Débats parlementaires bruxellois (1999-2004) (I). Les relations communautaires, la fiscalité et la mobilité
Courrier hebdomadaire n° 1837-1838, par Jean-Paul Nassaux, 76 p., 2004
La Région de Bruxelles-Capitale occupe une place particulière dans l’édifice institutionnel belge. Elle doit concilier la défense des intérêts de sa population avec son rôle de capitale. Elle est en outre organisée sur la base de deux groupes linguistiques officiellement reconnus – le groupe français et le groupe néerlandais – qui participent à sa gestion. Les débats parlementaires bruxellois sont marqués par cette double spécificité. Les positions des partis à l’échelle bruxelloise ne sont pas toujours relayées avec le même degré de solidarité ou de cohérence par les mêmes partis à d’autres niveaux de pouvoir. À cela s’ajoute, au cours de la dernière législature, que l’absence d’Écolo au sein de la majorité francophone, alors qu’il avait participé aux négociations de l’accord de gouvernement, a rendu le rapport de forces défavorable au PS par rapport à son partenaire. Jean-Paul Nassaux a choisi d’analyser les débats politiques de la législature précédente en choisissant un nombre limité de problématiques de nature à éclairer les enjeux spécifiquement bruxellois : les relations communautaires, la fiscalité, la mobilité, qui seront traitées dans la présente livraison du Courrier hebdomadaire . Les nuisances sonores dues au survol aérien de Bruxelles ainsi que la politique de l’eau et la Cobru seront traitées dans une livraison ultérieure.
Courrier hebdomadaire
La formation des coalitions dans les communes bruxelloises
Courrier hebdomadaire n° 1770, par Jean-Paul Nassaux, 38 p., 2002
Jean-Paul Nassaux étudie la formation des coalitions dans les dix-neuf communes bruxelloises avec l’éclairage qu’apporte la théorie des jeux. Le niveau communal se prête particulièrement bien à cette analyse. Dans bien des cas il s’agit d’un jeu à information parfaite, c’est-à-dire un jeu où les joueurs n’ont pas d’exclusive et sont disposés à s’allier à n’importe quel partenaire pour triompher. Depuis le scrutin de 1994 et la percée de l’extrême droite, ce modèle d’analyse est d’application plus restreinte puisqu’un cordon sanitaire a été dressé autour des listes assimilées à celle-ci. Néanmoins, en dehors de l’exclusion de l’extrême droite du jeu politique, on restait dans un jeu à information parfaite qui permettait des coalitions de toute nature. Les données ont fondamentalement changé en 2000. Car si en 1994, la toute récente fédération PRL FDF ne concernait pas le plan local, en 2000, PRL et FDF se présentaient ensemble dans onze communes. Ce fait était de nature à modifier les rapports de forces dans les différentes communes bruxelloises. Effectivement, l’examen de chaque situation locale et de la logique d’ensemble qui conduit à la formation de plusieurs majorités inattendues avant le scrutin montre que cette fois les critères d’affinité politique ont dominé la formation des coalitions. Dans plusieurs d’entre elles, le rapprochement entre le PS et Écolo peut être interprété comme un des signes avant-coureurs d’une bipolarisation de la vie politique bruxelloise qui s’est manifestée à d’autres reprises depuis lors.
Hors collection
La réforme de l’État de 2001
par Jean-Paul Nassaux, 24 p., 2002
Le système fédéral belge est une structure institutionnelle en évolution. Après les réformes de l’État de 1970, 1980, 1988-1989 et 1993, une nouvelle étape a été franchie avec le vote des lois spéciales du 13 juillet 2001 portant transfert de diverses compétences aux régions et communautés (M.B. 3-08-2001) et portant refinancement des communautés et extension des compétences fiscales des régions (M.B. 3-08-2001). Il s’agit de la première réforme de l’État réalisée sans révision de la Constitution. Elle faisait suite aux travaux initiés par la Conférence intergouvernementale et interparlementaire du renouveau institutionnel, mise en place sur base de la déclaration gouvernementale fédérale du 14 juillet 19991 et, surtout, aux accords politiques du Lambermont (23 janvier 2001) et du Lombard (29 avril 2001). Elle comprend le transfert aux Régions de compétences concernant l’agriculture, le commerce extérieur, les pouvoirs locaux. Elle prévoit également le transfert aux Communautés et aux Régions de certaines parties de la coopération au développement ainsi que de leur propre réglementation en matière de contrôle sur les dépenses électorales. Sur le plan financier, elle porte principalement sur le refinancement des Communautés et sur l’extension des compétences fiscales des Régions (compétences plus étendues sur les impôts régionaux et apparentés, octroi d’une certaine autonomie fiscale). Enfin, elle concerne les institutions bruxelloises et la représentation des Bruxellois flamands au Conseil flamand.
Courrier hebdomadaire
Le groupe de travail sur le fonctionnement des institutions bruxelloises. Deuxième phase et accord dit du Lombard
Courrier hebdomadaire n° 1716-1717, par Jean-Paul Nassaux, 56 p., 2001
Dans la nuit du 28 au 29 avril 2001, le groupe de travail sur le fonctionnement des institutions bruxelloises concluait l’accord dit du Lombard au terme d’une deuxième phase de travaux commencée le 23 mars. En veilleuse depuis mai 2000, les travaux avaient repris à un rythme accéléré après l’accord fédéral du Lambermont-bis conclu le 23 janvier 2001. La deuxième phase de réunions fut relativement brève, mais le débat institutionnel bruxellois ne s’était jamais tout à fait interrompu. Dès juin 2000 en effet, les partis flamands réaffirmaient leurs revendications relatives à une meilleure représentation au Conseil de la Région de Bruxelles-capitale et menaçaient de bloquer, à partir de 2001, les moyens régionaux supplémentaires destinés à la Commission communautaire française et à la Commission communautaire flamande si aucun progrès n’était enregistré à propos de leur exigence. Le lien entre une avancée sur la représentation flamande dans les institutions bruxelloises et la question du ralliement des voix de la Volksunie au vote des deux projets de lois spéciales concrétisant l’accord du Lambermont plaça un moment le groupe de travail bruxellois au centre du jeu politique belge. L’étude de Jean-Paul Nassaux s’ouvre sur l’été 2000, avec les premières polémiques visant le financement régional des matières communautaires, pour se clôturer en mai 2001 après l’accord dit du Lombard. L’auteur décrit les conséquences de l’accord du Lambermont sur les préoccupations francophones et flamandes liées au statut de la Région de Bruxelles-capitale, qui amenèrent les différents acteurs à redéfinir les positions qu’ils allaient défendre au groupe de travail. Jean-Paul Nassaux relate avec précision les divers épisodes de la négociation et présente le contenu de l’accord dans sa dimension politique.
Courrier hebdomadaire
Le groupe de travail sur le fonctionnement des institutions bruxelloises. Première phase : octobre 1999 – mai 2000
Courrier hebdomadaire n° 1682, par Jean-Paul Nassaux, 37 p., 2000
Le 26 octobre 1999, un groupe de travail composé de représentants des diverses formations démocratiques bruxelloises était constitué et placé sous la présidence de François-Xavier de Donnéa. Ce groupe de travail était chargé par les signataires de l’accord gouvernemental de la Région de Bruxelles-capitale de mettre au point les solutions permettant « d’assurer le bon fonctionnement des composantes communautaires des institutions bruxelloises et d’éviter le blocage de celles-ci ». Ce groupe de travail était chargé de trouver des solutions entre Bruxellois pour sortir des difficultés éprouvées par les formations néerlandophones dans l’accomplissement de leur action parlementaire en raison de leur faible nombre d’élus et pour parer au danger de blocage des institutions bruxelloises au cas où le Vlaams Blok obtiendrait la majorité dans le groupe néerlandophone du Conseil de la Région de Bruxelles-capitale. Différentes méthodes permettent d’assurer une meilleure représentation néerlandophone au sein des assemblées bruxelloises. Juristes et politologues en ont proposées. Toutefois, l’équilibre institutionnel bruxellois est fragile. Certaines voies peuvent remettre en cause d’autres acquis flamands liés à la création de la Région bruxelloise. En outre, le fait de relancer une discussion institutionnelle bruxelloise peut amener les formations francophones – très attachées au principe ‘un homme une voix’ – à faire valoir, à leur tour, certaines insatisfactions. Le débat s’annonçait donc difficile. Et il le fut, puisque aucun accord n’y est encore intervenu. La perspective d’une solution est aujourd’hui reportée au-delà des élections communales d’octobre 2000, François-Xavier de Donnéa ayant annoncé en mai son intention de ne plus réunir le groupe de travail d’ici là. Jean-Paul Nassaux a opéré une analyse de cette première phase de négociations. Il rappelle les mécanismes de protection de la minorité flamande à Bruxelles et les préoccupations néerlandophones et francophones relatives au statut de la Région de Bruxelles-capitale. Il rappelle les conditions dans lesquelles le groupe de travail de Donnéa a été mis en place et l’état d’esprit dans lequel néerlandophones et francophones abordent cette négociation. Il donne une analyse des propositions qui y ont été avancées et des réactions qu’elles ont suscitées auprès des différentes familles politiques qui prennent part au débat.
Courrier hebdomadaire
Les relations communautaires à l’Assemblée réunie de la Commission communautaire commune
Courrier hebdomadaire n° 1633-1634, par Jean-Paul Nassaux, 82 p., 1999
La crise survenue en novembre 1997 au sein du gouvernement bruxellois, suite à la démission du secrétaire d’État de la Volksunie, Vic Anciaux, a mis en évidence la moins connue des institutions bruxelloises : il était en effet prévisible que la perte de majorité dans le groupe linguistique néerlandais aurait, au premier chef, des répercussions plus graves sur une institution où les deux communautés linguistiques bruxelloises sont mises sur un pied d’égalité. Au niveau du gouvernement régional, au moment où l’équilibre trouvé entre la volonté de participer à la réussite du modèle bruxellois et l’affirmation des revendications communautaires s’est fissuré, la crise s’est manifestée avec plus d’acuité au sein de la Commission communautaire commune. Après avoir rappelé le mode de fonctionnement de cette institution, J.-P. Nassaux analyse les attitudes des groupes francophones et néerlandophones au sein de l’Assemblée réunie depuis l’installation de celle-ci jusqu’au moment où le blocage est intervenu par rapport au fonctionnement de la Commission communautaire commune. Pour les deux législatures, après une description du contexte politique – forces en présence, faits marquants –, il mesure le volume d’activité des deux groupes linguistiques à l’Assemblée réunie en relevant l’intensité avec laquelle ils ont eu recours aux divers instruments du contrôle parlementaire au sein de cette assemblée. Il compare ensuite les positions prises à l’Assemblée réunie par les différents groupes politiques.