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Livres

Lever l’impôt en Belgique. Une histoire de combats politiques (1830⁠-⁠1962)

Livre, par Simon Watteyne, 424 p., 2023

Lever l’impôt, expression consacrée depuis le Moyen Âge, constitue un acte souverain crucial. Créer, augmenter, diminuer ou supprimer des impôts et prévoir les moyens nécessaires pour les collecter… Ces décisions traduisent les grandes orientations du pouvoir en place et lui permettent de déterminer ses choix politiques fondamentaux. Elles ont aussi des effets sur la répartition des richesses et sur les inégalités. Simon Watteyne présente de manière précise et claire les débats qui ont animé le sujet depuis l’indépendance de la Belgique jusqu’à la mise en place du système actuel. Il retrace les circonstances, notamment internationales, qui ont marqué chaque époque. Il cerne les profondes divergences entre courants politiques qui ont forgé et transformé le système fiscal belge. Et il souligne l’influence des milieux industriels, financiers et sociaux sur les décisions prises, ainsi que le rôle de l’administration fiscale et de ses principaux dirigeants. Ainsi, dès le XIX e siècle, la Belgique a été marquée par une fiscalité faible, lui offrant une attractivité grandissante pour les fortunes étrangères. Au siècle suivant, le pays a évolué vers un État-providence caractérisé par une augmentation constante de la pression fiscale sur le travail ainsi que par la prédominance d’une fiscalité attractive pour le capital. En mettant au jour les fondements des positionnements des acteurs politiques et socio-économiques actuels, c’est à une relecture véritablement politique de l’histoire de la fiscalité qu’invite cet ouvrage et, inversement, à la prise en compte de la dimension fiscale dans l’analyse politique. Cet ouvrage a reçu le Prix Jean Stengers 2022 décerné par la Classe des Lettres et des Sciences morales et politiques de l’Académie royale de Belgique.

Les @nalyses en ligne

« Une démocratie sans utopie se meurt »

interview de Vincent de Coorebyter par Michel Bouffioux, parue sur parismatch.be, dimanche 24 septembre 2023

Élections européennes, fédérales, régionales et communautaires : le 9 juin 2024, les citoyens émettront entre un et quatre votes en Belgique. Retour sur quelques enjeux de cette date importante de notre vie démocratique.

Podcasts

Voyage au cœur du pouvoir : le KERN. Quatre lettres qui en disent beaucoup sur la vie politique belge

intervention de Jean Faniel diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 15 septembre 2023

Réécoutez ‘L’actualité en 3D. Décrypter, débattre et discuter avec le CRISP’, émission proposée dans le cadre du partenariat avec Radio Panik. Au menu de l’émission présentée par Julien Pieret : 1° Jean Faniel : Voyage au coeur du pouvoir : le kern. 2° ‘vice-Premier ministre’, une nouvelle définition extraite du Vocabulaire politique. 3° Le tour des dernières parutions du CRISP, avec Jean Faniel et Cédric Istasse.

Courrier hebdomadaire

Schild & Vrienden

Courrier hebdomadaire n° 2566-2567, par Benjamin Biard, Serge Govaert, 71 p., 2023

C’est en septembre 2018 que, à la suite d’un reportage télévisé, le grand public découvre l’existence de Schild & Vrienden. Ce mouvement de jeunesse, qui se réclame de la droite nationaliste flamande, a été créé sur les réseaux sociaux au début de l’année précédente par Dries Van Langenhove, alors étudiant à l’Université de Gand. Très rapidement, Schild & Vrienden acquiert une importante visibilité – y compris au-delà des frontières belges –, en même temps qu’il devient l’un des principaux mouvements d’extrême droite de Flandre. Notamment, son fondateur et leader participe aux élections fédérales du 26 mai 2019 (sur une liste Vlaams Belang) et décroche un siège à la Chambre des représentants. Il démissionne toutefois de son mandat de député en février 2023, dans le cadre de la perspective d’un procès pour négationnisme. Ce Courrier hebdomadaire dresse un portrait complet de Schild & Vrienden, depuis ses origines jusqu’à aujourd’hui. Il retrace les étapes qui ont jalonné son existence, qu’elles aient favorisé son essor ou qu’elles l’aient perturbé. Il analyse les différents aspects du mouvement : l’idéologie qu’il véhicule, les formes de militantisme qu’il pratique, les sources de financement dont il dispose, ou les liens qu’il entretient avec d’autres organisations d’extrême droite en Belgique et à l’étranger. Est également étudiée la façon dont les services de renseignement et de sécurité, la justice et le monde politique réagissent à son développement et à ses activités. Une attention particulière est réservée à D. Van Langenhove, et notamment à son passage sur la scène politique.

Courrier hebdomadaire

L’année politique 2022 au niveau fédéral

Courrier hebdomadaire n° 2563, par Caroline Sägesser, 50 p., 2022

Ce Courrier hebdomadaire retrace les faits saillants de l’année 2022 qui ont concerné le gouvernement belge et qui ont alimenté l’actualité politique au niveau fédéral. Cette année devait être une année capitale pour le gouvernement De Croo, avant que l’échéance électorale prévue le 9 juin 2024 ne vienne entraver son action et sa capacité à dégager des accords. Cependant, une actualité internationale dramatique – la guerre en Ukraine – et ses conséquences – la flambée des prix de l’énergie et le retour d’une forte inflation – ont bouleversé le programme de l’exécutif et compliqué son action. En outre, l’hétérogénéité de l’équipe s’est avérée difficile à surmonter, et le gouvernement a été déclaré en danger à plusieurs reprises. Caroline Sägesser examine ici les modifications intervenues dans la composition du gouvernement De Croo, et passe en revue les principaux événements auxquels celui-ci a été confronté au cours de l’année 2022 (crise sanitaire, énergie, fiscalité, pensions, marché du travail, immigration, justice, budget, sécurité, concertation sociale, cultes…). Elle propose aussi un retour sur l’évolution de la cohésion de cette majorité singulière, qui se compose de plus de partis qu’aucune autre avant elle dans l’histoire de la Belgique.

Les @nalyses en ligne

Les syndicats en Belgique : l’illusion de la puissance ?

par Jean Faniel et Pierre Blaise, paru sur institutmontaigne.org, 25 juillet 2023

En mars 2023, un conflit social d’une ampleur inédite éclate au pays de la concertation sociale : la Belgique. Cet épisode de grèves serait-il révélateur d’un tournant pour le syndicalisme et le dialogue social ? Dans le cadre du Tour d’Europe des syndicats opéré par l’Institut Montaigne, cet article met ces évolutions récentes en perspective d’une histoire longue et d’une culture syndicale bien spécifique, en quête de repères pour les années à venir…

Les @nalyses en ligne

« Le gros échec de la Vivaldi, c’est de ne pas avoir réussi à démontrer que la Belgique fédérale fonctionnait encore »

interview de Caroline Sägesser par Elise Legrand, parue dans Levif.be, 13 juillet 2023

Comme un air de déjà-vu. En juillet 2022, l’année politique se soldait par un accord au forceps sur la réforme des pensions. Un an plus tard, l’épilogue de la Vivaldi, saison 3, est identique : début juillet 2023, les sept partenaires de la majorité ont accouché d’un nouveau texte régissant le système des retraites. Si le dénouement est le même, le scénario du film vivaldien 2022-2023 a tout de même apporté son lot de surprises et de spécificités. L’année politique écoulée a été maigre en accords, mais riche en démissions. Plus que jamais, l’opposition a été pugnace et combative. Retour sur ces dix derniers mois politiquement intenses pour le gouvernement De Croo, qui allie les socialistes, les libéraux, les écologistes, ainsi que les chrétiens-démocrates flamands.

Courrier hebdomadaire

Au cœur du pouvoir : le kern

Courrier hebdomadaire n° 2560-2561, par Jean Faniel, Caroline Sägesser, 79 p., 2022

Certains organes du pouvoir politique, bien que jouant un rôle de tout premier plan, sont largement inconnus du grand public. Même si leur action constitue un rouage central du fonctionnement de l’État, elle n’est mise en lumière qu’à l’occasion, que ce soit dans la presse ou dans les études scientifiques. Ainsi en va-t-il du kern. De nos jours, il réunit autour du Premier ministre les chefs de file de chacun des partis formant la coalition fédérale, c’est-à-dire les vice-Premiers ministres. Habituellement, ceux-ci sont en outre les membres du gouvernement fédéral qui détiennent les compétences les plus importantes. Le rôle de ce noyau est capital puisque c’est en son sein que sont prises la plupart des décisions majeures qui concernent la Belgique. Pourtant, le kern se déploie dans une grande discrétion et n’a pas toujours eu cette physionomie. En outre, il est aujourd’hui un organe informel : aucun texte juridique ne règle ses missions, sa composition ou son organisation. En français, son nom même est fluctuant : « Conseil des ministres restreint » ou « Comité ministériel restreint ». Par le passé, ses prédécesseurs ont également été appelés au fil du temps « Cabinet de la politique générale », « Comité de coordination politique », « Cabinet restreint » ou « Comité ministériel de politique générale ». Ce Courrier hebdomadaire sort le kern de l’ombre. Grâce à un regard vers le passé et une analyse de la situation présente, il détermine quelles sont les coutumes qui le régissent, et comment il s’est peu à peu mis en place et a changé de composition. Il examine aussi le profil des vice-Premiers ministres, notamment sous l’angle de leur répartition linguistique, politique et de genre. Une comparaison avec les gouvernements de Région et de Communauté complète le texte.

Courrier hebdomadaire

Les législations visant à favoriser la participation politique des femmes : évolutions et effets (1994⁠-⁠2022)

Courrier hebdomadaire n° 2557-2558-2559, par Cédric Istasse, 141 p., 2022

Depuis 1994, des réformes législatives successives ont visé à appuyer – et cela d’une façon de plus en plus marquée – la présence des femmes aux différents niveaux de pouvoir en Belgique. C’est ainsi que, par exemple, les listes de candidats aux élections doivent comporter de nos jours un nombre égal de femmes et d’hommes. Parfois, le système de la « tirette » est même de mise. Quant à eux, les organes exécutifs sont tenus de compter au moins une femme dans leurs rangs – voire, pour certains d’entre eux, d’être composés d’au moins un tiers de femmes. Ce Courrier hebdomadaire fait état de l’évolution des législations adoptées en Belgique avec pour objectif de favoriser la représentation des femmes en politique, que ce soit par l’instauration de quotas ou par l’imposition d’une obligation de mixité voire de parité. Ce faisant, il offre également un panorama des règles qui sont actuellement en vigueur. Ensuite, il procède à une analyse des effets des législations considérées, respectivement pour les organes législatifs et pour les organes exécutifs. Concrètement, il étudie l’évolution de la proportion de femmes élues lors des différents scrutins, ainsi que celle de la proportion de femmes siégeant dans les instances exécutives. Sont envisagés tout à la fois le niveau européen, le niveau fédéral, le niveau régional et communautaire, le niveau provincial et le niveau communal. Le propos est appuyé par une centaine de tableaux et graphiques. Dans la mesure du possible, des ventilations par formation politique (ainsi que, le cas échéant, par communauté linguistique) sont réalisées.

Les @nalyses en ligne

Y aura⁠-⁠t-il une septième réforme de l’État ?

interview de Caroline Sägesser et Vincent Lefebve par Julien Pieret, parue sur e-legal. Revue de droit et de criminologie de l’Université libre de Bruxelles, n° 7, avril 2023, e-legal.ulb.be

Le fédéralisme belge se distingue, notamment, par sa dimension évolutive : régulièrement, via ce que l’on appelle une réforme de l’État, l’architecture institutionnelle de la Belgique fédérale est revue, affinée, approfondie, complexifiée ou, plus rarement, simplifiée. À ce jour, six réformes de l’État ont eu lieu en Belgique (1970-1973, 1980-1983, 1988-1990, 1992-1993, 2001, 2012-2014), chaque réforme portant en germe les axes de la suivante. Fruit d’arbitrages politiques subtils adoptés à la suite de négociations interminables et souvent confidentielles, chaque réforme de l’État stabilise un temps le rapport de force qui préside aux relations entre les différentes composantes de l’État fédéral belge et entre les principales formations politiques du pays. La dernière réforme de l’État, consécutive de la fameuse crise dite des « 541 jours », a frappé les imaginations par la dramatisation du contexte politique dans lequel elle fut entamée, par l’importance des nouvelles compétences désormais attribuées aux Communautés et aux Régions et, surtout, par la levée d’un tabou persistant : le fait de confier aux Communautés la gestion autonome d’un pan de notre sécurité sociale, à savoir les allocations familiales. Près de dix ans après l’atterrissage de cette réforme, la question d’une éventuelle septième réforme de l’État se pose. Quels sont les projets sur la table ? Quelles sont les perspectives tracées par l’actuel gouvernement fédéral ? Une telle réforme apparaît-elle inéluctable ? Et si oui, quels devraient en être les axes ?

Les @nalyses en ligne

« En cas d’urgence, l’associatif et les citoyens sont parfois plus efficaces »

interview de Jean Faniel par Laurence Van Ruymbeke, parue dans Le Vif, 13 avril 2023, p. 39-41

Faute de moyens et de volonté politique, l’État ne répond pas présent sur tous les fronts. L’associatif et les citoyens prennent alors le relais. La densité et l’efficacité du tissu associatif belge ne tombent pas du ciel. Ses racines sont plongées dans une histoire déjà longue, ce qui en fait un acteur majeur du fonctionnement du pays. Pour autant, l’État peut-il prendre l’habitude de s’appuyer sur le monde associatif pour se décharger de ses missions ? Au point de perdre le contact avec les réalités que vit la population ? La solidarité est belle, mais le danger est réel.

Podcasts

La Belgique face aux crises

intervention de Vincent Lefebve diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 10 avril 2023

Aujourd’hui, c’est le 50e épisode de L’Actualité en 3D, le rendez-vous mensuel de décryptage de l’actualité politique que nous vous proposons en partenariat avec le CRISP, le Centre de recherche et d’information socio-politiques. Pour cet épisode jubilaire, nous allons tenter de prendre un peu de hauteur en croisant deux thématiques qui ont été centrales lors des 49 épisodes précédents de L’Actualité en 3D, en associant deux des fils rouges tissés par cette succession d’émissions. Premier fil rouge : la Belgique fédérale dont le système institutionnel et politique a été au cœur de nombreux épisodes. Une Belgique dont nous avons évoqué l’histoire à travers ses symboles et autres emblèmes, une Belgique dont l’architecture fédérale a été au cœur de l’émission de septembre 2021, une Belgique dont certaines composantes – la Région bruxelloise ou la Communauté germanophone – ont été présentées par nos soins, une Belgique politique dont nous avons étudié certains des piliers à travers nos émissions consacrées aux familles politiques libérales ou sociales-chrétiennes et dont nous avons également analysé certains dispositifs politiques décisifs ces dernières années, comme celui dit des affaires courantes ou en analysant les modalités de formation ou de démission d’un gouvernement. Deuxième fil rouge de L’Actualité en 3D : la notion de crise. Des crises qui s’accumulent et se superposent comme nous l’avons encore constaté lors de notre émission bilan de l’année 2022. Mais souvenez-vous que notre première émission était consacrée à une crise politique, celle survenue en Région wallonne à l’été 2017. Et puis, l’actualité nous a conduit à envisager la crise due au Brexit, la crise climatique et énergétique notamment avec Fabienne Collard, la crise du pouvoir d’achat au cœur de notre émission consacrée à l’accord interprofessionnel, puis évidemment la crise sanitaire à laquelle nous avons consacré pas moins de trois émissions. Et donc pour cette 50e émission, nous allons nous demander dans quelle mesure l’apparition d’une crise teste et met à l’épreuve notre système institutionnel et politique, dans quelle mesure une crise révèle les failles mais aussi les ressources que notre système présente. Comment nos autorités politiques font face aux crises ? Une crise constitue-t-elle un facteur d’unité, de rassemblement des différentes forces sociales et politiques qui constituent la Belgique ou à l’inverse, une crise accentue-t-elle les nombreuses divisions communautaires ou idéologiques qui traversent la Belgique depuis ses origines ? Voilà en quelques mots la question générique qui sera au cœur de cette émission et pour y répondre, nous aurons le plaisir de recevoir Vincent Lefebve, philosophe, juriste et chargé de recherche pour le CRISP.

Les @nalyses en ligne

« Opération militaire spéciale » : un exemple d’euphémisme en temps de guerre

par Cédric Istasse, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 24 février 2023

Nommer une réalité, c’est lui permettre d’exister dans les esprits. Mais souvent, c’est aussi – voire surtout – tenter d’influencer la façon dont cette réalité sera perçue et pensée et, donc, d’influer sur la manière dont elle existera et se déploiera. Sans surprise, les temps de guerre sont dès lors l’une des circonstances dans lesquelles l’acte de nommer revêt une pleine dimension politique. Au point que certains régimes, comme celui qui est aujourd’hui à la tête de la Russie, entendent l’accaparer car ils y voient, plus qu’une simple faculté, un élément de pouvoir.

Les @nalyses en ligne

Quels remèdes au grand blues des Belges ?

par Caroline Sägesser, paru sur revuepolitique.be, 2 février 2023

Lundi 23 janvier. La presse dévoile le contenu de l’enquête Noir Jaune Blues 5 ans après, une étude réalisée par la fondation Ceci n’est pas une crise et basée sur un sondage réalisé en juillet 2022. Noir Jaune Blues brosse un portrait peu réjouissant de notre moral, et dessine les contours d’une société belge qui n’a plus confiance dans les institutions démocratiques et qui glisse vers la tentation d’un régime autoritaire.

Les @nalyses en ligne

Élus et citoyens face à l’éthique politique et à l’environnement

interview de Vincent de Coorebyter par Antoine Clevers et Stéphane Tassin, parue dans La Libre Belgique, 31 décembre 2022, p. 8-10

À la fin de l’année 2022, le Parlement wallon a été secoué par un ensemble de révélations rapidement qualifiées d’« affaires ». À Bruxelles, ce sont notamment le plan Good Move et les contestations qu’il a suscitées qui ont marqué l’actualité. À travers ces deux cas, Vincent de Coorebyter analyse les rapports qu’entretiennent les élus et les citoyens, en particulier face à des questions aussi sensibles que l’éthique politique et l’environnement.

Les @nalyses en ligne

« 2023 ne doit pas être une année perdue »

interview de Jean Faniel par Quentin Joris, parue dans L’Écho, 28 décembre 2022, p. 6-7

Après un millésime politique 2022 marqué par un « empilement de crises » et lors duquel il est parfois devenu difficile de rester optimiste, que nous réserve 2023 ? Cette interview revient sur l’année politique écoulée et aborde celle qui s’annonce : une année préélectorale au cours de laquelle les défis ne manqueront pas.

Podcasts

L'année politique 2022. Retour sur un empilement de crises

intervention de Jean Faniel et Caroline Sägesser diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 9 janvier 2023

Alors que nous espérions vivre une année 2022 plus calme que les deux précédentes, les crises se sont enchaînées, cumulées, entrechoquées, empilées tout au long de ces douze derniers mois. Il a d’abord fallu continuer de gérer la crise sanitaire qui, encore aujourd’hui, continue de planer à l’heure où la Chine connaît un nouveau boom épidémique. Puis, il y eut la crise ukrainienne avec cette guerre manifestement née pour durer et dont les conséquences géopolitiques demeurent incertaines. Dans son sillage, ce fut la crise énergétique, l’explosion des tarifs du gaz et de l’électricité et, en Belgique, la menace sourde d’une pénurie en cas de forte demande. Mais plus largement, c’est une crise économique que nous traversons depuis plusieurs mois avec un taux d’inflation record (inédit depuis 1975), un chômage demeurant important et, paradoxalement, une pénurie de main-d’œuvre constatée dans plusieurs secteurs d’activités. Depuis plusieurs mois, la Belgique connaît en outre une (énième) crise de l’accueil des personnes migrantes, dont le déroulé met à l’épreuve les principes de tout État de droit démocratique. Enfin, alors que l’année 2022 fut l’année la plus chaude jamais enregistrée, la crise climatique fait craindre le pire pour les générations futures… ou même actuelles . Face à ces différentes crises, quelles ont été les exigences de la société civile et les réponses de nos autorités politiques ? Comment, plus généralement, les partis politiques belges ont-ils vécu cette année 2022 ? Pour en débattre, nous aurons le plaisir de recevoir Jean Faniel et Caroline Sägesser, tous deux membres du CRISP, le Centre de recherche et d’information socio-politiques, le partenaire de notre émission.

Courrier hebdomadaire

La formation de l’« espace » belge

Courrier hebdomadaire n° 2538, par Xavier Mabille, 49 p., 2022

Xavier Mabille est décédé le 24 décembre 2012. Afin de lui rendre hommage en ce dixième anniversaire de sa disparition, le CRISP publie un texte inédit de cet auteur clairvoyant et prolifique, tout à la fois politologue et historien, qui fut l’un de ses principaux responsables pendant plus d’un demi-siècle et sa figure la plus connue. Dans ce texte, Xavier Mabille étudie le processus de formation de l’espace belge, du Moyen Âge au lendemain de la Première Guerre mondiale, afin notamment de montrer combien « l’établissement des frontières de la Belgique n’a pas été le fruit du sentiment des populations concernées ». Cet écrit constituait le premier chapitre d’une étude menée dans la première moitié des années 1980 et intitulée Recherche relative à l’évolution de la société et des institutions en Belgique . Mais lorsque celle-ci avait été convertie en ce qui allait bientôt devenir l’ouvrage le plus célèbre de Xavier Mabille – son Histoire politique de la Belgique. Facteurs et acteurs de changement , qui est aujourd’hui encore une référence majeure dans la littérature scientifique belge –, le choix avait été posé de ne pas conserver ce chapitre sur la « pré-histoire » de l’État belge. Aujourd’hui, il est édité pour la première fois, et devient ainsi le 140 e   Courrier hebdomadaire répertorié de celui qui fut le rédacteur en chef de cette revue de 1968 à 1983, avant de participer à la direction du CRISP jusqu’en 1999 et d’en être le président jusqu’en 2012. Ce volume est complété par la bibliographie de Xavier Mabille.

Livres

Questions d’histoire politique de Belgique. Liber Amicorum Paul Wynants

Livre, par Cédric Istasse, Bruno Colson, Jérémy Dodeigne, Martine Paret, Isabelle Parmentier, Axel Tixhon, 262 p., 2022

Cet ouvrage rend hommage à l’historien Paul Wynants (1954-2018), professeur à l’université de Namur et administrateur du CRISP. En évocation de quelques-uns des centres d’intérêt de Paul, ce liber amicorum est composé de dix études, relatives à l’introduction de la « nouvelle histoire » en Belgique entre 1929 et 1956 (Els Witte), au sentiment national des Belges au service de l’Autriche dans la seconde moitié du XVIIIe siècle (Bruno Colson) et des vétérans belges des armées napoléoniennes (Cédric Istasse), à la loi du 4 mars 1870 sur le temporel des cultes (Caroline Sägesser), à la constitution des groupes spécifiques de jeunes dans les structures syndicales belges (Jean Faniel), au « Programme de Noël 1945 » du Parti social chrétien (Emmanuel Gerard), à la couverture médiatique d’une manifestation catholique organisée le 26 mars 1955 dans le cadre de la seconde guerre scolaire (Anne Roekens), aux clivages politiques qui divisent la société belge (Vincent de Coorebyter), aux évolutions de la particratie en Belgique (Petra Meier et Jean-Benoit Pilet) et aux dimensions de l’attractivité des mandats parlementaires wallons (Jérémy Dodeigne). Il compte aussi une nouvelle ayant trait au débat juridique qui a agité la Belgique de la seconde moitié du XIXe siècle autour de la question de l’absence de personnalité morale des congrégations religieuses (Michel Coipel). Enfin, l’ouvrage comporte un article inédit de Paul Wynants, consacré au délitement du lien partisan.

Les @nalyses en ligne

Cinq thèses sur les clivages

par Vincent de Coorebyter, paru sur B. Colson, J. Dodeigne, C. Istasse, M. Paret, I. Parmentier, A. Tixhon  (dir.), Questions d’histoire politique de Belgique. Liber Amicorum Paul Wynants, Bruxelles/Namur, CRISP/UNamur, 2022, p. 169-180

Paul Wynants n’a pas marqué de son empreinte la théorie des clivages. En bon historien, il se méfiait des grandes constructions théoriques et ne se sentait pas voué à renouveler la doctrine. Il a par contre contribué à lui donner du sens grâce à une longue série d’études touchant de près ou de loin à la dynamique des clivages. Résumer la substance de ces quelque cinquante publications dépasse nos capacités. C’est pourquoi nous avons choisi d’en donner une image sélective, centrée sur un petit nombre de thèses qui n’ont pas été explicitement défendues par Paul Wynants, mais qui émergent au fil de ses travaux – soit qu’elles les sous-tendent, soit qu’elles en forment les conséquences.

Les @nalyses en ligne

« Les excès de com’ sont liés à la faiblesse électorale de tous les partis de la Vivaldi »

interview de Vincent de Coorebyter par Corentin Di Prima, parue dans L’Écho, 1er octobre 2022

Le gouvernement De Croo souffle ses deux bougies. Un bébé né au forceps le 1er octobre 2020 après une grossesse compliquée de 494 jours. Comment se porte-t-il deux ans plus tard ? Analyse avec Vincent de Coorebyter.

Podcasts

Vers une septième réforme de l’État belge ? Exercice de prospective institutionnelle

intervention de Caroline Sägesser et Vincent Lefebve diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 10 octobre 2022

Mise entre parenthèse depuis la négocation (2010-2011) et l’entrée en vigueur (2014) de la sixième réforme de l’État belge, la question d’une nouvelle réforme de notre système fédéral risque assurément de revenir au premier plan de l’actualité politique dans la perspective des élections fédérales et régionales qui se dérouleront en mai 2024. Que signifie l’expression "réforme de l’État" et pourquoi y’en a-t-il eu plusieurs en Belgique ? Pourquoi une nouvelle réforme de l’État apparait nécessaire aux yeux de certaines formations politiques alors que d’autres semblent douter de sa pertinence ? Quels seraient les enjeux d’une telle réforme ? Quels sont les projets institutionnels actuellement débattus au sein du gouvernement fédéral ou des différents parlements du pays ? Qu’est-ce que l’opération "un pays pour demain" et est-elle susceptible de rompre avec la façon habituelle dont notre classe politique débat de l’avenir de la Belgique ? L’hypothèse d’une scission de l’État belge en plusieurs nations indépendantes est-elle crédible ? En vue de répondre à toutes ces questions, nous aurons le plaisir de recevoir Vincent Lefebve, philosophe et juriste, et Caroline Sägesser, historienne, et tous deux chargés de recherche pour le Centre de recherche et d’information socio-politques (CRISP).

Courrier hebdomadaire

Archives et gouvernance de l’information à l’ère numérique

Courrier hebdomadaire n° 2530-2531, par Florence Gillet, 79 p., 2022

Publiques ou privées, courantes ou définitives, en format papier ou numérique, les archives sont omniprésentes. Leur intérêt et leur utilité dépassent amplement la sphère des historiens et autres chercheurs en sciences humaines. Car, contrairement à une idée reçue, les archives n’ont pas seulement une valeur historique ou patrimoniale. Elles constituent autant de traces susceptibles de servir de preuve, de témoignage, de caution, de justification. Ainsi, une archive peut être cruciale pour le bon fonctionnement d’une administration, d’une entreprise ou d’une association. À un niveau plus général, les archives de l’État participent de la bonne marche d’une démocratie. Dès lors, les archives nécessitent la mise en place de processus de suivi et de préservation : authentification, validation, tri, classement, conservation, valorisation, etc. Ces processus ne prennent pas place uniquement en fin de parcours mais se doivent d’être envisagés dès la création du document. Or plusieurs événements récents ont montré que la gestion des archives a été largement négligée jusqu’à présent par les responsables politiques ainsi que par nombre d’acteurs de la société civile et du monde économique. Ce Courrier hebdomadaire brosse un portrait général des enjeux liés à la gouvernance des archives afin d’en montrer la complexité et la richesse, la variété des défis à relever (en particulier dans le contexte actuel d’essor des nouvelles technologies) ainsi que les multiples facettes des métiers concernés. La problématique est étudiée sous le prisme de la Belgique francophone, avec néanmoins la volonté de s’inscrire dans un contexte plus général, à la fois belge et international. Il s’agit notamment de faire état des législations existant en la matière et de pointer leurs carences et lacunes.

Podcasts

Quels sont les symboles et emblèmes de l’État belge et de ses composantes ? Introduction à la vexillologie et à l’héraldique

intervention de Cédric Istasse diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 12 septembre 2022

C’est la rentrée de l’Actualité en 3D, l’émission de décryptage de l’actualité politique réalisée en partenariat avec le CRISP, le Centre de recherche et d’information socio-politiques ! Et pour inaugurer cette sixième saison, nous traiterons d’une thématique en apparence anecdotique mais qui, en réalité, nous renvoie aux manifestations les plus immédiates du pouvoir et à la façon dont il se donne à voir. En effet, nous envisagerons les symboles et les emblèmes de l’État belge et de ses composantes fédérées. D’où viennent les trois couleurs de notre drapeau national ? Pourquoi le lion apparait-il régulièrement sur différents emblèmes belges ? Quand les wallons se sont-ils pris d’affection pour le coq ? Quelle est l’origine du choix de l’iris comme symbole de la Région bruxelloise ? Autant de questions qui nous initieront à l’art subtil de la vexillologie et de l’héraldique, soit l’étude respective des drapeaux et des emblèmes et auxquelles nous tâcherons de répondre en compagnie de Cédric Istasse, chargé de recherche au CRISP, rédacteur en chef du Courrier hebdomadaire et surtout historien féru de la petite et de la grande histoire.

Les @nalyses en ligne

Gouvernements minoritaires en Belgique et en France : pratiques et réticences

par Cédric Istasse et Théo Pureur, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 14 juillet 2022

Depuis les élections législatives des 12 et 19 juin derniers, la France connaît une situation rare dans son histoire : celle d’un gouvernement minoritaire, c’est-à-dire un gouvernement composé de formations politiques qui ne disposent pas ensemble d’une majorité absolue des sièges au parlement. L’existence d’un gouvernement minoritaire n’a rien d’exceptionnel. Cette configuration politique se présente fréquemment dans divers États européens. En France, elle n’est pas non plus inédite. En Belgique, la pratique des gouvernements minoritaires est certes moins exceptionnelle qu’en France, mais elle demeure malgré tout fort rare. À titre de mise en perspective de la situation politique – vécue comme atypique – qui prévaut actuellement à Paris, cette @nalyse du CRISP en ligne propose tout d’abord de retracer les différentes expériences de gouvernement minoritaire qui se sont produites dans l’histoire politique belge depuis 1945. Ensuite, elle tente d’expliquer les réticences qui peuvent être observées quant à la mise en place d’exécutifs minoritaires tant en France qu’en Belgique. Au-delà des différences que présentent les systèmes politiques français et belge, il s’avère en effet que ceux-ci sont tous deux animés par une même culture politique à cet égard, qui privilégie fortement la pratique des gouvernements majoritaires.