Église anglicane : l’égalité, au risque de se perdre ?
par Caroline Sägesser, paru sur ORELA, 1er avril 2026
Le 25 mars 2026, Sarah Mullaly a été intronisée archevêque de Canterbury. Elle est la première femme à occuper cette fonction et à devenir ainsi la plus haute responsable religieuse de l’Église d’Angleterre et, par conséquent, la cheffe spirituelle des anglicans. Sa nomination a créé des remous au sein de la Communion anglicane qui, à l’instar d’autres Églises, est divisée à propos de la question de l’accès égal des femmes et des hommes aux hautes responsabilités.
Les @nalyses en ligne
L’évolution de la fréquentation des cours philosophiques pousse-t-elle au changement ?
par Caroline Sägesser, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 4 décembre 2025
L’organisation des cours de religion et de morale non confessionnelle suscite le débat depuis plusieurs années. En Communauté française, une évolution significative a eu lieu en 2016-2017 dans l’enseignement officiel avec la réduction du volume horaire de ces cours à une heure par semaine et l’introduction du cours de philosophie et de citoyenneté. Ce dernier est obligatoire à raison d’une heure par semaine, et peut être suivi pour une deuxième heure, en lieu et place du cours de religion ou de morale. Les derniers chiffres de fréquentation révèlent que ce choix est devenu plus populaire, au détriment des cours de religion catholique et de morale non confessionnelle, qui sont de moins en moins choisis.
Les @nalyses en ligne
La société civile belge, entre sécularisation et (dé)pilarisation
par Jean Faniel, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 30 octobre 2025
La sécularisation est un phénomène qui touche largement l’ensemble de l’Europe occidentale. En Belgique, elle s’accompagne d’une dépilarisation, c’est-à-dire d’un affaiblissement des piliers historiquement structurés, notamment, autour du clivage philosophique. Toutefois, ce phénomène de dépilarisation reste limité. Par-delà ces concepts, comment cela se traduit-il concrètement sur le terrain ? La sécularisation et la dépilarisation ont-elles atteint le même degré ? Considérer le champ associatif et syndical livre quelques réponses.
Les @nalyses en ligne
La démocratie face aux extrémismes
par Vincent de Coorebyter, paru dans L’Artichaut, vendredi 31 janvier 2025
Quelles sont les raisons de l’actuelle montée en puissance de la radicalité, alors que la fin du 20 e siècle était apparue comme un moment d’apaisement idéologique ?
Les @nalyses en ligne
Cinquantième anniversaire de la reconnaissance de l’islam en Belgique : peu de motifs de se réjouir
par Caroline Sägesser, paru sur o-re-la.ulb.be, vendredi 6 décembre 2024
La loi admettant le culte islamique parmi les bénéficiaires du financement public a été votée en 1974. La Belgique était alors le premier pays d’Europe occidentale à adopter une telle mesure. Cinquante ans plus tard, le culte islamique n’est toujours pas organisé et financé de façon équivalente aux autres cultes reconnus dans le pays. Cela dans un contexte où les craintes suscitées par le développement du fondamentalisme islamique ne sont pas moins présentes en Belgique que dans les pays voisins.
Courrier hebdomadaire
L’année politique 2023 au niveau fédéral
Courrier hebdomadaire n° 2621, par Caroline Sägesser, 51 p., 2024
Ce Courrier hebdomadaire retrace les faits saillants de l’année 2023 qui ont concerné le gouvernement belge et qui ont alimenté l’actualité politique au niveau fédéral. Pour le gouvernement De Croo, l’année 2023 représentait la dernière occasion de dégager des accords et de mettre en œuvre des réformes, avant que les énergies politiques ne soient largement absorbées par les échéances électorales de 2024. Toutefois, cette perspective n’a pas constitué l’aiguillon nécessaire à une action résolue, et l’année a été riche en échéances reportées et en réformes maintes fois annoncées puis définitivement abandonnées (réforme fiscale) ou fortement réduites (réforme des pensions). En outre, le gouvernement fédéral est apparu fragilisé, en raison de tensions au sein de la coalition Vivaldi, ainsi que de difficiles perspectives électorales pour plusieurs des partis politiques qui la composent. Caroline Sägesser examine ici les modifications intervenues dans la composition du gouvernement De Croo, et passe en revue les principaux événements et dossiers auxquels celui-ci a été confronté au cours de l’année 2023 (énergie, asile, concertation sociale, fiscalité, sécurité sociale, pensions, environnement, justice, budget, sécurité, cultes, survol aérien de Bruxelles, guerre en Ukraine, conflit israélo-palestinien…). Elle propose aussi un retour sur l’évolution de la cohésion de cette majorité singulière, qui se compose de plus de partis qu’aucune autre avant elle dans l’histoire de la Belgique.
Courrier hebdomadaire
Profils et comportements des électeurs lors du scrutin fédéral du 26 mai 2019
Courrier hebdomadaire n° 2597-2598, sous la direction de Koen Abts, Cecil Meeusen, Bart Meuleman, Marc Swyngedouw, 72 p., 2024
À quelques encablures des prochaines élections, ce Courrier hebdomadaire tire différents enseignements du scrutin fédéral du 26 mai 2019 grâce aux données d’une enquête post-électorale réalisée par la KU Leuven. Il examine la façon dont les caractéristiques socio-démographiques des électrices et des électeurs se sont associées à leurs orientations de valeurs politiques, culturelles et économiques, et la manière dont ces deux types de facteurs ont influencé leur comportement électoral. Quels éléments du profil personnel d’un électeur en termes de genre, d’âge, de niveau d’instruction, de statut professionnel, de conviction confessionnelle, d’appartenance à un syndicat ou d’affiliation mutuelliste façonnent un choix électoral déterminé ? Quelles positions des citoyens sur diverses questions politiques, culturelles et économiques majeures déterminent leur comportement de vote ? Comment la résultante des caractéristiques et des positions influence-t-elle le parti pour lequel l’électeur a choisi in fine de voter ? Et dans quelle mesure les électeurs ont-ils différé de part et d’autre de la frontière linguistique ? Sont aussi envisagées la question du moment où les électrices et les électeurs arrêtent leur vote – longtemps à l’avance, en cours de campagne ou le jour même de l’élection – et celle de l’attitude qui serait adoptée en cas d’abrogation de l’obligation de voter. Ce Courrier hebdomadaire étudie également la question du changement ou de la continuité du comportement électoral entre le scrutin fédéral de 2014 et celui de 2019. Sont ainsi estimés les flux d’électeurs entre les différents partis, soit francophones soit néerlandophones.
Les @nalyses en ligne
Vers la fin des cours de religion à l’école ? Une annonce de retrait restée sans suite
par Caroline Sägesser, paru dans Politique, revue belge d’analyse et de débat, n° 125, printemps 2024, p. 15-18
En février 2023, on annonçait dans la presse le retrait des cours de religion et de morale de la grille horaire de l’enseignement officiel. Un an plus tard, le constat est sans appel : rien n’a changé. Pour les enseignants, les parents, les élèves, les syndicats ou encore les partis, les enjeux sont multiples et l’avenir demeure plus que jamais incertain.
Courrier hebdomadaire
L’année politique 2022 en Région bruxelloise
Courrier hebdomadaire n° 2585, par Pierre Blaise, Jean-Paul Nassaux, 60 p., 2023
Ce Courrier hebdomadaire retrace les principaux événements qui ont fait l’actualité politique en Région bruxelloise durant l’année 2022. L’attention se porte essentiellement sur le Parlement et le gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale (tant pour les compétences régionales que pour les compétences d’Agglomération), sans cependant oublier les institutions de la COCOF et de la COCOM. En Région bruxelloise, l’année 2022 a été celle de vifs débats politiques – en ce compris au sein du gouvernement Vervoort III – autour de questions telles que l’interdiction de l’abattage rituel sans étourdissement, l’aménagement de la friche Josaphat, le plan régional de mobilité « Good Move », le plan taxi et les questions posées par les activités de la plateforme Uber, et le plafonnement de l’indexation des loyers. Des décisions ont également été prises dans les domaines de la gestion de la pandémie de Covid-19, des méthodes de lutte contre la discrimination à l’embauche, de la propreté et de la démocratie participative. Enfin, des tensions ont opposé la Région de Bruxelles-Capitale à une ou plusieurs autres composantes de l’État fédéral (essentiellement l’Autorité fédérale et la Région flamande) sur des problématiques comme le survol aérien de la Région bruxelloise, l’instauration d’une taxe kilométrique et la sécurité.
Courrier hebdomadaire
Le parti Chez Nous
Courrier hebdomadaire n° 2579-2580, par Benjamin Biard, 55 p., 2023
Alors que l’extrême droite demeure marginale en Wallonie depuis de nombreuses années, un nouveau parti politique tente actuellement de s’y implanter : Chez Nous. Son objectif est d’opérer une percée électorale dans le sud du pays lors des scrutins du 9 juin 2024. Pour cela, il compte notamment sur le soutien dont il bénéficie depuis sa création de la part du Vlaams Belang (VB) et du Rassemblement national (RN) français. L’analyse de l’idéologie défendue par Chez Nous confirme l’ancrage du parti à l’extrême droite de l’échiquier politique, en tant que formation populiste de droite radicale ou national-populiste. Si Chez Nous entend respecter les formes du jeu démocratique, son positionnement repose sur une perspective inégalitaire de la société et sur un projet nationaliste, comme en témoignent ses positions en matière identitaire et migratoire. Par ailleurs, le réseau entretenu par Chez Nous en Belgique et à l’étranger est essentiellement constitué de partis, mouvements et personnalités défendant une idéologie d’extrême droite. Ces différents éléments expliquent la mobilisation à laquelle Chez Nous est confronté depuis ses débuts, que ce soit au sein de la société civile, du monde syndical ou du milieu politique. Ainsi, en 2023, plusieurs villes wallonnes se sont déclarées « antifascistes » par le moyen de l’adoption de motions. L’intense mobilisation qui se développe à l’encontre de Chez Nous – à laquelle s’ajoute le principe du cordon sanitaire médiatique observé en Belgique francophone – n’est pas sans conséquence sur le nouveau parti.
Les @nalyses en ligne
Sixième rapport annuel de l’Église de Belgique : entre renouveau et vieux démons
par Caroline Sägesser, paru sur o-re-la.ulb.be, lundi 4 décembre 2023
L’Église catholique de Belgique a fait paraître son sixième rapport annuel, qui porte sur l’année 2022. S’il met en exergue un rebond des chiffres de la participation religieuse, il ne peut éviter la douloureuse question des abus sexuels en son sein, qui est à nouveau à la une de l’actualité et fait l’objet d’une commission d’enquête parlementaire au sein du Parlement fédéral.
Courrier hebdomadaire
Rex dans l’entre-deux-guerres : discours et communication politique
Courrier hebdomadaire n° 2571-2572, par Clément Ferrier, 138 p., 2023
Apparu sur la scène politique belge en 1936, Rex en devient rapidement le « trublion ». D’emblée, le mouvement de Léon Degrelle se démarque des autres formations politiques par un mode de communication novateur, situé au croisement des techniques de la propagande et de la publicité. Son discours est basé sur la dénonciation de scandales politico-financiers, est porté par de grands meetings, s’appuie sur une presse propre (dont Le Pays réel), est incarné par des symboles (le balai), est fait de néologismes (« bankster ») et de slogans (« Rex vaincra ! », « Contre les pourris ! », « Rex ou Moscou »), et bénéficie du charisme du « chef ». En revanche, le mouvement est pour ainsi dire dépourvu de réel programme politique. Si Rex engrange un succès électoral initial en mai 1936, qui lui permet d’obtenir 33 sièges au Parlement, cette période est de courte durée. Rapidement, l’incurie politique des rexistes apparaît au grand jour. S’y ajoute l’absence de ligne idéologique claire, celle-ci étant essentiellement fixée par L. Degrelle au gré des circonstances. L’élection partielle de Bruxelles provoquée par Rex, qui voit le Premier ministre Paul van Zeeland battre sèchement L. Degrelle en avril 1937, constitue un tournant pour le mouvement. Désormais, pour tenter – en vain – de revenir au-devant de la scène, Rex se fait non seulement toujours plus agressif et outrancier, mais aussi antisémite, tandis que s’accroît son admiration pour les régimes fascistes étrangers. Les tensions internes fracturent alors le mouvement et se traduisent par de multiples défections. Ce Courrier hebdomadaire analyse la manière dont le discours rexiste s’est construit, a évolué entre 1936 et 1940, et a été perçu au sein de la société belge. Il souligne ses incohérences et ses contradictions, qui sont allées croissant au fur et à mesure que Rex opérait une radicalisation de sa rhétorique et s’ancrait à l’extrême droite.
Podcasts
Le financement public des cultes a-t-il encore un avenir ? Nouvelles actualités mais vieux problèmes
intervention de Caroline Sägesser diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 9 octobre 2023
Réécoutez ‘L’actualité en 3D. Décrypter, débattre et discuter avec le CRISP’, émission proposée dans le cadre du partenariat avec Radio Panik. Au menu de l’émission présentée par Julien Pieret : 1° Caroline Sägesser : Le financement public des cultes a-t-il encore un avenir ? 2° ‘financement public des cultes’, une nouvelle définition extraite du Vocabulaire politique. 3° Le tour des dernières parutions du CRISP, avec Jean Faniel.
Courrier hebdomadaire
L’année politique 2022 au niveau fédéral
Courrier hebdomadaire n° 2563, par Caroline Sägesser, 50 p., 2022
Ce Courrier hebdomadaire retrace les faits saillants de l’année 2022 qui ont concerné le gouvernement belge et qui ont alimenté l’actualité politique au niveau fédéral. Cette année devait être une année capitale pour le gouvernement De Croo, avant que l’échéance électorale prévue le 9 juin 2024 ne vienne entraver son action et sa capacité à dégager des accords. Cependant, une actualité internationale dramatique – la guerre en Ukraine – et ses conséquences – la flambée des prix de l’énergie et le retour d’une forte inflation – ont bouleversé le programme de l’exécutif et compliqué son action. En outre, l’hétérogénéité de l’équipe s’est avérée difficile à surmonter, et le gouvernement a été déclaré en danger à plusieurs reprises. Caroline Sägesser examine ici les modifications intervenues dans la composition du gouvernement De Croo, et passe en revue les principaux événements auxquels celui-ci a été confronté au cours de l’année 2022 (crise sanitaire, énergie, fiscalité, pensions, marché du travail, immigration, justice, budget, sécurité, concertation sociale, cultes…). Elle propose aussi un retour sur l’évolution de la cohésion de cette majorité singulière, qui se compose de plus de partis qu’aucune autre avant elle dans l’histoire de la Belgique.
Les @nalyses en ligne
Les catholiques de Belgique, nouvelle minorité ?
par Caroline Sägesser, paru sur o-re-la.ulb.be, 12 décembre 2022
L’Église catholique de Belgique a publié son cinquième rapport annuel, qui porte sur l’année 2021. Ce document fournit notamment les premiers chiffres relatifs à la fréquentation des églises et des sacrements depuis la crise sanitaire. Ceux-ci montrent une nette accélération de la diminution de la pratique religieuse en Belgique, au point d’autoriser cette question : les catholiques sont-ils devenus une minorité ?
Courrier hebdomadaire
La loi du Pacte culturel : enjeux anciens, nouveaux défis
Courrier hebdomadaire n° 2545, par Hugues Dumont, 50 p., 2022
La loi du 16 juillet 1973 garantissant la protection des tendances idéologiques et philosophiques (dite loi du Pacte culturel) fête ses 50 ans en 2023. À cette occasion, H. Dumont se penche sur deux questions. Quelles étaient les forces, mais aussi les faiblesses, du modèle initial institué par cette loi ? Et quelles sont les raisons politiques et juridiques qui obligent à constater que ce modèle est aujourd’hui très largement dépassé ? Sur cette base, il esquisse trois scénarios possibles pour l’avenir. En effet, le modèle de la loi du Pacte culturel n’est pas nécessairement voué à être abandonné. Il est envisageable d’en conserver les dispositions qui continuent à être vues comme pertinentes, et de réviser les autres dans le sens d’un pluralisme plus diversifié et plus ouvert aux courants qui ne se reconnaissent pas dans les partis et piliers traditionnels. Malgré divers défauts, la loi du Pacte culturel reposait sur une intuition qui reste valable de nos jours : pour lutter contre les discriminations idéologiques et philosophiques et pour garantir le respect du pluralisme, il convient d’associer les tendances et les groupements représentatifs qui pourraient être victimes de ces discriminations à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques publiques. Afin de pouvoir s’étendre à d’autres catégories de discriminations, cette intuition devrait être dotée d’un dispositif adapté à la société civile belge et à l’architecture institutionnelle du pays telles qu’elles se présentent aujourd’hui. Une telle évolution pourrait prendre la voie d’une révision constitutionnelle, qui montrerait que la citoyenneté fédérale belge peut encore s’articuler avec les autonomies communautaires et régionales de manière dynamique. Il pourrait alors revenir à chaque Communauté, pour ce qui concerne les matières culturelles, de réécrire la loi du Pacte culturel sans en compromettre les acquis et en se hissant au niveau des exigences constitutionnelles de la démocratie participative.
Les @nalyses en ligne
« Le régime des cultes est inadapté à une société plurielle »
interview de Caroline Sägesser par Fanny Declercq, parue dans une version légèrement différente dans Le Soir, 16 septembre 2022
Après l’annonce de la décision du ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne (Open VLD), de retirer la reconnaissance de l’Exécutif des musulmans de Belgique, l’organe de représentation du culte islamique en Belgique a dénoncé une action gouvernementale « grossièrement inconstitutionnelle et inacceptable ». Caroline Sägesser revient sur les difficultés que pose la représentation des communautés musulmanes dans le régime belge des cultes et analyse la décision du ministre libéral flamand comme l’anticipation d’une réforme institutionnelle en matière de culte.
Les @nalyses en ligne
L’imam et le gendarme
par Caroline Sägesser, paru dans La Revue nouvelle, n° 5, juin 2022, p. 4-8
« Un curé vaut bien dix gendarmes », aurait dit Napoléon I er , fournissant ainsi une justification à sa politique de réconciliation avec l’Église catholique après les tourments de la Révolution française. Ce retour du gallicanisme répondait alors à un objectif de maintien de la paix sociale et de développement du soutien au régime impérial. La politique du gouvernement belge à l’égard de l’organe représentatif du culte islamique, l’Exécutif des Musulmans de Belgique, est marquée depuis quelques années par une forme de néo-gallicanisme : flirtant quelquefois avec l’infraction au principe de séparation de l’Église et de l’État, les autorités s’efforcent de faire émerger un « islam belge » ou un « islam européen », regardé comme une religion plus moderne, plus démocratique, et participant plus activement à la construction d’une société multicultuelle apaisée. Dans un contexte de forte préoccupation en matière de sécurité, la religion est ainsi regardée comme un instrument participant à son maintien et les imams, comme les curés d’autrefois, comme de possibles adjoints aux policiers. Ces derniers mois, les relations entre le ministre de la Justice, en charge des cultes, Vincent Van Quickenborne (Open VLD), et l’Exécutif des Musulmans de Belgique se sont radicalement détériorées, marquant peut-être l’échec définitif de cette politique.
Les @nalyses en ligne
Le régime belge des cultes dans le viseur de la Cour de Strasbourg
par Caroline Sägesser, paru sur o-re-la.ulb.be, 8 avril 2022
À l’occasion d’une procédure intentée par neuf congrégations de Témoins de Jéhovah, la Cour européenne des droits de l’homme a rendu le 5 avril 2022 un arrêt qui critique sévèrement le système belge de reconnaissance des cultes. Cette décision pourrait faire le lit d’une évolution marquante dans la mise en œuvre de celui-ci.
Livres
Introduction à la Belgique fédérale
Livre, par Caroline Sägesser, Jean Faniel, Pierre Blaise, 108 p., 2022
La Belgique est un État fédéral d’une rare complexité. Connaissant des Communautés et des Régions, et, à Bruxelles, des Commissions communautaires, le fédéralisme belge se caractérise notamment par le chevauchement de différents pouvoirs sur un même territoire. Introduction à la Belgique fédérale guide le lecteur à travers les rouages institutionnels de l’Autorité fédérale et des entités fédérées. Cet ouvrage expose la répartition des compétences, les relations entre les pouvoirs législatif, exécutif et judicaire, la composition des parlements et des gouvernements ou encore le rôle des provinces et des communes. Rédigé dans un langage accessible, il permet à chacun de se familiariser avec le fonctionnement des institutions. Cette édition est entièrement mise à jour en 2022.
Livres
La Constitution au fil de ses versions (2ème édition)
Livre, par Cindy Regnier, 408 p., 2022
Adoptée en février 1831, la Constitution belge a été révisée à plus de 65 reprises depuis lors. Élargissement du droit de vote, d’abord, réformes de l’État successives, ensuite, ont tout particulièrement modifié sa physionomie de départ. Cette évolution de la « loi fondamentale » reflète à la fois les changements intervenus dans la société belge et les transformations des structures institutionnelles du pays. En 2019, l’ouvrage La Constitution au fil de ses versions est venu proposer une formule de lecture originale permettant de retracer l’évolution d’un article au fil de ses modifications et, plus largement, de saisir finement les évolutions de ce texte central. La deuxième édition inclut les dernières révisions constitutionnelles et améliore la lisibilité de certains articles particulièrement touffus. L’objectif de cet ouvrage demeure de permettre au lecteur d’observer aisément les révisions qu’a connues la Constitution belge depuis sa promulgation en français en 1831, en livrant, dans une présentation originale et exhaustive, les versions successives de chaque article et en signalant de manière précise les modifications intervenues et les dates de ces changements. La présentation permet de saisir aisément quand une modification a été apportée au texte. Le procédé utilisé offre trois modes de lecture possibles. Le lecteur peut ainsi lire la Constitution actuelle de la Belgique, en connaître la version initiale ou suivre l’évolution d’un article en particulier, voire d’un paragraphe ou d’un alinéa spécifique. Ce dernier mode de lecture est assurément le plus original. Par cette plongée historique dans la loi fondamentale, le CRISP offre le fil qui permet de tracer un chemin dans ce texte sinueux et, pourtant, crucial pour tenter de comprendre ce dédale auquel la Belgique s’apparente parfois. Publié avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Loterie nationale.
Les @nalyses en ligne
Le quatrième rapport annuel de l’Église catholique de Belgique questionne le périmètre de ses activités
par Caroline Sägesser, paru sur o-re-la.ulb.be, 27 décembre 2021
Pour la quatrième année consécutive, la Conférence épiscopale a publié fin novembre 2021 le rapport annuel de l’Église de Belgique. Ce rapport richement illustré porte sur l’année 2020. Comme les précédents, il s’inscrit dans une démarche d’information, notamment à travers les données chiffrées qu’il fournit, mais également de promotion de l’image d’une Église moderne et dynamique, via entre autres la présentation de ses nombreuses initiatives à caractère social qui mobilisent de très nombreux bénévoles.
Les @nalyses en ligne
Temporel des cultes : du nouveau en Flandre et à Bruxelles
par Caroline Sägesser, paru sur o-re-la.ulb.be, 19 novembre 2021
Dans un contexte marqué par la crise de l’Exécutif des Musulmans de Belgique, l’organe représentatif du culte islamique, qui rend improbable une reprise du processus de reconnaissance de mosquées par les Régions, la Flandre a adopté un nouveau décret réglementant le temporel des cultes. La Région de Bruxelles-Capitale vient d’examiner un texte très différent de celui qui vient d’être adopté au nord du pays.
Les @nalyses en ligne
Aucune réforme de notre régime des cultes à l’horizon…
par Caroline Sägesser, paru dans Levif.be, 14 octobre 2021
L’actualité est riche de développements touchant aux relations des pouvoirs publics avec les cultes, que ce soit au niveau fédéral ou des entités fédérées. Elle est également marquée au quotidien par des faits religieux, au sens large. En dépit de cela, notre régime des cultes repose sur des fondations qui remontent aux débuts du 19 e siècle et plus personne ne semble songer à en changer…
Podcasts
Le port de signes convictionnels et la neutralité de l'Etat
intervention de Caroline Sägesser diffusée dans Carrefour de l’info sur Arabel avec Tarik Laabi, 14 juin 2021
Dans votre Carrefour de l’Information ce midi : les signes conventionnels avec l’un de nos partenaires le CRISP et notre invitée Carolie Sagesser, docteure en Histoire. Elle est chargée de recherches au sein du secteur Socio-Politique du CRISP.