Vers une révision prochaine de la loi relative à la transsexualité ?
par Alexandra Woelfle, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 30 juin 2015
Aboutissement d’un processus législatif de trois ans, la loi du 10 mai 2007 relative à la transsexualité introduit deux procédures de reconnaissance des personnes transgenres : la reconnaissance officielle du changement de sexe et celle du changement de prénom. Accordant certains droits aux personnes transgenres, la proposition de loi a été âprement discutée au Parlement fédéral. Aujourd’hui encore, cette loi fait l’objet de vives critiques de la part de parlementaires, d’associations et d’organisations internationales, au point que sa révision est à l’agenda du gouvernement fédéral. Les débats que cette loi soulève sont le reflet d’enjeux éthiques et bioéthiques. En filigrane, ce sont plusieurs conceptions de la société, du droit, de l’identité et des genres qui se concurrencent. Cette @nalyse du CRISP en ligne retrace les raisons qui ont conduit à légiférer, s’interroge sur les principes justifiant les orientations éthiques de la loi et présente les différentes critiques adressées à celle-ci.
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Labourer pour ses enfants : les temps du politique
par John Pitseys, paru dans En Question, n° 112, mars 2015, p. 8-11
Si l’être humain se définit par la conscience qu’il est un être fini, l’expérience du temps est de celles qui nous attachent le plus intimement à l’existence. À sa flamme brûlante, à sa fragilité, et à sa singularité. Toutefois, l’expérience du temps n’est pas celle d’un individu solitaire. L’ensemble des actes, des souvenirs, des paroles bâties en commun forme l’histoire, l’identité et la vie vécue d’une communauté. L’activité politique représente avant tout un processus de confrontation au temps. D’une part, elle en manifeste l’écoulement. D’autre part, une large part de l’activité politique n’a de signification que parce qu’elle s’inscrit dans une temporalité. Pourquoi souhaiter transformer une société si chaque instant s’identifie à l’autre ? Comment penser le juste ou l’injuste si le monde dans lequel nous vivons échappe au changement, à la décrépitude, au vieillissement, aux naissances ? Comment réfléchir aux valeurs que nous voulons transmettre si le sablier soudain immobile rend impensable la notion même de transmission ?
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L’école, un lieu de démocratie ?
par John Pitseys, paru dans Traces de Changements, n° 218, novembre-décembre 2014, p. 18-19
Quel rôle l’é́cole peut-elle jouer dans un régime démocratique ? A priori, la réponse est évidente. L’école est l’institution de la citoyenneté par excellence. Elle doit donner à tous les capacités nécessaires pour participer à la vie publique. Elle représente un des principaux lieux d’intégration sociale et éthique de l’individu. Et pourtant, cette question se heurte à un paradoxe apparent : l’école n’est pas un lieu démocratique et n’est, en principe, pas vouée à l’être.
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La transparence et ses obstacles : vers une INDH en Belgique ?
par John Pitseys et Julie Ringelheim, paru dans La Chronique de la Ligue des droits de l’Homme, n° 163, septembre-octobre 2014, p. 31-34
L’idée est dans l’air depuis des années mais sa concrétisation demeure incertaine : créer une Institution nationale des droits de l’homme (INDH) en Belgique. Le concept provient des enceintes internationales. L’objectif est de disposer, au niveau national, d’une institution publique, financée par l’État mais indépendante de tous les pouvoirs, chargée de veiller au respect et à la mise en œuvre du droit international des droits de l’homme dans cet État. La constitution des nouveaux gouvernements suite aux élections du 25 mai dernier pourrait être l’occasion de relancer le dossier INDH. Cela suppose toutefois de surmonter les divers obstacles qui ont entravé jusqu’ici toute avancée sur ce projet. La création de l’INDH met en scène des enjeux à la fois communautaires et/ou politiciens. Ceux-ci ne font toutefois que s’ajouter à d’importantes questions de fond et de gouvernance.
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Institution nationale des droits de l’homme (INDH). Une construction périlleuse
par John Pitseys et Julie Ringelheim, paru dans Politique, revue de débats, n° 82, novembre-décembre 2013, p. 58-60
Politique, revue de débats consacre un dossier à la création en Belgique d’une Institution nationale des Droits de l’Homme (INDH), projet relancé en juillet 2012 par la ministre de l’Égalité des chances. Dans cet article, John Pitseys et Julie Ringelheim se penchent sur les défis que la future INDH devra relever pour accomplir ses missions : quelles pourraient être ses compétences ? Comment devrait-elle être organisée ? Comment assurer son indépendance ?
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L’INDH en Belgique : une arlésienne ?
par John Pitseys et Julie Ringelheim, paru dans Politique, revue de débats, n° 82, novembre-décembre 2013, p. 61-63
Politique, revue de débats consacre un dossier à la création en Belgique d’une Institution nationale des Droits de l’Homme (INDH), projet relancé en juillet 2012 par la ministre de l’Égalité des chances. Dans cet article, John Pitseys et Julie Ringelheim décrivent l’état du débat en Belgique. Ils retracent la genèse des discussions concernant l’INDH, et les contraintes politiques auxquelles sa création donne lieu.
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Nous ne sommes pas relativistes
par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 29 mai 2013, p. 15
Le relativisme occupe une place particulière dans les débats sur la société multiculturelle dans laquelle nous vivons désormais. Il est rarement invoqué de manière explicite, peut-être parce que le fait d’être relativiste n’est pas considéré comme positif ou mobilisateur. Mais le relativisme n’en constitue pas moins la toile de fond des discussions en cours. La reconnaissance de nouvelles identités ou religions ne serait pas envisageable si l’on ne postulait pas que la société est assez ouverte, pluraliste et tolérante – en un mot, relativiste – pour accepter de faire une place à des traditions culturelles alternatives. En outre, une des manières de faire accepter de nouvelles valeurs, d’origine parfois lointaine, consiste à relativiser toutes les valeurs, à inviter chacun à reconnaître ce que ses propres valeurs ont de contingent. Pourtant, le relativisme est loin de dominer les mentalités. Ceux qui revendiquent la reconnaissance d’une culture minoritaire ne relativisent précisément pas cette culture, tandis que ceux qui sont invités à l’accepter ne sont pas forcément aussi relativistes, voire indifférents à ce qu’il leur est proposé d’accepter, qu’on ne le postule.
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Le retour de la vieille France
par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 24 avril 2013, p. 15
L’opposition à la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux homosexuels, en France, a frappé les imaginations par son insistance et par sa radicalité croissante. Le sujet a été abondamment commenté dans les médias belges, et a alerté des associations de nature diverse. Il donne dès lors l’occasion de réfléchir aux conditions dans lesquelles s’engage un combat idéologique, qui n’a de sens que si l’on ne se trompe pas d’adversaire et si l’on identifie correctement sa position. Or il faut se méfier, dans ce domaine, des grilles d’analyse qui viennent spontanément à l’esprit et qui ne sont pas nécessairement les plus appropriées. En l’occurrence, il n’est pas inexact d’inscrire l’opposition au mariage homosexuel au registre du clivage Église/État, mais cette interprétation est réductrice. Cette chronique tente de montrer quelle part il faut faire, dans le domaine des idées, aux héritages historiques, qui sont souvent invisibles car redevables du passé, mais qui modèlent toujours les mentalités.
Les @nalyses en ligne
Référentiels explicites et évidences implicites
par Vincent de Coorebyter, paru dans Conceptions du dialogue interculturel en Wallonie et à Bruxelles, Bruxelles, Administration générale de la Culture, collection « Culture-Education permanente », n° 16, 2012, p. 25-34
Le dialogue entre les cultures apparaît comme une nécessité dans les sociétés multiculturelles : il est le garant d’une certaine qualité du vivre ensemble, d’une compréhension réciproque, voire de l’apaisement des conflits de valeurs. La question se pose, néanmoins, de savoir quels segments de culture doivent entrer en dialogue ou pouvoir se confronter. Spontanément ou inconsciemment, ce sont des valeurs explicites, théorisées, conscientes d’elles-mêmes, qui sont mises en dialogue. Or ce n’est pas nécessairement autour de ces référentiels de valeurs explicites que des malentendus sont à craindre ou que des dissensions sont à aplanir. On développera au contraire l’hypothèse, dans cet article, que les différends les plus sensibles portent sur des évidences implicites dont ni la société d’accueil ni les personnes issues de l’immigration n’ont forcément conscience.
Les @nalyses en ligne
Pièges et limites d’une culture du respect
par Vincent de Coorebyter, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 27 décembre 2012
Dans le cadre d’un colloque militant pour le développement d’une culture du respect, la question a été posée des pièges et des limites éventuelles d’une obligation universelle de respect. Cet article s’efforce de baliser ces pièges et ces limites, en optant pour un point de vue non pas utopique ou normatif mais sociologique, qui tienne compte des dynamiques sociales effectives. L’impératif de respect y est également mis en balance avec l’exercice des libertés fondamentales, dont la liberté de jugement.
Courrier hebdomadaire
Les mutations du logement en région bruxelloise
Courrier hebdomadaire n° 1993, par Nicolas Bernard, 49 p., 2008
La situation du logement à Bruxelles ne peut qu’interpeller l’observateur. Loyers élevés, carence de logements sociaux, valeurs acquisitives en hausse, pléthore de logements vides : tous les indicateurs sont pour le moins préoccupants. À l’heure où la Région de Bruxelles-Capitale s’apprête à souffler ses vingt bougies, il a semblé intéressant de se pencher sur ce que le gouvernement actuel a désigné, avec l’emploi, comme l’une de ses priorités. La région s’est profondément transformée en vingt ans, et il se pourrait fort que les recompositions encore à venir dépassent celles du passé. Comment des évolutions comme l’atomisation des familles ou la polarisation spatiale du logement social vont-elles réorganiser l’offre de logements de la capitale et, à travers cette offre, comment vont-elles bouleverser les comportements de la population ? Sera-t-il possible de socialiser le marché privé ? Comment reconvertir des bureaux en logements ? Comment assurer la mixité sociale du logement ? Les habitants ne font pas que subir la ville et ses métamorphoses. Ils la modèlent à leur tour, dans un vaste mouvement de réappropriation du fait urbain. Nicolas Bernard évoque les expériences de participation des locataires de logements sociaux et les perspectives qu’offre l’habitat intergénérationnel. Une importance particulière est attachée par Nicolas Bernard aux personnes qui vivent dans la précarité. Une ville attire des personnes paupérisées persuadées d’y trouver les secours et les expédients susceptibles de les extraire de la misère. À cet égard, il évoque les pratiques d’épargne collective solidaire, qui n’ont pas encore trouvé d’appui du côté des pouvoirs publics.
Courrier hebdomadaire
Les évolutions démographiques et socio-économiques de la Région de Bruxelles-Capitale depuis 1990
Courrier hebdomadaire n° 1948-1949, par Pol Zimmer, 74 p., 2007
Pol Zimmer analyse les évolutions essentielles de la démographie, du logement, du développement économique et de l’emploi, quatre domaines qui influencent la situation budgétaire de la Région bruxelloise. Si la population bruxelloise s’accroît depuis les années 1990, elle s’appauvrit en même temps. Cet appauvrissement relatif pose un problème d’accessibilité au logement, car on observe une forte croissance des prix tant à la vente qu’à la location. D’un autre côté l’activité du marché immobilier génère également des recettes. La région connaît un développement économique faiblement créateur d’emplois. Centré très majoritairement sur les services, marchands et non-marchands, il crée des emplois en moyenne plus qualifiés que dans les deux autres régions. Si la région attire de nombreuses entreprises, sa population profite peu des emplois ainsi créés sur son sol. Pol Zimmer conclut que la Région bruxelloise se trouve dans un triangle peu vertueux articulant des surcoûts financiers importants, des évolutions socio-démographiques problématiques et une avancée affirmée vers l’autonomie financière, alors qu’elle est la région dont les assiettes fiscales permettent le moins de marge de manœuvre. Cette situation plaide pour une gestion financière prudente. Elle donne aussi à penser qu’on se trouve face à deux dynamiques conflictuelles : l’une, initiée par la Flandre, porte sur la conception du fédéralisme belge et réserve une place instrumentalisée à Bruxelles ; l’autre, portée par les partis francophones, a pour enjeu le leadership politique francophone.
Courrier hebdomadaire
L’adoption par les couples de même sexe
Courrier hebdomadaire n° 1911-1912, par Cathy Herbrand, 72 p., 2006
Il y a peu de temps encore, ouvrir l’adoption aux couples homosexuels semblait irréaliste, voire inconcevable. La réforme de 2003, contemporaine de l’ouverture du mariage aux homosexuels, a en effet limité explicitement l’adoption aux couples de sexe différent. Pourtant, le 1er décembre 2005, au terme d’un parcours législatif tumultueux, une proposition de loi qui supprime cette restriction est votée à la Chambre, marquant ainsi un pas supplémentaire vers la reconnaissance de la diversité des formes familiales et des modes de vie actuels. La Chambre vient d’être suivie par le Sénat, à une très courte majorité. Cathy Herbrand dépeint le contexte dans lequel a émergé la revendication de l’adoption par les homosexuels, et ce dès la fin des années 1990. Elle suit pas à pas l’inscription de ce thème à l’ordre du jour de l’actuelle législature. Elle analyse en profondeur les enjeux tels qu’ils ont été exprimés en commission de la Justice de la Chambre. La fin du parcours parlementaire est marquée par une brusque mobilisation de l’opinion publique et par une radicalisation des positions au Parlement. L’auteure restitue la position des différents groupes politiques au moment du vote final à la Chambre en décembre 2005. L’adoption par des couples de même sexe dépasse largement les intérêts d’une minorité. Elle interpelle tout citoyen et l’interroge dans son rapport et ses attentes à l’égard de cette institution fondamentale qu’est la famille. À la jonction du privé et du public, la famille se dévoile ainsi comme un vaste chantier en évolution permanente, que ses membres, munis des outils disponibles, sont amenés perpétuellement à repenser, à redéfinir et à reconstruire.
Courrier hebdomadaire
Quinze ans de débats sur la reconnaissance légale des couples de même sexe
Courrier hebdomadaire n° 1860-1861, par David Paternotte, 81 p., 2004
Toute société développe un mode de gestion des sexualités. Pour comprendre les évolutions rapides que l’on a connues depuis une quinzaine d’années, David Paternotte se penche sur les documents des associations gays et lesbiennes qui ont revendiqué la reconnaissance de légale des couples de même sexe et sur les débats parlementaires préalable à l’adoption des lois sur la cohabitation légale et sur l’ouverture du mariage aux homosexuels. Il décortique les argumentations et les représentations des acteurs et met en lumière les normes et les chaînes de valeurs qui les sous-tendent. Au-delà de la diversité des positions, il s’attache à comprendre comment des arguments, comme par exemple le droit à la différence ou l’égalité de traitement, ont été combinés différemment selon les acteurs, voire au service de positions assez opposées. De même des arguments qui paraissaient à première vue similaires, par exemple sur la valeur du mariage, ont pris un sens extrêmement différent selon les représentations et les normes dans lesquelles ils ont été inscrits. La reconnaissance légale des couples de même sexe est loin d’avoir constitué le seul enjeu. Cette question a entraîné des débats beaucoup plus larges, et qui touchent à des aspects fondamentaux de la vie en société : l’organisation de l’intimité et de la vie relationnelle, la division public/privé, la conception, la place et la fonction de la famille, la définition de la laïcité, les limites posées à l’action du législateur et le rôle social du droit.
Courrier hebdomadaire
La création du Service fédéral des créances alimentaires. Histoire d’une revendication
Courrier hebdomadaire n° 1841-1842, par Marie-Thérèse Coenen, 77 p., 2004
Le 1er juin 2004, le Service des créances alimentaires créé par la loi du 23 février 2003 installait ses bureaux régionaux et ouvrait ses portes aux créanciers et créancières en quête d’une régularisation de leurs droits. Il s’agissait là de l’aboutissement d’une revendication politique des organisations féminines et féministes qui remonte aux années 1970, mais d’un aboutissement très partiel. La loi a été votée sous le gouvernement arc-en-ciel mais le gouvernement actuel a fait volte-face en limitant drastiquement la mission du service. Celle-ci ne porte en effet que sur le recouvrement des montants mensuels de la pension alimentaire et des arriérés au nom des bénéficiaires. Le paiement des avances sur créances non perçues, prévu par la même loi, est renvoyé à plus tard. En attendant, cette compétence reste du ressort des CPAS dans les conditions restrictives prévues par la loi du 8 mai 1989, qui avait été élaborée dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. Marie-Thérèse Coenen fait le point sur l’ensemble du processus politique en partant de la première proposition de loi déposée en 1974. Elle analyse les solutions préconisées au fil du temps et leur mise en œuvre très incomplète. Une large place est donnée au rôle qu’ont joué les associations de femmes et les mouvements familiaux mobilisés face au laxisme et à la tolérance dont font preuve les autorités publiques vis-à-vis du non-respect des obligations alimentaires. Dans sa conclusion Marie-Thérèse Coenen pose la question : pourquoi, malgré leur pression constante, les organisations non gouvernementales n’ont-elles réussi à infléchir que très tardivement et très partiellement le processus décisionnel ? Une réponse satisfaisante ne peut être apportée selon elle que si l’on adopte le point de vue d’une analyse de genre, c’est-à-dire une analyse qui tient compte du sexe des acteurs qui joue un rôle clé dans le processus de décision politique.
Courrier hebdomadaire
L’accord non marchand wallon 2000-2006
Courrier hebdomadaire n° 1814-1815, par Michel Davagle, 119 p., 2003
Le 16 mai 2000, les interlocuteurs sociaux concluaient avec le gouvernement wallon un « Accord-cadre pour le secteur non marchand wallon 2000-2006 ». Cet accord concerne l’ensemble des bénéficiaires d’un subventionnement de la Région wallonne accordé en vue d’apporter une aide à caractère social aux personnes et à la collectivité, que l’employeur soit public ou privé. Le volet principal de cet accord harmonise les salaires des travailleurs avec ceux du secteur hospitalier. La Région wallonne entend dégager des moyens financiers importants après une très longue période d’austérité budgétaire. Michel Davagle replace tout d’abord l’accord non marchand wallon dans le contexte des accords semblables conclus aux autres niveaux de pouvoir à la même période. Il aborde ensuite l’harmonisation salariale de manière générale avant d’évoquer les particularités de chacun des secteurs concernés et les mesures propres aux travailleurs relevant des programmes de résorption du chômage. L’auteur étudie ensuite deux dispositifs complémentaires chargés d’une haute valeur symbolique : les mesures spécifiques d’aménagement de fin de carrière et les dispositions particulières en faveur de certaines catégories d’ouvriers, des aides familiales et des ouvriers de production des entreprises de travail adapté. La formation professionnelle est un thème qui s’inscrit en filigrane dans ces mesures et qui souligne la plus-value apportée par un travail de qualité. L’accord non marchand wallon comporte des enseignements : il met en lumière certaines carences réglementaires et institutionnelles, il induit ou renforce certaines attentes du pouvoir subsidiant envers le secteur non marchand, il contribue à clarifier la situation de l’emploi dans des secteurs où la transparence n’était pas toujours présente.
Courrier hebdomadaire
La loi du 13 février 2003 ouvrant le mariage à des personnes de même sexe
Courrier hebdomadaire n° 1780, par Christelle Arend-Chevron, 41 p., 2002
Le 30 janvier 2003, la Chambre des représentants a adopté, à une large majorité, le projet de loi ouvrant le mariage à des personnes de même sexe. Dès son entrée en vigueur, les couples de même sexe pourront accéder au mariage et se voir, de facto, accorder les droits et devoirs y afférents. Ce principe ne souffre qu’une exception : celle de la filiation et de l’adoption, réservées aux couples de sexe différent. Dès l’annonce de l’adoption de l’avant-projet de loi par le Conseil des ministres, le gouvernement s’est vu adresser de nombreux reproches. Une partie de la société civile, le Conseil d’État ensuite, certains experts enfin ont critiqué le choix de la majorité, tantôt pour préserver la cohérence juridique, tantôt au nom de l’opportunité politique, mais aussi pour des raisons éthiques et sociales. Néanmoins, la majorité en place a réaffirmé sa volonté de porter le débat devant le Parlement et a déposé le projet de loi. Le processus législatif qui sous-tend cette loi suscite certaines questions auxquelles ce Courrier hebdomadaire tente d’apporter des éléments de réponse. Dans quel contexte l’émergence du projet de loi s’inscrit-il ? Pourquoi la Belgique s’est-elle engagée dans cette voie ? Comment le consensus a-t-il été trouvé au sein du gouvernement et quelle a été sa motivation ? Pourquoi l’avis négatif du Conseil d’État n’a-t-il pas été suivi ? Comment s’explique la controverse doctrinale sur la question juridique de l’ouverture du mariage à des personnes de même sexe ? Comment se sont positionnés les parlementaires des groupes politiques au Sénat et à la Chambre des représentants ? La prochaine législature s’orientera-t-elle vers l’ouverture du droit à l’adoption et à la filiation pour les couples homosexuels ? La première partie de ce Courrier hebdomadaire est consacrée à l’émergence de la volonté politique en vue d’accorder une reconnaissance aux couples homosexuels, sous l’ancienne législature avec la loi du 23 novembre 1998 instaurant la cohabitation légale, et, sous la présente coalition avec les initiatives parlementaires et l’avant-projet de loi du gouvernement. La deuxième partie examine les réflexions juridiques émises par le Conseil d’État et par la doctrine autour de trois axes : la question de la discrimination envers les couples homosexuels, la question du contenu de la figure juridique du mariage et la question du droit international privé. Enfin, la troisième partie relate les déclarations significatives des parlementaires. Les votes émis au Sénat et à la Chambre des représentants montrent des différences sensibles de comportement dans les familles libérale et sociale-chrétienne au Nord et au Sud du pays.
Courrier hebdomadaire
La réforme des procédures de divorce
Courrier hebdomadaire n° 1495, par Anne Devillé, Olivier Paye, 40 p., 1995
Le 1er octobre 1994 est entrée en vigueur une législation qui concerne directement un couple belge sur trois, soit un peu plus de 20.000 ménages par an. La nouvelle loi sur les procédures de divorce, adoptée par la Chambre le 30 juin 1994, est parue au Moniteur belge du 21 juillet de la même année. Laissant de côté les questions de fond telles que les causes et les effets du divorce, la réforme apporte en revanche des modifications importantes aux procédures régissant tant le divorce pour cause déterminée que le divorce par consentement mutuel. Ce numéro du Courrier hebdomadaire du CRISP se donne pour objectif d’en dresser un inventaire synthétique, en replaçant les apports de la réforme dans la perspective de l’évolution générale de la législation belge sur le divorce. Au cours de l’analyse du processus d’élaboration de la loi du 30 juin 1994, les aspects consensuels et dissensuels de la réforme seront présentés de manière séparée, avec pour but de mettre au jour des ’tendances lourdes’ qui auraient trait à la fois à la manière dont sont effectuées les réformes du droit de la famille en Belgique, ainsi qu’aux conceptions politiques de la famille qui sont en jeu lors de ces réformes.
Courrier hebdomadaire
L’adoption et l’abandon d’enfants mineurs
Courrier hebdomadaire n° 1337, par Christiane Paulis, 34 p., 1991
En vingt-neuf ans, la Belgique promulgua donc trois lois sur l’adoption centrées sur l’intérêt de l’enfant ; deux d’entre elles concernaient l’enfant abandonné. Pourtant si le nombre des parents candidats à l’adoption augmentait, celui des enfants abandonnés qui recevaient de leurs parents d’origine l’accord pour être adoptés restait très faible ; comme la procédure en refus abusif était rarement utilisée, beaucoup d’enfants étaient maintenus dans une situation précaire. Ces lois qui cherchaient à améliorer le sort des enfants sans famille ne concernèrent qu’un petit nombre d’entre eux. En général, ceux qui étaient « simplement assistes » et « oubliés » par leurs parents d’origine grandissaient dans les homes sans raison aucune d’en sortir. Il a fallu près de vingt ans pour qu’un nouvel « accord » puisse être dégagé sur l’adoption, l’abandon et l’adaptabilité, dont les termes font l’objet des deux lois de 1987, présentées dans ce numéro du Courrier hebdomadaire .
Courrier hebdomadaire
Les prestations familiales et le droit de l’enfant
Courrier hebdomadaire n° 1312-1313, par Alain Dubois, 53 p., 1991
En Belgique, la politique familiale est communautarisée à l’exception, entre autres, des allocations familiales qui visent à assurer un revenu de complément aux familles avec enfants en fonction de la situation professionnelle ou sociale de leur(s) parent(s). Pour les travailleurs salariés et les indépendants, les allocations familiales relèvent de la sécurité sociale. Pour les agents du secteur public, les allocations familiales sont intégrées dans les traitements. Il s’agit là d’une première difficulté à prendre en considération dans tout projet de réforme en cette matière. Actuellement, les projets de réforme des allocations familiales sont articulés autour du concept de droit de l’enfant. L’objectif est de généraliser les allocations familiales en détachant le droit à ces allocations du statut socio-professionnel des parents. Néanmoins, le droit de l’enfant ne fait pas l’unanimité. Ce Courrier hebdomadaire vise, dans une première partie, à préciser les éléments du débat en partant du fonctionnement du système des allocations familiales. Dans une deuxième partie, les finalités et les évolutions des prestations familiales, les enjeux sont situés dans une perspective historique. Enfin, dans une troisième partie, l’exposé des points de vue des acteurs sur les prestations familiales et le droit de l’enfant permet de déterminer les contours du débat politique sur l’ensemble des prestations familiales.
Courrier hebdomadaire
Les interlocuteurs sociaux face à la réforme de la sécurité sociale
Courrier hebdomadaire n° 1103-1104, par Philippe Defeyt, Pierre Reman, 51 p., 1985
En mai 1984, le CRISP publiait un Courrier hebdomadaire consacré aux positions des partis politiques face à la réforme de la sécurité sociale. Si cette question concerne les projets des partis politiques, elle engage la responsabilité des interlocuteurs sociaux qui ont été à la base de la création de la sécurité sociale après la guerre et qui la gèrent depuis lors. L’objectif de ce Courrier hebdomadaire est de faire le point sur les propositions des interlocuteurs sociaux en matière de réforme de la sécurité sociale. Pour ce faire, nous nous sommes basés sur la documentation délivrée par les différents interlocuteurs et, à défaut, nous avons consulté la presse de ces différents mouvements ainsi que les réponses qu’ils ont données au commissaire royal Dillemans, président de la Commission royale chargée de préparer la codification, l’harmonisation et la simplification de la législation relative à la sécurité sociale dans le cadre de la réforme globale de cette législation. Nous nous sommes limités aux interlocuteurs sociaux siégeant au Conseil national du travail, et consultés par le commissaire Dillemans, auxquels nous avons ajouté le Vlaams Economisch Verbond étant donné qu’il a exprimé une position originale par rapport à celle de la FEB. Afin de situer les positions des interlocuteurs sociaux dans une perspective plus large, sont présentées d’abord celles des différents partis à la lumière de la campagne électorale pour les élections du 13 octobre 1985. Ensuite sont rassemblées les propositions les plus significatives formulées par les différents interlocuteurs en respectant au mieux les angles d’approche qu’ils utilisent. Une lecture horizontale des positions des différents interlocuteurs sociaux est opérée en fonction de cinq questions majeures : la conception de base, la sélectivité, le financement, la privatisation et l’assurance maladie. Enfin une analyse comparée et une synthèse des propositions de différents partis et interlocuteurs sociaux complètent ce dossier.
Courrier hebdomadaire
La réforme des régimes matrimoniaux
Courrier hebdomadaire n° 837, par Bérengère Marques-Pereira, 31 p., 1979
Courrier hebdomadaire
La parenté responsable
Courrier hebdomadaire n° 652, par Viviane Hascal, 15 p., 1974
Courrier hebdomadaire
La naissance du Conseil national des parents, ses deux premières années d’activité (1970-1972)
Courrier hebdomadaire n° 608, par Jacques Collignon, Christiane Hoyaux, 24 p., 1973