« Opération militaire spéciale » : un exemple d’euphémisme en temps de guerre
par Cédric Istasse, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 24 février 2023
Nommer une réalité, c’est lui permettre d’exister dans les esprits. Mais souvent, c’est aussi – voire surtout – tenter d’influencer la façon dont cette réalité sera perçue et pensée et, donc, d’influer sur la manière dont elle existera et se déploiera. Sans surprise, les temps de guerre sont dès lors l’une des circonstances dans lesquelles l’acte de nommer revêt une pleine dimension politique. Au point que certains régimes, comme celui qui est aujourd’hui à la tête de la Russie, entendent l’accaparer car ils y voient, plus qu’une simple faculté, un élément de pouvoir.
Les @nalyses en ligne
Vers la pire campagne électorale de l’histoire ?
interview de Benjamin Biard par Noé Spies, parue dans Levif.be, 8 février 2023
Les prochaines élections ne sont prévues qu’au printemps 2024. Pourtant, un air de campagne semble planer depuis plusieurs semaines dans la sphère politique belge. Entre déclarations fracassantes, stratégie de communication et premières tendances électorales, décryptage du champ de bataille.
Les @nalyses en ligne
Quels remèdes au grand blues des Belges ?
par Caroline Sägesser, paru sur revuepolitique.be, 2 février 2023
Lundi 23 janvier. La presse dévoile le contenu de l’enquête Noir Jaune Blues 5 ans après, une étude réalisée par la fondation Ceci n’est pas une crise et basée sur un sondage réalisé en juillet 2022. Noir Jaune Blues brosse un portrait peu réjouissant de notre moral, et dessine les contours d’une société belge qui n’a plus confiance dans les institutions démocratiques et qui glisse vers la tentation d’un régime autoritaire.
Les @nalyses en ligne
Élus et citoyens face à l’éthique politique et à l’environnement
interview de Vincent de Coorebyter par Antoine Clevers et Stéphane Tassin, parue dans La Libre Belgique, 31 décembre 2022, p. 8-10
À la fin de l’année 2022, le Parlement wallon a été secoué par un ensemble de révélations rapidement qualifiées d’« affaires ». À Bruxelles, ce sont notamment le plan Good Move et les contestations qu’il a suscitées qui ont marqué l’actualité. À travers ces deux cas, Vincent de Coorebyter analyse les rapports qu’entretiennent les élus et les citoyens, en particulier face à des questions aussi sensibles que l’éthique politique et l’environnement.
Les @nalyses en ligne
« 2023 ne doit pas être une année perdue »
interview de Jean Faniel par Quentin Joris, parue dans L’Écho, 28 décembre 2022, p. 6-7
Après un millésime politique 2022 marqué par un « empilement de crises » et lors duquel il est parfois devenu difficile de rester optimiste, que nous réserve 2023 ? Cette interview revient sur l’année politique écoulée et aborde celle qui s’annonce : une année préélectorale au cours de laquelle les défis ne manqueront pas.
Livres
Questions d’histoire politique de Belgique. Liber Amicorum Paul Wynants
Livre, par Cédric Istasse, Bruno Colson, Jérémy Dodeigne, Martine Paret, Isabelle Parmentier, Axel Tixhon, 262 p., 2022
Cet ouvrage rend hommage à l’historien Paul Wynants (1954-2018), professeur à l’université de Namur et administrateur du CRISP. En évocation de quelques-uns des centres d’intérêt de Paul, ce liber amicorum est composé de dix études, relatives à l’introduction de la « nouvelle histoire » en Belgique entre 1929 et 1956 (Els Witte), au sentiment national des Belges au service de l’Autriche dans la seconde moitié du XVIIIe siècle (Bruno Colson) et des vétérans belges des armées napoléoniennes (Cédric Istasse), à la loi du 4 mars 1870 sur le temporel des cultes (Caroline Sägesser), à la constitution des groupes spécifiques de jeunes dans les structures syndicales belges (Jean Faniel), au « Programme de Noël 1945 » du Parti social chrétien (Emmanuel Gerard), à la couverture médiatique d’une manifestation catholique organisée le 26 mars 1955 dans le cadre de la seconde guerre scolaire (Anne Roekens), aux clivages politiques qui divisent la société belge (Vincent de Coorebyter), aux évolutions de la particratie en Belgique (Petra Meier et Jean-Benoit Pilet) et aux dimensions de l’attractivité des mandats parlementaires wallons (Jérémy Dodeigne). Il compte aussi une nouvelle ayant trait au débat juridique qui a agité la Belgique de la seconde moitié du XIXe siècle autour de la question de l’absence de personnalité morale des congrégations religieuses (Michel Coipel). Enfin, l’ouvrage comporte un article inédit de Paul Wynants, consacré au délitement du lien partisan.
Courrier hebdomadaire
Le projet de Stade national et les avatars de la décision politique
Courrier hebdomadaire n° 2534-2535, par Serge Govaert, 97 p., 2022
Par deux fois en quelques années, Bruxelles s’est portée candidate pour accueillir une compétition de football majeure. En 2010, elle s’est proposée pour être l’une des villes hôtes du Mondial 2018 ; mais la FIFA n’a pas retenu la candidature commune de la Belgique et des Pays-Bas, lui préférant celle de la Russie. En 2014, elle a fait de même pour l’Euro 2020 ; l’UEFA a tout d’abord répondu positivement à cette offre, avant de l’écarter trois ans plus tard. Par deux fois, si Bruxelles n’a pu être l’un des théâtres de ces championnats, c’est parce qu’elle a pâti d’un défaut d’infrastructures : la FIFA a manifestement reculé devant l’état du stade Roi Baudouin, tandis que l’UEFA a craint que le projet de construction d’un Eurostadium sur le parking C du plateau du Heysel n’aboutisse pas à temps. Depuis 2000, les débats politiques sont vifs pour savoir s’il convient de rénover le stade Roi Baudouin (qui ne répond plus aux normes européennes et internationales) ou de bâtir une nouvelle structure (divers emplacements étant envisagés dans ce cas). À ce jour, ce dossier n’a pas abouti, en dépit de multiples projets et études et de plusieurs engagements et décisions. Cette situation est notamment due à la multiplicité des acteurs en jeu et aux divergences de leurs intérêts : la Ville de Bruxelles, la Région de Bruxelles-Capitale et l’Autorité fédérale, bien entendu, mais également la commune de Grimbergen, la Région flamande, l’Union royale belge de football, le Royal Sporting Club Anderlecht, les promoteurs immobiliers, les organisateurs du Mémorial Van Damme, etc.
Courrier hebdomadaire
Identités et préférences des parlementaires envers le fédéralisme belge à l’aube d’une septième réforme de l’État
Courrier hebdomadaire n° 2532-2533, par Jérémy Dodeigne, Christoph Niessen, Min Reuchamps, Dave Sinardet, 59 p., 2022
Quelle vision les parlementaires ont-ils de l’architecture institutionnelle de la Belgique ? Estiment-ils que les réformes de l’État successives ont été trop loin dans le démantèlement des compétences du niveau de pouvoir national ? Ou, au contraire, considèrent-ils que ce mouvement doit encore être approfondi, afin d’accroître davantage l’autonomie des Régions et des Communautés ? Dans ce cas, quels sont les arguments qui justifieraient selon eux une prochaine réforme de l’État ? Pour répondre à ces questions, J. Dodeigne, C. Niessen, M. Reuchamps et D. Sinardet ont mené une enquête auprès des 473 parlementaires fédéraux, régionaux et communautaires du pays. Entre octobre 2020 et février 2021 – c’est-à-dire après l’installation de l’ensemble des gouvernements issus des élections multiples du 26 mai 2019 –, ils leur ont soumis un questionnaire portant sur leur perception du fédéralisme belge et sur leurs préférences en matière institutionnelle pour le futur. D’autres questions avaient notamment trait à leurs sentiments identitaires (se sentent-ils essentiellement Belges, Wallons, Bruxellois, francophones, Flamands ou germanophones ?). Les résultats de l’enquête sont présentés dans ce Courrier hebdomadaire . Les réponses des parlementaires y sont ventilées selon différents critères (appartenance linguistique, formation politique, assemblée). Elles sont aussi comparées avec les données issues de deux enquêtes similaires, menées juste avant et juste après l’adoption de la sixième réforme de l’État. L’étude offre ainsi un éclairage particulièrement intéressant sur la vision des parlementaires quant à l’avenir du fédéralisme belge, potentiellement à l’aube d’une septième réforme de l’État.
Podcasts
Vers une septième réforme de l’État belge ? Exercice de prospective institutionnelle
intervention de Caroline Sägesser et Vincent Lefebve diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 10 octobre 2022
Mise entre parenthèse depuis la négocation (2010-2011) et l’entrée en vigueur (2014) de la sixième réforme de l’État belge, la question d’une nouvelle réforme de notre système fédéral risque assurément de revenir au premier plan de l’actualité politique dans la perspective des élections fédérales et régionales qui se dérouleront en mai 2024. Que signifie l’expression "réforme de l’État" et pourquoi y’en a-t-il eu plusieurs en Belgique ? Pourquoi une nouvelle réforme de l’État apparait nécessaire aux yeux de certaines formations politiques alors que d’autres semblent douter de sa pertinence ? Quels seraient les enjeux d’une telle réforme ? Quels sont les projets institutionnels actuellement débattus au sein du gouvernement fédéral ou des différents parlements du pays ? Qu’est-ce que l’opération "un pays pour demain" et est-elle susceptible de rompre avec la façon habituelle dont notre classe politique débat de l’avenir de la Belgique ? L’hypothèse d’une scission de l’État belge en plusieurs nations indépendantes est-elle crédible ? En vue de répondre à toutes ces questions, nous aurons le plaisir de recevoir Vincent Lefebve, philosophe et juriste, et Caroline Sägesser, historienne, et tous deux chargés de recherche pour le Centre de recherche et d’information socio-politques (CRISP).
Les @nalyses en ligne
« Le régime des cultes est inadapté à une société plurielle »
interview de Caroline Sägesser par Fanny Declercq, parue dans une version légèrement différente dans Le Soir, 16 septembre 2022
Après l’annonce de la décision du ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne (Open VLD), de retirer la reconnaissance de l’Exécutif des musulmans de Belgique, l’organe de représentation du culte islamique en Belgique a dénoncé une action gouvernementale « grossièrement inconstitutionnelle et inacceptable ». Caroline Sägesser revient sur les difficultés que pose la représentation des communautés musulmanes dans le régime belge des cultes et analyse la décision du ministre libéral flamand comme l’anticipation d’une réforme institutionnelle en matière de culte.
Les @nalyses en ligne
L’imam et le gendarme
par Caroline Sägesser, paru dans La Revue nouvelle, n° 5, juin 2022, p. 4-8
« Un curé vaut bien dix gendarmes », aurait dit Napoléon I er , fournissant ainsi une justification à sa politique de réconciliation avec l’Église catholique après les tourments de la Révolution française. Ce retour du gallicanisme répondait alors à un objectif de maintien de la paix sociale et de développement du soutien au régime impérial. La politique du gouvernement belge à l’égard de l’organe représentatif du culte islamique, l’Exécutif des Musulmans de Belgique, est marquée depuis quelques années par une forme de néo-gallicanisme : flirtant quelquefois avec l’infraction au principe de séparation de l’Église et de l’État, les autorités s’efforcent de faire émerger un « islam belge » ou un « islam européen », regardé comme une religion plus moderne, plus démocratique, et participant plus activement à la construction d’une société multicultuelle apaisée. Dans un contexte de forte préoccupation en matière de sécurité, la religion est ainsi regardée comme un instrument participant à son maintien et les imams, comme les curés d’autrefois, comme de possibles adjoints aux policiers. Ces derniers mois, les relations entre le ministre de la Justice, en charge des cultes, Vincent Van Quickenborne (Open VLD), et l’Exécutif des Musulmans de Belgique se sont radicalement détériorées, marquant peut-être l’échec définitif de cette politique.
Courrier hebdomadaire
Archives et gouvernance de l’information à l’ère numérique
Courrier hebdomadaire n° 2530-2531, par Florence Gillet, 79 p., 2022
Publiques ou privées, courantes ou définitives, en format papier ou numérique, les archives sont omniprésentes. Leur intérêt et leur utilité dépassent amplement la sphère des historiens et autres chercheurs en sciences humaines. Car, contrairement à une idée reçue, les archives n’ont pas seulement une valeur historique ou patrimoniale. Elles constituent autant de traces susceptibles de servir de preuve, de témoignage, de caution, de justification. Ainsi, une archive peut être cruciale pour le bon fonctionnement d’une administration, d’une entreprise ou d’une association. À un niveau plus général, les archives de l’État participent de la bonne marche d’une démocratie. Dès lors, les archives nécessitent la mise en place de processus de suivi et de préservation : authentification, validation, tri, classement, conservation, valorisation, etc. Ces processus ne prennent pas place uniquement en fin de parcours mais se doivent d’être envisagés dès la création du document. Or plusieurs événements récents ont montré que la gestion des archives a été largement négligée jusqu’à présent par les responsables politiques ainsi que par nombre d’acteurs de la société civile et du monde économique. Ce Courrier hebdomadaire brosse un portrait général des enjeux liés à la gouvernance des archives afin d’en montrer la complexité et la richesse, la variété des défis à relever (en particulier dans le contexte actuel d’essor des nouvelles technologies) ainsi que les multiples facettes des métiers concernés. La problématique est étudiée sous le prisme de la Belgique francophone, avec néanmoins la volonté de s’inscrire dans un contexte plus général, à la fois belge et international. Il s’agit notamment de faire état des législations existant en la matière et de pointer leurs carences et lacunes.
Les @nalyses en ligne
Gouvernements minoritaires en Belgique et en France : pratiques et réticences
par Cédric Istasse et Théo Pureur, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 14 juillet 2022
Depuis les élections législatives des 12 et 19 juin derniers, la France connaît une situation rare dans son histoire : celle d’un gouvernement minoritaire, c’est-à-dire un gouvernement composé de formations politiques qui ne disposent pas ensemble d’une majorité absolue des sièges au parlement. L’existence d’un gouvernement minoritaire n’a rien d’exceptionnel. Cette configuration politique se présente fréquemment dans divers États européens. En France, elle n’est pas non plus inédite. En Belgique, la pratique des gouvernements minoritaires est certes moins exceptionnelle qu’en France, mais elle demeure malgré tout fort rare. À titre de mise en perspective de la situation politique – vécue comme atypique – qui prévaut actuellement à Paris, cette @nalyse du CRISP en ligne propose tout d’abord de retracer les différentes expériences de gouvernement minoritaire qui se sont produites dans l’histoire politique belge depuis 1945. Ensuite, elle tente d’expliquer les réticences qui peuvent être observées quant à la mise en place d’exécutifs minoritaires tant en France qu’en Belgique. Au-delà des différences que présentent les systèmes politiques français et belge, il s’avère en effet que ceux-ci sont tous deux animés par une même culture politique à cet égard, qui privilégie fortement la pratique des gouvernements majoritaires.
Les @nalyses en ligne
Les partis francophones réaffirment le cordon sanitaire contre l’extrême droite
interview de Benjamin Biard par Christophe Degreef, parue sur sous le titre « Rechtse partijen verschillen te veel om hen allemaal extremistisch te noemen » sur Doorbraak.be, 7 mai 2022
Cinq partis politiques francophones viennent de réitérer leur refus de gouverner avec l’extrême droite et de débattre avec elle. Le sujet a refait surface suite au débat qui s’est tenu, le 21 avril 2022, sur les ondes de la chaîne publique flamande VRT, entre Georges-Louis Bouchez, président du Mouvement réformateur, et Tom Van Grieken, son homologue du Vlaams Belang. Contrairement à la requête émise par G.-L. Bouchez, la portée du cordon sanitaire n’a toutefois pas été étendue au PTB.
Courrier hebdomadaire
La Belgique, un État fédéral singulier
Courrier hebdomadaire n° 2500, par Jean Faniel, Cédric Istasse, Vincent Lefebve, Caroline Sägesser, 267 p., 2021
Chaque État est original dans son architecture institutionnelle, spécifique dans ses structures et unique dans ses équilibres. Il en va ainsi des États unitaires, et a fortiori des États fédéraux. Par définition en effet, tout système fédéral est constitué de plusieurs ordres juridiques, dont l’articulation résulte d’une histoire et d’un contexte socio-politique qui lui sont propres. En Belgique, beaucoup de citoyens ont le sentiment de vivre dans un pays bien singulier. Un pays qui se différencie de tous les autres par l’évolution constante de son organisation, par le nombre de ses niveaux de pouvoir, par l’enchevêtrement des domaines de compétence de ses entités et par la complexité – voire l’opacité – de son fonctionnement. Un pays qui est secoué par des crises répétées semblant menacer jusqu’à son existence. Un pays qui présente de multiples caractéristiques qui ne se rencontrent pas ailleurs, et qui sont tout à la fois la cause et la conséquence d’un fédéralisme à nul autre pareil. Bref, un pays atypique. Ce numéro spécial du Courrier hebdomadaire se penche sur les particularités de l’État fédéral belge, que ce soit en ce qui concerne son mode d’élaboration, les caractéristiques du pouvoir fédéral, les attributs de ses Régions et Communautés, les dynamiques qui le traversent ou les relations qu’entretiennent ses diverses composantes. Par un examen approfondi de ses caractéristiques sous des angles multiples et complémentaires, cette étude offre une lecture renouvelée et minutieuse du système socio-politique belge. En outre, afin de saisir les réelles singularités de la Belgique par rapport aux autres États fédéraux, elle montre en quoi le fédéralisme belge se distingue ou non des configurations institutionnelles de l’Allemagne, du Canada, des États-Unis, de la Suisse, etc. Télécharger la table des matières
Les @nalyses en ligne
Le régime belge des cultes dans le viseur de la Cour de Strasbourg
par Caroline Sägesser, paru sur o-re-la.ulb.be, 8 avril 2022
À l’occasion d’une procédure intentée par neuf congrégations de Témoins de Jéhovah, la Cour européenne des droits de l’homme a rendu le 5 avril 2022 un arrêt qui critique sévèrement le système belge de reconnaissance des cultes. Cette décision pourrait faire le lit d’une évolution marquante dans la mise en œuvre de celui-ci.
Les @nalyses en ligne
La Belgique après deux ans de Covid-19
par Jean Faniel, paru dans Mouvements, n° 7, mars 2022, p. 7-12
Le 11 mars 2020, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) requalifie en pandémie l’épidémie de Covid-19 apparue quelques mois plus tôt en Chine. Deux ans plus tard, quel bilan tirer de la gestion de la pandémie en Belgique ? On se limitera ici à pointer quelques éléments saillants.
Courrier hebdomadaire
La lutte contre l’extrême droite en Belgique (II). Cordon sanitaire médiatique, société civile et services de renseignement
Courrier hebdomadaire n° 2524-2525, par Benjamin Biard, 75 p., 2021
Quels sont les acteurs, les instruments et les stratégies de la lutte contre l’extrême droite en Belgique, et quels semblent être leurs effets ? C’est à cette question, d’une importance certaine mais fort peu explorée par la littérature scientifique, que répond ce Courrier hebdomadaire . La lutte contre l’extrême droite prend des visages multiples. Ses acteurs sont issus de diverses sphères : politique, judiciaire, associative, médiatique, etc. Ses instruments sont hétérogènes : des lois aux campagnes de sensibilisation, en passant par les règlements d’assemblée parlementaire, les accords entre partis politiques, les manifestations ou la confrontation directe. Ses stratégies sont plurielles, qu’elles visent à éviter ou à endiguer la progression des idées d’extrême droite au sein de la société en général, ou à contrer une personne ou association particulière incarnant cette tendance politique. Partant, ses résultats sont difficiles à cerner, si ce n’est d’une manière globale. Ce second tome s’intéresse au « cordon sanitaire médiatique » (dispositif qui n’a cours qu’en Belgique francophone), aux mobilisations de la société civile (dont l’activisme antifasciste) et à la surveillance des groupes et personnes d’extrême droite par les services de renseignement et de sécurité (Sûreté de l’État, SGRS et OCAM).
Courrier hebdomadaire
La lutte contre l’extrême droite en Belgique (I). Moyens légaux et cordon sanitaire politique
Courrier hebdomadaire n° 2522-2523, par Benjamin Biard, 112 p., 2021
Quels sont les acteurs, les instruments et les stratégies de la lutte contre l’extrême droite en Belgique, et quels semblent être leurs effets ? C’est à cette question, d’une importance certaine mais fort peu explorée par la littérature scientifique, que répond ce Courrier hebdomadaire . La lutte contre l’extrême droite prend des visages multiples. Ses acteurs sont issus de diverses sphères : politique, judiciaire, associative, médiatique, etc. Ses instruments sont hétérogènes : des lois aux campagnes de sensibilisation, en passant par les règlements d’assemblée parlementaire, les accords entre partis politiques, les manifestations ou la confrontation directe. Ses stratégies sont plurielles, qu’elles visent à éviter ou à endiguer la progression des idées d’extrême droite au sein de la société en général, ou à contrer une personne ou association particulière incarnant cette tendance politique. Partant, ses résultats sont difficiles à cerner, si ce n’est d’une manière globale. Ce premier tome porte d’abord sur les moyens légaux développés et mobilisés face à l’extrême droite : interdiction et dissolution d’associations ; législation contre les discriminations, le racisme et le négationnisme ; privation ou suspension du financement public des partis d’extrême droite ; etc. Il examine ensuite le dispositif connu sous le nom de « cordon sanitaire politique ». Plus globalement, il tente de percevoir l’impact de ces stratégies sur les formations d’extrême droite, notamment en termes de succès ou de recul électoral
Les @nalyses en ligne
Splendeur et misère des compromis : la Belgique à l’aune de Kelsen
par Vincent de Coorebyter, paru dans La Revue nouvelle, n° 1, février 2022, p. 11-18
Il est entendu que la Belgique est une terre de compromis, et elle en a longtemps été fière. Aujourd’hui, pourtant, les compromis ont plutôt mauvaise presse, ou sont considérés, au mieux, comme un mal nécessaire. L’ambivalence domine à leur égard, tant il est difficile de savoir s’il faut les accepter ou les déplorer.
Livres
Introduction à la Belgique fédérale
Livre, par Caroline Sägesser, Jean Faniel, Pierre Blaise, 108 p., 2022
La Belgique est un État fédéral d’une rare complexité. Connaissant des Communautés et des Régions, et, à Bruxelles, des Commissions communautaires, le fédéralisme belge se caractérise notamment par le chevauchement de différents pouvoirs sur un même territoire. Introduction à la Belgique fédérale guide le lecteur à travers les rouages institutionnels de l’Autorité fédérale et des entités fédérées. Cet ouvrage expose la répartition des compétences, les relations entre les pouvoirs législatif, exécutif et judicaire, la composition des parlements et des gouvernements ou encore le rôle des provinces et des communes. Rédigé dans un langage accessible, il permet à chacun de se familiariser avec le fonctionnement des institutions. Cette édition est entièrement mise à jour en 2022.
Livres
La Constitution au fil de ses versions (2ème édition)
Livre, par Cindy Regnier, 408 p., 2022
Adoptée en février 1831, la Constitution belge a été révisée à plus de 65 reprises depuis lors. Élargissement du droit de vote, d’abord, réformes de l’État successives, ensuite, ont tout particulièrement modifié sa physionomie de départ. Cette évolution de la « loi fondamentale » reflète à la fois les changements intervenus dans la société belge et les transformations des structures institutionnelles du pays. En 2019, l’ouvrage La Constitution au fil de ses versions est venu proposer une formule de lecture originale permettant de retracer l’évolution d’un article au fil de ses modifications et, plus largement, de saisir finement les évolutions de ce texte central. La deuxième édition inclut les dernières révisions constitutionnelles et améliore la lisibilité de certains articles particulièrement touffus. L’objectif de cet ouvrage demeure de permettre au lecteur d’observer aisément les révisions qu’a connues la Constitution belge depuis sa promulgation en français en 1831, en livrant, dans une présentation originale et exhaustive, les versions successives de chaque article et en signalant de manière précise les modifications intervenues et les dates de ces changements. La présentation permet de saisir aisément quand une modification a été apportée au texte. Le procédé utilisé offre trois modes de lecture possibles. Le lecteur peut ainsi lire la Constitution actuelle de la Belgique, en connaître la version initiale ou suivre l’évolution d’un article en particulier, voire d’un paragraphe ou d’un alinéa spécifique. Ce dernier mode de lecture est assurément le plus original. Par cette plongée historique dans la loi fondamentale, le CRISP offre le fil qui permet de tracer un chemin dans ce texte sinueux et, pourtant, crucial pour tenter de comprendre ce dédale auquel la Belgique s’apparente parfois. Publié avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Loterie nationale.
Les @nalyses en ligne
« On reste dans une gestion autoritaire de la crise »
interview de Caroline Sägesser par Mathieu Colleyn, parue dans L’Écho, 30 décembre 2021, p. 6-7
Le CRISP dresse le bilan politique de l’année 2021. Caroline Sägesser revient sur l’année politique écoulée et souligne notamment qu’il faudra revoir la communication de crise des autorités en 2022.
Les @nalyses en ligne
L’émission The Voice. “L’incroyable pouvoir d’une voix”
par Vincent Lefebve, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 21 décembre 2021
« L’incroyable pouvoir d’une voix » : tel a été un temps le slogan de l’émission télévisée The Voice , dans sa version belge francophone, dont la dixième saison débutera ce 28 décembre sur La Une (RTBF). L’apparente simplicité de la formule comporte un double sens qui peut être questionné. On sait en effet que durant cette émission, on ne fait pas qu’entendre et juger des voix, on les compte aussi. Au cours du processus de sélection des candidats qui viennent rivaliser vocalement, les téléspectateurs disposent d’un pouvoir de décision qui va grandissant au fil des étapes. Lors de la finale, c’est le public qui désigne directement le vainqueur d’une saison. Que signifie cette intrusion de la technique du vote populaire dans une émission de divertissement ? Qu’est-elle susceptible de nous apprendre de notre culture politique ?
Les @nalyses en ligne
Temporel des cultes : du nouveau en Flandre et à Bruxelles
par Caroline Sägesser, paru sur o-re-la.ulb.be, 19 novembre 2021
Dans un contexte marqué par la crise de l’Exécutif des Musulmans de Belgique, l’organe représentatif du culte islamique, qui rend improbable une reprise du processus de reconnaissance de mosquées par les Régions, la Flandre a adopté un nouveau décret réglementant le temporel des cultes. La Région de Bruxelles-Capitale vient d’examiner un texte très différent de celui qui vient d’être adopté au nord du pays.