Le « canon de Flandre » dans son contexte politique : origine, élaboration, réceptions
Courrier hebdomadaire n° 2634-2635, par Serge Govaert, 60 p., 2025
Rendu public le 9 mai 2023, le « canon de Flandre » consiste en une liste de soixante « points d’ancrage » sur l’histoire, la culture et la société de la Flandre (événements, dates, personnalités, traditions, livres, objets, œuvres d’art, etc.). Il est le résultat d’un projet qui a été porté par le président de la N-VA (Bart De Wever), a été mis en œuvre par le gouvernement flamand Jambon (N-VA/CD&V/Open VLD), et a été réalisé par une commission scientifique indépendante et pluraliste. Il se présente sous la forme à la fois d’un livre et d’un site Internet. Dès son annonce, le projet d’un canon de Flandre (initialement, d’un « canon flamand ») a fait l’objet de critiques vives et même virulentes. La crainte exprimée était que ce canon soit un pamphlet nationaliste flamand, conçu comme un outil de renforcement et de promotion de l’identité flamande. Ces craintes ont été apaisées une fois connu le résultat final. Cependant, certains historiens ont maintenu leurs objections de principe liées à la confection d’un canon et aux motivations politiques à l’origine du canon de Flandre. De fortes réticences ont également été émises quant à la perspective d’un recours au canon de Flandre dans l’enseignement. Actuellement, les autorités flamandes ne mettent plus en avant cet usage du canon, celui-ci étant désormais conçu comme un instrument de soutien. En revanche, le canon de Flandre est un élément du parcours d’intégration (« inburgering ») instauré dans le cadre de la politique flamande d’accueil des primo-arrivants. S. Govaert examine la genèse du canon de Flandre, ses précédents historiques, son processus décisionnel, son élaboration, son contenu et les controverses qu’il a suscitées. Il situe le tout dans le cadre des rapports de force politiques en Flandre et de la résurgence du concept d’identité.
Courrier hebdomadaire
La démocratie face aux « crises » globales : la Belgique entre unité et division
Courrier hebdomadaire n° 2619-2620, par Vincent Lefebve, 123 p., 2024
En Belgique, des crises qui, en raison de leur nature même, présentent une dimension internationale peuvent se transformer rapidement en conflits politiques internes, notamment de type communautaire : par leur intensité, ces menaces sont en effet susceptibles de créer ou d’attiser les divisions au sein de la société belge, qui est structurellement traversée par diverses lignes de fracture. Mais ces crises peuvent également venir alimenter les dynamiques centripètes et unificatrices qui animent le pays : étant donné qu’ils appellent une réponse coordonnée des différentes composantes de l’État, ces périls incitent les acteurs politiques à s’entendre pour y faire face ou pour que la Belgique puisse parler d’une seule voix sur la scène internationale. Vincent Lefebve analyse la façon dont cette dialectique entre division et unité se déploie en Belgique dans un contexte marqué par la survenance ou l’intensification de crises durables, globales et systémiques. Pour cela, il examine les politiques publiques qui ont été élaborées en Belgique en réponse respectivement à quatre défis majeurs : le dérèglement climatique, la crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19, le bouleversement géopolitique découlant de la guerre en Ukraine, et l’enjeu migratoire (ou, plus précisément, la gestion de l’accueil des migrants). Ce Courrier hebdomadaire montre que, si les clivages qui traversent de longue date la Belgique constituent autant de facteurs de complexité et potentiellement de division, la structure fédérale du pays et la tradition consociative belge peuvent pour leur part faciliter dans une certaine mesure la recherche de compromis et d’équilibres entre points de vue et intérêts divergents.
Les @nalyses en ligne
« C’est certainement plus compliqué de gouverner en Belgique que partout ailleurs »
interview de Vincent de Coorebyter par Michel Bouffioux, parue sur parismatch.be, samedi 15 juin 2024
Le 9 juin 2024 se sont déroulées en Belgique des élections fédérales, régionales et communautaires en plus des élections européennes. Comment interpréter les résultats de ces scrutins ? Quelles sont les coalitions possibles ? Qui sont les gagnants et les perdants du scrutin ? Et de quoi sera fait l’avenir du pays ? Autant de questions qui se posent quand on analyse la nouvelle donne politique.
Podcasts
Le bilan de la législature flamande. En manque de chaleur humaine ?
intervention de Jean Faniel diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 13 mai 2024
Réécoutez ‘L’actualité en 3D. Décrypter, débattre et discuter avec le CRISP’, émission proposée dans le cadre du partenariat avec Radio Panik. Au menu de l’émission présentée par Julien Pieret : 1° Jean Faniel, Cédric Istasse et Caroline Sägesser : Analyse des résultats des élections locales du 13 octobre 2024. Entre continuité et rupture ? 2° ‘Elections communales’, une nouvelle définition extraite du Vocabulaire politique.
Hors collection
Démocratie et fédéralisme. La Belgique dans l’Union européenne
par Pierre Blaise, 102 p., 2024
Cet ouvrage retrace les grandes étapes qui ont façonné la Belgique depuis son indépendance en 1830. Il vise à expliquer de quelle manière la démocratie y a évolué et comment et pourquoi, d’un État unitaire, elle est devenue un État fédéral. Un État fédéral complexe, composé de Communautés, de Régions et de l’Autorité fédérale. Quelles sont leurs compétences respectives ? Comment sont-elles organisées ? Qui les dirige ?
La Belgique est aussi très impliquée dans l’Union européenne dont elle a été un des États fondateurs. Comment s’organise la démocratie dans cet ensemble de 27 États ? S’agit-il d’un État fédéral ? Qu’est-ce qui distingue son fonctionnement de celui de la Belgique ?
Par des chapitres concis et rédigés dans un style didactique, et à l’aide de schémas clairs, cet ouvrage permet à un large public de comprendre les évolutions et le fonctionnement actuel de la Belgique et de l’Union européenne.
Les @nalyses en ligne
Dans un an, réformer de fond en comble ?
par Caroline Sägesser, paru sur revuepolitique.be, 3 juillet 2023
À un an des élections, Politique publie plusieurs analyses qui se penchent sur les enjeux des différents scrutins. Dans cet article, il est question des élections fédérales et de leurs conséquences potentielles pour les contours de l’État.
Courrier hebdomadaire
Identités et préférences des parlementaires envers le fédéralisme belge à l’aube d’une septième réforme de l’État
Courrier hebdomadaire n° 2532-2533, par Jérémy Dodeigne, Christoph Niessen, Min Reuchamps, Dave Sinardet, 59 p., 2022
Quelle vision les parlementaires ont-ils de l’architecture institutionnelle de la Belgique ? Estiment-ils que les réformes de l’État successives ont été trop loin dans le démantèlement des compétences du niveau de pouvoir national ? Ou, au contraire, considèrent-ils que ce mouvement doit encore être approfondi, afin d’accroître davantage l’autonomie des Régions et des Communautés ? Dans ce cas, quels sont les arguments qui justifieraient selon eux une prochaine réforme de l’État ? Pour répondre à ces questions, J. Dodeigne, C. Niessen, M. Reuchamps et D. Sinardet ont mené une enquête auprès des 473 parlementaires fédéraux, régionaux et communautaires du pays. Entre octobre 2020 et février 2021 – c’est-à-dire après l’installation de l’ensemble des gouvernements issus des élections multiples du 26 mai 2019 –, ils leur ont soumis un questionnaire portant sur leur perception du fédéralisme belge et sur leurs préférences en matière institutionnelle pour le futur. D’autres questions avaient notamment trait à leurs sentiments identitaires (se sentent-ils essentiellement Belges, Wallons, Bruxellois, francophones, Flamands ou germanophones ?). Les résultats de l’enquête sont présentés dans ce Courrier hebdomadaire . Les réponses des parlementaires y sont ventilées selon différents critères (appartenance linguistique, formation politique, assemblée). Elles sont aussi comparées avec les données issues de deux enquêtes similaires, menées juste avant et juste après l’adoption de la sixième réforme de l’État. L’étude offre ainsi un éclairage particulièrement intéressant sur la vision des parlementaires quant à l’avenir du fédéralisme belge, potentiellement à l’aube d’une septième réforme de l’État.
Podcasts
Vers une septième réforme de l’État belge ? Exercice de prospective institutionnelle
intervention de Caroline Sägesser et Vincent Lefebve diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 10 octobre 2022
Mise entre parenthèse depuis la négocation (2010-2011) et l’entrée en vigueur (2014) de la sixième réforme de l’État belge, la question d’une nouvelle réforme de notre système fédéral risque assurément de revenir au premier plan de l’actualité politique dans la perspective des élections fédérales et régionales qui se dérouleront en mai 2024. Que signifie l’expression "réforme de l’État" et pourquoi y’en a-t-il eu plusieurs en Belgique ? Pourquoi une nouvelle réforme de l’État apparait nécessaire aux yeux de certaines formations politiques alors que d’autres semblent douter de sa pertinence ? Quels seraient les enjeux d’une telle réforme ? Quels sont les projets institutionnels actuellement débattus au sein du gouvernement fédéral ou des différents parlements du pays ? Qu’est-ce que l’opération "un pays pour demain" et est-elle susceptible de rompre avec la façon habituelle dont notre classe politique débat de l’avenir de la Belgique ? L’hypothèse d’une scission de l’État belge en plusieurs nations indépendantes est-elle crédible ? En vue de répondre à toutes ces questions, nous aurons le plaisir de recevoir Vincent Lefebve, philosophe et juriste, et Caroline Sägesser, historienne, et tous deux chargés de recherche pour le Centre de recherche et d’information socio-politques (CRISP).
Les @nalyses en ligne
La Vivaldi, un long fleuve tranquille ?
interview de Caroline Sägesser par Marie Rigot et Jonas Legge, parue sur sous le titre « On assiste à quelque chose d’assez préoccupant actuellement au sein du gouvernement De Croo » sur Lalibre.be, 25 juin 2022
Plus de 20 mois après sa mise en place, le gouvernement De Croo continue à évoluer dans un climat particulier. Entre les tacles à répétition de certains présidents de parti et les positions parfois contraires à l’accord de gouvernement adoptées par des ministres, la vie au 16 rue de la Loi est loin d’être un long fleuve tranquille… Mais faut-il y voir un risque pour l’avenir de la Vivaldi ? Des élections anticipées nous pendent-elles au nez ?
Les @nalyses en ligne
Temporel des cultes : du nouveau en Flandre et à Bruxelles
par Caroline Sägesser, paru sur o-re-la.ulb.be, 19 novembre 2021
Dans un contexte marqué par la crise de l’Exécutif des Musulmans de Belgique, l’organe représentatif du culte islamique, qui rend improbable une reprise du processus de reconnaissance de mosquées par les Régions, la Flandre a adopté un nouveau décret réglementant le temporel des cultes. La Région de Bruxelles-Capitale vient d’examiner un texte très différent de celui qui vient d’être adopté au nord du pays.
Courrier hebdomadaire
Les spécificités institutionnelles de la région bruxelloise
Courrier hebdomadaire n° 2510, par Quentin Peiffer, 46 p., 2021
Au sein de l’architecture institutionnelle belge, la région bruxelloise présente de nombreuses spécificités. Celles-ci sont liées à ses deux particularités majeures que sont, d’une part, le fait d’être la seule région bilingue et, d’autre part, celui d’abriter la capitale du pays. En région bruxelloise, outre l’Autorité fédérale et les communes, pas moins de six entités se partagent les compétences étatiques : la Région de Bruxelles-Capitale, la Communauté française et la Communauté flamande – qui toutes deux ont également Bruxelles pour capitale –, et les trois Commissions communautaires (COCOM, COCOF et VGC). La Région de Bruxelles-Capitale se singularise par rapport aux autres Régions et Communautés par plusieurs éléments, tels que l’obligation d’une parité linguistique au gouvernement ou l’exigence d’une double majorité au parlement pour l’adoption de certaines normes. Cette configuration complexe est le fruit de divers facteurs, à commencer par les fortes réticences flamandes ayant entouré la création de la Région bruxelloise, la volonté d’assurer une protection forte de la minorité néerlandophone vivant sur ce territoire, et le refus de créer des sous-nationalités dans cette région. Interviennent aussi, de façon non négligeable, le rôle international et la fonction de capitale de Bruxelles.
Les @nalyses en ligne
Le gouvernement De Croo est celui du quitte ou double pour la Belgique
interview de Caroline Sägesser par Olivier Mouton, parue dans Levif.be, 24 novembre 2020
Le 1 er octobre dernier, un nouveau gouvernement fédéral a vu le jour. Le gouvernement dirigé par le libéral flamand Alexander De Croo associe un nombre record de partis politiques : PS, MR, Écolo, CD&V, Open VLD, SP.A et Groen. Sa formation a ponctué une crise plus profonde que celle de 2010-2011. Un certain dynamisme semble toutefois voir le jour. L’enjeu est de taille face au nationalisme flamand.
Podcasts
C'est quoi des partis frères ?
intervention de Benjamin Biard diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 7 décembre 2020
Aujourd’hui, pour ce nouvel épisode de l’Actualité en 3D, une émission réalisée avec le Centre de recherche et d’information socio-politiques (CRISP), nous nous intéresserons aux partis politiques, une organisation autant familière de l’imaginaire politique collectif que finalement assez peu connue dans son fonctionnement quotidien. Pour traiter de ce thème, nous aurons le plaisir de recevoir Benjamin Biard, politologue et chargé de recherches pour le CRISP. Avec ce spécialiste des partis politiques, notamment d’extrême-droite, nous évoquerons ce qu’est un parti politique, quand sont-ils nés en Belgique, les modalités par lesquelles ils se structurent et s’organisent et comment on les étudie. On s’attardera tout particulièrement sur certaines spécificités que présentent les partis politiques belges, par exemple leur imbrication dans ce que l’on appelle les piliers de la société belge. Surtout, Benjamin Biard analysera le concept de "partis frères", soit le fait que la plupart des partis politiques belges se sont scindés et organisés en deux partis uni-linguistiques et ce à l’occasion de la fédéralisation du pays. En effet, Benjamin Biard vient précisément de publier une étude approfondie du destin du parti socio-chrétien belge, scindé en deux partis, aujourd’hui le CD&V néerlandophone et le CDH francophone, deux partis aux trajectoires parallèles et emblématiques de l’évolution de la vie politique belge.
Courrier hebdomadaire
La formation du gouvernement De Croo (mai 2019 – octobre 2020)
Courrier hebdomadaire n° 2471-2472, par Caroline Sägesser, 84 p., 2020
La formation du gouvernement fédéral De Croo (PS/MR/Écolo/CD&V/Open VLD/SP.A/Groen) a mis fin à la plus longue crise politique de l’histoire de la Belgique. Certes, il ne s’est écoulé « que » 494 jours entre les élections fédérales du 26 mai 2019 et la prestation de serment du 1 er octobre 2020 – soit un délai moins long que celui de 540 jours qui avait séparé les élections du 13 juin 2010 et la mise en place du gouvernement Di Rupo le 5 décembre 2011. Cependant, le point de départ a bien été la chute du gouvernement Michel I, le 9 décembre 2018. Dès ce moment en effet, la Belgique n’a plus été dirigée par un gouvernement majoritaire et de plein exercice. Il en a été ainsi pendant pas moins de 662 jours. Surtout, la crise politique de 2019-2020 est apparue profonde et structurelle : contrairement à celle de 2010-2011, elle n’a pas porté sur un désaccord à propos d’une réforme de l’État. La situation de blocage a résulté d’une combinaison de facteurs, dont l’émiettement de la représentation à la Chambre, la montée en puissance de l’extrême droite en Flandre et de la gauche radicale dans toutes les régions, et la détermination de l’Open VLD et plus encore du CD&V de voir la N-VA, en tant que premier parti flamand, être membre du futur exécutif fédéral. À ces éléments est venue s’ajouter la crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19. La survenance de cet élément a tout d’abord mis le processus sur pause et a poussé les partis en négociation à s’interrompre pour mettre en place un gouvernement de plein exercice quoique minoritaire, pour une durée et un champ d’action limités : le gouvernement Wilmès II (MR/CD&V/Open VLD). Ensuite, la crise sanitaire a accru les volontés de constituer une coalition majoritaire à la Chambre.
Courrier hebdomadaire
La répression des collaborations, 1942-1952. Nouveaux regards sur un passé toujours présent
Courrier hebdomadaire n° 2469-2470, par Luc Huyse, Steven Dhondt, Bruno De Wever, Koen Aerts, Pieter Lagrou, 66 p., 2020
Les années d’occupation qu’a connues la Belgique au cours de la Seconde Guerre mondiale ont notamment été marquées par le fait que plusieurs dizaines de milliers de citoyens ont posé des actes de collaboration avec les autorités allemandes. Une fois restauré, l’État belge a ensuite mené une politique de répression, par laquelle il a entendu faire payer à ces personnes le prix de leur comportement jugé incivique. En 1993, est paru au CRISP l’ouvrage La répression des collaborations, 1942-1952 : un passé toujours présent , dans lequel L. Huyse et S. Dhondt retracent la genèse et l’application de cette politique de répression. Depuis lors, près de trente ans se sont écoulés, durant lesquels la recherche scientifique a réalisé de considérables progrès dans l’étude de cette thématique toujours sensible : des sources inédites sont devenues accessibles, des pans de connaissance ont été complétés ou révisés, de nouveaux questionnements ou angles d’approche sont apparus, des problématiques ou perspectives ont été renouvelées, etc. Plus encore que par le nombre des publications (qui va sans cesse croissant), c’est par une exploration continue de ce qui constituait auparavant autant d’angles morts tenaces que la recherche a pu approfondir ce que L. Huyse et S. Dhondt avaient mis en lumière. Dès lors, les deux auteurs ont entrepris de doter leur ouvrage d’une mise à jour, sous la forme de quatre chapitres supplémentaires. Ils ont eux-mêmes pris la plume pour l’un d’entre eux, et ont confié les trois autres respectivement aux historiens B. De Wever, K. Aerts et P. Lagrou. Paraissant trois quarts de siècle après la Libération, et alors que collaboration et répression restent toujours deux phénomènes indissociablement liés à la Seconde Guerre mondiale dans la mémoire collective belge, ce complément résorbe des angles morts importants et met à bas des mythes bien ancrés. Ce Courrier hebdomadaire peut être découvert seul ou accompagné de l’ouvrage de 1993. Une offre spéciale permet de commander les deux volumes à un prix avantageux. Offre spéciale
Courrier hebdomadaire
Les partis frères en Belgique : les relations entre le CDH et le CD&V
Courrier hebdomadaire n° 2467-2468, par Benjamin Biard, 72 p., 2020
Le CDH et le CD&V sont tous deux les héritiers du Parti catholique, fondé au 19 e siècle, devenu le PSC-CVP au lendemain de la Seconde Guerre mondiale puis divisé sur une base linguistique à la fin des années 1960 à la suite de vives tensions internes. Les liens qui unissent les deux partis frères qu’ont été le PSC et le CVP et que sont aujourd’hui le CDH et le CD&V ont sensiblement évolué dans le temps : des moments de forts désaccords ont alterné avec des épisodes de rapprochement. Tendanciellement, l’évolution des relations entre les deux partis de tradition sociale-chrétienne a cependant consisté en une progressive distanciation de leurs structures, de leurs dirigeants, de leurs programmes et de leurs actions. B. Biard interroge les rapports qu’entretiennent les deux descendants du PSC-CVP unitaire, en se focalisant sur la période entamée au début des années 2000, c’est-à-dire depuis la fondation du CDH et du CD&V dans leurs moutures actuelles. Ce faisant, il questionne plus largement ce que recouvre encore aujourd’hui la notion de « partis frères » en Belgique. Tous les types de liens, formels ou informels, entre les deux formations sont investigués, qu’il s’agisse des rapports entre dirigeants des partis, de ceux établis au niveau des ministres et des parlementaires, ou même, dans une certaine mesure, des liens existant au niveau des militants. Sont également prises en compte les relations susceptibles d’être entretenues entre ces partis politiques à travers leurs centres d’étude, leurs organisations de jeunesse et toutes les autres associations gravitant autour d’eux, dont celles constituant le pilier chrétien. Cette étude se base notamment sur 24 entretiens, réalisés principalement avec des (ex-)cadres et élus des partis orange de Belgique.
Courrier hebdomadaire
La « coalition miroir » comme modalité de formation du gouvernement fédéral
Courrier hebdomadaire n° 2466, par Cédric Istasse, 57 p., 2020
Dans le chapitre « Renouveau démocratique » de leur note du 30 septembre 2020, les formateurs royaux Alexander De Croo (Open VLD, appelé à devenir Premier ministre) et Paul Magnette (président du PS) ont annoncé une révision des règles présidant à la formation d’un exécutif fédéral. L’une des pistes envisagées est de fixer une formule qui, passé un certain laps de temps après la tenue des élections, serait automatiquement appliquée pour déterminer la composition politique du gouvernement fédéral dans le cas où aucune coalition n’aurait pu naître des négociations. La mise en œuvre d’un tel programme pourrait aboutir à des solutions très diverses : former de manière indépendante chacune des deux ailes linguistiques du gouvernement fédéral, désigner les partis à la proportionnelle, procéder par tirage au sort, etc. L’une de ces solutions est d’opter pour le principe de la « coalition miroir » (parfois également appelée « coalition symétrique » ou « coalition confédérale »), c’est-à-dire pour l’association des partis qui composent déjà certains gouvernements d’entités fédérées de part et d’autre de la frontière linguistique (par exemple, le gouvernement wallon et le gouvernement flamand). Ce système apparaît susceptible d’être défendu par le CD&V. Tout récemment en effet, il a été préconisé par deux membres importants de ce parti : le président Joachim Coens et la vice-présidente du gouvernement flamand Hilde Crevits. Ce Courrier hebdomadaire retrace le cheminement récent et plus ancien de l’idée de coalition fédérale miroir, avant de passer en revue les objectifs qui la sous-tendent et les réticences qu’elle suscite – et qui sont le plus souvent très vives du côté francophone. Cet examen permet de pointer les éventuels avantages et inconvénients de la formule et de montrer que, sous ses apparences de simplicité, celle-ci soulève de nombreuses questions.
Les @nalyses en ligne
« Négociations » fédérales : ceci est bien une crise
par Caroline Sägesser, paru dans Politique, revue belge d’analyse et de débat, n° 109, septembre 2019, p. 77-82
21 juillet 2019. Fête nationale. Près de deux mois après les élections, la Belgique attend toujours un nouveau gouvernement fédéral. Depuis la formation express du gouvernement arc-en-ciel de Guy Verhofstadt en 1999, quand il avait fallu juste un mois aux négociateurs pour constituer leur équipe, les temps de formation des gouvernements fédéraux se sont considérablement allongés. Pourquoi est-ce devenu si difficile ? Et pourquoi la situation actuelle paraît-elle plus compliquée encore ?
Les @nalyses en ligne
En Belgique, 2 + 2 ne font pas toujours 4
par Jean Faniel, paru dans Imagine demain le monde, n° 135, septembre-octobre 2019, p. 34-35
Selon les uns, « il y a deux démocraties dans ce pays ». D’autres plaident pour une « Belgique à quatre ». Tandis que la N-VA considère que les blocages politiques engendrés par le dernier scrutin devraient déboucher sur une 7 e réforme de l’Etat, l’heure des comptes est-elle venue pour le fédéralisme belge ?
Les @nalyses en ligne
L’autonomie, pour quoi faire ?
par Jean Faniel, paru dans Imagine demain le monde, n° 131, janvier-février 2019, p. 34-35
Se donner ses propres règles de fonctionnement, s’administrer soi-même est souvent perçu comme une forme d’émancipation, une nécessité, voire un Graal. Dans certains cas cependant, l’autonomie peut se transformer en mantra, en contrainte, en fardeau ou en moyen d’échapper à tout contrôle. Tout dépend de la réalité qui l’entoure.
Podcasts
Les changements intervenus en Belgique au lendemain de la guerre
intervention de Jean Faniel diffusée dans L’édition de la rédaction sur Arabel avec Tarik Laabi, 12 novembre 2018
Dans le fil des commémorations de l’Armistice qui se déroulent aujourd’hui, les changements intervenus en Belgique au lendemain de la guerre. Pour nous en parler: Jean Faniel, directeur général du CRISP dans l’Edition De la Rédaction.
Courrier hebdomadaire
Le retour du débat institutionnel bruxellois (2016-2018)
Courrier hebdomadaire n° 2374, par Jean-Paul Nassaux, 36 p., 2018
La complexité institutionnelle de la Région bruxelloise est une réalité reconnue par tous. Sur ce territoire relativement réduit, les compétences sont réparties entre des instances particulièrement nombreuses : l’Autorité fédérale, la Région de Bruxelles-Capitale, la Communauté française et la Communauté flamande, les trois Commissions communautaires (COCOM, COCOF et VGC) et les 19 communes. Surtout, le découpage des compétences entre ces multiples instances est spécialement complexe (il est parfois qualifié de « dentelle institutionnelle ») et obéit à une logique de superposition et non d’exclusivité (on a pu parler de « lasagne institutionnelle »). Dès lors, le modèle bruxellois est peu lisible pour le citoyen lambda. De plus, il amène souvent plusieurs niveaux de pouvoir à intervenir dans un même domaine tout en y menant des politiques, non pas complémentaires, mais concurrentes, voire contradictoires. La conviction de la nécessité d’une simplification des institutions bruxelloises est largement partagée par les différentes forces politiques de la Région-Capitale. Cependant, les remèdes proposés diffèrent sensiblement selon les communautés linguistiques et selon les partis. Après avoir été mis en veille quelque temps, le débat est revenu à l’avant-scène politique depuis septembre 2016. Des personnalités issues de divers partis se sont exprimées à ce sujet par voie de presse : le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS), le ministre bruxellois Pascal Smet (SP.A) et son président de parti John Crombez, et la co-présidente d’Écolo Zakia Khattabi. Les projets de réformes ainsi avancés ont suscité des réactions de la part des autres formations politiques, essentiellement le MR, Défi et le CDH. Trois grandes thématiques ressortent de ces différents échanges de vues, qui pourraient déboucher sur de nouveaux aménagements institutionnels : le rôle des communes, la régionalisation de compétences communautaires et la composition du Parlement bruxellois.
Les @nalyses en ligne
La septième réforme institutionnelle est-elle pour tout de suite ?
par Jean Faniel, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 18 mai 2018
Depuis 1970, l’État belge a connu six réformes institutionnelles. Plus encore que les précédentes, la dernière, décidée en 2011, a laissé le sentiment à beaucoup d’acteurs et d’observateurs qu’une nouvelle réforme adviendrait nécessairement, peut-être même à brève échéance. Toutefois, plus de six ans plus tard et un an avant une échéance électorale importante et susceptible d’éventuellement relancer un débat institutionnel, force est de constater que les appels à une septième réforme sont peu nombreux et reçoivent peu d’écho. Par conséquent, on peut se demander si une septième réforme institutionnelle est aussi imminente qu’on a pu le croire.
Podcasts
D’où viennent nos fêtes nationales ?
intervention de Cédric Istasse diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 7 mai 2018
Pourquoi fêtons-nous la Région bruxelloise le 8 mai, la Belgique le 21 juillet, la Flandre le 11, la Communauté française le 27 septembre ou la Communauté germanophone le 15 novembre ? D’où viennent ces dates ? À quels événements historiques renvoient-elles ? Comment la perception de ces évènements a-t-elle évolué ? Que signifient-ils encore aujourd’hui ? Et, finalement, en quoi est-il intéressant de se pencher sur l’histoire de ces fêtes nationale, régionales ou communautaires ?
Podcasts
Les institutions bruxelloises en question
intervention de Jean-Paul Nassaux diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec François Heinrich et Julien Pieret, 9 avril 2018
Dans quelles conditions la Région bruxelloise est-elle née ? Comment expliquer l’extrême complexité de ses institutions ? À quoi servent la Commission communautaire française (COCOF), la Commission communautaire commune (COCOM) ou encore la Vlaamse Gemeenschapscommissie (VGC) ? En quoi la 6ème réforme de l’État a-t-elle eu un impact sur les institutions bruxelloises et leurs compétences respectives ? Quels sont les différents projets d’évolution de ces institutions qui sont actuellement débattus par la classe politique bruxelloise ?