Acteur et témoin de la vie politique belge, socialiste par choix et Flamand par ses origines, Pierre Vermeylen retrace ici un itinéraire qui est à la fois celui de l’homme d’État et du militant. Quinze années de fonctions ministérielles, une longue expérience de parlementaire, d’homme de loi, de responsable au sein d’un parti : les « Mémoires » de Pierre Vermeylen jettent un éclairage - souvent inédit - sur le fonctionnement de nos institutions, sur de larges pans de notre histoire proche, sur l’évolution des tensions au sein de la société belge, Récit vivant, où entrent en jeu de nombreuses personnalités de la vie politique et les multiples forces qui la traversent. Ainsi voit-on conté comment se noue une décision, qu’il s’agisse de la création du Conseil d’État en 1948 ou de tant d’autres, issues de débats et de combats auxquels l’auteur prit une part active ou primordiale, Au-delà du document, ce livre est nourri de réflexions, accompagnant la démarche et tirant leçon de l’expérience. Il est aussi la rencontre d’un homme. Assumant ses appartenances sans dogmatisme ni sectarisme, attentif toujours aux problèmes du temps, il allie de manière très personnelle la fidélité à quelques grands principes et l’esprit d’ouverture, le respect des engagements et le foisonnement des idées, les hautes responsabilités au sein de l’État et de nombreuses ferveurs, culturelles et autres, dont il se fait l’infatigable pèlerin. « Mémoires sans parenthèses » est le premier ouvrage en langue française qui révèle dans son ensemble l’expérience et la personnalité de Pierre Vermeylen.
Courrier hebdomadaire
Le Congo. Du domaine de Léopold II à l’indépendance
C’est le 15 novembre 1908 que le Congo (actuellement Zaïre) est devenu colonie belge par une loi ’sur le gouvernement du Congo belge, couramment appelée la Charte coloniale. Votée par les Chambres et signée par le Roi le 18 octobre avec contreseing ministériel, cette loi organisait le système des pouvoirs dans la colonie et, pour l’essentiel, elle est restée en application jusqu’au 30 juin 1960, c’est-à-dire jusqu’à l’indépendance du Congo et la fin de l’époque coloniale belge. En fait, on ne peut expliquer la loi de 1908 qui fait de la Belgique une puissance coloniale en Afrique centrale sans rappeler, fût-ce de manière synthétique, ce qui a précédé pendant plus de trente ans et qui est lié à la volonté personnelle et à la psychologie de Léopold II. Très justement, le professeur américain Crawford Young a pu écrire : L’implacable volonté impériale du Roi Léopold II (qui ne visita jamais le Congo - NDLR) fut la principale force qui poussa à l’érection du Congo en Etat en 1885’. [...]
Courrier hebdomadaire
Léopold III : le non-retour. Textes et documents, sélection et présentation
Courrier hebdomadaire n° 1020-1021, par Jules Gérard-Libois, José Gotovitch, 37 p., 1983
Courrier hebdomadaire
Les origines de la querelle fouronnaise
Courrier hebdomadaire n° 1019, par Michel Hermans, Pierre Verjans, 33 p., 1983
Courrier hebdomadaire
Léopold III : le non-retour
Courrier hebdomadaire n° 1010, par Jules Gérard-Libois, José Gotovitch, 28 p., 1983
Courrier hebdomadaire
Sous la Régence : Résistance et pouvoir
Courrier hebdomadaire n° 999, par José Gotovitch, 32 p., 1983
Courrier hebdomadaire
Le contrôle budgétaire interne 1960-1980
Courrier hebdomadaire n° 929, par Lucien Roelants, 18 p., 1981
Livres
La question royale. Crise et dénouement, juin, juillet, août 1950
Livre, par Jean Duvieusart, 240 p., 1975
Par sa durée, sa rigueur, sa violence, la nature des clivages qu’elle a mis en lumière et la manière dont elle s’est dénouée, la question royale se présente comme une crise majeure et constitue un moment privilégié pour l’observation de la société belge. J. Duvieusart qui fut Premier ministre du gouvernement social-chrétien en juin-juillet 1950 établit ici une relation des événements. Il s’agit d’un témoignage personnel sur les faits vécus par l’auteur, précédé d’une narration des étapes de l’affaire royale depuis le 25 mai 1940. L’auteur s’y explique sur ses propres attitudes de l’époque et sur la manière dont il a cru pouvoir apporter une solution à la crise constitutionnelle. Ce livre apporte également - par des documents inédits de première importance - une information complémentaire sur cette crise qui a si fortement marqué l’après-guerre en Belgique.
Courrier hebdomadaire
Dossier ’Question Royale’
Courrier hebdomadaire n° 646, 32 p., 1974
Courrier hebdomadaire
La stabilité gouvernementale en Belgique 1946-1971
Courrier hebdomadaire n° 578, 19 p., 1972
Courrier hebdomadaire
Les structures internes des gouvernements en Belgique
Courrier hebdomadaire n° 457, 23 p., 1969
Livres
Patrice Lumumba. Les cinquante derniers jours de sa vie
Livre, par H. Donnay, G. Heinz, 195 p., 1966
Le 17 janvier 1961, deux cents jours après la proclamation de l’indépendance du Congo, Patrice Lumumba est frappé de mort violente à Elisabethville. Fondateur du Mouvement National Congolais en octobre 1958, c’est lui qui, en juin 1960, au terme du régime colonial belge, avait formé le premier gouvernement souverain de la République du Congo, En quelques semaines, il lui fut donné de connaître l’éclatement de l’ancienne Force Publique, l’intervention militaire belge, la sécession du Katanga et du Sud-Kasaï, l’action des casques bleus des Nations-Unies, les guerres tribales du Kasaï, la rupture brutale de son alliance avec le président Kasa-Vubu, le coup d’État militaire du colonel Mobutu, la mise en résidence surveillée à Léopoldville, l’emprisonnement à Thysville et les menaces de mort. Vivant, Lumumba fut une personnalité qui suscita autour d’elle des passions contradictoires, Mort, Lumumba continue à peser sur la vie et le destin du Congo et de l’Afrique : c’est sur son nom que s’affrontent les groupes et les pays ; c’est au nom de la fidélité à sa mission que des masses vont à la rébellion armée contre le pouvoir établi. Créatrice d’un mythe dont la, force dépasse celle de l’homme qui lui donne son nom, la mort de Lumumba reste, aujourd’hui encore, un mystère à bien des égards. Les conditions dans lesquelles elle s’est produite sont mal connues et les versions les plus contradictoires ont été diffusées, parfois dans le but de détruire des adversaires et de jeter le discrédit sur la politique qu’ils incarnent. L’ONU n’a pu élucider certains aspects décisifs de ce destin tragique : des témoins se sont dérobés ; des sources lui furent inaccessibles. Il reste essentiel pour l’avenir politique du Congo que la vérité tout entière soit faite un jour sur les circonstances de la mort de Lumumba, et surtout sur le contexte dans lequel elle s’est inscrite, sur les mécanismes qui ont déterminé l’événement et sur les principaux acteurs dont la responsabilité est engagée à des degrés divers. Il ne nous appartenait pas de faire ici œuvre de procureur ou d’enquêteur de police, d’autant que nous n’en avions ni les moyens ni les pouvoirs. Nous avons par contre mené une enquête politique approfondie. Nous avons voulu conserver au travail un caractère principalement descriptif, éclairant les faits et les mécanismes, sans faire le procès de telle ou telle personne. Souvent même, pour ne pas compromettre la sécurité des intéressés, nous n’avons pas mentionné certains noms, dont la publication n’eût pas fourni de complément important pour la compréhension des faits. Nous avons aussi eu le souci de situer l’événement dans le climat passionnel de l’époque : par le texte, par l’image et par des documents sonores dont l’authenticité nous permet une approche vivante d’une vérité difficile à saisir, Notre enquête a exigé de nombreuses recherches et de multiples interviews en Belgique, au Congo et à l’étranger. Nous n’avons pas obtenu ou trouvé tout ce que nous aurions souhaité. Bien des pistes sont d’ailleurs définitivement brouillées. Néanmoins, notre recherche patiente et objective nous a permis de mieux cerner les faits réels, d’écarter des informations tendancieuses ou fausses, d’éliminer des interprétations intéressées ou polémiques. Le cadre de notre narration est solide : c’est à l’intérieur de ce cadre que s’inscrit la vérité, toute la vérité qu’il sera peut-être nécessaire et possible de faire un jour avec les moyens adéquats.
Livres
La décision politique en Belgique. Le pouvoir et les groupes
Livre, par Jean Ladrière, Jean Meynaud, François Perin, 403 p., 1965
Rares sont les études qui ont été, jusqu’à présent, consacrées à la vie politique belge. Or la Belgique a connu et connait encore un certain nombre de problèmes d’importance majeure. A beaucoup d’égards, elle constitue un microcosme où apparaissent les principaux éléments caractéristiques des pays occidentaux. Le premier mérite de ce livre, réalisé par le Centre de recherche et d’information socio-politiques (Bruxelles), est de présenter un tableau de la vie politique belge, de 1944 à nos jours. La réalisation d’une telle entreprise n’allait pas sans difficulté tenant à l’absence d’études préalables sur les points étudiés ou à l’acuité des problèmes posés : ces difficultés ont été surmontées. En second lieu, l’équipe du CRISP est parvenue à faire œuvre de science politique, en se donnant comme ligne de recherche l’analyse de décisions qui ont marqué la politique en Belgique ces dernières années (crise de l’unité belge, pacte scolaire, création des organes de la politique scientifique, ’loi unique’, réforme de l’impôt sur le revenu, programmation économique, crise charbonnière, politique des prix agricoles, politique congolaise... ). Cette méthode conduit les auteurs à donner à la substance même de l’activité politique toute son importance, et permet d’apprécier au mieux les résultats de cette activité. Le présent ouvrage, qui rappelle, en outre, les bases et les étapes de la vie politique belge et est illustré de nombreux documents, fournit un instrument de référence à tous ceux qui s’intéressent à la Belgique, ainsi qu’aux problèmes de l’Europe.
Livres
Sécession au Katanga
Livre, par Jules Gérard-Libois, 364 p., 1963
« Que Dieu protège le Katanga indépendant ». Par ces mots, le Conseil des ministres provinciaux présidé par M. Tshombe terminait la déclaration du 11 juillet 1960 par laquelle il proclamait le Katanga totalement indépendant et demandait à la Belgique de s’unir avec lui « en une étroite communauté économique ». « Nous sommes prêts à proclamer devant le monde que la sécession katangaise est terminée ». C’est en ces termes que le 14 janvier 1963. le Conseil des ministres présidé par M. Tshombe annonçait de Kolwezi qu’il acceptait la réintégration du Katanga dans la République du Congo, selon le schéma fixé par le Plan Thant en août 1962. Du 11 juillet 1960 au 14 janvier 1963, pendant trente mois et trois jours a existé et fonctionné une province congolaise en sécession, érigée en État de fait dont l’indépendance pourtant ne fut reconnue officiellement par aucun pays. Ces trente mois de sécession ont, jusqu’à ce jour, alimenté plus de polémiques passionnées que de recherches ou études objectives. D’où venait cette idée d’indépendance au Katanga ? Qui la soutenait et lui donnait corps ? Comment et avec quels puissants moyens a-t-elle pu être proclamée puis expérimentée ? Quels facteurs ont finalement provoqué r échec de la tentative sécessionniste ? Sans doute est-il encore prématuré de vouloir écrire aujourd’hui toute l’histoire de la sécession : des témoignages utiles font encore défaut : les sources actuellement disponibles sont souvent tendancieuses ou incomplètes et des éléments essentiels de la réalité ne s’expriment dans la presse, dans les déclarations ou des rapports des autorités intéressées que par allusions ou par affirmations globales. Nous voudrions ici plus modestement raconter ce qui s’est passé au Katanga, avec un souci particulier de mettre en lumière les conditionnements locaux et extérieurs de la sécession. Cette narration se fonde sur r ensemble des sources publiques actuellement disponibles ainsi que sur des témoignages et sur des documents inédits, souvent confidentiels, qui permettent de comprendre certains mécanismes de la sécession, notamment en matière d’encadrement et d’assistance militaires ou d’action diplomatique concertée au sujet du régime de M. Tshombe.
Courrier hebdomadaire
L’application de la loi du 19 août 1948 sur les ’prestations d’intérêt public en temps de paix’ (I)
Courrier hebdomadaire n° 192-193, 27 p., 1963
Courrier hebdomadaire
La politique ’katangaise’ de la Belgique (II). Août 1961-janvier 1963
Courrier hebdomadaire n° 184, 22 p., 1963
Courrier hebdomadaire
La politique ’katangaise’ de la Belgique (I). Juillet 1960-juillet 1961
Courrier hebdomadaire n° 182, 25 p., 1963
Livres
Congo 1961
Livre, par Jules Gérard-Libois, Benoît Verhaegen, 691 p., 1962
Au moment où s’achève l’année 1960, six mois après son accession à l’indépendance, la République du Congo subit durement les contre-coups des crises militaires et politiques de juillet 1960 et des conflits institutionnels et constitutionnels qui se développèrent au cours de l’été : - M. Patrice Lumumba, leader du Mouvement National Congolais et chef du premier gouvernement du Congo, a été, en septembre, l’objet d’une mesure de révocation de la part du chef de l’Etat. Malgré l’influence de ses amis sur le plan parlementaire et l’appui diplomatique dont il bénéficie auprès d’États afro-asiatiques et de pays de l’Est, il a été arrêté et emprisonné au camp militaire de Thysville au Bas-Congo. - Le Collège des commissaires, mis en place en septembre par le colonel Mobutu et appuyé par le chef de l’État, se heurte à des oppositions considérables dans les provinces, y compris celle de Léopoldville. Sa légitimité est contestée par les États africains les plus agissants et par l’Est ; ses relations avec l’ONUC, spécialement avec M. Dayal, représentant de M. Hammarskjöld, sont de plus en plus tendues. - Au Katanga, M. Tshombe, leader de la Conakat, a consolidé la sécession grâce à raide technique, financière et militaire qui lui est assurée. Mais il se heurte dans le Nord à la rébellion ouverte des masses baluba, que les plus sanglantes répressions n’ont pu maîtriser. L’émission d’un franc katangais a confirmé, fin 1960, la volonté sécessionniste. Par contre, aucune reconnaissance diplomatique n’est acquise en faveur d’Élisabethville, malgré les ouvertures faites par M. Tshombe en direction de l’abbé Youlou, de l’Occident et plus tard de l’Amérique Centrale. - A Stanleyville, le vice-président du Conseil, M. Gizenga (PSA), parvient à s’assurer les leviers de commande avec l’appui des troupes du général Lundula. Il y installe un gouvernement qui s’affirme détenteur de la légitimité pour l’ensemble du territoire de la République. A la fin décembre, Stanleyville prend le contrôle de Bukavu et écarte les ministres provinciaux du Kivu jugés peu sûrs. Après l’échec d’une opération militaire du colonel Mobutu en direction de Bukavu, un ministre du gouvernement central de M. Lumumba, M. Anicet Kashamura (Céréa), prend personnellement la direction du gouvernement provincial du Kivu. - Au Kasaï Méridional, l’État autonome créé par M. Kalonji, leader des Baluba du Kasaï, a organisé sa propre gendarmerie et ses propres institutions politiques et administratives, sans rompre entièrement avec Léopoldville où des Baluba occupent des postes influents dans le Collège des commissaires. La famine fait des ravages immenses parmi les réfugiés, mais une vaste opération entreprise par l’aNUC évite le pire à Bakwanga en décembre 1960. - A Luluabourg siège un gouvernement provincial composé de représentants de partis, anciens alliés de M. Lumumba. La menace du Sud-Kasaï d’une part, l’isolement économique de l’autre, incitent les autorités de Luluabourg à rechercher des contacts avec Léopoldville et avec Elisabethville. La présence sur place d’importantes forces militaires commandées par le colonel Djoku, ami du colonel Mobutu, empêche en outre toute tentative de ralliement officiel au groupe de Stanleyville. - Dans le Kwango-Kwilu, où prédomine le Parti Solidaire Africain de MM. Kamitatu et Gizenga des incidents graves opposent les populations et les militaires du colonel Mobutu et contribuent à miner à Léopoldville les relations entre les commissaires et le gouvernement provincial présidé par M. Kamitatu. Au Bas-Congo continue à dominer le réflexe autonomiste des leaders locaux de l’Abako : ce réflexe est toutefois tempéré par la présence de M. Kasa-Vubu à la tête de l’État, En présence de ces phénomènes de morcellement du pouvoir, des tendances centrifuges et des oppositions violentes des fractions politiques, les Nations Unies, soumises à des options difficiles entre des autorités de fait dont la légitimité est contestée localement et internationalement, enregistrent de graves échecs en matière de maintien de r ordre, d’assistance technique, de réorganisation militaire économique et administrative, lesquels se répercutent sur l’ONUC elle-même, ainsi que sur les rapports du secrétariat général avec les Congolais d’une part, avec les Etats qui ont fourni des casques bleus d’autre part [...]
Courrier hebdomadaire
Les projets gouvernementaux sur le ’maintien de l’ordre’ (I)
Courrier hebdomadaire n° 171, 24 p., 1962
Courrier hebdomadaire
Conjoncture politique belge
Courrier hebdomadaire n° 147, 18 p., 1962
Courrier hebdomadaire
Processus d’élaboration de la réforme fiscale (III)
Courrier hebdomadaire n° 138, 25 p., 1962
Courrier hebdomadaire
Processus d’élaboration de la réforme fiscale (II)
Courrier hebdomadaire n° 137, 21 p., 1962
Courrier hebdomadaire
Processus d’élaboration de la réforme fiscale (I)
Courrier hebdomadaire n° 136, 20 p., 1962
Livres
Congo 1960
Livre, par Jules Gérard-Libois, Benoît Verhaegen, 1120 p., 1961
La crise congolaise a posé, même pour les observateurs les plus avertis, un nombre considérable de questions et de problèmes auxquels il est fort difficile de répondre. Personne, en effet, même parmi ceux qui prédisaient une crise grave au Congo, n’avait prévu le déclenchement des événements tel qu’il s’est produit, ni le Cours de leur déroulement, ni leurs conséquences extrêmes. La tentation est forte devant tant de faits et de comportements surprenants, posant autant d’énigmes, de répondre en imaginant des complots et le jeu machiavélique de certaines puissances « occultes » ou de certaines forces politiques ou financières toutes puissantes. Tant dans l’opinion congolaise que belge et internationale, l’année 1960 au Congo fut par excellence une année de complots. Avant la Table Ronde politique au début du mois de janvier 1960, ce fut après beaucoup de réticences que les leaders congolais du Cartel Abako acceptèrent de se rendre à la Table Ronde, alors que dès le 16 décembre, le ministre du Congo avait annoncé l’indépendance en 1960. Cette proposition, qui définissait en fait le plan de décolonisation le plus radical qui eut jamais été appliqué dans une colonie, leur paraissait cacher des manœuvres colonialistes. Cette suspicion n’est sans doute pas étrangère à l’éclat qui amena M. Kasavubu à quitter la Table Ronde. Plus tard, la Belgique fut accusée d’avoir accordé l’indépendance politique dans la hâte parce que le Congo commençait à lui coûter trop cher. Au moment de renvoi des renforts de troupes belges au Congo et de la nomination d’un troisième ministre, plusieurs leaders nationalistes accusèrent la Belgique de préparer une guerre coloniale et M. Ganshof de vouloir installer un « gouvernement fantoche » dévoué aux seuls intérêts belges. A la même époque en Belgique et dans les partis modérés au Congo, on accusait certains leaders congolais, d’être liés aux communistes et aux pays de l’Est. Un seul voyage à Berlin-Est ou à Prague suffisait pour déclencher la suspicion. La formation du gouvernement central et des gouvernements provinciaux fut l’occasion de dénoncer une série impressionnante de complots dont certains n’étaient d’ailleurs pas imaginaires. Après le 1er juillet, la fréquence des « complots » s’accrut, mais cette fois, ils devaient marquer, parfois de manière implacable, l’évolution des événements. Par le fait même ils perdaient leur caractère de gratuité pour s’inscrire dans une action politique concertée. Le 4 juillet, le Premier Ministre Lumumba dénonçait l’agissement de certains Belges qui complotaient contre le gouvernement. Le 6 juillet, il y eut le « complot » du Général Janssens et de certains officiers , le 8, le premier ministre dénonçait la tentative d’attentat de 4 officiers belges contre sa personne. En Belgique, le gouvernement beige et une partie de la presse accréditaient la version soit d’un complot communiste dans la Force Publique, soit d’un plan machiavélique de M. Lumumba tendant à épurer le Congo des fonctionnaires et des officiers belges. Il fut souvent question, même à la Chambre, d’un bateau polonais rempli d’armes à l’embouchure du Congo. On ne put jamais en vérifier l’existence. Pendant ce temps à Léopoldville la deuxième mutinerie du camp Léopold II était provoquée en grande partie par la rumeur de l’arrivée des Russes à Ndjili. Les Nations-Unies et la personne du secrétaire général. que sa qualité de Suédois rendit à un certain moment suspect, eurent leur part de reproches et de suspicion. Peu de pays étrangers échappèrent aux critiques et à la méfiance de la part de l’un ou l’autre camp. S il est exact que plusieurs de ces accusations de « complots » prenaient place dans une action politique déterminée, que ce soit en faveur de l’un ou l’autre camp, il n’en reste pas moins vrai que leur succès est le fruit d’une crédulité étonnante de la part de toute l’opinion publique, aussi bien internationale et belge que congolaise, à l’égard des événements du Congo […] Livre en 3 volumes
Livres
Congo 1959 (2ème édition). Documents belges et africains