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Courrier hebdomadaire

L’adoption de la « loi trans* » du 25 juin 2017. De la stérilisation et la psychiatrisation à l’autodétermination

Courrier hebdomadaire n° 2505, par Dimitri Tomsej, David Paternotte, 47 p., 2021

Les personnes transgenres (ou « trans* ») sont les personnes qui ne s’identifient pas au sexe/genre (homme ou femme) qui leur a été assigné à la naissance. En Belgique, les droits de ces personnes ont connu diverses avancées notables en matière de modification de l’enregistrement du sexe dans les actes de l’état civil. La loi du 10 mai 2007 a mis fin au vide juridique qui prévalait jusqu’alors. Cependant, elle a conditionné le changement d’état civil à une approbation psychiatrique, au recours à une chirurgie génitale stérilisante et au suivi d’un traitement hormonal de substitution. La loi du 25 juin 2017 a aboli ces éléments, sans toutefois satisfaire pleinement les associations de défense des droits des personnes trans*. C’est à leur demande que, deux ans plus tard, la Cour constitutionnelle a estimé que le législateur doit rendre le changement d’état civil révocable et supprimer l’alternative binaire relative à l’enregistrement de la mention du genre. Ce Courrier hebdomadaire étudie le processus d’adoption de la loi de 2017 et tente notamment de comprendre comment, de manière contre-intuitive, celle-ci a été proposée par un gouvernement fédéral de centre-droit. Pour ce faire, il se penche sur les développements internationaux, les mobilisations de la société civile et l’action des décideurs politiques.

Courrier hebdomadaire

Les votes nominatifs à la Chambre des représentants (I). Évolution des règles en vigueur (1831⁠-⁠2020)

Courrier hebdomadaire n° 2501-2502, par Frederik Verleden, 57 p., 2021

Dans toute assemblée parlementaire, les processus décisionnels se déroulent selon des procédures bien précises. Celles-ci sont soit imposées par la Constitution ou la loi, soit fixées dans le règlement de l’assemblée, soit consacrées par l’usage. Leur application n’est pas absolue, la pratique parlementaire s’écartant parfois des textes ou de la coutume. Ces procédures connaissent aussi des évolutions formelles, qui reflètent les rapports de force politiques du moment et souvent visent à pérenniser voire à renforcer ceux-ci. C’est lors des votes que les procédures exercent leur principale influence sur les décisions prises par les parlementaires. En effet, elles déterminent tout à la fois le mode de déroulement du vote, le nombre de voix que le texte soumis au vote doit obtenir pour être adopté, et les critères de validité de celles-ci. À cet égard, la question du recours ou non au vote nominatif (c’est-à-dire par appel nominal) revêt une importance toute particulière, de même que celle de la mise en application concrète de cette modalité. Ce Courrier hebdomadaire étudie les prescrits et les pratiques qui entourent le vote nominatif au sein de la Chambre des représentants. Il examine successivement le cadre constitutionnel, les majorités qualifiées dont la Chambre doit tenir compte en vertu de la Constitution ou de la loi, et les règles et usages propres à cette assemblée (notamment en matière de publication des votes et d’abstention).

Courrier hebdomadaire

Les votes nominatifs à la Chambre des représentants (II). Usages parlementaires et votes des groupes (1995⁠-⁠2019)

Courrier hebdomadaire n° 2503-2504, par Frederik Verleden, 107 p., 2021

Entre les élections fédérales du 21 mai 1995 et celles du 26 mai 2019, la Chambre des représentants a procédé en séance plénière à pas moins de 13 397 votes nominatifs valables. Outre qu’ils ont conduit à l’adoption de nombreux textes (dont, au final, plusieurs milliers de lois) et au rejet de beaucoup d’autres, les résultats de ces votes révèlent les évolutions de l’état des rapports de force politiques au sein de l’assemblée parlementaire durant ces six législatures. Pour analyser ces votes, ce Courrier hebdomadaire procède par une approche chiffrée à trois niveaux : celui de la Chambre des représentants, celui des députés et celui des groupes politiques – et, par extension, des partis politiques. En effet, le résultat d’un vote, quel qu’en soit le type, conduit à une décision qui lie l’ensemble de la Chambre et à laquelle l’opposition doit se plier. Il importe donc de se demander combien de fois l’assemblée vote et sur quels objets, si elle était au complet, etc. Mais le scrutin nominatif permet également de se focaliser sur le député pris individuellement, le vote émis par chaque parlementaire étant enregistré et mentionné dans les comptes rendus de séance. Enfin, la réalité politique veut qu’un député, de façon générale, agisse en tant que membre d’un groupe politique ; dès lors, il est intéressant de mesurer le degré de discipline de parti qui prévaut lors d’un vote nominatif.

Podcasts

La Belgique : un Etat fédéral singulier

intervention de Jean Faniel et Cédric Istasse diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 13 septembre 2021

On l’appelle lasagne ou mille-feuilles, dédale ou labyrinthe... Elle accumule les couches et on s’y perd. Vous l’avez reconnue, il s’agit de la Belgique et de son fédéralisme si particulier ! Pour cette émission de rentrée, nous vous proposons une Actualité en 3D tout entière consacrée à l’exploration de ce système, de ses racines (autant historiques que politiques), de sa logique (fût-elle opaque), de ses apories (nombreuses) ou de ses perspectives (incertaines). En effet, le décryptage des singularités du fédéralisme belge sera au cœur du numéro 2500 du Courrier hebdomadaire du CRISP, le Centre de recherche et d’information socio-politiques, partenaire de cette émission ! Nous aurons ainsi le plaisir de recevoir deux des quatre auteurs de ce numéro exceptionnel qui sortira de presse sous peu, soit Jean Faniel, directeur du CRISP, et Cédric Istasse, rédacteur en chef de son Courrier hebdomadaire .Fédéralisme de dissociation, fédéralisme évolutif et empirique, fédéralisme mixte et asymétrique, fédéralisme de superposition, fédéralisme bipolaire, etc. Les adjectifs parfois énigmatiques ne manquent pas pour qualifier les spécificités de notre système fédéral. Que signifient-ils et sont-ils de nature à faire du fédéralisme belge une construction unique au monde ? C’est à ces différentes questions que nous tâcherons de répondre avec Jean Faniel et Cédric Istasse afin d’identifier les ingrédients de cette lasagne et de retrouver notre chemin dans ce dédale...

Les @nalyses en ligne

Te Deum, défilé militaire : quelle fête nationale pour le 21e siècle ?

par Caroline Sägesser, paru dans Levif.be, 25 juillet 2021

Chaque année, la célébration d’un Te Deum à la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule à Bruxelles en présence de la famille royale, du Premier ministre et d’autres personnalités suscite des critiques dénonçant une infraction au principe de neutralité de l’État. Cette année, celles-ci ont été particulièrement vives, étant donné l’actualité récente à propos de ce thème. Cette cérémonie pose-t-elle effectivement un problème ? Et est-ce le seul élément des festivités du 21 juillet à poser question ?

Courrier hebdomadaire

« Ostbelgien » : nom usuel de la Communauté germanophone et marque régionale

Courrier hebdomadaire n° 2499, par Laurine Dalbert, Cédric Istasse, 57 p., 2021

Le 15 mars 2017, la Communauté germanophone a décidé de se désigner désormais par l’appellation Ostbelgien dans sa communication interne et externe. Parallèlement et plus largement, elle a créé à cette occasion une « marque régionale » du même nom. Les objectifs poursuivis par cette double opération sont multiples : renforcer l’identité spécifique des Belges germanophones ; accroître la visibilité de la région en Belgique et à l’étranger ; y développer le secteur touristique ; y favoriser le commerce, l’artisanat et l’agriculture ; y attirer des investissements, des entreprises, de la main-d’œuvre et des habitants. Chacune des parties concernées a reconnu le bien-fondé de la démarche. Cependant, certaines d’entre elles ont initialement émis quelques réserves voire critiques sur les choix posés et sur les modalités pratiques de mise en œuvre. En particulier, elles ont reproché au terme Ostbelgien de n’être pas univoque puisque la réalité qu’il recouvre est susceptible de varier en fonction des contextes dans lesquels il est usité et des acteurs qui l’emploient. Au-delà de ces débats passagers, le choix de la Communauté germanophone de se dénommer usuellement Ostbelgien et de créer une marque régionale s’inscrit dans la volonté de cette entité de devenir une « Communauté-Région ». Depuis de nombreuses années déjà, les responsables politiques germanophones plaident en effet en faveur d’une « Belgique à quatre ».

Courrier hebdomadaire

Le statut social de l’artiste en Belgique (II). Le processus historique

Courrier hebdomadaire n° 2496-2497, par Steve Bottacin, Jean-Gilles Lowies, 113 p., 2021

Afin de résoudre une série de problèmes liés à l’emploi artistique, la loi-programme du 24 décembre 2002 introduit notamment la possibilité pour les artistes de bénéficier d’une présomption d’assujettissement à la sécurité sociale des travailleurs salariés ou d’opter pour un statut d’indépendant. Par là, il s’agit en particulier d’octroyer la possibilité de bénéficier de la protection sociale des salariés (en ce compris l’assurance chômage) à un panel élargi d’artistes. À partir de 2011 cependant, il apparaît que l’exercice des professions artistiques reste confronté à d’importantes embûches réglementaires et administratives, qui tendent en outre à se multiplier au rythme d’une inflation de dispositions restrictives. Dès 2013, de nouvelles adaptations sont apportées au cadre juridique. Toutefois, elles peinent aujourd’hui encore à convaincre l’ensemble des parties prenantes, publiques et privées, et de nombreuses voix plaident pour une nouvelle réforme de plus ou moins grande ampleur. Paraissant en trois livraisons successives, ce Courrier hebdomadaire vise à retracer les étapes majeures de l’action publique en matière de protection sociale des artistes en Belgique, à en analyser les multiples enjeux et à faire état des positions en présence, alors que le gouvernement fédéral De Croo a annoncé son intention de réformer ce domaine. Dans ce deuxième tome, S. Bottacin et J.-G. Lowies parcourent le processus long et complexe dont résulte l’état actuel du statut social des artistes. L’analyse est centrée sur les éléments de cette histoire qui permettent d’éclairer la complexité des dispositions actuellement en vigueur.

Podcasts

Se mobiliser en Belgique : exploration du militantisme dans une Belgique pilarisée, fédérale et consociative

intervention de Jean Faniel diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 19 avril 2021

Il y a quelques jours se tenaient conjointement "à Bruxelles" le congrès triennal de l’Association belge de science politique (ABSP) et celui international des Associations francophones de science politique (CoSPoF) qui avaient pour thématique faîtière : les résistances. À cette occasion fut présenté un ouvrage collectif, fruit de plusieurs années de travail, intitulé Se mobiliser en Belgique. Raisons, cadres et formes de la contestation sociale contemporaine (éd. Academia-L’Harmattan - 2020). Réunissant une douzaine d’études de cas portant sur la plupart des mobilisations importantes de la Belgique contemporaine (syndicalisme, mouvement étudiant, mobilisations LGBTQI+, ...), cet ouvrage a été co-dirigé par Jean Faniel, le directeur du CRISP, le Centre de recherche et d’information socio-politiques partenaire de notre émission. Nous aurons précisément le plaisir de recevoir Jean Faniel qui viendra nous présenter cet ouvrage et plus généralement ce que l’on peut observer sur le terrain du militantisme belge. Pour quoi et pourquoi se mobilise-t-on en Belgique ? Quelles sont les particularités du cadre institutionnel et socio-politique belge qui influencent l’action des mouvements sociaux ? Quelles formes prend la contestation ? Telles sont les questions que soulève cet ouvrage collectif. Il s’agit non seulement de comprendre ce que le cadre belge fait aux mobilisations, mais aussi de mettre en évidence ce que les mouvements sociaux apportent au système belge dans son ensemble. Et telles seront les questions au coeur de notre rencontre avec Jean Faniel...

Les @nalyses en ligne

L’organisation et la reconnaissance de la laïcité en Belgique francophone

par Caroline Sägesser, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 25 mars 2021

Il y a 40 ans, la loi du 23 janvier 1981 accordait pour la première fois un subside au Conseil central laïque, faisant entrer la laïcité belge dans le processus de reconnaissance qui a abouti en 2002 à l’organisation du financement public de la laïcité organisée selon des modalités comparables à celles dont bénéficient les cultes reconnus. Ce financement public d’un humanisme philosophique athée ou agnostique est sans équivalent dans un autre pays, et donne aux organisations laïques belges des moyens qui leur permettent notamment de soutenir le mouvement laïque au niveau européen. Retour sur l’histoire de ce mouvement en Belgique francophone depuis 1945.

Courrier hebdomadaire

La politique d’accueil et d’intégration des primo⁠-⁠arrivants en Région bruxelloise (2004⁠-⁠2020)

Courrier hebdomadaire n° 2485, par Jean-Paul Nassaux, 55 p., 2020

En Région bruxelloise, la politique d’accueil et d’intégration des immigrés est du ressort de trois entités : la Commission communautaire française (COCOF) – suite à un transfert d’exercice de compétence opéré par la Communauté française –, la Communauté flamande – relayée ici par la Commission communautaire flamande (Vlaamse Gemeenschapscommissie, VGC) – et la Commission communautaire commune (COCOM). En 2003 et en 2013 respectivement, la Communauté flamande et la COCOF ont chacune instauré un cursus d’accompagnement proposé aux primo-arrivants s’installant dans la région bilingue de Bruxelles-Capitale : il s’agit d’un « parcours d’intégration » ( inburgering ) pour l’une et d’un « parcours d’accueil » pour l’autre. Ces parcours consistent notamment en des cours de citoyenneté, en une formation en langue et en une aide en vue de l’insertion socio-professionnelle. Pour sa part, la COCOM n’a pas instauré de parcours qui lui serait propre. En revanche, elle a rendu obligatoire le fait de suivre l’un des dispositifs mis en place par la COCOF et la Communauté flamande, rejoignant ainsi le vœu de celles-ci, qui plaidaient en faveur de ce caractère obligatoire mais ne pouvaient le décréter. Prise en 2017, cette décision devrait entrer en vigueur en 2021. J.-P. Nassaux retrace les débats sur l’accueil et l’intégration des primo-arrivants qui, de 2004 à aujourd’hui, ont opposé les partis politiques au sein des assemblées bruxelloises que sont l’Assemblée de la COCOF et l’Assemblée réunie de la COCOM.

Courrier hebdomadaire

La régulation juridique des partis politiques

Courrier hebdomadaire n° 2483-2484, par Thibault Gaudin, 65 p., 2020

En Belgique, les partis occupent une place centrale dans l’exercice du pouvoir politique. Mais en dépit de cette importance de premier plan, ils ne font guère l’objet de mesures de régulation dans le droit belge. Au sein de celui-ci, il n’existe même pas de définition générale de ce qu’est un parti politique. La Constitution est pour ainsi dire muette au sujet de ces organisations. Quant à la loi, elle se limite à quelques rares dispositions les concernant. En outre, loin de couvrir l’ensemble du champ politique, ces règles sont relatives essentiellement, d’une part, aux dépenses électorales et, d’autre part, au financement et à la comptabilité ouverte des partis. Elles sont regroupées dans la loi du 4 juillet 1989 en ce qui concerne les principes généraux et les élections fédérales, et dans quelques textes similaires consacrés aux élections régionales, communautaires et européennes. Ces carences posent question, d’autant que la régulation juridique des partis politiques constitue un réel enjeu démocratique. Les partis exerçant un rôle majeur dans la vie politique belge, il semble fondamental que le droit définisse clairement ces acteurs et puisse mettre des limites à l’action de ceux-ci.

Podcasts

La politique belge face à l'Islam

intervention de Caroline Sägesser diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 1 mars 2021

En décembre 2020, le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne (OPEN VLD) décidait de refuser la reconnaissance de la Grande mosquée de Bruxelles gérée par l’Exécutif des musulmans de Belgique, une décision qui fit grand bruit au sein de la communauté musulmane belge et de son principal organe représentatif. Cette décision n’est que l’énième incident d’une histoire tumultueuse, celle initiée il y a un demi-siècle et relative à la reconnaissance et l’organisation du culte musulman en Belgique. C’est précisément sur cette histoire que nous allons revenir lors de cet épisode de L’actualité en 3D, avec Caroline Sägesser, docteure en histoire, spécialiste des cultes et de leur financement, chargée de recherche pour le CRISP et autrice d’un récent Courrier hebdomadaire consacrée à l’organisation du culte islamique en Belgique et en Europe. De quand date la reconnaissance de l’Islam en Belgique ? Quelles conséquences eut cette reconnaissance ? Comment ce culte est-il financé par les autorités publiques ? Quelles sont les problèmes qu’a posé et que pose encore cette reconnaissance par l’État belge et ses différentes composantes ? Telles seront les questions auxquelles on tâchera de répondre lors de cette émission.

Podcasts

C'est quoi des partis frères ?

intervention de Benjamin Biard diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 7 décembre 2020

Aujourd’hui, pour ce nouvel épisode de l’Actualité en 3D, une émission réalisée avec le Centre de recherche et d’information socio-politiques (CRISP), nous nous intéresserons aux partis politiques, une organisation autant familière de l’imaginaire politique collectif que finalement assez peu connue dans son fonctionnement quotidien. Pour traiter de ce thème, nous aurons le plaisir de recevoir Benjamin Biard, politologue et chargé de recherches pour le CRISP. Avec ce spécialiste des partis politiques, notamment d’extrême-droite, nous évoquerons ce qu’est un parti politique, quand sont-ils nés en Belgique, les modalités par lesquelles ils se structurent et s’organisent et comment on les étudie. On s’attardera tout particulièrement sur certaines spécificités que présentent les partis politiques belges, par exemple leur imbrication dans ce que l’on appelle les piliers de la société belge. Surtout, Benjamin Biard analysera le concept de "partis frères", soit le fait que la plupart des partis politiques belges se sont scindés et organisés en deux partis uni-linguistiques et ce à l’occasion de la fédéralisation du pays. En effet, Benjamin Biard vient précisément de publier une étude approfondie du destin du parti socio-chrétien belge, scindé en deux partis, aujourd’hui le CD&V néerlandophone et le CDH francophone, deux partis aux trajectoires parallèles et emblématiques de l’évolution de la vie politique belge.

Courrier hebdomadaire

La formation du gouvernement De Croo (mai 2019 – octobre 2020)

Courrier hebdomadaire n° 2471-2472, par Caroline Sägesser, 84 p., 2020

La formation du gouvernement fédéral De Croo (PS/MR/Écolo/CD&V/Open VLD/SP.A/Groen) a mis fin à la plus longue crise politique de l’histoire de la Belgique. Certes, il ne s’est écoulé « que » 494 jours entre les élections fédérales du 26 mai 2019 et la prestation de serment du 1 er  octobre 2020 – soit un délai moins long que celui de 540 jours qui avait séparé les élections du 13 juin 2010 et la mise en place du gouvernement Di Rupo le 5 décembre 2011. Cependant, le point de départ a bien été la chute du gouvernement Michel I, le 9 décembre 2018. Dès ce moment en effet, la Belgique n’a plus été dirigée par un gouvernement majoritaire et de plein exercice. Il en a été ainsi pendant pas moins de 662 jours. Surtout, la crise politique de 2019-2020 est apparue profonde et structurelle : contrairement à celle de 2010-2011, elle n’a pas porté sur un désaccord à propos d’une réforme de l’État. La situation de blocage a résulté d’une combinaison de facteurs, dont l’émiettement de la représentation à la Chambre, la montée en puissance de l’extrême droite en Flandre et de la gauche radicale dans toutes les régions, et la détermination de l’Open VLD et plus encore du CD&V de voir la N-VA, en tant que premier parti flamand, être membre du futur exécutif fédéral. À ces éléments est venue s’ajouter la crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19. La survenance de cet élément a tout d’abord mis le processus sur pause et a poussé les partis en négociation à s’interrompre pour mettre en place un gouvernement de plein exercice quoique minoritaire, pour une durée et un champ d’action limités : le gouvernement Wilmès II (MR/CD&V/Open VLD). Ensuite, la crise sanitaire a accru les volontés de constituer une coalition majoritaire à la Chambre.

Courrier hebdomadaire

La répression des collaborations, 1942⁠-⁠1952. Nouveaux regards sur un passé toujours présent

Courrier hebdomadaire n° 2469-2470, par Luc Huyse, Steven Dhondt, Bruno De Wever, Koen Aerts, Pieter Lagrou, 66 p., 2020

Les années d’occupation qu’a connues la Belgique au cours de la Seconde Guerre mondiale ont notamment été marquées par le fait que plusieurs dizaines de milliers de citoyens ont posé des actes de collaboration avec les autorités allemandes. Une fois restauré, l’État belge a ensuite mené une politique de répression, par laquelle il a entendu faire payer à ces personnes le prix de leur comportement jugé incivique. En 1993, est paru au CRISP l’ouvrage La répression des collaborations, 1942-1952 : un passé toujours présent , dans lequel L. Huyse et S. Dhondt retracent la genèse et l’application de cette politique de répression. Depuis lors, près de trente ans se sont écoulés, durant lesquels la recherche scientifique a réalisé de considérables progrès dans l’étude de cette thématique toujours sensible : des sources inédites sont devenues accessibles, des pans de connaissance ont été complétés ou révisés, de nouveaux questionnements ou angles d’approche sont apparus, des problématiques ou perspectives ont été renouvelées, etc. Plus encore que par le nombre des publications (qui va sans cesse croissant), c’est par une exploration continue de ce qui constituait auparavant autant d’angles morts tenaces que la recherche a pu approfondir ce que L. Huyse et S. Dhondt avaient mis en lumière. Dès lors, les deux auteurs ont entrepris de doter leur ouvrage d’une mise à jour, sous la forme de quatre chapitres supplémentaires. Ils ont eux-mêmes pris la plume pour l’un d’entre eux, et ont confié les trois autres respectivement aux historiens B. De Wever, K. Aerts et P. Lagrou. Paraissant trois quarts de siècle après la Libération, et alors que collaboration et répression restent toujours deux phénomènes indissociablement liés à la Seconde Guerre mondiale dans la mémoire collective belge, ce complément résorbe des angles morts importants et met à bas des mythes bien ancrés. Ce Courrier hebdomadaire peut être découvert seul ou accompagné de l’ouvrage de 1993. Une offre spéciale permet de commander les deux volumes à un prix avantageux. Offre spéciale

Courrier hebdomadaire

Les partis frères en Belgique : les relations entre le CDH et le CD&V

Courrier hebdomadaire n° 2467-2468, par Benjamin Biard, 72 p., 2020

Le CDH et le CD&V sont tous deux les héritiers du Parti catholique, fondé au 19 e siècle, devenu le PSC-CVP au lendemain de la Seconde Guerre mondiale puis divisé sur une base linguistique à la fin des années 1960 à la suite de vives tensions internes. Les liens qui unissent les deux partis frères qu’ont été le PSC et le CVP et que sont aujourd’hui le CDH et le CD&V ont sensiblement évolué dans le temps : des moments de forts désaccords ont alterné avec des épisodes de rapprochement. Tendanciellement, l’évolution des relations entre les deux partis de tradition sociale-chrétienne a cependant consisté en une progressive distanciation de leurs structures, de leurs dirigeants, de leurs programmes et de leurs actions. B. Biard interroge les rapports qu’entretiennent les deux descendants du PSC-CVP unitaire, en se focalisant sur la période entamée au début des années 2000, c’est-à-dire depuis la fondation du CDH et du CD&V dans leurs moutures actuelles. Ce faisant, il questionne plus largement ce que recouvre encore aujourd’hui la notion de « partis frères » en Belgique. Tous les types de liens, formels ou informels, entre les deux formations sont investigués, qu’il s’agisse des rapports entre dirigeants des partis, de ceux établis au niveau des ministres et des parlementaires, ou même, dans une certaine mesure, des liens existant au niveau des militants. Sont également prises en compte les relations susceptibles d’être entretenues entre ces partis politiques à travers leurs centres d’étude, leurs organisations de jeunesse et toutes les autres associations gravitant autour d’eux, dont celles constituant le pilier chrétien. Cette étude se base notamment sur 24 entretiens, réalisés principalement avec des (ex-)cadres et élus des partis orange de Belgique.

Les @nalyses en ligne

Un État en mutation depuis 50 ans

par Jean Faniel et Caroline Sägesser, paru dans Politique, revue belge d’analyse et de débat, n° 113, septembre 2020, p. 37-46

Une septième réforme institutionnelle semble se dessiner. Quel a été le fil des six précédentes ? Quels acteurs en ont été le moteur ? Et l’issue peut-elle être autre que la dissolution de la Belgique ?

Courrier hebdomadaire

Les évolutions électorales dans les cantons d’Eupen, Saint⁠-⁠Vith et Malmedy (1920⁠-⁠1974)

Courrier hebdomadaire n° 2465, par Cédric Istasse, 54 p., 2020

Les cantons d’Eupen, de Saint-Vith et de Malmedy ont une histoire fort mouvementée et tout à fait spécifique. Prussiens depuis le début du 19 e siècle, les trois cantons sont réclamés par la Belgique au lendemain du premier conflit mondial, à titre de réparation de guerre. Le Traité de Versailles les détache de l’Allemagne pour les transférer sous souveraineté belge. Confirmée par la Société des Nations le 20 septembre 1920 au terme d’une consultation populaire locale contestée, cette décision est effective en droit belge à la date du 7 mars 1925. Entre-temps, les « cantons de l’Est » ont vécu sous un régime d’administration militaire, s’apparentant à celui d’une colonie. Cette spécificité a notamment des répercussions sur le plan électoral. D’emblée, un important mouvement d’opposition à l’intégration à la Belgique et de volonté de retour à l’Allemagne prend corps dans la région. Il s’incarne dans la création de partis pro-allemands : d’abord le Christliche Volkspartei Eupen-Malmedy-Sankt Vith (CVP), de tendance chrétienne, puis le Heimattreue Front (HF), téléguidé et financé par l’Allemagne nazie. À partir de 1929, ces partis constituent la première force politique des trois cantons. Durant la Seconde Guerre mondiale, Hitler annexe la région sans que l’État belge ne proteste. À la libération, les autorités belges y mènent une répression des « faits de collaboration » particulièrement sévère, qui prive un temps la moitié des électeurs des trois cantons de leurs droits civils et politiques. Les relations entre la Belgique et les cantons de l’Est s’apaisent à partir des années 1960. Parallèlement, des volontés d’autonomie au sein du cadre belge voient le jour, ce dont témoigne la naissance de partis régionalistes germanophones : la Christliche Unabhängige Wählerverband (CUW) puis le Partei der Deutschsprachigen Belgier (PDB).

Courrier hebdomadaire

Penser l’après⁠-⁠corona. Les interventions de la société civile durant la période de confinement causée par la pandémie de Covid⁠-⁠19 (mars⁠-⁠mai 2020)

Courrier hebdomadaire n° 2457-2458, par Benjamin Biard, Serge Govaert, Vincent Lefebve, 127 p., 2020

En Belgique, la période de confinement décidée par les autorités publiques pour lutter contre les effets de la pandémie de Covid-19 s’est étendue, au sens strict, du 18 mars au 4 mai 2020. A priori , cette période n’était guère propice aux mobilisations des citoyens, en particulier puisqu’il leur était interdit de se réunir. Pourtant, s’est alors manifestée une importante effervescence intellectuelle et militante, qui s’est traduite par de multiples prises de position de la société civile. Il s’est agi, d’une part, de répondre aux défis suscités par la crise sanitaire et, d’autre part, de préparer la période « post-corona ». Ces initiatives ont essentiellement pris la forme de cartes blanches publiées dans la presse (et relayées sur les réseaux sociaux) et de lettres ouvertes adressées aux responsables politiques. Des débats en ligne, des enquêtes participatives, des manifestations virtuelles, etc. ont aussi pris place, de même que quelques actions dans l’espace public malgré leur interdiction. Ce Courrier hebdomadaire donne un aperçu aussi large que possible des interventions collectives qui se sont manifestées et entrecroisées au cours de ces sept semaines de confinement. Partant, il recense autant que faire se peut les mobilisations qui ont accompagné ces interventions et éclaire les constellations d’acteurs qui les ont organisées ou y ont souscrit. Les revendications exprimées par la société civile sont présentées selon neuf pôles : le financement des services publics (et, en particulier, celui du système de soins de santé) ; la culture et le sport ; l’enseignement ; la pauvreté et les inégalités sociales ; la place et le sens du travail ; les urgences sanitaire et écologique ; le capitalisme et la mondialisation ; les libertés fondamentales ; le renouvellement démocratique et la participation citoyenne.

Courrier hebdomadaire

Planification d'urgence et gestion de crise sanitaire. La Belgique face à la pandémie de Covid⁠-⁠19

Courrier hebdomadaire n° 2453-2454, par Catherine Fallon, Aline Thiry, Sébastien Brunet, 66 p., 2020

En 2020, la pandémie de Covid-19 a provoqué une situation de crise sanitaire, exigeant une mobilisation efficace et rapide de moyens ad hoc . En Belgique, les modalités déployées ont résulté notamment de la configuration particulière du système politico-administratif dans deux secteurs : la politique de gestion des plans d’urgence, compétence restée fédérale et concernant donc l’ensemble du territoire, et la politique sanitaire, partiellement défédéralisée. La gestion de crise vise à organiser les interventions des différents services concernés pour réduire le temps de l’urgence collective et tendre ainsi le plus rapidement possible vers un retour à la normale. Elle repose sur un dispositif particulier peu connu du grand public : la planification d’urgence, qui consiste à anticiper les mesures, les procédures, les outils et les mécanismes de coordination à mettre en place pour une mobilisation rapide des moyens nécessaires afin de faire face à la situation et d’assurer la sécurité des personnes et des biens. Des plans d’urgence sont établis à différents niveaux par les autorités publiques, par les services d’intervention, etc. Gestion de crise et planification d’urgence sont les deux faces d’une même pièce au cœur des missions régaliennes de l’État : la sécurité de la population et du territoire. Ce Courrier hebdomadaire montre les limites des dispositifs actuels de planification et de surveillance. Les scénarios « hors cadre » mobilisant une forte logique de précaution peinent à être pris en considération. Les processus d’apprentissage comme les retours d’expérience sont insuffisamment valorisés, alors qu’ils sont indispensables au renforcement des capacités de résilience de la société.

Courrier hebdomadaire

Pacte social : enjeux anciens, nouveaux défis

Courrier hebdomadaire n° 2452, par Éric Léonard, 49 p., 2020

Depuis peu, diverses voix s’élèvent pour en appeler à un nouveau pacte social d’ampleur nationale, susceptible de relancer le développement socio-économique de la Belgique. Ces voix proviennent des milieux politiques, patronaux, syndicaux, mutuellistes, scientifiques, médiatiques, etc. Toutefois, si l’expression « pacte social » résonne dans ces différents appels, la teneur des projets diffère, de même que les acteurs qui seraient amenés à les négocier (interlocuteurs sociaux, gouvernement, représentants de la société civile). Ce Courrier hebdomadaire s’interroge sur les perspectives d’émergence d’un pacte social tel que le célèbre « projet d’accord de solidarité sociale » de 1944, qui a notamment établi les institutions de la concertation sociale propres à la Belgique. Élaboré durant la Seconde Guerre mondiale, celui-ci a posé les bases des modes de la concertation entre organisations patronales et syndicales, des mécanismes de formation des salaires et des principes de la sécurité sociale. Après avoir rappelé en quoi consistait cet accord fondateur, É. Léonard passe en revue les grandes phases de conclusion, ou de tentatives de conclusion, de pactes sociaux depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, en Belgique et en Europe. Au cours de ces trois quarts de siècle, les rapports de force se sont modifiés, avec notamment un affaiblissement du pouvoir syndical et un accroissement du rôle des gouvernements en matière de formation des salaires. L’étude passe en revue les conditions d’émergence d’un pacte social, avant d’examiner les éléments de contexte (national et international) qui, dans le cas belge actuel, sont favorables ou non à la négociation de pactes sociaux, ainsi que les capacités des acteurs à s’engager dans la négociation d’un accord de ce type. Trois scénarios émergent de cet exercice : la mort des pactes sociaux, la survie de pactes de moyenne portée, ou la naissance d’un nouveau pacte social de grande ampleur.

Courrier hebdomadaire

La Belgique entre crise politique et crise sanitaire (mars⁠-⁠mai 2020)

Courrier hebdomadaire n° 2447, par Jean Faniel, Caroline Sägesser, 44 p., 2020

Au début du mois de mars 2020, la Belgique rejoint la liste des pays touchés par la pandémie de Covid-19, maladie infectieuse apparue quelques mois plus tôt en Chine et provoquée par le coronavirus SARS-CoV-2. Or, à ce moment-là, la Belgique est plongée dans une crise politique qui semble d’une gravité sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale : depuis plus d’un an, le pays est dirigé par des gouvernements fédéraux en affaires courantes et minoritaires et, depuis près de dix mois, le monde politique cherche en vain à mettre en place un gouvernement fédéral de plein exercice et disposant d’une majorité au sein de la Chambre des représentants issue des élections du 26 mai 2019. Cette irruption soudaine d’une crise sanitaire majeure met la crise politique en mode pause. Afin de gérer la pandémie, un gouvernement fédéral Wilmès II (MR/CD&V/Open VLD) prête serment devant le roi le 17 mars 2020, puis obtient successivement la confiance d’une majorité de membres de la Chambre des représentants (le 19 mars) et une délégation de pouvoirs spéciaux par une majorité plus large encore de députés fédéraux (le 26 mars). La Première ministre, Sophie Wilmès (MR), s’engage à borner son action à la gestion de la crise et à ses conséquences, et à revenir demander la confiance de l’assemblée dans un délai de six mois. Les pouvoirs spéciaux sont accordés pour une période de trois mois, renouvelables une fois. La crise politique peut donc apparaître temporairement résolue ; toutefois, à mesure que l’urgence sanitaire s’estompe, elle refait surface. Dans ce Courrier hebdomadaire , le CRISP relève les principales tensions qui ont émaillé la gestion de la crise et les critiques que celle-ci a suscitées, puis fait le point sur la situation politique fédérale après huit semaines de gouvernement Wilmès II et trace des pistes de réflexion pour l’avenir politique au niveau fédéral. Exceptionnellement, cette publication est dès à présent accessible librement en ligne .

Courrier hebdomadaire

L’État belge face à la pandémie de Covid⁠-⁠19 : esquisse d’un régime d’exception

Courrier hebdomadaire n° 2446, par Frédéric Bouhon, Andy Jousten, Xavier Miny, Emmanuel Slautsky, 53 p., 2020

Face à la pandémie de Covid-19, la Belgique prend des mesures fortes, qui répondent à l’obligation juridique des États de réagir face à un risque pour la vie. Les circonstances n’en mettent pas moins les institutions dans une situation d’exception. En effet, elles posent des questions de droit constitutionnel qui touchent aux traits majeurs de l’État belge. En Belgique, apporter une réponse centralisée à une telle crise sanitaire et à ses conséquences dans divers domaines est compliqué par le partage de compétences en vigueur entre les différents niveaux de pouvoir. Depuis la mi-mars 2020, des solutions originales sont mises en œuvre pour associer l’Autorité fédérale et les entités fédérées (Régions et Communautés) à une prise de décision concertée. Les rapports entre les assemblées législatives et les pouvoirs exécutifs connaissent des évolutions considérables, qui ébranlent jusqu’aux principes du régime parlementaire belge. La crise du coronavirus a poussé de nombreux partis à accorder leur confiance à un exécutif fédéral très minoritaire et jusqu’alors chargé d’expédier les affaires courantes. Elle a aussi conduit à un important transfert de pouvoirs – tout aussi provisoire qu’impressionnant – des parlements au profit des gouvernements. À cet égard, le recours aux pouvoirs spéciaux à presque tous les niveaux institutionnels de l’État belge est un événement hors du commun. La crise sanitaire du Covid-19 amène également les pouvoirs publics belges à limiter considérablement les droits et libertés fondamentaux des citoyens, à une échelle inédite en temps de paix. Si les motivations de toutes ces mesures sont compréhensibles, de nombreuses questions juridiques se posent. Ce Courrier hebdomadaire en offre une première analyse « à chaud ». Exceptionnellement, cette publication est dès à présent accessible librement en ligne .

Les @nalyses en ligne

Enseignement : déconfessionnalisé mais toujours bien pilarisé

par Caroline Sägesser, paru dans Politique, revue belge d’analyse et de débat, n° 110, décembre 2019, p. 63-66

Nombreuses sont les organisations qui ont modernisé leur nom en abandonnant la référence au christianisme ou au catholicisme, car elle leur semblait désormais dépassée ou pas suffisamment inclusive. En revanche, les écoles catholiques ne suivent pas ce mouvement. Le secteur de l’enseignement est même par excellence celui qui demeure « pilarisé » sur le plan structurel, alors même que le facteur confessionnel ne constitue plus un facteur d’adhésion déterminant. À partir du cas de l’enseignement fondamental et secondaire, on peut se demander quelles sont les implications de cette situation dans le contexte plus global de la « pilarisation » et de la « dépilarisation » en Belgique.

Les @nalyses en ligne

CDH et CD&V, un ancrage contrasté au sein du « pilier chrétien »

par Benjamin Biard, paru dans Politique, revue belge d’analyse et de débat, n° 110, décembre 2019, p. 22-27

Alors qu’ils constituaient jadis des formations d’un poids considérable dans le paysage politique belge, tant le CDH que le CD&V ont atteint le niveau électoral le plus faible de leur histoire lors du scrutin multiple du 26 mai 2019. Ces performances négatives semblent s’inscrire dans un processus de déclin continu des forces sociales-chrétiennes en Belgique. Au lendemain du scrutin, la question de l’ancrage de ces deux partis au sein du « pilier » chrétien s’est posée. Leurs réponses respectives se sont avérées divergentes.