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Les @nalyses en ligne

Les tribulations du républicanisme en république

par John Pitseys, paru dans Politique, revue belge d’analyse et de débat, n° 98-99, mars 2017, p. 109-114

La France comme la Belgique ont connu ces dernières années d’importants débats de société, portant entre autres sur les contours de l’intégration, le port des signes convictionnels dans l’espace public ou sur le mariage entre personnes de même sexe. L’opinion publique belge aime se répéter que ces débats ont été, en son sein, conduits de manière assez rapide et sereine. Ceux-ci ont en tout cas conduit à des législations assez libérales. En revanche, les sujets précités ont fait l’objet en France de désaccords passionnés, de mouvements d’opposition spectaculaires et – dans le cas du port de signes convictionnels, par exemple – de législations plus restrictives. Vus de Belgique, les débats français suscitent souvent un double sentiment : un peu d’étonnement devant le conservatisme apparent de la société française, et une fascination pour la vigueur du débat républicain. Ces impressions sont-elles fondées ? Cet article est paru dans le numéro spécial consacré à la France par la revue Politique.

Livres

Les classes sociales en Belgique. Deux siècles d’histoire

Livre, par Guy Vanthemsche, 461 p., 2016

Après avoir été fort en vogue jusque dans les années 1970, la notion de classes sociales a connu une longue période de désaffection. Depuis lors, les identités nationales, ethniques ou religieuses ont retenu l’attention des chercheurs. Pourtant, les classes sociales restent un élément crucial pour comprendre l’évolution de notre société contemporaine. Ce livre vise à combler une lacune en offrant une synthèse des connaissances actuelles sur l’histoire des différents groupes socio-économiques en Belgique en se focalisant sur les XIXe et XXe siècles : les salariats en général et leurs relations avec les marchés du travail, les ouvriers, les employés, les fonctionnaires, les agriculteurs, les indépendants, les professions libérales et les élites économiques. Cet ouvrage a été couronné par le Prix Ernest Discailles décerné par l’Académie royale de Belgique.

Les @nalyses en ligne

La « communauté musulmane » de Belgique existe⁠-⁠t-elle ?

par Michaël Plastria, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 14 juillet 2016

Depuis les attentats du 22 mars 2016, il a été fréquemment fait mention de la « communauté musulmane ». Plusieurs voix se sont élevées pour appeler cette dernière à manifester contre le terrorisme, le radicalisme… Il est cependant utile de se demander ce que revêt cette expression et dans quelle mesure elle correspond à une réalité. En examinant certains aspects de la situation belge, cette @nalyse du CRISP en ligne a pour objectif d’interroger ce concept, sans pour autant prétendre analyser de manière approfondie ni exhaustive les réalités sociologiques des musulmans de Belgique ou les subtilités théologiques des divers courants de l’islam.

Les @nalyses en ligne

Une autre manière de réagir aux attentats, vraiment ?

par John Pitseys, paru dans Imagine demain le monde, n° 116, juillet-août 2016, p. 30-31

Très proches les uns des autres dans le temps et commis par le même mouvement terroriste, les attentats de Paris du 13 novembre 2015 et ceux de Bruxelles du 22 mars 2016 suscitent forcément la comparaison. Le débat et l’action publique semblent laisser place à un discours plus autoritaire en France, là où le débat public belge paraît plus tempéré. Mais est-ce vraiment le cas ?

Les @nalyses en ligne

Démocratie et radicalisme

interview de Jean Faniel par Gaëlle Henrard, parue dans Aide-mémoire, n° 75, janvier-mars 2016, 4 p.

À en croire le discours médiatique ambiant, le mot radicalisme semble définitivement cantonné au contexte religieux islamique. Or, revenir aux définitions du mot et en dégager les usages permet d’opérer un rappel nécessaire sur son champ d’application, bien plus large en réalité, et de ne pas laisser son sens détourné par le discours dominant. L’examen de son utilisation dans d’autres contextes, qu’ils soient politiques, sociaux, militants ou religieux, permet de lui rendre son sens profond, son caractère radical en quelque sorte.

Les @nalyses en ligne

Apports et limites de la tolérance

par Vincent de Coorebyter, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 4 novembre 2015

Le terme de tolérance est à la fois familier, largement revendiqué et mal défini. Il est frappant de constater qu’il joue un rôle discret dans les débats contemporains sur la multiculturalité : il ne constitue pas un principe directeur des débats, une notion clé comme peuvent l’être la liberté, la neutralité ou la laïcité. De même, les textes juridiques qui régissent la pluralité convictionnelle contournent la notion de tolérance au profit de termes qui ne sont pourtant pas, en première approche, beaucoup plus précis. L’objectif de cet article est d’avancer quelques clés d’explication – très partielles – de cet état de fait en se bornant à évoquer une période précise, celle de l’âge d’or de la tolérance, et à dégager quelques leçons des expériences françaises et anglaises qui contribuent à expliquer le relatif déclin de la notion de tolérance. Ainsi, on indiquera pourquoi la liberté et l’égalité sont plus essentielles que la tolérance, et ont fini par la supplanter dans notre boîte à outils conceptuelle.

Livres

Les chagrins de la Belgique. Libération et reconstruction politique 1944⁠-⁠1947

Livre, par Martin Conway, 527 p., 2015

La libération de la Belgique par les troupes alliées en septembre 1944 marqua la fin d’une Occupation allemande particulièrement dure. Ce fut aussi le début d’une période turbulente et décisive dans l’histoire du pays. La transition entre guerre et paix n’eut rien de facile, bien au contraire. Les forces politiques concurrentes que représentaient le roi Léopold III et ses partisans, l’ancien gouvernement en exil à Londres et les mouvements de résistance s’affrontèrent en un combat acharné, avec le pouvoir politique pour enjeu. Dans les années qui suivirent, un climat constant de crise politique et sociale régna. Les manifestations qu’organisait la Résistance, les grèves et les mouvements de protestation pour ou contre le roi semblèrent menacer le pays d’une guerre civile et d’une dissolution institutionnelle. Dès 1947, pourtant, la Belgique avait atteint une certaine stabilité : les groupes de résistance avaient été marginalisés et le Parti communiste exclu du gouvernement, le roi languissait dans son exil involontaire en Suisse et ‒ c’était là l’élément le plus manifeste ‒ les partis politiques et le régime parlementaire avaient retrouvé la place qui était la leur avant-guerre. Martin Conway livre ici une contribution substantielle à l’histoire de la Libération en Europe. Grâce à des archives du plus grand intérêt, il dresse le premier récit du processus de normalisation politique qui permit à la Belgique de s’intégrer à l’ordre politique européen d’après-guerre. Mais il montre aussi que ce succès eut un prix. L’absence de toute réforme politique d’envergure après la Seconde Guerre mondiale exacerba les tensions entre les différentes classes sociales, entre les communautés linguistiques et entre les régions du pays. Les fondements du détricotage de l’État-nation belge qui interviendrait dans la seconde moitié du vingtième siècle étaient ainsi jetés. « Cette édition en français constitue un enrichissement essentiel pour le public francophone qui s’interroge sur l’étrange cas de la Belgique contemporaine. » Extrait de la préface de J. Gotovitch

Les @nalyses en ligne

La neutralité n’est pas neutre

par Vincent de Coorebyter, paru sur L. Abedinaj, L. Blésin, D. Cabiaux, F. Wibrin (dir.), Neutralité et faits religieux. Quelles interactions dans les services publics ?, Louvain-la-Neuve, Academia L'Harmattan, collection «  Islams en changement », 2014, p. 19-42

La neutralité n’est pas neutre. Cette assertion peut surprendre, et elle est en tout cas faite pour interpeller, c’est-à-dire pour indiquer d’entrée de jeu que le choix de la neutralité, qui est en apparence le plus neutre de tous, est un acte hautement politique, et ce pour de multiples raisons.

Les @nalyses en ligne

Nous ne sommes pas relativistes

par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 29 mai 2013, p. 15

Le relativisme occupe une place particulière dans les débats sur la société multiculturelle dans laquelle nous vivons désormais. Il est rarement invoqué de manière explicite, peut-être parce que le fait d’être relativiste n’est pas considéré comme positif ou mobilisateur. Mais le relativisme n’en constitue pas moins la toile de fond des discussions en cours. La reconnaissance de nouvelles identités ou religions ne serait pas envisageable si l’on ne postulait pas que la société est assez ouverte, pluraliste et tolérante – en un mot, relativiste – pour accepter de faire une place à des traditions culturelles alternatives. En outre, une des manières de faire accepter de nouvelles valeurs, d’origine parfois lointaine, consiste à relativiser toutes les valeurs, à inviter chacun à reconnaître ce que ses propres valeurs ont de contingent. Pourtant, le relativisme est loin de dominer les mentalités. Ceux qui revendiquent la reconnaissance d’une culture minoritaire ne relativisent précisément pas cette culture, tandis que ceux qui sont invités à l’accepter ne sont pas forcément aussi relativistes, voire indifférents à ce qu’il leur est proposé d’accepter, qu’on ne le postule.

Les @nalyses en ligne

Référentiels explicites et évidences implicites

par Vincent de Coorebyter, paru dans Conceptions du dialogue interculturel en Wallonie et à Bruxelles, Bruxelles, Administration générale de la Culture, collection « Culture-Education permanente », n° 16, 2012, p. 25-34

Le dialogue entre les cultures apparaît comme une nécessité dans les sociétés multiculturelles : il est le garant d’une certaine qualité du vivre ensemble, d’une compréhension réciproque, voire de l’apaisement des conflits de valeurs. La question se pose, néanmoins, de savoir quels segments de culture doivent entrer en dialogue ou pouvoir se confronter. Spontanément ou inconsciemment, ce sont des valeurs explicites, théorisées, conscientes d’elles-mêmes, qui sont mises en dialogue. Or ce n’est pas nécessairement autour de ces référentiels de valeurs explicites que des malentendus sont à craindre ou que des dissensions sont à aplanir. On développera au contraire l’hypothèse, dans cet article, que les différends les plus sensibles portent sur des évidences implicites dont ni la société d’accueil ni les personnes issues de l’immigration n’ont forcément conscience.

Les @nalyses en ligne

Le retour de la vieille France

par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 24 avril 2013, p. 15

L’opposition à la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux homosexuels, en France, a frappé les imaginations par son insistance et par sa radicalité croissante. Le sujet a été abondamment commenté dans les médias belges, et a alerté des associations de nature diverse. Il donne dès lors l’occasion de réfléchir aux conditions dans lesquelles s’engage un combat idéologique, qui n’a de sens que si l’on ne se trompe pas d’adversaire et si l’on identifie correctement sa position. Or il faut se méfier, dans ce domaine, des grilles d’analyse qui viennent spontanément à l’esprit et qui ne sont pas nécessairement les plus appropriées. En l’occurrence, il n’est pas inexact d’inscrire l’opposition au mariage homosexuel au registre du clivage Église/État, mais cette interprétation est réductrice. Cette chronique tente de montrer quelle part il faut faire, dans le domaine des idées, aux héritages historiques, qui sont souvent invisibles car redevables du passé, mais qui modèlent toujours les mentalités.

Livres

Overheden in Brussel

Livre, par Caroline Sägesser, 72 p., 2002

Brussel is het landsgedeelte waar het grootste aantal overheidsinstanties bevoegdheden uitoefenen : 19 gemeenten, een Gewest, twee Gemeenschappen, drie Gemeenschapscommissies, een gouverneur, een vice-gouverneur, en natuurlijk ook de Federale Overheid. De bevoegdheidsuitoefening in het Brussels Hoofdstedelijk Gewest is dus een complexe materie die in het gedeelte Overheden in Brussel nader wordt toegelicht. Door zijn bijzondere status ais stad, hoofdstad, gewestelijke aantrekkingspool en tweetalig gebied vormt Brussel een uitermate belangrijke inzet voor de Staatshervorming. Aangezien men er niet in slaagde overeenstemming te bereiken over de vorm die het Brussels Hoofdstedelijk Gewest moest krijgen, was het wachten tot 1989 om Brusselse instellingen van de grond te krijgen. Dat terwijl de Vlaamse en Waalse gewestinstellingen reeds in 1980 het levenslicht zagen. In het gedeelte Overheden in Brussel wordt kort teruggeblikt op de ontstaansgeschiedenis van het Brussels Hoofdstedelijk Gewest tegen de achtergrond van de hervorming van de eenheidsstaat en de omzetting ervan in Federale Staat. Daarna volgen enkele samenvattende infopagina’s met een beschrijving van de instellingen van het Brussels Hoofdstedelijk Gewest alsook van de andere overheidsinstellingen die hun bevoegdheden in Brussel uitoefenen. Dit eerste deel wordt aangevuld met kaarten, schema’s en een verklarende woordenlijst. ln een tweede deel wordt uitgelegd hoe deze bevoegdheden verdeeld zijn, ditmaal niet volgens bestuursniveau, maar volgens de diverse materies. In 30 infopagina’s wordt omschreven welke overheidsinstanties in Brussel bevoegd zijn voor elke materie, variërend van ’Landbouw’ tot ’Stedenbouw’. Hierbij wordt de aard van de uitgeoefende bevoegdheid (wetgevend, ais inrichtende macht... ) nauwkeurig omschreven.

Livres

Mémoires

Livre, par Gaston Eyskens, 1267 p., 2012

Gaston Eyskens (1905-1988) fut l’une des plus importantes personnalités politiques belges de l’après-guerre. Il occupa à plusieurs reprises le poste de Premier ministre et se trouva impliqué dans certaines des périodes les plus agitées de notre histoire : la question royale, la guerre scolaire, la scission de l’Université catholique de Louvain, la décolonisation du Congo belge où Patrice Lumumba a joué un rôle crucial. Quelques jours après le décès de Gaston Eyskens, ses fils Mark et Erik  trouvèrent une note manuscrite de leur père portant des « informations utiles en cas de décès ». Gaston Eyskens y exprimait le vœu qu’on fasse un résumé de ses écrits et qu’on y consacre un livre. À leur grand étonnement, les fils Eyskens découvrirent dans la pièce où leur père conservait ses archives plusieurs boîtes contenant un « journal brut », une collection rassemblant dans le plus grand désordre ses textes les plus variés : des souvenirs de jeunesse, ses premiers pas en politique, l’entrée au Parlement, prélude à une carrière politique bien remplie... Trois cents autres boîtes d’archives contenaient les textes de ses discours, la correspondance liée à ses fonctions ministérielles et à son secrétariat privé, des dossiers politiques, des coupures de presse, de la documentation. Au prix d’un travail de cinq années, une équipe formée autour de Jozef Smits a tiré de ces textes un livre retraçant l’itinéraire, long de quarante années, de Gaston Eyskens en politique belge. Ces Mémoires très attendus d’un homme d’État de stature exceptionnelle, parus en néerlandais en 1993, n’avaient jamais été traduits. Le CRISP a voulu mettre à la disposition du public francophone ce jalon important dans l’historiographie de la politique belge d’après-guerre.

Les @nalyses en ligne
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La constitutionnalisation de la laïcité

par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 28 novembre 2012, p. 15

Le président des FDF, Olivier Maingain, a déposé une proposition de révision de la Constitution en vue d’inscrire la laïcité dans la loi fondamentale belge. Cette initiative a provoqué un intéressant débat, notamment entre deux constitutionnalistes en vue, Francis Delpérée et Marc Uyttendaele, le premier jugeant que la Belgique constitue déjà un État laïque, le second estimant à l’inverse que la constitutionnalisation de la laïcité entraînerait des bouleversements majeurs. Cette chronique s’efforce d’éclairer les termes du débat en présence, en vérifiant notamment ce que l’exemple français, sous-jacent à la discussion, nous enseigne sur le principe de laïcité.

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De la difficulté à parler du « vivre ensemble »

par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 5 juin 2012, p. 12

Les événements de Molenbeek ont relancé le débat sur l’intégration et sur le « vivre ensemble » dans un contexte très particulier : l’interpellation d’une Belge convertie portant le niqab, et l’intervention saisissante d’un groupuscule extrémiste, Sharia4Belgium. Le débat lui-même s’est focalisé, du côté francophone, sur la création de parcours d’intégration pour les primo-arrivants, alors que les questions les plus lancinantes concernent les personnes nées en Belgique ou qui y sont installées de longue date. De manière générale, le débat reste entravé par des postulats qui handicapent une véritable confrontation des points de vue, alors que sa toile de fond, initialement favorable à une dynamique inclusive, s’est profondément transformée. Il reste donc encore, pour cadrer la discussion, à s’accorder sur les motifs légitimes de désaccord.

Courrier hebdomadaire

Les cours de religion et de morale dans l’enseignement obligatoire

Courrier hebdomadaire n° 2140-2141, par Caroline Sägesser, 59 p., 2012

Le droit des élèves à recevoir un enseignement de religion ou de morale, est affirmé dans la Constitution. Les établissements du réseau officiel offrent le choix entre l’enseignement d’une des religions reconnues et celui de la morale non confessionnelle, soit, en Flandre, jusqu’à neuf options possibles. Sauf exception, les écoles du réseau libre ne proposent que l’enseignement de la religion correspondant à leur projet pédagogique. Ce système pose divers problèmes, notamment d’ordre pratique : difficultés d’organisation des horaires, surcoûts financiers, etc. Plus fondamentalement, nombreux sont ceux qui estiment qu’il n’est plus adapté à la réalité contemporaine. Leurs principales critiques portent sur le fait qu’il empêche l’enseignement de valeurs communes à l’ensemble des élèves et qu’il ne comporte pas de cours d’initiation à la philosophie ou aux principales traditions religieuses. C’est pourquoi, tant en Communauté française qu’en Communauté flamande, des réformes sont actuellement étudiées. Du côté francophone, il s’agit du projet présenté en janvier 2012 par la ministre Marie-Dominique Simonet, visant à l’élaboration d’un tronc commun. Avant d’étudier le contenu de ces projets de réforme et les ambitions qui les sous-tendent, Caroline Sägesser analyse le cadre législatif et réglementaire des cours de religion et de morale, dans chacune des trois communautés du pays et tant pour le réseau officiel que pour le réseau libre. Elle livre également les statistiques récentes de fréquentation de ces enseignements.

Les @nalyses en ligne

L’Église catholique et les exigences de la démocratie

par Étienne Arcq, paru dans La Revue générale, 1er janvier 2012, p. 23-28

L’Église catholique n’est pas une démocratie. Les exigences contemporaines de la démocratie sont étrangères à son fonctionnement, bien que certains de ses responsables comme bien de simples fidèles n’y voient pas de contradiction avec son message. En revanche, il y a des liens à faire entre son mode de fonctionnement et la manière dont elle a géré le scandale des abus sexuels commis depuis des décennies par les membres du clergé et des religieux. L’analyse reprend les grandes caractéristiques de l’exercice des pouvoirs dans le « peuple de Dieu » qu’elle prétend être. Et d’abord ce « peuple » a-t-il une souveraineté ? Quels pouvoirs émanent de lui ? Comment est-il représenté ? Les réponses à ces questions impertinentes montrent l’énorme décalage entre l’Église et le monde contemporain et expliquent la manière bien à elle dont l’institution se protège quand elle traverse une crise.

Dossiers

Cultes et laïcité (2011)

Dossier n° 78, par Caroline Sägesser, 102 p., 2011

Le salaire des prêtres, le financement des mosquées, l’organisation des cours philosophiques, la désaffection à l’égard de l’Église ?… Ces questions et bien d’autres font régulièrement l’actualité. Cultes et laïcité permet de comprendre le contexte et les enjeux des débats qu’elles suscitent. L’auteur explique les fondements historiques et juridiques du régime belge des cultes, dont l’originalité réside dans la coexistence de l’indépendance de l’Église et de l’État avec un financement public des cultes, et dans l’extension de ce financement à la laïcité organisée. Inchangé dans ses principes comme dans ses modalités depuis 1831, le système de financement public doit aujourd’hui s’adapter à un paysage convictionnel en profonde mutation. Si l’Église catholique est encore dominante, le nombre de catholiques pratiquants connaît une baisse accélérée, tandis qu’une part grandissante de la population n’a pas d’affiliation religieuse, ou adhère à un des cultes minoritaires. Le lecteur pourra mettre ce portrait en regard avec la répartition des fonds publics entre les huit organisations convictionnelles qui en bénéficient aujourd’hui. L’organisation des cours de religions et de morale laïque dans l’enseignement obligatoire, et leur fréquentation dans les trois communautés du pays, sont également détaillées ici. Ce Dossier livre toutes les clés nécessaires pour comprendre la nature des relations des pouvoirs publics avec les cultes et la laïcité organisée, et fournit les données les plus récentes indispensables à l’analyse de la situation.

Livres

Nouvelle histoire politique de la Belgique

Livre, par Xavier Mabille, 457 p., 2011

L’État belge, forgé au fil du temps par les forces multiples qui traversent la société, est aujourd’hui confronté aux difficultés d’un monde en crise. Alors qu’une nouvelle réforme profonde des institutions se dessine, la Nouvelle histoire politique de la Belgique de Xavier Mabille revient sur la genèse et sur l’évolution de cet État. L’auteur a choisi 1780 comme point de départ. C’est le temps où s’achève l’Ancien Régime et où s’amorcent des mouvements durables de laïcisation, de centralisation et d’industrialisation. De jalon en jalon, cernant toujours l’essentiel, Xavier Mabille retrace la transformation de la Belgique. Ce livre s’adresse à tous ceux qui veulent comprendre les problèmes aujourd’hui en jeu, au moment où se noue plus que jamais le destin du pays. Stabilité ou réforme des institutions, rôle des acteurs collectifs, pratique et exercice des pouvoirs : ces questions prennent un éclairage nouveau dès lors que l’on en repère les origines, que l’on perçoit l’entrelacs des effets et des causes, que l’on cerne les évolutions de la société dans laquelle elles s’insèrent.

Les @nalyses en ligne

Le compromis sur la loi « sectes et maltraitance » clivages et pratiques parlementaires en période d’affaires courantes

par Anne Tréfois, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 12 octobre 2011

Le 16 juin 2011, la Chambre des représentants a adopté en première lecture une loi qui introduit dans le code pénal une nouvelle arme non seulement contre les dérives des organismes sectaires nuisibles, mais aussi contre la maltraitance des personnes âgées. Véritable texte de compromis, la proposition adoptée est un cas d’école d’une prise de décision en période d’affaires courantes, sur fond de clivage, pacifié, Église/État et de crise au sein de l’Église catholique belge.

Courrier hebdomadaire

Le fonctionnement de l’Église catholique dans un contexte de crise

Courrier hebdomadaire n° 2112-2113, par Étienne Arcq, Caroline Sägesser, 84 p., 2011

La crise que traverse l’Église catholique remonte à plusieurs décennies, mais celle qu’a connue l’Église de Belgique en 2010 est sans précédent. Alors que le nouvel archevêque succédant au cardinal Godfried Danneels prend ses fonctions à la tête de l’archidiocèse, il suscite des réactions plus négatives que positives, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Église. Les craintes que suscitait la personnalité d’André Léonard furent bientôt justifiées par des déclarations du nouvel archevêque. Mais avant même d’avoir eu le temps d’imprimer son style, le prélat dut faire face au plus grand scandale ayant jamais atteint l’Église de Belgique : l’évêque de Bruges, Roger Vangheluwe, était contraint à la démission par la menace de la révélation imminente d’actes de pédophilie dont il s’était rendu autrefois coupable. Il a paru utile de faire le point dans le Courrier hebdomadaire sur une institution qui a profondément marqué l’histoire du pays. Après avoir rappelé les circonstances de la nomination du nouvel archevêque, la première partie relate les épisodes du scandale des abus sexuels au sein du clergé, jusqu’aux conclusions de la commission parlementaire spéciale mise sur pied à cette occasion. La deuxième partie est consacrée aux structures de l’Église de Belgique. L’organisation des diocèses et le rôle des évêques sont analysés, de même que les services diocésains et les organes consultatifs qui les secondent dans leur tâche. La description des structures interdiocésaines de coordination révèle un degré d’institutionnalisation peu connu du grand public et des fidèles eux-mêmes. La vie des paroisses et les modalités de leur regroupement en unités pastorales sont ensuite évoquées. Les deux dernières parties complètent cette description en rappelant le mode de financement public de l’Église catholique et en donnant les chiffres les plus récents sur la pratique religieuse. Un tableau des mouvements internes auxquels participent des fidèles est l’occasion d’esquisser un repérage de tendances très hétérogènes, qui alimente l’idée d’un clivage profond développée dans la conclusion.

Les @nalyses en ligne
Illustration de la ressource

Les frontières de la laïcité

par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 23 novembre 2010, p. 14-15

Ces dernières années, le débat autour de l’expression des convictions religieuses a pris un tour abrupt. Par-delà les conciliations qui se dessinent sur le terrain, les prises de position publiques se durcissent et traduisent une profonde méfiance réciproque. De lourds soupçons se font jour, qui discernent sous des points de vue qui devraient paraître respectables un soutien, soit à l’islamophobie, soit à l’islamisme. Dans le même temps, on assiste à la résurgence de positions de droite résolument assumées, qui alimentent chez certains la conviction selon laquelle les principes de laïcité relèvent en fait d’un projet assimilationniste. Dans ce contexte propice aux amalgames en tout genre, il n’est pas inutile d’essayer de distinguer les différents enjeux et acteurs.

Courrier hebdomadaire

L’économie et le mouvement flamand

Courrier hebdomadaire n° 2076, par Dirk Luyten, 46 p., 2010

Il existe peu d’ouvrages de référence traitant des liens entre l’économie et le mouvement flamand. Dirk Luyten aborde ce thème en évitant deux pièges. Celui de l’anachronisme, qui chercherait dès la première moitié du 19e siècle des antécédents au retard et aux obstacles dont serait victime aujourd’hui l’économie flamande. Et celui de l’écriture nationaliste de l’histoire, qui postule qu’aurait toujours existé un modèle économique flamand favorable à tous les segments de la population, en faisant abstraction des intérêts divergents des sous-régions, des secteurs ou des groupes sociaux. L’auteur montre au contraire comment le mouvement flamand a fait naître et a construit l’idée d’une économie flamande. Dirk Luyten rappelle d’abord la géographie de la révolution industrielle qui apparaît dans le cadre de l’État belge unitaire. Il procède ensuite par étapes chronologiques en examinant l’élaboration d’une doctrine économique par le mouvement flamand, l’apparition d’une bourgeoisie flamande hétérogène entre les deux guerres, son influence limitée durant la Seconde Guerre mondiale et l’héritage de celle-ci. Il montre comment l’expansion économique régionale flamande de l’après-guerre s’est d’abord pensée dans le cadre d’un État belge keynésien, et comment ensuite l’autonomie économique de la Flandre s’est déclinée dans les vingt dernières années selon une perspective nettement plus néolibérale qu’en Wallonie.

Les @nalyses en ligne

Laïcité, neutralité et multiculturalité : des relations asymétriques

par Vincent de Coorebyter, paru dans Politique, revue de débats, n° 66, septembre-octobre 2010, p. 20-23

Le « fait musulman » s’impose en tiers dans les débats classiques autour du binôme « neutralité-laïcité ». Par des voies diverses, il a renforcé la tendance à rabattre la laïcité sur la neutralité de l’État et l’égalité de traitement des différentes religions, ce qui répond aux doléances des religions minoritaires et au souci d’éviter toute discrimination. Aux prises avec une anthropologie multiculturaliste qui a le vent en poupe, les laïques découvrent que leur message émancipateur n’est pas forcément perçu comme tel par tous.

Les @nalyses en ligne

« Neutralité et laïcité : une opposition en trompe⁠-⁠l’œil »

par Vincent de Coorebyter, paru dans Politique, revue de débats, n° 65, juin 2010, p. 60-65

Sur la question des relations Église-État, il est courant d’opposer la laïcité à la française au primat, en Belgique, du principe de neutralité, et d’en conclure que les deux pays divergent fortement dans cette matière. Pourtant, la confrontation de leurs dispositifs juridiques montre qu’ils partagent un large éventail de règles communes, qui l’emporte sur ce qui les différencie. On peut par contre les distinguer sur le plan idéologique, mais en veillant à ne pas confondre, comme on le fait souvent, la laïcité avec l’idéologie républicaine qui domine en France. Un examen plus attentif montre que la Belgique permet plus aisément de différencier les principes de neutralité et de laïcité, qui divergent autour de la légitimité accordée ou non au fait religieux.