intervention de Benjamin Biard diffusée dans Carrefour de l’info sur Arabel avec Tarik Laabi, 22 décembre 2022
Émission diffusée le 22 décembre 2022 Benjamin Biard était l’invité du carrefour de l’info sur AraBel FM pour présenter le Courrier hebdomadaire du CRISP consacré aux partis frères MR et Open VLD.
Les @nalyses en ligne
Partis politiques francophones et antiracisme : quel bilan en 2022 ?
par Benjamin Biard, paru sur Dynamiques. Histoire sociale en revue, n° 19, septembre 2022, www.carhop.be
Les moyens déployés par les partis politiques belges francophones pour lutter contre le racisme et les discriminations sont variés. Depuis longtemps, des engagements sont pris par ceux-ci afin d’afficher leur respect des valeurs démocratiques fondamentales et leur opposition à toute forme de racisme ou de discrimination. D’ailleurs, en interne, les organisations partisanes adoptent des mesures spécifiques permettant de sanctionner pareilles expressions. En outre, elles tentent de mettre en œuvre leurs engagements à travers les arènes institutionnelles. Cela se traduit notamment par la construction d’un arsenal juridique sur la base duquel des poursuites judiciaires peuvent être engagées. Plus qu’un combat partisan, c’est souvent en tant que combat pour la démocratie que la lutte antiraciste est envisagée par les partis.
Podcasts
La famille politique libérale. 50 nuances de bleu
intervention de Benjamin Biard diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 12 décembre 2022
Il y a quelques jours, séisme au sein de la famille politique libérale ! Le parti libéral flamand Open VLD débauchait Alexia Bertrand, alors députée bruxelloise pour le parti libéral francophone MR, pour la désigner secrétaire d’État au budget au sein du gouvernement fédéral, le gouvernement dont le premier Ministre est le libéral flamand Alexander De Croo, souvent (et durement) critiqué par le président du MR, Georges-Louis Bouchez... Au-delà de cet incident assez rare, nous allons justement explorer la famille politique libérale dans ce nouvel épisode de l’Actualité en 3D.En compagnie de Benjamin Biard, politologue et chargé de recherches au CRISP, qui vient de publier un Courrier hebdomadaire consacré aux partis libéraux belges et que nous avions déjà reçu pour parler de la famille orange, celle social-chrétienne, nous tacherons de répondre aux questions suivantes : quand est né le Parti libéral belge ? Dans quelles circonstances ? Quel était son programme au XIXe siècle ? Quand s’est-il scindé en deux partis linguistiquement distincts ? Comment ces deux partis ont-ils évolué depuis leur création ? Qu’est-ce qui unit encore aujourd’hui ces deux partis ? Mais qu’est-ce qui explique aussi les tensions qui marquent régulièrement leurs relations ?
Les @nalyses en ligne
La galaxie d’extrême droite : retour en force d’une réalité ancienne
par Benjamin Biard, paru dans Observatoire des radicalités violentes, Droite radicale, Charleroi, CAL Charleroi, 2022, p. 15-18
Aujourd’hui, l’extrême droite est en capacité de remporter des succès électoraux, voire de prétendre à l’exercice du pouvoir dans de nombreux endroits. S’agit-il d’un phénomène récent ? Comment peut-on définir l’extrême droite sur la base de ses multiples incarnations ? Comment évolue-t-elle et en quoi est-elle un phénomène pluriel qui ne peut être réduit aux partis politiques qui en portent l’idéologie ? Enfin, quelles résistances ses différentes formes rencontrent-elles ?
Les @nalyses en ligne
Irrésistible, la progression de l’extrême droite ?
interview de Benjamin Biard par Gérald Papy, parue dans Le Vif/L’Express, 27 octobre 2022
Composante dominante du gouvernement italien, soutien indispensable à l’exécutif suédois : l’extrême droite poursuit son évolution à travers l’Europe et voit sa place dans l’exercice du pouvoir légitimée.
Les @nalyses en ligne
Gouvernements minoritaires en Belgique et en France : pratiques et réticences
par Cédric Istasse et Théo Pureur, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 14 juillet 2022
Depuis les élections législatives des 12 et 19 juin derniers, la France connaît une situation rare dans son histoire : celle d’un gouvernement minoritaire, c’est-à-dire un gouvernement composé de formations politiques qui ne disposent pas ensemble d’une majorité absolue des sièges au parlement. L’existence d’un gouvernement minoritaire n’a rien d’exceptionnel. Cette configuration politique se présente fréquemment dans divers États européens. En France, elle n’est pas non plus inédite. En Belgique, la pratique des gouvernements minoritaires est certes moins exceptionnelle qu’en France, mais elle demeure malgré tout fort rare. À titre de mise en perspective de la situation politique – vécue comme atypique – qui prévaut actuellement à Paris, cette @nalyse du CRISP en ligne propose tout d’abord de retracer les différentes expériences de gouvernement minoritaire qui se sont produites dans l’histoire politique belge depuis 1945. Ensuite, elle tente d’expliquer les réticences qui peuvent être observées quant à la mise en place d’exécutifs minoritaires tant en France qu’en Belgique. Au-delà des différences que présentent les systèmes politiques français et belge, il s’avère en effet que ceux-ci sont tous deux animés par une même culture politique à cet égard, qui privilégie fortement la pratique des gouvernements majoritaires.
Les @nalyses en ligne
La Vivaldi, un long fleuve tranquille ?
interview de Caroline Sägesser par Marie Rigot et Jonas Legge, parue sur sous le titre « On assiste à quelque chose d’assez préoccupant actuellement au sein du gouvernement De Croo » sur Lalibre.be, 25 juin 2022
Plus de 20 mois après sa mise en place, le gouvernement De Croo continue à évoluer dans un climat particulier. Entre les tacles à répétition de certains présidents de parti et les positions parfois contraires à l’accord de gouvernement adoptées par des ministres, la vie au 16 rue de la Loi est loin d’être un long fleuve tranquille… Mais faut-il y voir un risque pour l’avenir de la Vivaldi ? Des élections anticipées nous pendent-elles au nez ?
Les @nalyses en ligne
Pourquoi les partis politiques belges changent-ils de nom ?
par Benjamin Biard, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 12 mai 2022
Le 12 mars 2022, le CDH a tenu un congrès de refondation. À cette occasion, il a adopté de nouveaux statuts, un nouveau manifeste, une nouvelle couleur et, démarche la plus commentée, un nouveau nom : Les Engagés. Nombreux sont les partis politiques à procéder à un changement d’appellation dans le temps. Depuis le début des années 1990, tel a été le cas de l’ensemble de ceux qui sont aujourd’hui représentés au sein du Parlement fédéral belge à l’exception du PS, d’Écolo, du PTB et de la N-VA. Au moins trois raisons expliquent ces évolutions. En se focalisant sur la période comprise entre 1990 et aujourd’hui, cette @nalyse du CRISP en ligne procède à l’étude de ces trois cas de figure, avant de s’interroger sur ce que recouvrent ces nouvelles appellations et, enfin, de questionner leur impact concret sur le nombre d’adhérents, sur la trajectoire électorale ainsi que sur la dynamique interne des partis concernés.
Les @nalyses en ligne
Marine Le Pen présidente ? « Une surprise n’est pas à exclure, mais… »
interview de Benjamin Biard par Noé Spies, parue dans Levif.be, 14 avril 2022
La période de l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle française comporte son lot d’inconnues. Abstention, récupération des voix, débat télévisé : plusieurs facteurs peuvent faire pencher la balance du côté d’Emmanuel Macron ou de Marine Le Pen. Quels sont les scénarios les plus probables ?
Les @nalyses en ligne
Splendeur et misère des compromis : la Belgique à l’aune de Kelsen
par Vincent de Coorebyter, paru dans La Revue nouvelle, n° 1, février 2022, p. 11-18
Il est entendu que la Belgique est une terre de compromis, et elle en a longtemps été fière. Aujourd’hui, pourtant, les compromis ont plutôt mauvaise presse, ou sont considérés, au mieux, comme un mal nécessaire. L’ambivalence domine à leur égard, tant il est difficile de savoir s’il faut les accepter ou les déplorer.
Les @nalyses en ligne
L’extrême droite face au Covid-19 en Europe centrale et orientale
par Benjamin Biard, paru dans Espace de Libertés, n° 503, novembre 2021, p. 62-65
La transition démocratique opérée dans les pays d’Europe centrale et orientale n’est pas très lointaine. Pour autant, cette région n’est pas épargnée par la présence de l’extrême droite et ses menaces sur les droits et libertés. Dans certains de ces pays, elle parvient même à se hisser au pouvoir. Comment ces partis d’extrême droite se positionnent-ils en matière de politiques publiques face à la crise sanitaire actuelle, et avec quel impact ?
Les @nalyses en ligne
L’extrême droite face au pouvoir : influence et tensions
par Benjamin Biard, paru dans Mouvement ouvrier chrétien, Obscurités & lumières, extrême droite, démocratie, mouvement social : La 99e semaine sociale du mouvement ouvrier chrétien, Bruxelles, asbl Politique, collection « Politique », n° 5, 2021, p. 34-41
Dans différents pays européens, l’extrême droite est en capacité d’accéder au pouvoir dans des gouvernements de coalition ou de peser de l’extérieur sur l’action des autorités. Ces situations conduisent non seulement à des changements politiques, mais aussi à des questionnements et à des tensions à l’intérieur même des partis de cette tendance. Par ailleurs, l’usage des réseaux sociaux par l’extrême droite lui permet d’élargir son influence.
Les @nalyses en ligne
Extrême droite : de la conquête des esprits à celle du pouvoir
par Benjamin Biard, paru dans Mouvement ouvrier chrétien, Obscurités & lumières, extrême droite, démocratie, mouvement social : La 99e semaine sociale du mouvement ouvrier chrétien, Bruxelles, asbl Politique, collection « Politique », n° 5, 2021, p. 26-33
Depuis septembre 2019, le Vlaams Belang occupe la tête des sondages en Flandre. Alors qu’y augmentent les craintes d’une rupture du cordon sanitaire, l’extrême droite demeure absente du paysage politique en Belgique francophone. Cet exposé sous forme d’entretien vise à mieux saisir ce que recouvre la notion d’extrême droite aujourd’hui, à en cerner les manifestations principales, à identifier les facteurs qui expliquent les différences de destin électoral en Flandre et en Belgique francophone, et à examiner les stratégies mises en œuvre afin de contrer son développement.
Courrier hebdomadaire
Les spécificités institutionnelles de la région bruxelloise
Courrier hebdomadaire n° 2510, par Quentin Peiffer, 46 p., 2021
Au sein de l’architecture institutionnelle belge, la région bruxelloise présente de nombreuses spécificités. Celles-ci sont liées à ses deux particularités majeures que sont, d’une part, le fait d’être la seule région bilingue et, d’autre part, celui d’abriter la capitale du pays. En région bruxelloise, outre l’Autorité fédérale et les communes, pas moins de six entités se partagent les compétences étatiques : la Région de Bruxelles-Capitale, la Communauté française et la Communauté flamande – qui toutes deux ont également Bruxelles pour capitale –, et les trois Commissions communautaires (COCOM, COCOF et VGC). La Région de Bruxelles-Capitale se singularise par rapport aux autres Régions et Communautés par plusieurs éléments, tels que l’obligation d’une parité linguistique au gouvernement ou l’exigence d’une double majorité au parlement pour l’adoption de certaines normes. Cette configuration complexe est le fruit de divers facteurs, à commencer par les fortes réticences flamandes ayant entouré la création de la Région bruxelloise, la volonté d’assurer une protection forte de la minorité néerlandophone vivant sur ce territoire, et le refus de créer des sous-nationalités dans cette région. Interviennent aussi, de façon non négligeable, le rôle international et la fonction de capitale de Bruxelles.
Courrier hebdomadaire
Les comptes rendus parlementaires en Belgique
Courrier hebdomadaire n° 2506-2507, par Serge Model, 62 p., 2021
Comme dans tout État démocratique, les discussions tenues au sein des diverses assemblées parlementaires de Belgique font l’objet de comptes rendus, que ceux-ci s’intitulent Compte rendu intégral (Chambre des représentants, Parlement wallon, Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale, Parlement de la Communauté française, Assemblée réunie de la COCOM et Assemblée de la COCOF), Compte rendu analytique (Chambre des représentants), Annales (Sénat), Woordelijk verslag (Parlement flamand) ou Ausführlicher Bericht (Parlement de la Communauté germanophone). Ces documents constituent un instrument majeur de la publicité des débats parlementaires. En outre, en préservant la mémoire des délibérations politiques, ils contribuent à comprendre l’intention du législateur et à interpréter la norme votée par celui-ci. Ils sont dès lors essentiels tant au citoyen qu’à tout acteur ou observateur de la vie politique. Ce Courrier hebdomadaire éclaire le travail – méconnu quoique fondamental – de transcription et de publication des débats parlementaires par les services de compte rendu. Il s’interroge aussi sur l’avenir de cette technique à l’ère des nouvelles technologies.
Courrier hebdomadaire
Les votes nominatifs à la Chambre des représentants (I). Évolution des règles en vigueur (1831-2020)
Courrier hebdomadaire n° 2501-2502, par Frederik Verleden, 57 p., 2021
Dans toute assemblée parlementaire, les processus décisionnels se déroulent selon des procédures bien précises. Celles-ci sont soit imposées par la Constitution ou la loi, soit fixées dans le règlement de l’assemblée, soit consacrées par l’usage. Leur application n’est pas absolue, la pratique parlementaire s’écartant parfois des textes ou de la coutume. Ces procédures connaissent aussi des évolutions formelles, qui reflètent les rapports de force politiques du moment et souvent visent à pérenniser voire à renforcer ceux-ci. C’est lors des votes que les procédures exercent leur principale influence sur les décisions prises par les parlementaires. En effet, elles déterminent tout à la fois le mode de déroulement du vote, le nombre de voix que le texte soumis au vote doit obtenir pour être adopté, et les critères de validité de celles-ci. À cet égard, la question du recours ou non au vote nominatif (c’est-à-dire par appel nominal) revêt une importance toute particulière, de même que celle de la mise en application concrète de cette modalité. Ce Courrier hebdomadaire étudie les prescrits et les pratiques qui entourent le vote nominatif au sein de la Chambre des représentants. Il examine successivement le cadre constitutionnel, les majorités qualifiées dont la Chambre doit tenir compte en vertu de la Constitution ou de la loi, et les règles et usages propres à cette assemblée (notamment en matière de publication des votes et d’abstention).
Courrier hebdomadaire
Les votes nominatifs à la Chambre des représentants (II). Usages parlementaires et votes des groupes (1995-2019)
Courrier hebdomadaire n° 2503-2504, par Frederik Verleden, 107 p., 2021
Entre les élections fédérales du 21 mai 1995 et celles du 26 mai 2019, la Chambre des représentants a procédé en séance plénière à pas moins de 13 397 votes nominatifs valables. Outre qu’ils ont conduit à l’adoption de nombreux textes (dont, au final, plusieurs milliers de lois) et au rejet de beaucoup d’autres, les résultats de ces votes révèlent les évolutions de l’état des rapports de force politiques au sein de l’assemblée parlementaire durant ces six législatures. Pour analyser ces votes, ce Courrier hebdomadaire procède par une approche chiffrée à trois niveaux : celui de la Chambre des représentants, celui des députés et celui des groupes politiques – et, par extension, des partis politiques. En effet, le résultat d’un vote, quel qu’en soit le type, conduit à une décision qui lie l’ensemble de la Chambre et à laquelle l’opposition doit se plier. Il importe donc de se demander combien de fois l’assemblée vote et sur quels objets, si elle était au complet, etc. Mais le scrutin nominatif permet également de se focaliser sur le député pris individuellement, le vote émis par chaque parlementaire étant enregistré et mentionné dans les comptes rendus de séance. Enfin, la réalité politique veut qu’un député, de façon générale, agisse en tant que membre d’un groupe politique ; dès lors, il est intéressant de mesurer le degré de discipline de parti qui prévaut lors d’un vote nominatif.
Les @nalyses en ligne
À l’est, la démocratie en proie à l’extrême droite ?
par Benjamin Biard, paru dans Démocratie, n° 4, avril 2021, p. 2-5
Courtisée par des partis politiques qui veulent se maintenir ou se hisser au pouvoir, exerçant même parfois le pouvoir, la présence de l’extrême droite dans les pays d’Europe centrale et orientale est loin d’être anodine. Les multiples stratégies pour infiltrer le pouvoir et la société semblent porter leurs fruits et pourraient faire vaciller la démocratie pourtant durement acquise dans cette partie de l’Europe. Mais quelle est donc la place qu’y occupe l’extrême droite ? Quelle est sa spécificité par rapport aux mouvements existant en Europe occidentale ? Comment influence-t-elle les politiques publiques et, plus largement, quels sont ses effets sur la population et la démocratie ?
Courrier hebdomadaire
Les commissions délibératives entre parlementaires et citoyens tirés au sort au sein des assemblées bruxelloises
Courrier hebdomadaire n° 2492, par Julien Vrydagh, Jehan Bottin, Min Reuchamps, Frédéric Bouhon, Sophie Devillers, 65 p., 2021
Le 13 décembre 2019, le Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale et l’Assemblée réunie de la Commission communautaire commune (COCOM) ont adopté une modification de leur règlement commun, visant à introduire la faculté de créer des commissions délibératives composées de députés et invitant des citoyens tirés au sort a? participer a? leurs travaux. Suivant une logique similaire et mettant en place un dispositif quasi identique, le 20 décembre 2019, l’Assemblée de la Commission communautaire française (COCOF) – communément appelée le Parlement francophone bruxellois – a également instauré la faculté de créer des commissions délibératives entre parlementaires et citoyens tirés au sort. Il s’agit là des concrétisations d’une volonté exprimée lors de la constitution des exécutifs bruxellois issus de l’élection régionale du 26 mai 2019. L’initiative de créer de telles commissions délibératives mixtes est inédite, aussi bien en Belgique que dans les autres parties du monde. Elle s’inscrit dans le sillage des expériences participatives et délibératives qui sont menées depuis deux décennies et dont le nombre va croissant. Ce Courrier hebdomadaire retrace le processus de conception du dispositif, détaille son fonctionnement et ses structures, et évoque les tout débuts de sa mise en œuvre concrète.
Courrier hebdomadaire
La régulation juridique des partis politiques
Courrier hebdomadaire n° 2483-2484, par Thibault Gaudin, 65 p., 2020
En Belgique, les partis occupent une place centrale dans l’exercice du pouvoir politique. Mais en dépit de cette importance de premier plan, ils ne font guère l’objet de mesures de régulation dans le droit belge. Au sein de celui-ci, il n’existe même pas de définition générale de ce qu’est un parti politique. La Constitution est pour ainsi dire muette au sujet de ces organisations. Quant à la loi, elle se limite à quelques rares dispositions les concernant. En outre, loin de couvrir l’ensemble du champ politique, ces règles sont relatives essentiellement, d’une part, aux dépenses électorales et, d’autre part, au financement et à la comptabilité ouverte des partis. Elles sont regroupées dans la loi du 4 juillet 1989 en ce qui concerne les principes généraux et les élections fédérales, et dans quelques textes similaires consacrés aux élections régionales, communautaires et européennes. Ces carences posent question, d’autant que la régulation juridique des partis politiques constitue un réel enjeu démocratique. Les partis exerçant un rôle majeur dans la vie politique belge, il semble fondamental que le droit définisse clairement ces acteurs et puisse mettre des limites à l’action de ceux-ci.
Courrier hebdomadaire
La libération conditionnelle : de la « loi Le Jeune » à l’instauration de la période de sûreté
Courrier hebdomadaire n° 2480-2481, par Benjamin Biard, Vincent Lefebve, 74 p., 2020
En 1888, la Belgique introduit dans son système pénal un mécanisme innovant : la libération conditionnelle. Il s’agit d’un mode d’exécution de la peine privative de liberté qui permet au condamné de subir sa peine en dehors de la prison, moyennant le respect des conditions qui lui sont imposées pendant un délai d’épreuve déterminé. Durant plus de cent ans, ce système ne connaît guère de modifications. En revanche, le séisme né de l’affaire Dutroux marque un véritable tournant. Depuis lors, les évolutions législatives sont marquées par diverses tensions. En effet, la compétence d’accorder ou de refuser une mesure de libération conditionnelle fait l’objet d’un encadrement institutionnel et procédural croissant, une judiciarisation de ce processus décisionnel étant progressivement instaurée. Mais dans le même temps, les conditions d’accès à la libération conditionnelle sont durcies. La loi navigue ainsi entre, d’une part, une approche progressiste – qui insuffle un surcroît de sécurité juridique – et humaniste – qui apporte des réponses à la crise de légitimité de la prison – et, d’autre part, ce que certains qualifient de populisme pénal – qui vise à satisfaire l’opinion publique par une sévérité accrue à l’égard des crimes les plus graves. Ce Courrier hebdomadaire analyse ces différentes évolutions et les tensions qui en résultent. Il accorde une attention particulière au contexte dans lequel ont été adoptées les réformes successives, aux processus législatifs qui y ont conduit, au positionnement de la société civile et des partis politiques à ces multiples occasions ainsi qu’aux principaux effets induits par ces réformes sur le plan juridique.
Podcasts
C'est quoi des partis frères ?
intervention de Benjamin Biard diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 7 décembre 2020
Aujourd’hui, pour ce nouvel épisode de l’Actualité en 3D, une émission réalisée avec le Centre de recherche et d’information socio-politiques (CRISP), nous nous intéresserons aux partis politiques, une organisation autant familière de l’imaginaire politique collectif que finalement assez peu connue dans son fonctionnement quotidien. Pour traiter de ce thème, nous aurons le plaisir de recevoir Benjamin Biard, politologue et chargé de recherches pour le CRISP. Avec ce spécialiste des partis politiques, notamment d’extrême-droite, nous évoquerons ce qu’est un parti politique, quand sont-ils nés en Belgique, les modalités par lesquelles ils se structurent et s’organisent et comment on les étudie. On s’attardera tout particulièrement sur certaines spécificités que présentent les partis politiques belges, par exemple leur imbrication dans ce que l’on appelle les piliers de la société belge. Surtout, Benjamin Biard analysera le concept de "partis frères", soit le fait que la plupart des partis politiques belges se sont scindés et organisés en deux partis uni-linguistiques et ce à l’occasion de la fédéralisation du pays. En effet, Benjamin Biard vient précisément de publier une étude approfondie du destin du parti socio-chrétien belge, scindé en deux partis, aujourd’hui le CD&V néerlandophone et le CDH francophone, deux partis aux trajectoires parallèles et emblématiques de l’évolution de la vie politique belge.
Courrier hebdomadaire
Les partis frères en Belgique : les relations entre le CDH et le CD&V
Courrier hebdomadaire n° 2467-2468, par Benjamin Biard, 72 p., 2020
Le CDH et le CD&V sont tous deux les héritiers du Parti catholique, fondé au 19 e siècle, devenu le PSC-CVP au lendemain de la Seconde Guerre mondiale puis divisé sur une base linguistique à la fin des années 1960 à la suite de vives tensions internes. Les liens qui unissent les deux partis frères qu’ont été le PSC et le CVP et que sont aujourd’hui le CDH et le CD&V ont sensiblement évolué dans le temps : des moments de forts désaccords ont alterné avec des épisodes de rapprochement. Tendanciellement, l’évolution des relations entre les deux partis de tradition sociale-chrétienne a cependant consisté en une progressive distanciation de leurs structures, de leurs dirigeants, de leurs programmes et de leurs actions. B. Biard interroge les rapports qu’entretiennent les deux descendants du PSC-CVP unitaire, en se focalisant sur la période entamée au début des années 2000, c’est-à-dire depuis la fondation du CDH et du CD&V dans leurs moutures actuelles. Ce faisant, il questionne plus largement ce que recouvre encore aujourd’hui la notion de « partis frères » en Belgique. Tous les types de liens, formels ou informels, entre les deux formations sont investigués, qu’il s’agisse des rapports entre dirigeants des partis, de ceux établis au niveau des ministres et des parlementaires, ou même, dans une certaine mesure, des liens existant au niveau des militants. Sont également prises en compte les relations susceptibles d’être entretenues entre ces partis politiques à travers leurs centres d’étude, leurs organisations de jeunesse et toutes les autres associations gravitant autour d’eux, dont celles constituant le pilier chrétien. Cette étude se base notamment sur 24 entretiens, réalisés principalement avec des (ex-)cadres et élus des partis orange de Belgique.
Courrier hebdomadaire
La présence équilibrée de femmes et d'hommes dans les collèges communaux et provinciaux de Wallonie
Courrier hebdomadaire n° 2461-2462, par Geoffrey Grandjean, 62 p., 2020
Le 7 septembre 2017, est promulgué un décret wallon visant à garantir une « présence équilibrée » de femmes et d’hommes dans les collèges communaux et collèges provinciaux de Wallonie. Ce décret s’inscrit dans la continuité de la révision de la Constitution belge du 21 février 2002, qui a imposé la présence de membres des deux sexes dans tous les exécutifs du pays. Avant d’être adopté, il a connu un long cheminement parlementaire. Plusieurs fois redirigé au sein de diverses commissions, le texte a fini par susciter un accord entre les partis politiques wallons sous l’angle du principe. Jusqu’au terme de ce travail parlementaire, des modifications y ont toutefois été apportées afin de circonscrire précisément la « présence équilibrée » de femmes et d’hommes au sein des collèges locaux. G. Grandjean détaille ce processus décisionnel, avant d’évaluer les effets de la première mise en œuvre du décret, au lendemain des élections locales du 14 octobre 2018. Il identifie ainsi plusieurs facteurs favorisant la représentation politique des femmes au niveau local. Ce Courrier hebdomadaire interroge la manière dont les représentants politiques wallons envisagent le partage du pouvoir sur le plan genré au niveau des institutions locales. En effet, au-delà de la nécessité d’une « présence équilibrée » de femmes et d’hommes au sein des collèges communaux et provinciaux, c’est l’évolution du « modèle patriarcal » – pour reprendre les termes d’un des auteurs de la proposition de décret – qui est analysée. Si l’adoption du décret avait pour objectif de faire concorder le Code de la démocratie locale et de la décentralisation avec les réalités locales, on constate que la proportion de femmes dans les collèges a même sensiblement augmenté suite au dernier scrutin.
Courrier hebdomadaire
L’État belge face à la pandémie de Covid-19 : esquisse d’un régime d’exception
Courrier hebdomadaire n° 2446, par Frédéric Bouhon, Andy Jousten, Xavier Miny, Emmanuel Slautsky, 53 p., 2020
Face à la pandémie de Covid-19, la Belgique prend des mesures fortes, qui répondent à l’obligation juridique des États de réagir face à un risque pour la vie. Les circonstances n’en mettent pas moins les institutions dans une situation d’exception. En effet, elles posent des questions de droit constitutionnel qui touchent aux traits majeurs de l’État belge. En Belgique, apporter une réponse centralisée à une telle crise sanitaire et à ses conséquences dans divers domaines est compliqué par le partage de compétences en vigueur entre les différents niveaux de pouvoir. Depuis la mi-mars 2020, des solutions originales sont mises en œuvre pour associer l’Autorité fédérale et les entités fédérées (Régions et Communautés) à une prise de décision concertée. Les rapports entre les assemblées législatives et les pouvoirs exécutifs connaissent des évolutions considérables, qui ébranlent jusqu’aux principes du régime parlementaire belge. La crise du coronavirus a poussé de nombreux partis à accorder leur confiance à un exécutif fédéral très minoritaire et jusqu’alors chargé d’expédier les affaires courantes. Elle a aussi conduit à un important transfert de pouvoirs – tout aussi provisoire qu’impressionnant – des parlements au profit des gouvernements. À cet égard, le recours aux pouvoirs spéciaux à presque tous les niveaux institutionnels de l’État belge est un événement hors du commun. La crise sanitaire du Covid-19 amène également les pouvoirs publics belges à limiter considérablement les droits et libertés fondamentaux des citoyens, à une échelle inédite en temps de paix. Si les motivations de toutes ces mesures sont compréhensibles, de nombreuses questions juridiques se posent. Ce Courrier hebdomadaire en offre une première analyse « à chaud ». Exceptionnellement, cette publication est dès à présent accessible librement en ligne .