des représentants, le Parlement wallon, le Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale, le Parlement flamand, le Parlement de la Communauté germanophone et la représentation belge au Parlement européen. Cinq autres assemblées ont été renouvelées de manière indirecte, dont le Sénat et le Parlement de la Communauté française. Le présent Courrier hebdomadaire est consacré aux diverses élections régionales et communautaires. Pour chacune d’entre elles, sont analysés les comportements électoraux (en ce compris l’absentéisme et les votes non valables), les résultats à l’échelle de l’ensemble de la Région ou de la Communauté, les résultats par circonscription et les résultats par canton. Sont également étudiées la nouvelle composition des diverses assemblées, la constitution des différentes coalitions gouvernementales et les attributions des membres des nouveaux gouvernements. L’analyse des évolutions prend essentiellement pour point de comparaison les élections régionales et communautaires du 7 juin 2009. L’exposé est soutenu par une trentaine de cartes. Celles-ci permettent de visualiser, canton par canton, les scores électoraux qu’ont obtenus, en 2009 et en 2014, les différentes listes actuellement représentées au Parlement wallon, au Parlement bruxellois ou au Parlement flamand.
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Corvée des urnes ou responsabilité citoyenne ?
interview de John Pitseys par Stephan Grawez, parue sur magazine-appel.be, mai 2014
Pourquoi les élections flanquent-elles le blues à certains citoyens ? Et comment comprendre les diverses formes d’abstentionnisme qui témoignent d’un désengagement ou d’un « à quoi bon » ? Philosophe et juriste, chercheur au CRISP, John Pitseys confie son analyse. Il est urgent, selon lui, d’inventer de nouvelles techniques d’exercice de la démocratie.
Les @nalyses en ligne
La dépossession démocratique
par John Pitseys, paru dans La Revue nouvelle, n° 4-5, avril-mai 2014, p. 60-71
La crise économique marque-t-elle également une crise, voire une mise en danger des institutions démocratiques ? L’idée est couramment avancée : la baisse du niveau de vie des citoyens européens et l’impression que les décisions politiques prises pour lutter contre la crise sont à la fois inefficaces et illisibles auraient contribué à une méfiance, ou à une défiance vis-à-vis des institutions démocratiques. Cette hypothèse est inexacte, ou du moins incomplète. Crise économique et crise démocratique sont liées parce qu’elles partagent en partie les mêmes causes : la déstabilisation de la signification de l’idéal démocratique, l’impuissance des modes de régulation actuels à prendre en charge la décision collective et une crise des programmes politiques. L’analyse de ces causes conduit à penser que le sentiment de crise démocratique précède sous de nombreux aspects l’éclatement de la crise économique et financière proprement dite.