Port de signes convictionnels : en sortir la tête haute
par Caroline Sägesser, paru dans Levif.be, 4 juin 2021
La condamnation judiciaire de la politique de neutralité exclusive pratiquée par la STIB continue de faire des remous. La question du port de signes convictionnels dans la fonction publique menace la cohésion sociale, divise la majorité bruxelloise et monopolise beaucoup d’énergie au moment où la gestion de la fin de la pandémie de Covid-19 exige peut-être qu’elle soit employée ailleurs. Quelles pourraient être les pistes pour sortir de cette crise ?
Podcasts
La neutralité religieuse en débat
intervention de Caroline Sägesser diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 7 juin 2021
Depuis plusieurs semaines et à l’initiative du parti DÉFI, la Chambre des représentants est saisie d’une proposition de révision de la Constitution en vue d’y inscrire le principe de laïcité. En quoi la Belgique se distingue-t-elle des États revendiqués laïques ? Que signifie le principe de neutralité religieuse qui semble présider aux relations entretenues entre l’État belge et les cultes ? Ce principe est-il amené à évoluer ? Pourquoi plusieurs partis politiques estiment ce débat indispensable et pourquoi d’autres rechignent à l’entamer ? Alors que la justice s’est récemment et à plusieurs reprises invitée dans la controverse relative au port de signes convictionnels dans certains lieux et services publics et qu’il est peu de dire que les décisions prises à ces occasions font grand bruit, nous ferons le point sur cette actualité chaude avec Caroline Sägesser, docteure en histoire, spécialiste des cultes et de leur financement, chargée de recherche pour le CRISP et que nous avions déjà reçue pour évoquer la place de l’Islam et celle du Mouvement laïque en Belgique.
Les @nalyses en ligne
L’organisation et la reconnaissance de la laïcité en Belgique francophone
par Caroline Sägesser, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 25 mars 2021
Il y a 40 ans, la loi du 23 janvier 1981 accordait pour la première fois un subside au Conseil central laïque, faisant entrer la laïcité belge dans le processus de reconnaissance qui a abouti en 2002 à l’organisation du financement public de la laïcité organisée selon des modalités comparables à celles dont bénéficient les cultes reconnus. Ce financement public d’un humanisme philosophique athée ou agnostique est sans équivalent dans un autre pays, et donne aux organisations laïques belges des moyens qui leur permettent notamment de soutenir le mouvement laïque au niveau européen. Retour sur l’histoire de ce mouvement en Belgique francophone depuis 1945.
Podcasts
La politique belge face à l'Islam
intervention de Caroline Sägesser diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 1 mars 2021
En décembre 2020, le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne (OPEN VLD) décidait de refuser la reconnaissance de la Grande mosquée de Bruxelles gérée par l’Exécutif des musulmans de Belgique, une décision qui fit grand bruit au sein de la communauté musulmane belge et de son principal organe représentatif. Cette décision n’est que l’énième incident d’une histoire tumultueuse, celle initiée il y a un demi-siècle et relative à la reconnaissance et l’organisation du culte musulman en Belgique. C’est précisément sur cette histoire que nous allons revenir lors de cet épisode de L’actualité en 3D, avec Caroline Sägesser, docteure en histoire, spécialiste des cultes et de leur financement, chargée de recherche pour le CRISP et autrice d’un récent Courrier hebdomadaire consacrée à l’organisation du culte islamique en Belgique et en Europe. De quand date la reconnaissance de l’Islam en Belgique ? Quelles conséquences eut cette reconnaissance ? Comment ce culte est-il financé par les autorités publiques ? Quelles sont les problèmes qu’a posé et que pose encore cette reconnaissance par l’État belge et ses différentes composantes ? Telles seront les questions auxquelles on tâchera de répondre lors de cette émission.
Les @nalyses en ligne
« Un mauvais départ pour la politique des cultes »
interview de Caroline Sägesser par Marie-Cécile Royen, parue dans Le Vif/L’Express, 14 janvier 2021, p. 44-46
Les remous autour de l’Exécutif des musulmans de Belgique relancent le débat sur l’intervention de l’État dans la gestion des cultes. Est-elle autorisée et nécessaire ?
Courrier hebdomadaire
Le dialogue entre l’Union européenne et les organisations religieuses et philosophiques
Depuis 2009, l’article 17 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) consacre en droit européen l’existence d’un dialogue entre l’Union européenne et les représentants des organisations religieuses et philosophiques non confessionnelles. C’est là l’aboutissement d’un processus initié par le président de la Commission européenne Jacques Delors dans les années 1990, dans le cadre de son initiative « Une âme pour l’Europe ». L’adoption de cet article 17 s’est déroulée dans le contexte d’un débat animé et parfois virulent sur le rôle qu’il convenait de donner – ou non – aux organisations religieuses dans l’élaboration des politiques européennes. En effet, c’est prioritairement avec les représentants des religions que les institutions européennes avaient entamé un dialogue, ce qui avait suscité l’opposition des mouvements philosophiques non confessionnels. Ces derniers ont mis sur pied une institution pour les représenter auprès de l’Union européenne, la Fédération humaniste européenne (FHE), et ont obtenu que le dialogue soit réorganisé sur de nouvelles bases. Ce Courrier hebdomadaire revient sur le contexte de l’adoption de l’article 17 du TFUE et, en particulier, sur les controverses ayant préalablement entouré le préambule proposé pour le projet de Constitution pour l’Europe. Il expose la façon dont le dialogue a été installé avant et, surtout, après l’adoption des lignes directrices pour la mise en œuvre du dialogue consécutivement à la plainte déposée par la FHE. Il présente successivement les acteurs en présence puis les thématiques abordées dans le cadre de ce dialogue avec les organisations convictionnelles.
Courrier hebdomadaire
Les partis frères en Belgique : les relations entre le CDH et le CD&V
Courrier hebdomadaire n° 2467-2468, par Benjamin Biard, 72 p., 2020
Le CDH et le CD&V sont tous deux les héritiers du Parti catholique, fondé au 19 e siècle, devenu le PSC-CVP au lendemain de la Seconde Guerre mondiale puis divisé sur une base linguistique à la fin des années 1960 à la suite de vives tensions internes. Les liens qui unissent les deux partis frères qu’ont été le PSC et le CVP et que sont aujourd’hui le CDH et le CD&V ont sensiblement évolué dans le temps : des moments de forts désaccords ont alterné avec des épisodes de rapprochement. Tendanciellement, l’évolution des relations entre les deux partis de tradition sociale-chrétienne a cependant consisté en une progressive distanciation de leurs structures, de leurs dirigeants, de leurs programmes et de leurs actions. B. Biard interroge les rapports qu’entretiennent les deux descendants du PSC-CVP unitaire, en se focalisant sur la période entamée au début des années 2000, c’est-à-dire depuis la fondation du CDH et du CD&V dans leurs moutures actuelles. Ce faisant, il questionne plus largement ce que recouvre encore aujourd’hui la notion de « partis frères » en Belgique. Tous les types de liens, formels ou informels, entre les deux formations sont investigués, qu’il s’agisse des rapports entre dirigeants des partis, de ceux établis au niveau des ministres et des parlementaires, ou même, dans une certaine mesure, des liens existant au niveau des militants. Sont également prises en compte les relations susceptibles d’être entretenues entre ces partis politiques à travers leurs centres d’étude, leurs organisations de jeunesse et toutes les autres associations gravitant autour d’eux, dont celles constituant le pilier chrétien. Cette étude se base notamment sur 24 entretiens, réalisés principalement avec des (ex-)cadres et élus des partis orange de Belgique.
Courrier hebdomadaire
L’organisation et le financement public du culte islamique. Belgique et perspectives européennes
Courrier hebdomadaire n° 2459-2460, par Caroline Sägesser, 71 p., 2020
Longtemps, l’organisation et le financement public du culte islamique n’ont pas constitué un thème porteur auprès du grand public, ce qui n’a guère incité les États européens à légiférer dans cette matière complexe. Cependant, depuis les attentats islamistes qui ont endeuillé l’Europe en 2015-2016, le processus de reconnaissance et de financement de l’islam connaît une nouvelle dynamique, dans un contexte où les responsables politiques souhaitent désormais encourager le développement d’un islam européen, c’est-à-dire une religion modérée, respectueuse de la démocratie et de valeurs telles que l’égalité femmes-hommes. En 1974, la Belgique a été le premier pays d’Europe occidentale à reconnaître le culte islamique. Toutefois, plus de trente ans se sont écoulés ensuite avant que les premières mosquées soient reconnues et que les premiers imams voient leur traitement pris en charge par l’État belge. Ce long délai est dû en particulier à la difficulté qui a été rencontrée pour constituer un organe représentatif du culte islamique. Ce Courrier hebdomadaire retrace l’évolution des politiques publiques menées à l’égard du culte islamique en Belgique. Il examine successivement la reconnaissance du culte islamique proprement dite, le processus de mise en place de son organe représentatif (l’Exécutif des musulmans de Belgique), la reconnaissance et le financement des communautés islamiques locales (organisées autour des mosquées) par les Régions, la prise en charge du traitement des imams par l’Autorité fédérale, la formation des imams, la mise en œuvre des aumôneries musulmanes et l’organisation des cours de religion islamique. En contrepoint, il évoque la situation prévalant dans d’autres États européens.
Courrier hebdomadaire
Penser l’après-corona. Les interventions de la société civile durant la période de confinement causée par la pandémie de Covid-19 (mars-mai 2020)
Courrier hebdomadaire n° 2457-2458, par Benjamin Biard, Serge Govaert, Vincent Lefebve, 127 p., 2020
En Belgique, la période de confinement décidée par les autorités publiques pour lutter contre les effets de la pandémie de Covid-19 s’est étendue, au sens strict, du 18 mars au 4 mai 2020. A priori , cette période n’était guère propice aux mobilisations des citoyens, en particulier puisqu’il leur était interdit de se réunir. Pourtant, s’est alors manifestée une importante effervescence intellectuelle et militante, qui s’est traduite par de multiples prises de position de la société civile. Il s’est agi, d’une part, de répondre aux défis suscités par la crise sanitaire et, d’autre part, de préparer la période « post-corona ». Ces initiatives ont essentiellement pris la forme de cartes blanches publiées dans la presse (et relayées sur les réseaux sociaux) et de lettres ouvertes adressées aux responsables politiques. Des débats en ligne, des enquêtes participatives, des manifestations virtuelles, etc. ont aussi pris place, de même que quelques actions dans l’espace public malgré leur interdiction. Ce Courrier hebdomadaire donne un aperçu aussi large que possible des interventions collectives qui se sont manifestées et entrecroisées au cours de ces sept semaines de confinement. Partant, il recense autant que faire se peut les mobilisations qui ont accompagné ces interventions et éclaire les constellations d’acteurs qui les ont organisées ou y ont souscrit. Les revendications exprimées par la société civile sont présentées selon neuf pôles : le financement des services publics (et, en particulier, celui du système de soins de santé) ; la culture et le sport ; l’enseignement ; la pauvreté et les inégalités sociales ; la place et le sens du travail ; les urgences sanitaire et écologique ; le capitalisme et la mondialisation ; les libertés fondamentales ; le renouvellement démocratique et la participation citoyenne.
Courrier hebdomadaire
La Belgique entre crise politique et crise sanitaire (mars-mai 2020)
Courrier hebdomadaire n° 2447, par Jean Faniel, Caroline Sägesser, 44 p., 2020
Au début du mois de mars 2020, la Belgique rejoint la liste des pays touchés par la pandémie de Covid-19, maladie infectieuse apparue quelques mois plus tôt en Chine et provoquée par le coronavirus SARS-CoV-2. Or, à ce moment-là, la Belgique est plongée dans une crise politique qui semble d’une gravité sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale : depuis plus d’un an, le pays est dirigé par des gouvernements fédéraux en affaires courantes et minoritaires et, depuis près de dix mois, le monde politique cherche en vain à mettre en place un gouvernement fédéral de plein exercice et disposant d’une majorité au sein de la Chambre des représentants issue des élections du 26 mai 2019. Cette irruption soudaine d’une crise sanitaire majeure met la crise politique en mode pause. Afin de gérer la pandémie, un gouvernement fédéral Wilmès II (MR/CD&V/Open VLD) prête serment devant le roi le 17 mars 2020, puis obtient successivement la confiance d’une majorité de membres de la Chambre des représentants (le 19 mars) et une délégation de pouvoirs spéciaux par une majorité plus large encore de députés fédéraux (le 26 mars). La Première ministre, Sophie Wilmès (MR), s’engage à borner son action à la gestion de la crise et à ses conséquences, et à revenir demander la confiance de l’assemblée dans un délai de six mois. Les pouvoirs spéciaux sont accordés pour une période de trois mois, renouvelables une fois. La crise politique peut donc apparaître temporairement résolue ; toutefois, à mesure que l’urgence sanitaire s’estompe, elle refait surface. Dans ce Courrier hebdomadaire , le CRISP relève les principales tensions qui ont émaillé la gestion de la crise et les critiques que celle-ci a suscitées, puis fait le point sur la situation politique fédérale après huit semaines de gouvernement Wilmès II et trace des pistes de réflexion pour l’avenir politique au niveau fédéral. Exceptionnellement, cette publication est dès à présent accessible librement en ligne .
Courrier hebdomadaire
L’État belge face à la pandémie de Covid-19 : esquisse d’un régime d’exception
Courrier hebdomadaire n° 2446, par Frédéric Bouhon, Andy Jousten, Xavier Miny, Emmanuel Slautsky, 53 p., 2020
Face à la pandémie de Covid-19, la Belgique prend des mesures fortes, qui répondent à l’obligation juridique des États de réagir face à un risque pour la vie. Les circonstances n’en mettent pas moins les institutions dans une situation d’exception. En effet, elles posent des questions de droit constitutionnel qui touchent aux traits majeurs de l’État belge. En Belgique, apporter une réponse centralisée à une telle crise sanitaire et à ses conséquences dans divers domaines est compliqué par le partage de compétences en vigueur entre les différents niveaux de pouvoir. Depuis la mi-mars 2020, des solutions originales sont mises en œuvre pour associer l’Autorité fédérale et les entités fédérées (Régions et Communautés) à une prise de décision concertée. Les rapports entre les assemblées législatives et les pouvoirs exécutifs connaissent des évolutions considérables, qui ébranlent jusqu’aux principes du régime parlementaire belge. La crise du coronavirus a poussé de nombreux partis à accorder leur confiance à un exécutif fédéral très minoritaire et jusqu’alors chargé d’expédier les affaires courantes. Elle a aussi conduit à un important transfert de pouvoirs – tout aussi provisoire qu’impressionnant – des parlements au profit des gouvernements. À cet égard, le recours aux pouvoirs spéciaux à presque tous les niveaux institutionnels de l’État belge est un événement hors du commun. La crise sanitaire du Covid-19 amène également les pouvoirs publics belges à limiter considérablement les droits et libertés fondamentaux des citoyens, à une échelle inédite en temps de paix. Si les motivations de toutes ces mesures sont compréhensibles, de nombreuses questions juridiques se posent. Ce Courrier hebdomadaire en offre une première analyse « à chaud ». Exceptionnellement, cette publication est dès à présent accessible librement en ligne .
Les @nalyses en ligne
Deuxième rapport de l’Église catholique en Belgique : Des taux de pratique toujours en baisse
par Caroline Sägesser, paru sur o-re-la.org, 23 décembre 2019
L’Église catholique belge vient de faire paraître son deuxième rapport annuel. Comme l’année dernière, le document consiste en un peu moins d’une centaine de pages richement illustrées, qui présentent une série de données chiffrées relatives à l’évolution de la vie de l’Église. En comparaison avec l’édition 2018, le rapport s’est enrichi de quelques données complémentaires, et de références aux événements qui ont rythmé la vie de l’Église durant cette année-là. On retiendra principalement de cette édition les taux de pratique religieuse particulièrement bas qui y figurent, et le rôle croissant des femmes au sein de l’Église, une dimension mise en avant par les rédacteurs.
Les @nalyses en ligne
Le Centre d’action laïque a cinquante ans : et s’il changeait de nom ?
par Caroline Sägesser, paru dans La Revue nouvelle, n° 7, novembre 2019, p. 7-10
Le Centre d’action laïque (CAL) a été fondé en 1969 pour fédérer les mouvements laïques francophones et en représenter les membres devant les pouvoirs publics. L’action du CAL a notamment permis la reconnaissance des organisations philosophiques non confessionnelles et leur financement public, au même titre que les cultes. La laïcité dite organisée est aujourd’hui un élément constitutif du pluralisme de la société belge. Le moment est peut-être venu de redéfinir son identité afin de restituer au principe de laïcité son statut de bien commun.
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Piliers, dépilarisation et clivage
intervention de Caroline Sägesser diffusée dans L’édition de la rédaction sur Arabel avec Tarik Laabi, 17 décembre 2019
Notre invitée dans l’édition de la rédaction Caroline Sägesser, docteur en Histoire, chargée de la recherche au sein du CRISP / Centre de recherche et d’information socio-politiques qui a coordonné le livre sous le titre : Piliers, Dépilarisation et Clivage philosophique en Belgique.
Les @nalyses en ligne
Cultes et laïcité dans les accords de gouvernement des entités fédérées
par Caroline Sägesser, paru sur dans une version courte sur o-re-la.org, 25 octobre 2019
La Belgique a voté le 26 mai 2019. État fédéral, elle a procédé, outre à l’élection de ses députés européens, au renouvellement tant des parlements de Région et de Communauté que du Parlement fédéral. Six mois plus tard, les négociations pour former un gouvernement fédéral sont loin d’aboutir, tandis que tous les gouvernements des Communautés et des Régions ont été constitués. Quelles dispositions les accords de gouvernement de ces niveaux de pouvoir prévoient-ils pour les cultes et la laïcité ? Cette @nalyse aborde quatre thématiques : les communautés cultuelles locales, les cours de religion et de morale, les questions relatives à la laïcité et/ou à la neutralité et les questions liées à la prévention du radicalisme religieux.
Podcasts
La laïcité organisée fête ses 50 ans
intervention de Caroline Sägesser diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 4 novembre 2019
Pour ce nouvel épisode de l’Actualité en 3D, nous aurons le plaisir de recevoir Caroline Sägesser, docteure en histoire, spécialiste des cultes et de leur financement et chargée de recherche pour le CRISP, le Centre de recherche et d’information socio-politiques partenaire de cette émission. Cet épisode sera consacré à la laïcité et à l’organisation du mouvement laïque en Belgique, mouvement qui a récemment fêté ses 50 ans. Qu’appelle-t-on la laïcité ? Quand et où émerge-t-elle dans l’histoire des idées ? Comment la distinguer de notions voisines telles que l’athéisme ou la neutralité ? Ce concept fait-il partie des principes constitutionnels belges ? Quand un mouvement laïque émerge-t-il en Belgique et comment s’est-il structuré tout au long du XXe siècle ? Qui compose ce mouvement et comment est-il financé ? Quels ont été les grands combats historiques de ce mouvement, ses victoires voire ses défaites ? Quelles sont aujourd’hui les principales revendications de la laïcité organisée belge ? Telles seront entre autres les questions auxquelles on tâchera de répondre en compagnie de Caroline Sägesser.
Courrier hebdomadaire
L’Église orthodoxe en Belgique
Courrier hebdomadaire n° 2399-2400, par Serge Model, 60 p., 2018
L’orthodoxie est l’un des six cultes reconnus officiellement par l’État belge (avec le catholicisme, le protestantisme, l’anglicanisme, le judaïsme et l’islam) à côté de la laïcité organisée. Par ce statut légal, qui date de 1985, trois droits sont accordés aux orthodoxes de Belgique : la reconnaissance (initialement par l’État belge, aujourd’hui par les trois Régions et la Communauté germanophone) de paroisses déterminées, avec traitement pour leurs desservants et possibilités de subsides ; la possibilité d’intervention dans les médias (radio et télévision) ainsi que dans les hôpitaux et les prisons ; l’organisation de cours de religion chrétienne orthodoxe dans les établissements d’enseignement public. Aujourd’hui, le nombre de chrétiens orthodoxes vivant en Belgique est d’environ 100 000 personnes, toutes provenances confondues (Grecs, Russes, Roumains, etc.). Le territoire belge compte plus d’une soixantaine de lieux de culte orthodoxe : paroisses, chapelles, missions, petits monastères. Ceux-ci sont desservis par trois évêques résidant dans le pays, une cinquantaine de prêtres et une quinzaine de diacres. Ces personnes appartiennent à diverses communautés (relevant soit du patriarcat œcuménique de Constantinople, soit du patriarcat de Moscou, de Roumanie, de Bulgarie, de Serbie ou de Géorgie). En effet, si l’Église orthodoxe en Belgique est unie par une foi et une identité communes, elle se caractérise également par une diversité organisationnelle relativement complexe. Ce Courrier hebdomadaire retrace le parcours historique de la présence orthodoxe en Belgique depuis ses débuts au XIX e siècle, présente la situation actuelle de cette Église sur le territoire belge (notamment son organisation interne et ses relations extérieures), traite de la reconnaissance du culte orthodoxe par l’État belge et de ses conséquences, et analyse le rapport entre les Églises orthodoxes et les institutions européennes. Il évoque également quelques questions ouvertes, discutées tant au sein de la communauté orthodoxe qu’en dehors de celle-ci.
Les @nalyses en ligne
La fréquentation des cours de religion et de morale après l’introduction du cours de philosophie et de citoyenneté
par Caroline Sägesser, paru sur o-re-la.org, 8 avril 2019
Depuis la rentrée scolaire de septembre 2016 au niveau primaire, et celle de septembre 2017 au niveau secondaire, un cours de philosophie et de citoyenneté est organisé dans le réseau officiel de la Communauté française de Belgique (écoles du réseau de la Communauté et établissements communaux et provinciaux subventionnés). La fréquentation de ce cours est obligatoire, à raison d’une heure par semaine, en remplacement d’une heure de religion ou de morale non confessionnelle. En outre, une seconde heure de philosophie et citoyenneté peut être choisie à la place du cours de morale ou de religion. Quel a été l’impact de l’introduction du cours de philosophie et de citoyenneté sur la fréquentation des autres cours en Communauté française et quelle est la situation qui prévaut en Flandre ?
Podcasts
Comment la Belgique fiance et organise les cultes ?
intervention de Caroline Sägesser diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 4 février 2019
Émission diffusée le 4 février 2019 Pour ce nouveau numéro de l’Actualité en 3D, on aborde un thème relativement méconnu du grand public et pourtant diablement intéressant : la reconnaissance et le financement des cultes en Belgique. En effet, ni laïque, ni doté d’une religion d’État, notre pays se distingue par un régime tout à fait singulier de reconnaissance des religions et de financement de partie de leurs infrastructures et activités. Aussi, dans notre Belgique fédérale, rien n’est jamais simple et la régulation publique du fait religieux repose bien entendu sur une subtile répartition des compétences parmi les entités fédérale, régionales ou communautaires? Comment se fait-il que l’enseignement public prévoit des cours de religion ou qu’il existe des écoles confessionnelles en Belgique ? Pourquoi les ministres du culte sont-ils rétribués à même le budget de l’État ? Qu’appelle-t-on une « fabrique d’église » ? Comment l’autorité publique reconnait-elle un culte et à quelles prestations le statut de culte reconnu ouvre-t-il le droit ? Le mouvement laïque fait-il l’objet d’un traitement comparable à celui réservé aux religions ? Telles seront entre autres les questions auxquelles nous tâcherons de répondre?Pour ce faire, nous avons le plaisir d’accueillir Caroline Sägesser, docteure en histoire et spécialiste des politiques publiques en matière de fait religieux, elle a participé à de nombreuses recherches sur ce sujet notamment pour l’Observatoire des religions et de la laïcité de l’ULB. Chargée de recherche au CRISP, le Centre de recherche et d’information socio-politiques, elle y a publié un dossier (n°78/2011) intitulé « Culte & Laïcité » , ainsi que de plusieurs Courriers hebdomadaires consacrés à la régulation régionale des cultes, au fonctionnement de l’Église catholique, à la reconnaissance et au financement du mouvement laïque ou encore à la représentation de l’islam en Belgique.
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L'interdiction de l'abattage des animaux sans étourdissement
intervention de Caroline Sägesser diffusée dans L’édition de la rédaction sur Arabel avec Tarik Laabi, 14 janvier 2019
L’interdiction de l’abattage des animaux sans étourdissement revient régulièrement dans l’actualité ces dernières années en Belgique, tout autant que dans d’autres pays européens. Pour nous en parler dans l’Edition De la Rédaction, Caroline Sagesser, Docteure en Histoire, chargée de recherche au sein du CRISP.
Les @nalyses en ligne
Rapport annuel de l’Église catholique en Belgique : un portrait chiffré riche d’enseignements
par Caroline Sägesser, paru sur o-re-la.org, 8 décembre 2018
En novembre 2018, l’Église belge a, pour la première fois, publié un rapport annuel. Celui-ci a été élaboré à la demande de la Conférence épiscopale de Belgique. Le document, fort de près d’une centaine de pages et richement illustré, brosse un portrait chiffré très complet de l’Église catholique en Belgique. On y trouve une foule de données devenues généralement inaccessibles depuis la fin de la publication de l’ Annuaire catholique de Belgique , dont la dernière édition portait sur l’année 2006.
Courrier hebdomadaire
Les débats autour de l’interdiction de l’abattage rituel
Courrier hebdomadaire n° 2385, par Caroline Sägesser, 45 p., 2018
Depuis 1986, la législation belge impose aux abattoirs de mettre à mort les animaux « suivant la méthode la moins douloureuse », c’est-à-dire après étourdissement ou anesthésie. Cependant, elle prévoit une exception pour les animaux « faisant l’objet de méthodes particulières d’abattage requises par certains rites religieux ». En effet, le judaïsme et l’islam édictent diverses prescriptions alimentaires visant à rendre la viande propre à la consommation par les fidèles de l’une ou l’autre religion. Pour que sa viande soit casher , un animal doit être abattu selon les règles de la shehita ; pour qu’elle soit halal , il doit l’être selon les règles du dhakât . Ces deux méthodes d’abattage réclament que l’animal soit conscient lors de sa mise à mort par tranchage du cou. Sont concernés le bétail (bovins, ovins et caprins) et la volaille. C’est l’abattage destiné à produire de la viande halal, répondant aux besoins d’une population musulmane européenne en croissance, qui fait l’objet de la plus forte visibilité médiatique, particulièrement lors de la célébration de l’Aïd el-Kébir (ou Aïd el-Adha) : la « fête du Sacrifice ». Au nom du bien-être animal, la Wallonie et la Flandre ont mis fin, à partir de 2019, à l’exception relative aux abattages prescrits par un rite religieux. Désormais, tout animal mis à mort dans un abattoir doit être préalablement étourdi ou anesthésié. Au nom des droits fondamentaux, diverses organisations issues des communautés juive et musulmane ont déposé un recours contre ces mesures auprès de la Cour constitutionnelle, dont le Consistoire central israélite de Belgique (CCIB) et l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB). En Région bruxelloise, de vifs débats sont en cours depuis plusieurs années, tant au sujet de la question des lieux d’abattage qu’au sujet de celle des méthodes d’abattage.
Les @nalyses en ligne
Un État dans l’État
par Jean Faniel, paru dans Imagine demain le monde, n° 125, janvier-février 2018, p. 30-31
Depuis le changement de majorité survenu en Wallonie cet été, le Forem a subi de sévères critiques. L’ancien ministre CDH Maxime Prévot l’a même qualifié dans La Libre d’« État dans l’État », de « citadelle à laquelle peu de personnes ont osé toucher ». Mais que recouvre et qu’implique l’usage de cette expression ?
Les @nalyses en ligne
Radicalité et radicalisme : quelques distinctions pour éviter une pente glissante
par John Pitseys, paru dans La Chronique de la Ligue des droits de l’Homme, n° 178, mars 2017, p. 10-11
Commentant l’évolution des négociations entre le gouvernement fédéral qu’il dirige, le gouvernement wallon et la Commission européenne à propos du CETA, Charles Michel a exprimé ainsi son inquiétude : « J’ai le sentiment qu’il y a une radicalisation des positions ». Que les termes en aient été choisis soigneusement ou qu’ils aient été employés spontanément, cette phrase a priori anodine intervient dans un contexte politique particulier. Depuis le départ de jeunes Européens pour la Syrie, et plus encore depuis les attentats de Paris de 2015 et de Bruxelles de mars 2016, le mot « radicalisme » a pris une connotation particulière.
Les @nalyses en ligne
Laïcité : la mauvaise réputation
par Vincent de Coorebyter, paru dans Politique, revue belge d’analyse et de débat, n° 98-99, mars 2017, p. 33-39
La laïcité française a mauvaise réputation. Dans nombre de milieux, en France et surtout à l’étranger, ce modèle est devenu un repoussoir, au point que certains de ses partisans hésitent à employer le terme même de laïcité, auquel ils préfèrent des vocables plus consensuels comme neutralité ou sécularisation. Mais en quoi consiste cette laïcité devenue suspecte et que lui reproche-t-on au juste ? Cet article est paru dans le numéro spécial consacré à la France par la revue Politique.