Vers une septième réforme de l’État belge ? Exercice de prospective institutionnelle
intervention de Caroline Sägesser et Vincent Lefebve diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 10 octobre 2022
Mise entre parenthèse depuis la négocation (2010-2011) et l’entrée en vigueur (2014) de la sixième réforme de l’État belge, la question d’une nouvelle réforme de notre système fédéral risque assurément de revenir au premier plan de l’actualité politique dans la perspective des élections fédérales et régionales qui se dérouleront en mai 2024. Que signifie l’expression "réforme de l’État" et pourquoi y’en a-t-il eu plusieurs en Belgique ? Pourquoi une nouvelle réforme de l’État apparait nécessaire aux yeux de certaines formations politiques alors que d’autres semblent douter de sa pertinence ? Quels seraient les enjeux d’une telle réforme ? Quels sont les projets institutionnels actuellement débattus au sein du gouvernement fédéral ou des différents parlements du pays ? Qu’est-ce que l’opération "un pays pour demain" et est-elle susceptible de rompre avec la façon habituelle dont notre classe politique débat de l’avenir de la Belgique ? L’hypothèse d’une scission de l’État belge en plusieurs nations indépendantes est-elle crédible ? En vue de répondre à toutes ces questions, nous aurons le plaisir de recevoir Vincent Lefebve, philosophe et juriste, et Caroline Sägesser, historienne, et tous deux chargés de recherche pour le Centre de recherche et d’information socio-politques (CRISP).
Podcasts
Quels sont les symboles et emblèmes de l’État belge et de ses composantes ? Introduction à la vexillologie et à l’héraldique
intervention de Cédric Istasse diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 12 septembre 2022
C’est la rentrée de l’Actualité en 3D, l’émission de décryptage de l’actualité politique réalisée en partenariat avec le CRISP, le Centre de recherche et d’information socio-politiques ! Et pour inaugurer cette sixième saison, nous traiterons d’une thématique en apparence anecdotique mais qui, en réalité, nous renvoie aux manifestations les plus immédiates du pouvoir et à la façon dont il se donne à voir. En effet, nous envisagerons les symboles et les emblèmes de l’État belge et de ses composantes fédérées. D’où viennent les trois couleurs de notre drapeau national ? Pourquoi le lion apparait-il régulièrement sur différents emblèmes belges ? Quand les wallons se sont-ils pris d’affection pour le coq ? Quelle est l’origine du choix de l’iris comme symbole de la Région bruxelloise ? Autant de questions qui nous initieront à l’art subtil de la vexillologie et de l’héraldique, soit l’étude respective des drapeaux et des emblèmes et auxquelles nous tâcherons de répondre en compagnie de Cédric Istasse, chargé de recherche au CRISP, rédacteur en chef du Courrier hebdomadaire et surtout historien féru de la petite et de la grande histoire.
Courrier hebdomadaire
Les acteurs publics de la mobilité à Bruxelles
Courrier hebdomadaire n° 2528-2529, par Jean-Paul Gailly, 63 p., 2022
La mobilité dans et vers les grandes villes, particulièrement les métropoles, constitue un enjeu de taille. Bruxelles, ville-région et capitale multiple, le vit quotidiennement. Notamment, en tant que bassin d’emploi important qui draine de nombreux navetteurs, son accessibilité par les différents modes de déplacement individuels ou collectifs et l’organisation de sa logistique sont des sujets de préoccupation permanents. Dans le même temps, depuis la création de la Région de Bruxelles-Capitale en 1989, le souci de préserver l’environnement – et en particulier d’améliorer la qualité de l’air – a été à la base d’une volonté politique, plus ou moins affirmée, de promouvoir une mobilité dite durable. Les différents acteurs publics en charge de la mobilité en région bruxelloise sont souvent méconnus, de même que la manière dont la gouvernance est (ou non) assurée dans ce domaine. D’une part, la complexité des institutions bruxelloises nuit à la lisibilité et à la compréhension de ce champ de l’action publique. D’autre part, les autorités régionales bruxelloises ont progressivement réorganisé leurs services et conclu des accords avec d’autres composantes de l’État fédéral. Ce Courrier hebdomadaire analyse les rôles et responsabilités des acteurs publics, que ceux-ci soient en charge de la structuration de l’espace, de la gestion et de l’aménagement des infrastructures, ou des modes de déplacement et de transport.
Les @nalyses en ligne
Gouvernements minoritaires en Belgique et en France : pratiques et réticences
par Théo Pureur et Cédric Istasse, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 14 juillet 2022
Depuis les élections législatives des 12 et 19 juin derniers, la France connaît une situation rare dans son histoire : celle d’un gouvernement minoritaire, c’est-à-dire un gouvernement composé de formations politiques qui ne disposent pas ensemble d’une majorité absolue des sièges au parlement. L’existence d’un gouvernement minoritaire n’a rien d’exceptionnel. Cette configuration politique se présente fréquemment dans divers États européens. En France, elle n’est pas non plus inédite. En Belgique, la pratique des gouvernements minoritaires est certes moins exceptionnelle qu’en France, mais elle demeure malgré tout fort rare. À titre de mise en perspective de la situation politique – vécue comme atypique – qui prévaut actuellement à Paris, cette @nalyse du CRISP en ligne propose tout d’abord de retracer les différentes expériences de gouvernement minoritaire qui se sont produites dans l’histoire politique belge depuis 1945. Ensuite, elle tente d’expliquer les réticences qui peuvent être observées quant à la mise en place d’exécutifs minoritaires tant en France qu’en Belgique. Au-delà des différences que présentent les systèmes politiques français et belge, il s’avère en effet que ceux-ci sont tous deux animés par une même culture politique à cet égard, qui privilégie fortement la pratique des gouvernements majoritaires.
Les @nalyses en ligne
La Vivaldi, un long fleuve tranquille ?
interview de Caroline Sägesser par Marie Rigot et Jonas Legge, parue sous le titre « On assiste à quelque chose d’assez préoccupant actuellement au sein du gouvernement De Croo » sur Lalibre.be, 25 juin 2022
Plus de 20 mois après sa mise en place, le gouvernement De Croo continue à évoluer dans un climat particulier. Entre les tacles à répétition de certains présidents de parti et les positions parfois contraires à l’accord de gouvernement adoptées par des ministres, la vie au 16 rue de la Loi est loin d’être un long fleuve tranquille… Mais faut-il y voir un risque pour l’avenir de la Vivaldi ? Des élections anticipées nous pendent-elles au nez ?
Courrier hebdomadaire
L’Eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai, instrument au service de l’institutionnalisation de la coopération transfrontalière
Toute frontière implique une rupture sur les plans juridique et administratif. Dernièrement, la crise migratoire, le Brexit et la gestion de la pandémie de Covid-19 ont encore rappelé cette réalité. L’Union européenne est née de la volonté, non d’abolir les frontières entre les États membres, mais d’atténuer leurs effets en termes socio-économiques, sociétaux et environnementaux. Dans ce cadre, elle œuvre notamment, d’une part, à favoriser les coopérations territoriales transfrontalières et, d’autre part, à permettre aux régions frontalières de tirer pleinement parti des atouts liés à la spécificité de leur situation géographique. Dans ce but de cohésion et de développement, l’Europe a institué plusieurs instruments stratégiques et financiers. L’un des principaux d’entre eux est le groupement européen de coopération territoriale (GECT), c’est-à-dire un espace transfrontalier présentant un haut degré d’intégration entre les différents partenaires. Le premier GECT a été créé en 2008, sur la frontière franco-belge : il s’agit de l’Eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai ( * ) . Depuis lors, pas moins de 81 autres GECT ont vu le jour, aux formes et aux objectifs très divers. À travers l’analyse de la création, des structures, du fonctionnement, de la gouvernance, des réalisations, des dynamiques et des évolutions de l’Eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai, ce Courrier hebdomadaire participe à l’évaluation de l’apport des GECT en tant que bassins de vie pour les populations et les territoires concernés. ( * ) Les partenaires de l’Eurométropole sont : pour le versant français, l’État, la Région Hauts-de-France, le Département du Nord et la Métropole européenne de Lille (MEL) ; pour le versant belge, l’Autorité fédérale, la Région wallonne, la Communauté française, la Région et la Communauté flamandes, la Province de Hainaut, la Province de Flandre occidentale, et les intercommunales IDETA, IEG, Leiedal et WVI.
Podcasts
Le survol aérien de Bruxelles. Généalogie et perspectives d'une histoire belge
intervention de Jean-Paul Nassaux diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 13 juin 2022
Depuis une trentaine d’années, le dossier des nuisances sonores liées à l’exploitation de l’aéroport national situé à Zaventem n’en finit plus de rebondir sans jamais rencontrer de solution définitive. Pourquoi cette question semble-t-elle à ce point insoluble ? Les raisons qui expliquent cette difficulté sont complexes et multiples : elles ont trait autant à la localisation problématique de cet aéroport en bordure de zones urbaines densément peuplées qu’à l’articulation délicate des compétences de l’Autorité fédérale, responsable des conditions d’exploitation de l’aéroport, et de celles de la Région bruxelloise, en charge de fixer des normes de bruit et de les faire respecter. Révélatrice des limites de notre modèle de coopération fédérale, cette question est également emblématique d’une certaine judiciarisation des conflits sociaux et politiques qui voit la justice constamment saisie tantôt par des collectifs de riverains opposés, tantôt par des compagnies aériennes souhaitant augmenter leurs activités, tantôt encore par une classe politique incapable de parvenir à un compromis… Durant cet épisode de L’Actualité en 3D, nous tâcherons de dénouer les nombreux fils de ce dossier qui empoisonne la vie politique belge depuis si longtemps et envisagerons son actualité la plus récente.Á cette fin, nous aurons le plaisir de recevoir Jean-Paul Nassaux, historien et politologue de formation, collaborateur scientifique du CRISP, le Centre de recherche et d’information socio-politiques, partenaire de notre émission. Jean-Paul est un observateur attentif de la vie politique bruxelloise et parmi ses publications, l’on pointera justement un Courrier hebdomadaire du CRISP consacré aux nuisances sonores subies par la Région bruxelloise dont on recommande la lecture (et pour les personnes qui souhaitent encore aller plus loin, on suggère l’étude très fouillée réalisée par l’IGEAT de l’ULB et publiée en novembre 2016).
Les @nalyses en ligne
Splendeur et misère des compromis : la Belgique à l’aune de Kelsen
par Vincent de Coorebyter, paru dans La Revue nouvelle, n° 1, février 2022, p. 11-18
Il est entendu que la Belgique est une terre de compromis, et elle en a longtemps été fière. Aujourd’hui, pourtant, les compromis ont plutôt mauvaise presse, ou sont considérés, au mieux, comme un mal nécessaire. L’ambivalence domine à leur égard, tant il est difficile de savoir s’il faut les accepter ou les déplorer.
Podcasts
Qui es-tu Ostbelgien ?
intervention de Cédric Istasse diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 7 mars 2022
Même certains belges tendent à l’oublier... Depuis sa naissance, l’État belge comprend, à l’est de son territoire, une minorité germanophone ! Produit d’une histoire tumultueuse et emblématique des drames du XXe siècle, la présence de cette minorité de langue allemande sur le territoire belge est aujourd’hui reconnue et assumée. Il n’en a pas toujours été ainsi... Population par le passé mal-aimée, sinon méprisée, la minorité germanophone de Belgique est présentée aujourd’hui comme la "minorité la plus protégée au monde". En effet, depuis les années 70, le processus de fédéralisation du pays a permis la création d’une Communauté germanophone dotée de larges compétences, d’une autonomie réelle et d’institutions parlementaire et gouvernementale qui lui sont propres. En outre, force est de constater que cette entité fédérée est particulièrement dynamique comme en témoignent autant l’opération de marketing régional visant à lui donner un nouveau nom - Ostbelgien - que ses initiatives pionières en termes de démocratie participative.Quelle est l’histoire de ce peuple et de ce territoire ? Quelles sont les spécificités de la Communauté germanophone comme entité fédérée et quelle est sa place dans le paysage du fédéralisme belge ? Quelles sont ses compétences et a-t-elle des revendications en la matière ? Existe-t-il un mouvement régionaliste germanophone ? Qui exerce aujourd’hui le pouvoir dans cette Communauté ? Pourquoi se fête-t-elle le 15 novembre ? Autant de questions auxquelles nous tâcherons de répondre en compagnie de Cédric Istasse, rédacteur en chef du Courrier hebdomadaire du CRISP, le Centre de recherche et d’information socio-politique, le partenaire de cette émission. En effet, pour des raisons mystérieuses mais qui seront sans doute plus claires à l’issue de cette émission, Cédric Istasse nourrit de longue date un intérêt tout particulier pour nos compatriotes de langue allemande...
Livres
Introduction à la Belgique fédérale
Livre, par Caroline Sägesser, Jean Faniel, Pierre Blaise, 108 p., 2022
La Belgique est un État fédéral d’une rare complexité. Connaissant des Communautés et des Régions, et, à Bruxelles, des Commissions communautaires, le fédéralisme belge se caractérise notamment par le chevauchement de différents pouvoirs sur un même territoire. Introduction à la Belgique fédérale guide le lecteur à travers les rouages institutionnels de l’Autorité fédérale et des entités fédérées. Cet ouvrage expose la répartition des compétences, les relations entre les pouvoirs législatif, exécutif et judicaire, la composition des parlements et des gouvernements ou encore le rôle des provinces et des communes. Rédigé dans un langage accessible, il permet à chacun de se familiariser avec le fonctionnement des institutions. Cette édition est entièrement mise à jour en 2022.
Podcasts
L'économie de la culture
intervention de Marcus Wunderle diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 7 février 2022
Pour cette émission de février, nous aborderons une question peu connue du grand public mais essentielle pour la communauté artistique (dont fait aussi partie Radio Panik) : le financement de la culture. Á l’heure où une pandémie a mis à genoux un secteur déjà particulièrement précaire, le moment est venu de s’intéresser plus en profondeur sur les conditions de vie, voire de survie, des artistes actifs et actives sur le territoire belge francophone. Envisager la culture comme une activité économique et les structures artistiques comme des industries sera le fil rouge de cette émission. Qu’appelle-t-on "économie de la culture" et quel est son poids dans l’économie belge ? Quelles sont les spécificités, les acteurs et les frontières du marché culturel ? Quelles sont les principales sources de financement publiques ou privées qui alimentent cette économie ? Comment concrètement on finance un musée, la réalisation d’un film ou un festival de danse en Fédération Wallonie-Bruxelles ? Qu’est-ce qu’une résidence d’artiste, une avance sur recette ou un tax shelter ? En compagnie de Marcus Wunderle, historien, chargé de recherche au CRISP (le Centre de recherche et d’information socio-politiques) et spécialiste de cette question, nous tâcherons de répondre à toutes ces questions et à probablement bien d’autres.
Courrier hebdomadaire
Les outils délibératifs auprès des parlements sous l’angle du droit constitutionnel belge
De multiples initiatives ont vu le jour au cours des dernières décennies pour renouveler les pratiques démocratiques belges en permettant aux citoyens de s’impliquer plus directement dans la gestion des affaires publiques, au-delà des échéances électorales et des canaux traditionnels. Depuis quelques années, ce mouvement connaît une véritable rupture : désormais, il ne s’agit plus seulement de recueillir les avis de la population sur une thématique, mais de permettre à des citoyens d’être en dialogue direct avec des élus dans le cadre d’un processus délibératif. En l’espace de cinq ans à peine, ce type de participation citoyenne a pris une réelle place dans le paysage parlementaire en Belgique : sous des formes et selon des degrés très variables, la plupart des assemblées du pays ont décidé de faire une place – même limitée – à des citoyens non élus dans leurs discussions et débats. Ce Courrier hebdomadaire passe au crible du droit constitutionnel belge la participation citoyenne à la délibération parlementaire, afin d’identifier les ressources que celui-ci offre et les obstacles qu’il dresse. Pour ce faire, cette étude analyse les deux questions fondamentales de la constitutionnalité (quelle est la portée et quel est l’impact du principe représentatif sur la participation citoyenne ?) et de la formalisation par le droit (quelles sont les balises et les limites et quels sont les impératifs juridiques qui jalonnent le chemin de l’institutionnalisation de tels processus de participation citoyenne ?). Elle examine également chacun des « outils délibératifs » existant actuellement auprès des assemblées parlementaires belges : les auditions parlementaires, le droit d’être entendu dans le cadre du droit de pétition, les panels citoyens informels, le dialogue citoyen et les commissions délibératives.
Livres
La Constitution au fil de ses versions (2ème édition)
Livre, par Cindy Regnier, 408 p., 2022
Adoptée en février 1831, la Constitution belge a été révisée à plus de 65 reprises depuis lors. Élargissement du droit de vote, d’abord, réformes de l’État successives, ensuite, ont tout particulièrement modifié sa physionomie de départ. Cette évolution de la « loi fondamentale » reflète à la fois les changements intervenus dans la société belge et les transformations des structures institutionnelles du pays. En 2019, l’ouvrage La Constitution au fil de ses versions est venu proposer une formule de lecture originale permettant de retracer l’évolution d’un article au fil de ses modifications et, plus largement, de saisir finement les évolutions de ce texte central. La deuxième édition inclut les dernières révisions constitutionnelles et améliore la lisibilité de certains articles particulièrement touffus. L’objectif de cet ouvrage demeure de permettre au lecteur d’observer aisément les révisions qu’a connues la Constitution belge depuis sa promulgation en français en 1831, en livrant, dans une présentation originale et exhaustive, les versions successives de chaque article et en signalant de manière précise les modifications intervenues et les dates de ces changements. La présentation permet de saisir aisément quand une modification a été apportée au texte. Le procédé utilisé offre trois modes de lecture possibles. Le lecteur peut ainsi lire la Constitution actuelle de la Belgique, en connaître la version initiale ou suivre l’évolution d’un article en particulier, voire d’un paragraphe ou d’un alinéa spécifique. Ce dernier mode de lecture est assurément le plus original. Par cette plongée historique dans la loi fondamentale, le CRISP offre le fil qui permet de tracer un chemin dans ce texte sinueux et, pourtant, crucial pour tenter de comprendre ce dédale auquel la Belgique s’apparente parfois. Publié avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Loterie nationale.
Les @nalyses en ligne
La Belgique fédérale a cinquante ans. Vraiment ?
par Cédric Istasse, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 7 décembre 2021
Il est un fait bien connu que la Belgique est l’un des rares pays au monde à être né en tant qu’État unitaire puis à avoir évolué en État fédéral au cours de son histoire. En revanche, on sera sans doute surpris d’apprendre que, s’agissant du cas belge, il n’existe pas d’unanimité quant à la détermination de l’époque à laquelle s’est produite cette mutation institutionnelle.
Les @nalyses en ligne
Temporel des cultes : du nouveau en Flandre et à Bruxelles
par Caroline Sägesser, paru sur o-re-la.ulb.be, 19 novembre 2021
Dans un contexte marqué par la crise de l’Exécutif des Musulmans de Belgique, l’organe représentatif du culte islamique, qui rend improbable une reprise du processus de reconnaissance de mosquées par les Régions, la Flandre a adopté un nouveau décret réglementant le temporel des cultes. La Région de Bruxelles-Capitale vient d’examiner un texte très différent de celui qui vient d’être adopté au nord du pays.
Courrier hebdomadaire
Les spécificités institutionnelles de la région bruxelloise
Courrier hebdomadaire n° 2510, par Quentin Peiffer, 46 p., 2021
Au sein de l’architecture institutionnelle belge, la région bruxelloise présente de nombreuses spécificités. Celles-ci sont liées à ses deux particularités majeures que sont, d’une part, le fait d’être la seule région bilingue et, d’autre part, celui d’abriter la capitale du pays. En région bruxelloise, outre l’Autorité fédérale et les communes, pas moins de six entités se partagent les compétences étatiques : la Région de Bruxelles-Capitale, la Communauté française et la Communauté flamande – qui toutes deux ont également Bruxelles pour capitale –, et les trois Commissions communautaires (COCOM, COCOF et VGC). La Région de Bruxelles-Capitale se singularise par rapport aux autres Régions et Communautés par plusieurs éléments, tels que l’obligation d’une parité linguistique au gouvernement ou l’exigence d’une double majorité au parlement pour l’adoption de certaines normes. Cette configuration complexe est le fruit de divers facteurs, à commencer par les fortes réticences flamandes ayant entouré la création de la Région bruxelloise, la volonté d’assurer une protection forte de la minorité néerlandophone vivant sur ce territoire, et le refus de créer des sous-nationalités dans cette région. Interviennent aussi, de façon non négligeable, le rôle international et la fonction de capitale de Bruxelles.
Les @nalyses en ligne
La Belgique fédérale 2.0. Vers la fin de l’affrontement à 2 et l’apaisement à 4 ?
par Caroline Sägesser, paru dans Politique, revue belge d’analyse et de débat, n° 117, septembre 2021, p. 116-121
Le gouvernement Vivaldi a mis la septième réforme de l’État à son agenda. L’objectif est de « parvenir à une nouvelle structure de l’État à partir de 2024, avec une répartition des compétences plus homogène et plus efficace ». Quel visage pourrait donc prendre la Belgique institutionnelle de demain ?
Courrier hebdomadaire
Les comptes rendus parlementaires en Belgique
Courrier hebdomadaire n° 2506-2507, par Serge Model, 62 p., 2021
Comme dans tout État démocratique, les discussions tenues au sein des diverses assemblées parlementaires de Belgique font l’objet de comptes rendus, que ceux-ci s’intitulent Compte rendu intégral (Chambre des représentants, Parlement wallon, Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale, Parlement de la Communauté française, Assemblée réunie de la COCOM et Assemblée de la COCOF), Compte rendu analytique (Chambre des représentants), Annales (Sénat), Woordelijk verslag (Parlement flamand) ou Ausführlicher Bericht (Parlement de la Communauté germanophone). Ces documents constituent un instrument majeur de la publicité des débats parlementaires. En outre, en préservant la mémoire des délibérations politiques, ils contribuent à comprendre l’intention du législateur et à interpréter la norme votée par celui-ci. Ils sont dès lors essentiels tant au citoyen qu’à tout acteur ou observateur de la vie politique. Ce Courrier hebdomadaire éclaire le travail – méconnu quoique fondamental – de transcription et de publication des débats parlementaires par les services de compte rendu. Il s’interroge aussi sur l’avenir de cette technique à l’ère des nouvelles technologies.
Courrier hebdomadaire
L’adoption de la « loi trans* » du 25 juin 2017. De la stérilisation et la psychiatrisation à l’autodétermination
Courrier hebdomadaire n° 2505, par Dimitri Tomsej, David Paternotte, 47 p., 2021
Les personnes transgenres (ou « trans* ») sont les personnes qui ne s’identifient pas au sexe/genre (homme ou femme) qui leur a été assigné à la naissance. En Belgique, les droits de ces personnes ont connu diverses avancées notables en matière de modification de l’enregistrement du sexe dans les actes de l’état civil. La loi du 10 mai 2007 a mis fin au vide juridique qui prévalait jusqu’alors. Cependant, elle a conditionné le changement d’état civil à une approbation psychiatrique, au recours à une chirurgie génitale stérilisante et au suivi d’un traitement hormonal de substitution. La loi du 25 juin 2017 a aboli ces éléments, sans toutefois satisfaire pleinement les associations de défense des droits des personnes trans*. C’est à leur demande que, deux ans plus tard, la Cour constitutionnelle a estimé que le législateur doit rendre le changement d’état civil révocable et supprimer l’alternative binaire relative à l’enregistrement de la mention du genre. Ce Courrier hebdomadaire étudie le processus d’adoption de la loi de 2017 et tente notamment de comprendre comment, de manière contre-intuitive, celle-ci a été proposée par un gouvernement fédéral de centre-droit. Pour ce faire, il se penche sur les développements internationaux, les mobilisations de la société civile et l’action des décideurs politiques.
Courrier hebdomadaire
Les votes nominatifs à la Chambre des représentants (I). Évolution des règles en vigueur (1831-2020)
Courrier hebdomadaire n° 2501-2502, par Frederik Verleden, 57 p., 2021
Dans toute assemblée parlementaire, les processus décisionnels se déroulent selon des procédures bien précises. Celles-ci sont soit imposées par la Constitution ou la loi, soit fixées dans le règlement de l’assemblée, soit consacrées par l’usage. Leur application n’est pas absolue, la pratique parlementaire s’écartant parfois des textes ou de la coutume. Ces procédures connaissent aussi des évolutions formelles, qui reflètent les rapports de force politiques du moment et souvent visent à pérenniser voire à renforcer ceux-ci. C’est lors des votes que les procédures exercent leur principale influence sur les décisions prises par les parlementaires. En effet, elles déterminent tout à la fois le mode de déroulement du vote, le nombre de voix que le texte soumis au vote doit obtenir pour être adopté, et les critères de validité de celles-ci. À cet égard, la question du recours ou non au vote nominatif (c’est-à-dire par appel nominal) revêt une importance toute particulière, de même que celle de la mise en application concrète de cette modalité. Ce Courrier hebdomadaire étudie les prescrits et les pratiques qui entourent le vote nominatif au sein de la Chambre des représentants. Il examine successivement le cadre constitutionnel, les majorités qualifiées dont la Chambre doit tenir compte en vertu de la Constitution ou de la loi, et les règles et usages propres à cette assemblée (notamment en matière de publication des votes et d’abstention).
Courrier hebdomadaire
Les votes nominatifs à la Chambre des représentants (II). Usages parlementaires et votes des groupes (1995-2019)
Courrier hebdomadaire n° 2503-2504, par Frederik Verleden, 107 p., 2021
Entre les élections fédérales du 21 mai 1995 et celles du 26 mai 2019, la Chambre des représentants a procédé en séance plénière à pas moins de 13 397 votes nominatifs valables. Outre qu’ils ont conduit à l’adoption de nombreux textes (dont, au final, plusieurs milliers de lois) et au rejet de beaucoup d’autres, les résultats de ces votes révèlent les évolutions de l’état des rapports de force politiques au sein de l’assemblée parlementaire durant ces six législatures. Pour analyser ces votes, ce Courrier hebdomadaire procède par une approche chiffrée à trois niveaux : celui de la Chambre des représentants, celui des députés et celui des groupes politiques – et, par extension, des partis politiques. En effet, le résultat d’un vote, quel qu’en soit le type, conduit à une décision qui lie l’ensemble de la Chambre et à laquelle l’opposition doit se plier. Il importe donc de se demander combien de fois l’assemblée vote et sur quels objets, si elle était au complet, etc. Mais le scrutin nominatif permet également de se focaliser sur le député pris individuellement, le vote émis par chaque parlementaire étant enregistré et mentionné dans les comptes rendus de séance. Enfin, la réalité politique veut qu’un député, de façon générale, agisse en tant que membre d’un groupe politique ; dès lors, il est intéressant de mesurer le degré de discipline de parti qui prévaut lors d’un vote nominatif.
Podcasts
La Belgique : un Etat fédéral singulier
intervention de Jean Faniel et Cédric Istasse diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 13 septembre 2021
On l’appelle lasagne ou mille-feuilles, dédale ou labyrinthe... Elle accumule les couches et on s’y perd. Vous l’avez reconnue, il s’agit de la Belgique et de son fédéralisme si particulier ! Pour cette émission de rentrée, nous vous proposons une Actualité en 3D tout entière consacrée à l’exploration de ce système, de ses racines (autant historiques que politiques), de sa logique (fût-elle opaque), de ses apories (nombreuses) ou de ses perspectives (incertaines). En effet, le décryptage des singularités du fédéralisme belge sera au cœur du numéro 2500 du Courrier hebdomadaire du CRISP, le Centre de recherche et d’information socio-politiques, partenaire de cette émission ! Nous aurons ainsi le plaisir de recevoir deux des quatre auteurs de ce numéro exceptionnel qui sortira de presse sous peu, soit Jean Faniel, directeur du CRISP, et Cédric Istasse, rédacteur en chef de son Courrier hebdomadaire .Fédéralisme de dissociation, fédéralisme évolutif et empirique, fédéralisme mixte et asymétrique, fédéralisme de superposition, fédéralisme bipolaire, etc. Les adjectifs parfois énigmatiques ne manquent pas pour qualifier les spécificités de notre système fédéral. Que signifient-ils et sont-ils de nature à faire du fédéralisme belge une construction unique au monde ? C’est à ces différentes questions que nous tâcherons de répondre avec Jean Faniel et Cédric Istasse afin d’identifier les ingrédients de cette lasagne et de retrouver notre chemin dans ce dédale...
Courrier hebdomadaire
« Ostbelgien » : nom usuel de la Communauté germanophone et marque régionale
Le 15 mars 2017, la Communauté germanophone a décidé de se désigner désormais par l’appellation Ostbelgien dans sa communication interne et externe. Parallèlement et plus largement, elle a créé à cette occasion une « marque régionale » du même nom. Les objectifs poursuivis par cette double opération sont multiples : renforcer l’identité spécifique des Belges germanophones ; accroître la visibilité de la région en Belgique et à l’étranger ; y développer le secteur touristique ; y favoriser le commerce, l’artisanat et l’agriculture ; y attirer des investissements, des entreprises, de la main-d’œuvre et des habitants. Chacune des parties concernées a reconnu le bien-fondé de la démarche. Cependant, certaines d’entre elles ont initialement émis quelques réserves voire critiques sur les choix posés et sur les modalités pratiques de mise en œuvre. En particulier, elles ont reproché au terme Ostbelgien de n’être pas univoque puisque la réalité qu’il recouvre est susceptible de varier en fonction des contextes dans lesquels il est usité et des acteurs qui l’emploient. Au-delà de ces débats passagers, le choix de la Communauté germanophone de se dénommer usuellement Ostbelgien et de créer une marque régionale s’inscrit dans la volonté de cette entité de devenir une « Communauté-Région ». Depuis de nombreuses années déjà, les responsables politiques germanophones plaident en effet en faveur d’une « Belgique à quatre ».
Courrier hebdomadaire
Le statut social de l’artiste en Belgique (III). Les évolutions et positionnements récents
Courrier hebdomadaire n° 2498, par Steve Bottacin, Jean-Gilles Lowies, 50 p., 2021
L’actualité récente a remis la question du statut social des artistes à l’agenda politique. En particulier, le contexte de la pandémie de Covid-19 a jeté une lumière crue sur la précarité de nombreuses carrières artistiques et sur l’efficacité très relative des filets de protection sociale dont les artistes bénéficient. Diverses propositions censées remédier à cette situation ont vu le jour, laissant augurer des décisions et des révisions substantielles. Sur le plan politique, le gouvernement fédéral De Croo a annoncé une réforme en la matière. Plus largement, les prises de position sont nombreuses, qui se penchent sur l’état actuel du cadre juridique relatif à la protection sociale des artistes, le plus souvent pour le critiquer. Elles émanent tant des principaux partis politiques et des gouvernements que des autres acteurs en mesure de peser sur l’évolution de la problématique (des instances judiciaires aux organisations syndicales, sectorielles et professionnelles, en passant par le Conseil national du travail et l’Office national de l’emploi). Paraissant en trois livraisons successives, ce Courrier hebdomadaire vise à retracer les étapes majeures de l’action publique en matière de protection sociale des artistes en Belgique, à en analyser les multiples enjeux et à faire état des positions en présence. Dans ce troisième tome, S. Bottacin et J.-G. Lowies présentent les positionnements exprimés au cours de la dernière décennie, analysent la récente évolution du dossier du « statut d’artiste » et examinent quelques perspectives que laisse présager le contexte actuel.
Courrier hebdomadaire
Le statut social de l’artiste en Belgique (II). Le processus historique
Courrier hebdomadaire n° 2496-2497, par Steve Bottacin, Jean-Gilles Lowies, 113 p., 2021
Afin de résoudre une série de problèmes liés à l’emploi artistique, la loi-programme du 24 décembre 2002 introduit notamment la possibilité pour les artistes de bénéficier d’une présomption d’assujettissement à la sécurité sociale des travailleurs salariés ou d’opter pour un statut d’indépendant. Par là, il s’agit en particulier d’octroyer la possibilité de bénéficier de la protection sociale des salariés (en ce compris l’assurance chômage) à un panel élargi d’artistes. À partir de 2011 cependant, il apparaît que l’exercice des professions artistiques reste confronté à d’importantes embûches réglementaires et administratives, qui tendent en outre à se multiplier au rythme d’une inflation de dispositions restrictives. Dès 2013, de nouvelles adaptations sont apportées au cadre juridique. Toutefois, elles peinent aujourd’hui encore à convaincre l’ensemble des parties prenantes, publiques et privées, et de nombreuses voix plaident pour une nouvelle réforme de plus ou moins grande ampleur. Paraissant en trois livraisons successives, ce Courrier hebdomadaire vise à retracer les étapes majeures de l’action publique en matière de protection sociale des artistes en Belgique, à en analyser les multiples enjeux et à faire état des positions en présence, alors que le gouvernement fédéral De Croo a annoncé son intention de réformer ce domaine. Dans ce deuxième tome, S. Bottacin et J.-G. Lowies parcourent le processus long et complexe dont résulte l’état actuel du statut social des artistes. L’analyse est centrée sur les éléments de cette histoire qui permettent d’éclairer la complexité des dispositions actuellement en vigueur.