Face à Donald Trump : comment passer de la sidération à la compréhension ?
par Vincent Lefebve, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 27 janvier 2026
Au cours des dernières semaines, le président des États-Unis, Donald Trump, et son administration ont multiplié les initiatives et les déclarations qui ont profondément déstabilisé les équilibres internationaux. La scène domestique américaine n’est pas en reste. Les violations de l’État de droit et du cadre constitutionnel par D. Trump sont bien documentées et, depuis son retour au pouvoir, cette logique s’est prolongée sous la forme d’une véritable guérilla institutionnelle. Pris isolément, ces épisodes pourraient être interprétés comme des provocations excessives ou des manœuvres tactiques, dans certains cas couronnées de succès, dans d’autres maladroites voire contreproductives. Considérés ensemble, ces événements dessinent un mode d’exercice du pouvoir inédit, qui appelle moins une réaction émotionnelle qu’un effort rigoureux de compréhension. L’idée n’est pas tant de condamner le trumpisme, mais de savoir à partir de quelles catégories intellectuelles il est possible de le penser.
Courrier hebdomadaire
L’institutionnalisation du tirage au sort au sein des assemblées parlementaires belges (III). La Chambre des représentants et le Sénat
Courrier hebdomadaire n° 2662-2663, par Vincent Aerts, Geoffrey Grandjean, Archibald Gustin, 87 p., 2025
En Belgique, l’idée de désigner des responsables politiques par le moyen d’un tirage au sort parmi les citoyens connaît un important regain d’intérêt depuis une quinzaine d’années. Des citoyens, des chercheurs et des responsables politiques mettent en avant son potentiel pour faire face à la crise de la démocratie représentative. Les dispositifs recourant au tirage au sort se multiplient à tous les niveaux de pouvoir (avec, cependant, une différence marquée entre le sud et le nord du pays). Il s’agit essentiellement de compléter le système électoral par la création de panels ou conseils citoyens liés aux instances législatives. Ce Courrier hebdomadaire analyse la progressive institutionnalisation de mécanismes de tirage au sort de citoyens au sein des assemblées parlementaires belges. Il met ainsi en lumière un mouvement inégal mais réel vers une participation citoyenne renouvelée, dont il éclaire les enjeux philosophiques, politiques et institutionnels. Ce troisième volume présente de manière détaillée les propositions d’institutionnalisation du tirage au sort qui ont été déposées sur les bureaux de la Chambre des représentants (qui, en 2024, a instauré la possibilité d’organiser des commissions mixtes et des panels citoyens) et du Sénat. S’appuyant sur leur cartographie des initiatives et expérimentations, les auteurs dressent un tableau des modalités de l’institutionnalisation du tirage au sort en Belgique et interrogent les transformations du modèle représentatif qu’implique cette innovation démocratique.
Courrier hebdomadaire
L’institutionnalisation du tirage au sort au sein des assemblées parlementaires belges (I). Le cadrage par une élite culturelle et l’alignement des partis politiques
Courrier hebdomadaire n° 2658-2659, par Vincent Aerts, Geoffrey Grandjean, Archibald Gustin, 62 p., 2025
Désigner les responsables politiques par le moyen d’un tirage au sort parmi les citoyens. L’idée n’est pas neuve ; dans l’Antiquité grecque, sa mise en œuvre a d’ailleurs constitué l’un des fondements de la démocratie athénienne. En Belgique, cette idée connaît un important regain d’intérêt depuis une quinzaine d’années, c’est-à-dire depuis la tenue du G1000 et la publication de l’ouvrage Contre les élections de David Van Reybrouck. Des citoyens, des chercheurs et des responsables politiques mettent en avant son potentiel pour faire face à la crise de la démocratie représentative. Les dispositifs recourant au tirage au sort se multiplient à tous les niveaux de pouvoir (avec, cependant, une différence marquée entre le sud et le nord du pays). Il s’agit essentiellement de compléter le système électoral par la création de panels ou conseils citoyens liés aux instances législatives. Ce Courrier hebdomadaire analyse la progressive institutionnalisation de mécanismes de tirage au sort de citoyens au sein des assemblées parlementaires belges. Il met ainsi en lumière un mouvement inégal mais réel vers une participation citoyenne renouvelée, dont il éclaire les enjeux philosophiques, politiques et institutionnels. Ce premier volume présente les différentes conceptions du tirage au sort en politique, les arguments théoriques mobilisés pour ou contre son introduction, ainsi que les cadrages proposés par les experts qui ont marqué le débat public en Belgique. Il procède aussi à un examen des programmes des partis politiques à cet égard, de 2009 à 2024.
Podcasts
La justice à l’écran. Comprendre le droit et la justice à partir de leurs représentations culturelles
intervention de Vincent Lefebve diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 10 novembre 2025
Comment le droit et la justice sont-ils représentés à l’écran ? Du film dit de procès jusqu’aux programmes de téléréalité judiciaire en passant par un nombre incalculable de séries policières mettant en scène des juges ou des avocats, le droit et la justice sont partout sur nos écrans. Mais que nous disent ces représentations culturelles de la justice, quel type de message diffusent-elles parmi la population ? Et est-ce que c’est bien sérieux pour un chercheur ou une chercheuse de s’intéresser à ce sujet ?
Les @nalyses en ligne
La société civile belge, entre sécularisation et (dé)pilarisation
par Jean Faniel, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 30 octobre 2025
La sécularisation est un phénomène qui touche largement l’ensemble de l’Europe occidentale. En Belgique, elle s’accompagne d’une dépilarisation, c’est-à-dire d’un affaiblissement des piliers historiquement structurés, notamment, autour du clivage philosophique. Toutefois, ce phénomène de dépilarisation reste limité. Par-delà ces concepts, comment cela se traduit-il concrètement sur le terrain ? La sécularisation et la dépilarisation ont-elles atteint le même degré ? Considérer le champ associatif et syndical livre quelques réponses.
Les @nalyses en ligne
La notion de communauté : un palimpseste
par Vincent Lefebve, paru dans En Question, n° 153, été 2025, p. 28-33
Qu’est-ce que le terme de « communauté » recouvre aujourd’hui ? Ouvrant un dossier consacré à cette thématique publié par la revue En Question , cet article explore les multiples strates de cette notion aux usages politiques, sociaux et philosophiques mouvants. De la querelle philosophique entre libéraux et communautariens aux tensions politiques belges, en passant par les enjeux écologiques, il montre comment ce palimpseste conceptuel demeure un enjeu central du vivre-ensemble et de la démocratie contemporaine.
Courrier hebdomadaire
De l’information à la politique : regards sur les réseaux sociaux en Belgique
Courrier hebdomadaire n° 2639-2640, par Bernard Cools, Xavier Degraux, 81 p., 2025
Les réseaux dits sociaux prennent une place croissante en tant que sources et canaux d’idées et d’informations. Cependant, ils peuvent faire l’objet d’usages très différents d’un pays à l’autre, ou même d’une région à l’autre. Ce Courrier hebdomadaire s’intéresse à la situation des réseaux sociaux en Belgique, principalement en rapport avec leur rôle dans l’information et leur éventuelle inclinaison politique. Quelle est l’audience des réseaux sociaux ? Dans quelle mesure constituent-ils une voie d’accès vers l’information pour les Belges ? Quelle est l’évolution en la matière, et quelles sont les différences entre les catégories de population ? Non seulement selon la langue, le genre, l’âge, etc., mais aussi selon le niveau d’intérêt pour l’information ou pour la politique. Quel degré de fiabilité ou de confiance est accordé aux différentes plateformes, et a-t-il un effet sur le degré d’utilisation ? Quelle influence la sensibilité politique de l’utilisateur a-t-elle sur sa consommation de réseaux sociaux, sur ses choix de plateforme et sur son rapport à l’actualité, notamment politique ? Quelle est l’audience des « influenceurs » ? L’étude se penche également sur l’utilisation qui est faite des réseaux sociaux par les partis politiques belges et par les présidents de ces partis. Quelle est leur présence organique en termes de plateformes utilisées, de volumes de messages postés et d’interactions suscitées ? Dans quelle mesure recourent-ils à la publicité payante (et quel regard la population porte-t-elle sur cette pratique) ? Notamment, quelles ont été les dépenses réalisées lors de l’année électorale 2024 ? Quels sont les effets de la présence des partis sur les réseaux sociaux au niveau de la polarisation et de la communication politique ? Enfin, B. Cools et X. Degraux livrent quelques réflexions sur le rôle des réseaux sociaux en matière d’information, sur les enseignements de l’analyse des dépenses des partis politiques belges sur les plateformes, et sur la question – centrale – de la régulation des réseaux sociaux par les pouvoirs publics, notamment européens.
Les @nalyses en ligne
Le monde va mal, l’Arizona se porte bien ?
par Vincent Lefebve et Caroline Sägesser, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 2 mai 2025
Nous vivons dans un monde assiégé par des crises de natures multiples. Sur le plan géopolitique, le monde a pénétré depuis le 20 janvier 2025 dans une nouvelle ère, qui a des répercussions sur l’ensemble des secteurs de la vie sociale. Si la Belgique n’échappe pas à une telle situation, cette période marquée par la thématique de la crise y prend cependant des accents particuliers. Alors que les tensions internes avaient paralysé la Vivaldi, la gravité des bouleversements géopolitiques en cours, et de leurs conséquences, semble contribuer, en tout cas en un premier temps, à unir les différentes composantes de l’Arizona et à gommer les tensions internes qui auraient pu, autrement, entraver la bonne marche de l’exécutif.
Podcasts
Radicalités et clivages politiques. La démocratie sous tension ?
intervention de Vincent de Coorebyter diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 14 avril 2025
Réécoutez ‘L’actualité en 3D. Décrypter, débattre et discuter avec le CRISP’, émission proposée dans le cadre du partenariat avec Radio Panik. Au menu de l’émission présentée par Julien Pieret : 1° Vincent de Coorebyter : Radicalités et clivages politiques. La démocratie sous tension ? 2° ‘Parlement’, une nouvelle définition extraite du Vocabulaire politique. 3° Le tour des dernières parutions du CRISP, avec Jean Faniel et Cédric Istasse.
Étudier le rapport des jeunes à l’emploi, c’est examiner tout à la fois les rapports entre formation, expérience et emploi, les évolutions des contours de celui-ci, et ses mutations. Avec, en filigrane, l’analyse de l’impact de l’intervention d’acteurs, de dispositifs et d’institutions. C’est aussi s’intéresser plus globalement au travail, dont les enjeux sont trop souvent dilués dans ceux de l’emploi. Le rapport des jeunes à l’emploi, qui semble s’être considérablement dégradé depuis plusieurs décennies, questionne la place de la jeunesse et celle du travail dans la société. Afin de mettre en évidence l’actualité de la problématique et d’objectiver les épreuves qui jalonnent l’entrée dans la vie active des jeunes, ce Courrier hebdomadaire propose quelques repères quantitatifs de la situation actuelle des jeunes au regard de l’emploi. Ensuite, il passe en revue les principaux référentiels et axes d’intervention des politiques de l’emploi mises en œuvre au cours des dernières décennies afin de lutter contre le fort taux de chômage des jeunes et de soutenir leur retour à l’emploi. Il en propose une lecture critique, c’est-à-dire visant à identifier les limites de leviers qui, jusqu’à présent, n’ont pas permis d’infléchir la tendance générale. Enfin, il examine les idées et les programmes porteurs d’innovation en matière de traitement des problématiques d’insertion professionnelle rencontrées par les jeunes. Ce parcours vise à aider à la construction de pistes d’action en faveur de politiques publiques ambitieuses ne se contentant pas d’intervenir sur le court terme, dans l’urgence que fait peser un taux de chômage élevé sur la viabilité du système économique, mais engageant également une réflexion sur le long terme, sous le double éclairage de la contrainte environnementale et de l’amélioration du bien-être des citoyens, et notamment des jeunes.
Courrier hebdomadaire
La démocratie face aux « crises » globales : la Belgique entre unité et division
Courrier hebdomadaire n° 2619-2620, par Vincent Lefebve, 123 p., 2024
En Belgique, des crises qui, en raison de leur nature même, présentent une dimension internationale peuvent se transformer rapidement en conflits politiques internes, notamment de type communautaire : par leur intensité, ces menaces sont en effet susceptibles de créer ou d’attiser les divisions au sein de la société belge, qui est structurellement traversée par diverses lignes de fracture. Mais ces crises peuvent également venir alimenter les dynamiques centripètes et unificatrices qui animent le pays : étant donné qu’ils appellent une réponse coordonnée des différentes composantes de l’État, ces périls incitent les acteurs politiques à s’entendre pour y faire face ou pour que la Belgique puisse parler d’une seule voix sur la scène internationale. Vincent Lefebve analyse la façon dont cette dialectique entre division et unité se déploie en Belgique dans un contexte marqué par la survenance ou l’intensification de crises durables, globales et systémiques. Pour cela, il examine les politiques publiques qui ont été élaborées en Belgique en réponse respectivement à quatre défis majeurs : le dérèglement climatique, la crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19, le bouleversement géopolitique découlant de la guerre en Ukraine, et l’enjeu migratoire (ou, plus précisément, la gestion de l’accueil des migrants). Ce Courrier hebdomadaire montre que, si les clivages qui traversent de longue date la Belgique constituent autant de facteurs de complexité et potentiellement de division, la structure fédérale du pays et la tradition consociative belge peuvent pour leur part faciliter dans une certaine mesure la recherche de compromis et d’équilibres entre points de vue et intérêts divergents.
Courrier hebdomadaire
La désobéissance civile écologique face au système répressif : de l’espace public aux prétoires
Courrier hebdomadaire n° 2611-2612, par Marie Jadoul, 109 p., 2024
À travers l’évocation de plusieurs affaires concrètes, ce Courrier hebdomadaire rend compte de la manière dont la désobéissance civile écologique est traitée par le droit répressif au sens large, depuis l’espace public jusque dans les prétoires des juridictions pénales nationales et des instances européennes. La situation analysée est celle prévalant en Belgique ainsi que, par contraste, dans d’autres pays d’Europe, dont la France et la Suisse. En Belgique, les faits de désobéissance civile écologique font l’objet de peu de poursuites pénales, en raison notamment d’une doctrine de gestion négociée de l’espace public et de la possibilité pour l’État d’opter pour un traitement administratif. Cependant, les autorités portent une attention croissante à ce qu’elles qualifient de « nouvelles manières de protester » (« new ways of protesting »). Elles opèrent aussi un resserrement progressif du droit de manifester. La confrontation de la désobéissance civile écologique au système pénal illustre la tension qui existe entre deux usages du droit. D’une part, le droit comme outil de lutte : les activistes écologistes – et leurs avocats – construisent ou réactualisent des arguments juridiques pour défendre leur cause, de façon soit défensive soit offensive. D’autre part, le droit comme frein à la contestation : les autorités utilisent l’arsenal légal pour dissuader le militantisme écologique, voire pour stigmatiser, réprimer et criminaliser celles et ceux qui y prennent part. La désobéissance civile écologique soulève la question des outils et des mécanismes politiques susceptibles de permettre de répondre adéquatement au contexte d’urgence environnementale, ainsi que celle de l’effectivité des moyens juridiques dont disposent les citoyens dans ce cadre.
Courrier hebdomadaire
La désobéissance civile dans le contexte de l’urgence écologique
Courrier hebdomadaire n° 2609-2610, par Marie Jadoul, 64 p., 2024
Depuis plusieurs années, la désobéissance civile revient sur le devant de la scène, en particulier dans le domaine de l’écologie. Dans l’espace public, prennent place diverses actions contestataires collectives, situées à la frontière de la légalité ou en dehors du cadre établi par la loi, qui sont destinées à sensibiliser la population à l’urgence écologique et à faire pression sur les autorités publiques et les grandes entreprises (décrochage de portraits officiels, occupation de banques, jet de soupe sur des œuvres d’art, interruption de manifestations sportives, etc.). Il s’agit notamment de dénoncer l’inaction des États face à la pollution, au déclin de la biodiversité, au dépassement des limites planétaires, aux dérèglements climatiques, etc., ou l’action « coupable » voire « criminelle » qu’ont ces mêmes États en la matière via leurs politiques ou via leur complaisance à l’égard des lobbys économiques. Ce Courrier hebdomadaire dresse un état des lieux de la désobéissance civile écologique en Belgique et, par contraste, dans plusieurs autres pays d’Europe, dont la France, la Suisse et le Royaume-Uni. Il décortique la notion de désobéissance civile écologique et la situe par rapport aux points de vue et aux pratiques des activistes écologistes (citoyens, associations et collectifs). Il montre que la désobéissance civile écologique, qui se déploie au sein de l’espace public en tant que stratégie d’action, connaît une évolution constante, faite entre autres d’une augmentation et d’une diversification des actions désobéissantes dans la sphère scientifique, d’une accentuation de l’ancrage local et d’un rapprochement avec les luttes sociales.
Les @nalyses en ligne
« Voter plus souvent favoriserait une participation active à la démocratie »
interview de Caroline Sägesser par Laurence Delperdange, parue dans Contrastes, mars-avril 2024, p. 10-13
En 2024, les citoyennes et les citoyens seront appelés à voter pour tous les niveaux de pouvoir : européen, fédéral, régional et communautaire le 9 juin, provincial et communal le 13 octobre. Si cela facilite la vie de l’électeur de renouveler toutes les assemblées en seulement deux journées, cela ne contribue pas à rendre bien visibles les enjeux de chaque scrutin.
Courrier hebdomadaire
Profils et comportements des électeurs lors du scrutin fédéral du 26 mai 2019
Courrier hebdomadaire n° 2597-2598, sous la direction de Koen Abts, Cecil Meeusen, Bart Meuleman, Marc Swyngedouw, 72 p., 2024
À quelques encablures des prochaines élections, ce Courrier hebdomadaire tire différents enseignements du scrutin fédéral du 26 mai 2019 grâce aux données d’une enquête post-électorale réalisée par la KU Leuven. Il examine la façon dont les caractéristiques socio-démographiques des électrices et des électeurs se sont associées à leurs orientations de valeurs politiques, culturelles et économiques, et la manière dont ces deux types de facteurs ont influencé leur comportement électoral. Quels éléments du profil personnel d’un électeur en termes de genre, d’âge, de niveau d’instruction, de statut professionnel, de conviction confessionnelle, d’appartenance à un syndicat ou d’affiliation mutuelliste façonnent un choix électoral déterminé ? Quelles positions des citoyens sur diverses questions politiques, culturelles et économiques majeures déterminent leur comportement de vote ? Comment la résultante des caractéristiques et des positions influence-t-elle le parti pour lequel l’électeur a choisi in fine de voter ? Et dans quelle mesure les électeurs ont-ils différé de part et d’autre de la frontière linguistique ? Sont aussi envisagées la question du moment où les électrices et les électeurs arrêtent leur vote – longtemps à l’avance, en cours de campagne ou le jour même de l’élection – et celle de l’attitude qui serait adoptée en cas d’abrogation de l’obligation de voter. Ce Courrier hebdomadaire étudie également la question du changement ou de la continuité du comportement électoral entre le scrutin fédéral de 2014 et celui de 2019. Sont ainsi estimés les flux d’électeurs entre les différents partis, soit francophones soit néerlandophones.
Hors collection
Démocratie et fédéralisme. La Belgique dans l’Union européenne
par Pierre Blaise, 102 p., 2024
Cet ouvrage retrace les grandes étapes qui ont façonné la Belgique depuis son indépendance en 1830. Il vise à expliquer de quelle manière la démocratie y a évolué et comment et pourquoi, d’un État unitaire, elle est devenue un État fédéral. Un État fédéral complexe, composé de Communautés, de Régions et de l’Autorité fédérale. Quelles sont leurs compétences respectives ? Comment sont-elles organisées ? Qui les dirige ?
La Belgique est aussi très impliquée dans l’Union européenne dont elle a été un des États fondateurs. Comment s’organise la démocratie dans cet ensemble de 27 États ? S’agit-il d’un État fédéral ? Qu’est-ce qui distingue son fonctionnement de celui de la Belgique ?
Par des chapitres concis et rédigés dans un style didactique, et à l’aide de schémas clairs, cet ouvrage permet à un large public de comprendre les évolutions et le fonctionnement actuel de la Belgique et de l’Union européenne.
Les @nalyses en ligne
Où en est l’Affaire climat ?
par Vincent Lefebve, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 5 avril 2024
Dix ans se sont écoulés depuis la création de l’association Klimaatzaak – en français « Affaire climat ». L’objectif était de poursuivre l’État belge et ses Régions en justice pour les contraindre à une action plus ambitieuse en matière de lutte contre le dérèglement climatique. Durant ces dix ans, les catastrophes climatiques se sont multipliées, un nombre croissant de citoyens ont demandé aux États de décréter l’état d’urgence climatique, et d’autres initiatives juridictionnelles semblables à l’Affaire climat ont été lancées dans plusieurs pays, tandis que ce mouvement social a remporté une victoire importante devant la cour d’appel de Bruxelles. Alors qu’approchent les élections européennes et, en Belgique, des élections régionales et fédérales, quel bilan dresser de cette mobilisation ?
Courrier hebdomadaire
Les sources d’information des Belges : usages, attitudes, questionnements
Courrier hebdomadaire n° 2583-2584, par Bernard Cools, 54 p., 2023
Comment les Belges s’informent-ils ? Quel est leur degré d’intérêt pour l’actualité ? Quels sont leurs centres d’intérêt : actualités internationales, politique, informations locales, etc. ? Quels sont les types de sources qu’ils utilisent pour s’informer : presse écrite, journal télévisé, Internet, médias sociaux, etc. ? Quel est le nombre de sources qu’ils consultent ? Quelles sont celles qu’ils privilégient ? Quel degré de confiance leur accordent-ils ? Quels sont, à ces différents égards, les évolutions récentes ? Enfin, existe-t-il des différences entre francophones et néerlandophones, ou selon le genre, l’âge, les revenus ou le niveau d’instruction ? Outre qu’il répond à toutes ces questions, ce Courrier hebdomadaire met en évidence diverses caractéristiques majeures de la manière qu’ont les Belges de s’informer, dont la prépondérance des écrans, l’importance des sources gratuites et les attitudes d’« évitement de l’information ». Constatant une baisse générale de la consommation d’information, Bernard Cools explore également quelques pistes potentielles pour un « retour à l’information ».
Courrier hebdomadaire
Grèves et conflictualité sociale en 2022 (II). Services publics
Courrier hebdomadaire n° 2577-2578, par Iannis Gracos, 83 p., 2023
Le Groupe d’analyse des conflits sociaux (GRACOS) est un collectif interdisciplinaire ayant pour objectif l’étude des principaux mouvements de grève et autres éléments de la conflictualité sociale qui jalonnent chaque année civile. Ce Courrier hebdomadaire est consacré aux conflits qui ont marqué l’actualité belge en 2022. Particulièrement significatifs par rapport à l’histoire sociale et aux enjeux futurs, ceux-ci sont regroupés en deux volumes.
Ce second volume est consacré aux conflits survenus dans les services publics.
Dans le domaine des soins de santé, les tensions ont été particulièrement nombreuses dans le secteur public. Elles ont été liées à l’application des accords non marchands wallon et bruxellois, aux revendications en faveur d’une augmentation des effectifs, aux stratégies de privatisation à l’œuvre dans les hôpitaux publics, et à la restructuration du secteur hospitalier dans le cadre de la loi mettant en place des réseaux hospitaliers cliniques locorégionaux.
Dans le secteur de la police, les mobilisations s’inscrivent dans un paysage syndical unique et dans un contexte marqué par une régulation assez stricte du droit de grève. Les revendications des syndicats ont concerné la revalorisation salariale, l’aménagement de la fin de carrière, le manque de moyens et de personnel, et la violence commise à l’égard des forces de l’ordre.
En Communauté française, l’enseignement obligatoire a connu une conflictualité sociale particulièrement vive. Celle-ci a été due aux différents impacts de la crise sanitaire sur les écoles, à la mise en œuvre du « Pacte pour un enseignement d’excellence » (en particulier son volet relatif à l’évaluation des enseignants) et à de difficiles négociations sectorielles.
L’étude se clôt par une annexe statistique fournissant un aperçu quantitatif du phénomène des grèves en Belgique en 2022.
La présente étude a été rédigée par N. Hirtz, V. Lefebve, J. Pieret, P. Reman, S. Smeets, C. Tange, M. C. Trionfetti et K. Vandaele.
Les @nalyses en ligne
Un congrès du MOC ? Pourquoi donc ?
interview de Jean Faniel par Manon Legrand et Stéphanie Baudot, parue dans Démocratie, n° 9, septembre 2023, p. 10-13
Le 9 septembre, le Mouvement ouvrier chrétien tient un congrès à Charleroi. Cet événement, préparé depuis plusieurs mois, sera l’occasion pour les diverses composantes de cette organisation d’adopter de nouvelles lignes directrices pour son action des prochaines années. Mais un congrès, c’est aussi plus que cela. Pour Démocratie , Jean Faniel livre son analyse à partir d’interviews de responsables du MOC et de ses organisations constitutives et, plus largement, revient sur ce qu’implique la tenue d’un congrès.
Les @nalyses en ligne
La Belgique désenchantée
interview de Vincent de Coorebyter par Catherine Ernens, parue dans une version légèrement différente dans Moustique, 24 mai 2023, p. 25-27
La fracture entre les citoyens et la politique est de plus en plus abyssale. Cela s’explique par un phénomène de ressenti, un manque de perspectives et de vrais soucis. Dans cette interview, Vincent de Coorebyter analyse le grand mal-être politique et sociétal dans lequel notre société est plus que jamais plongée et déroule les mécanismes d’un désenchantement certain.
Podcasts
Le financement des partis politiques
intervention de Jean Faniel diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 12 juin 2023
En 1989, à la suite de plusieurs scandales liés au financement des partis politiques, la Belgique s’est dotée d’une législation spécifique à cette question. Ce régime qui a évolué avec le temps s’articule autour de deux grands axes : d’une part, une régulation assez stricte quant aux possibilités de financement privé ; d’autre part, un système de dotations publiques fixes et variables selon plusieurs critères. Plus de trente ans après l’adoption de ce régime, quel bilan pouvous nous en tirer ? Pour réaliser ce bilan, nous aurons le plaisir de recevoir Jean Faniel, le directeur du Centre de recherche et d’information socio-politique, le CRISP, le partenaire de notre émission. Quelles sont les règles actuellement en vigueur en matière de financement des partis politiques ? Quels sont les critères retenus pour calculer la dotation publique des partis et quels montants celle-ci recouvre-t-elle ? Pourquoi les dons des personnes morales ont-ils été interdits et ceux des personnes privées limités ? Dans quelle mesure le choix de tel ou tel régime de financement nous informe sur la conception de la démocratie qui sous-tend ce choix ? Pourquoi ce débat revient-il sur la table aujourd’hui ? Pourquoi le collectif We Need to Talk a-t-il décidé de s’en emparer ? Quelles sont les recommandations qui ont été portées par ce collectif ? Trouvent-elles un écho dans les propositions portées par les principaux intéressés, soit les partis politiques ? Autant de questions, parmi d’autres, auxquelles nous tenterons de répondre avec Jean Faniel.
Les @nalyses en ligne
L’art ou la vie ?
par Caroline Sägesser, paru sur revuepolitique.be, 18 avril 2023
Ces derniers mois, des militantes et des militants écologistes ont multiplié les actions médiatiques dans des musées, visant des œuvres connues pour s’assurer une bonne place dans les journaux télévisés et les colonnes de journaux. Ces actions sont-elles « violentes », comme certains commentateurs ont pu le signaler ? Ne risquent-elles pas d’être contre-productives et de donner des munitions aux forces antiécologiques ?
Les @nalyses en ligne
« En cas d’urgence, l’associatif et les citoyens sont parfois plus efficaces »
interview de Jean Faniel par Laurence Van Ruymbeke, parue dans Le Vif, 13 avril 2023, p. 39-41
Faute de moyens et de volonté politique, l’État ne répond pas présent sur tous les fronts. L’associatif et les citoyens prennent alors le relais. La densité et l’efficacité du tissu associatif belge ne tombent pas du ciel. Ses racines sont plongées dans une histoire déjà longue, ce qui en fait un acteur majeur du fonctionnement du pays. Pour autant, l’État peut-il prendre l’habitude de s’appuyer sur le monde associatif pour se décharger de ses missions ? Au point de perdre le contact avec les réalités que vit la population ? La solidarité est belle, mais le danger est réel.
Podcasts
La Belgique face aux crises
intervention de Vincent Lefebve diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 10 avril 2023
Aujourd’hui, c’est le 50e épisode de L’Actualité en 3D, le rendez-vous mensuel de décryptage de l’actualité politique que nous vous proposons en partenariat avec le CRISP, le Centre de recherche et d’information socio-politiques. Pour cet épisode jubilaire, nous allons tenter de prendre un peu de hauteur en croisant deux thématiques qui ont été centrales lors des 49 épisodes précédents de L’Actualité en 3D, en associant deux des fils rouges tissés par cette succession d’émissions. Premier fil rouge : la Belgique fédérale dont le système institutionnel et politique a été au cœur de nombreux épisodes. Une Belgique dont nous avons évoqué l’histoire à travers ses symboles et autres emblèmes, une Belgique dont l’architecture fédérale a été au cœur de l’émission de septembre 2021, une Belgique dont certaines composantes – la Région bruxelloise ou la Communauté germanophone – ont été présentées par nos soins, une Belgique politique dont nous avons étudié certains des piliers à travers nos émissions consacrées aux familles politiques libérales ou sociales-chrétiennes et dont nous avons également analysé certains dispositifs politiques décisifs ces dernières années, comme celui dit des affaires courantes ou en analysant les modalités de formation ou de démission d’un gouvernement. Deuxième fil rouge de L’Actualité en 3D : la notion de crise. Des crises qui s’accumulent et se superposent comme nous l’avons encore constaté lors de notre émission bilan de l’année 2022. Mais souvenez-vous que notre première émission était consacrée à une crise politique, celle survenue en Région wallonne à l’été 2017. Et puis, l’actualité nous a conduit à envisager la crise due au Brexit, la crise climatique et énergétique notamment avec Fabienne Collard, la crise du pouvoir d’achat au cœur de notre émission consacrée à l’accord interprofessionnel, puis évidemment la crise sanitaire à laquelle nous avons consacré pas moins de trois émissions. Et donc pour cette 50e émission, nous allons nous demander dans quelle mesure l’apparition d’une crise teste et met à l’épreuve notre système institutionnel et politique, dans quelle mesure une crise révèle les failles mais aussi les ressources que notre système présente. Comment nos autorités politiques font face aux crises ? Une crise constitue-t-elle un facteur d’unité, de rassemblement des différentes forces sociales et politiques qui constituent la Belgique ou à l’inverse, une crise accentue-t-elle les nombreuses divisions communautaires ou idéologiques qui traversent la Belgique depuis ses origines ? Voilà en quelques mots la question générique qui sera au cœur de cette émission et pour y répondre, nous aurons le plaisir de recevoir Vincent Lefebve, philosophe, juriste et chargé de recherche pour le CRISP.