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Congo 1961

Livres ED00006 • 1962
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Au moment où s’achève l’année 1960, six mois après son accession à l’indépendance, la République du Congo subit durement les contre-coups des crises militaires et politiques de juillet 1960 et des conflits institutionnels et constitutionnels qui se développèrent au cours de l’été : - M. Patrice Lumumba, leader du Mouvement National Congolais et chef du premier gouvernement du Congo, a été, en septembre, l’objet d’une mesure de révocation de la part du chef de l’Etat. Malgré l’influence de ses amis sur le plan parlementaire et l’appui diplomatique dont il bénéficie auprès d’États afro-asiatiques et de pays de l’Est, il a été arrêté et emprisonné au camp militaire de Thysville au Bas-Congo. - Le Collège des commissaires, mis en place en septembre par le colonel Mobutu et appuyé par le chef de l’État, se heurte à des oppositions considérables dans les provinces, y compris celle de Léopoldville. Sa légitimité est contestée par les États africains les plus agissants et par l’Est ; ses relations avec l’ONUC, spécialement avec M. Dayal, représentant de M. Hammarskjöld, sont de plus en plus tendues. - Au Katanga, M. Tshombe, leader de la Conakat, a consolidé la sécession grâce à raide technique, financière et militaire qui lui est assurée. Mais il se heurte dans le Nord à la rébellion ouverte des masses baluba, que les plus sanglantes répressions n’ont pu maîtriser. L’émission d’un franc katangais a confirmé, fin 1960, la volonté sécessionniste. Par contre, aucune reconnaissance diplomatique n’est acquise en faveur d’Élisabethville, malgré les ouvertures faites par M. Tshombe en direction de l’abbé Youlou, de l’Occident et plus tard de l’Amérique Centrale. - A Stanleyville, le vice-président du Conseil, M. Gizenga (PSA), parvient à s’assurer les leviers de commande avec l’appui des troupes du général Lundula. Il y installe un gouvernement qui s’affirme détenteur de la légitimité pour l’ensemble du territoire de la République. A la fin décembre, Stanleyville prend le contrôle de Bukavu et écarte les ministres provinciaux du Kivu jugés peu sûrs. Après l’échec d’une opération militaire du colonel Mobutu en direction de Bukavu, un ministre du gouvernement central de M. Lumumba, M. Anicet Kashamura (Céréa), prend personnellement la direction du gouvernement provincial du Kivu. - Au Kasaï Méridional, l’État autonome créé par M. Kalonji, leader des Baluba du Kasaï, a organisé sa propre gendarmerie et ses propres institutions politiques et administratives, sans rompre entièrement avec Léopoldville où des Baluba occupent des postes influents dans le Collège des commissaires. La famine fait des ravages immenses parmi les réfugiés, mais une vaste opération entreprise par l’aNUC évite le pire à Bakwanga en décembre 1960. - A Luluabourg siège un gouvernement provincial composé de représentants de partis, anciens alliés de M. Lumumba. La menace du Sud-Kasaï d’une part, l’isolement économique de l’autre, incitent les autorités de Luluabourg à rechercher des contacts avec Léopoldville et avec Elisabethville. La présence sur place d’importantes forces militaires commandées par le colonel Djoku, ami du colonel Mobutu, empêche en outre toute tentative de ralliement officiel au groupe de Stanleyville. - Dans le Kwango-Kwilu, où prédomine le Parti Solidaire Africain de MM. Kamitatu et Gizenga des incidents graves opposent les populations et les militaires du colonel Mobutu et contribuent à miner à Léopoldville les relations entre les commissaires et le gouvernement provincial présidé par M. Kamitatu. Au Bas-Congo continue à dominer le réflexe autonomiste des leaders locaux de l’Abako : ce réflexe est toutefois tempéré par la présence de M. Kasa-Vubu à la tête de l’État, En présence de ces phénomènes de morcellement du pouvoir, des tendances centrifuges et des oppositions violentes des fractions politiques, les Nations Unies, soumises à des options difficiles entre des autorités de fait dont la légitimité est contestée localement et internationalement, enregistrent de graves échecs en matière de maintien de r ordre, d’assistance technique, de réorganisation militaire économique et administrative, lesquels se répercutent sur l’ONUC elle-même, ainsi que sur les rapports du secrétariat général avec les Congolais d’une part, avec les Etats qui ont fourni des casques bleus d’autre part [...]
Date of publication
1962
Number of pages
691 p.
Editor
CRISP, INEP
Location
Bruxelles, Kinshasa
Reference
ED00006
To reference this resource
J. Gérard⁠-⁠Libois, B. Verhaegen, Congo 1961, Bruxelles/Kinshasa, CRISP/INEP, 1962.
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Theme(s)
Political History, Components of the Belgian State, International
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