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« Cette crise peut être une chance »

par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 31 août 2010, p. 15

La crise qui vient de perturber les négociations institutionnelles a été présentée comme une crise de confiance, alimentée par les volte-face tactiques de certains partis. Le problème paraît pourtant plus profond. Comme ce n’est pas la confiance qui crée les accords mais les accords qui créent la confiance, il faudra élaborer de nouveaux scénarios sur le fond, et notamment sur le financement des entités fédérées, pour atteindre un consensus. Cette nouvelle donne, si elle se concrétise, pourrait être l’occasion de dissocier les dossiers « BHV » et « refinancement de Bruxelles », alors qu’un troc entre ces deux dossiers donnerait à penser que le refinancement de Bruxelles n’est pas légitime en lui-même.

Courrier hebdomadaire

L’exportation de déchets dangereux vers l’Afrique : le cas du Probo Koala

Courrier hebdomadaire n° 2071, par Delphine Denoiseux, 48 p., 2010

Les déchets dangereux comportent des risques liés à leur élimination, à leur mise en décharge et à leur transport, notamment par voie maritime. Un commerce de déchets dangereux vers les pays de l’Afrique de l’Ouest a été mis à jour au début des années 1980, poussant l’Union européenne à légiférer. En 1989, la convention de Bâle sur les mouvements transfrontières de déchets dangereux a été le premier cadre contraignant relatif à ce phénomène. Plusieurs autres réglementations ont ensuite vu le jour, dont la convention MARPOL pour la prévention de la pollution des mers par les navires. En 2006, le Probo Koala, un navire en provenance d’Amsterdam, débarque des déchets dangereux à Abidjan, engendrant de graves répercussions sanitaires, économiques et écologiques. Des années auparavant, les Pays-Bas et la Côte d’Ivoire avaient pourtant ratifié les divers instruments internationaux relatifs aux déchets dangereux et à la prévention de la pollution par les navires. Le cas Probo Koala relève-t-il d’une violation de la législation ? Peut-on concevoir une explication plus complexe ? En étudiant ce cas, Delphine Denoiseux aborde les facteurs qui expliquent l’émergence du transfert de déchets des pays développés vers l’Afrique. Elle analyse les notions de « déchet » et de « déchet dangereux ». Elle rassemble les données relatives aux transferts transfrontières de déchets et montre les difficultés que posent la collecte de ces données et leur interprétation. Elle se penche enfin sur les incohérences qui existent entre les conventions internationales sur les transferts de déchets dangereux et sur les transports maritimes.

Courrier hebdomadaire

La frontière linguistique, 1878⁠-⁠1963

Courrier hebdomadaire n° 2069-2070, par Stéphane Rillaerts, 106 p., 2010

La fixation de la frontière linguistique en 1962-1963 est le résultat d’un long processus entamé dans les années 1870. Ses conséquences, quant à elles, se font encore sentir aujourd’hui, certains éléments de cette évolution — dont le statut des communes de la périphérie bruxelloise et de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde — continuant à diviser les deux communautés. Stéphane Rillaerts rend compte de ces mutations complexes en rassemblant tous les éléments de fait, et en exposant les positions en présence sans parti-pris. Pour chacune des lois portant sur l’emploi des langues en matière administrative, ainsi que pour les principaux projets qui ont précédé ces lois, l’auteur expose l’origine de la réforme et son contexte politique. Il présente les textes, les débats et les votes du parlement, y compris ceux portant sur des amendements controversés, relatifs aux Fourons par exemple. La montée en puissance des votes opposant les deux communautés apparaît ainsi clairement. Il s’avère également qu’au fil du temps, on a abandonné tout critère général décidant du sort des communes, ainsi que le lien avec les données issues des recensements de la population. L’auteur, qui a dépouillé toutes les sources parlementaires et les recensements de la population, compare systématiquement les données issues de ces derniers aux lois linguistiques et à leurs travaux préparatoires. Il présente en outre, en annexe, un tableau synthétisant l’évolution du statut de toutes les communes qui ont été concernées par les lois linguistiques, ce qui permet de reconstituer l’évolution de chaque commune en fonction des données des principaux recensements et des décisions politiques dont elle a fait l’objet. Cette reconstitution minutieuse, et sans précédent, fait ressortir des éléments inattendus. Ainsi, le volet linguistique du recensement a été réintroduit en 1866 à la demande de militants flamands. C’est la loi de 1921, et non celle de 1932, qui a créé les régions linguistiques. Il n’y a pas eu, en 1932, de proposition flamande de passer à un bilinguisme généralisé repoussé par les francophones. L’idée que 300 bourgmestres flamands ont refusé d’appliquer le volet linguistique du recensement de 1960 est également un mythe, de même que l’abandon des communes fouronnaises par les socialistes liégeois. La fixation de la frontière en 1962-1963 n’est pas le résultat d’un véritable compromis, en particulier en ce qui concerne la loi Gilson de 1962. Quant à la scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, elle a été repoussée, en 1963, par la majorité des élus flamands, qui en redoutaient les conséquences pour leurs sièges bruxellois. Au moment où les questions linguistiques ont ranimé les tensions entre les communautés, ce Courrier hebdomadaire permet de comprendre pourquoi les Flamands et les Francophones ont des points de vue aussi divergents et aussi profondément enracinés en la matière. La longue conclusion qui achève l’étude aborde d’ailleurs plusieurs éléments du débat actuel, sans prendre parti, mais en apportant l’éclairage qu’enseigne l’Histoire.

Courrier hebdomadaire

Le partenariat public⁠-⁠privé pour les bâtiments scolaires en Communauté française

Courrier hebdomadaire n° 2067-2068, par Frank Venmans, 70 p., 2010

En 2008, la Communauté française a adopté un décret qui met sur pied un partenariat public-privé (PPP) pour la réalisation de travaux dans les bâtiments scolaires. Le décret prévoit le paiement par la Communauté française d’une redevance annuelle de 61,2 millions d’euros à un consortium privé qui construira des bâtiments pour une valeur de 500 millions à 1 milliard d’euros et qui les entretiendra ensuite pendant 27 ans. Le but est de rattraper un retard dans l’infrastructure scolaire. Frank Venmans rappelle l’origine des partenariats public-privé dans les pays anglo-saxons, l’encadrement européen en la matière et la situation de ce mode de financement d’infrastructures publiques dans les trois régions belges. Il parcourt ensuite la littérature économique spécialisée en vue de dégager les avantages et les inconvénients des PPP. Fort de ce bagage conceptuel, il procède à une analyse approfondie du décret francophone et notamment du document qui a servi de base à la prise de décision du gouvernement, à savoir le rapport du bureau d’études Deloitte censé proposer une comparaison entre le financement classique par les pouvoirs publics et le financement via le PPP. Ses propres calculs n’aboutissent pas aux mêmes résultats que le bureau Deloitte. L’auteur s’étonne ensuite de voir les débats parlementaires manquer les enjeux essentiels du nouveau mode de financement proposé. Une section est consacrée aux raisons complexes qui ont écarté le réseau libre de la première phase du PPP. L’auteur envisage pour terminer l’impact budgétaire du PPP, qui s’avère très différent de ce que la presse avait annoncé à l’époque.

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Élections fédérales et familles politiques : résultats contrastés et tendances communes

par Jean Faniel, paru dans Humanisme & Solidarité, n° 18, juillet 2010, 5 p.

Le scrutin fédéral du 13 juin 2010 a livré un résultat clair. Parmi les douze partis politiques représentés au Parlement fédéral sous la 52e législature (2007–2010), neuf ont subi un recul par rapport à 2007, un (Groen!) a connu une légère progression, et deux sont sortis largement vainqueurs : la N-VA en Flandre et le PS du côté francophone. Une treizième formation a réalisé un résultat lui permettant de faire son entrée à la Chambre des représentants : le Parti populaire. Dans cet article, Jean Faniel met en évidence quelques tendances de ce scrutin et s’interroge sur les performances des « familles politiques » lors de ces élections.

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Populistes flamands, loin de l’extrême droite

par Serge Govaert, paru dans Le Monde diplomatique, juillet 2010, p. 6

Cet article rédigé par un des administrateurs du CRISP, Serge Govaert, spécialiste de la Flandre, prend pour point de départ l’éclatant succès de la N-VA aux élections fédérales du 13 juin 2010. Comment la N-VA, issue de la scission de la Volksunie en 2001, cantonnée à moins de 5 % des voix en 2003, contrainte à s’allier avec le CD&V en 2004 pour se donner une chance de survie politique, a-t-elle pu devenir le premier parti du pays ? Qu’incarne-t-elle de spécifique, qui interdit de la confondre avec le Vlaams Belang et son idéologie d’extrême droite ? Son succès repose-t-il avant tout sur son chef de file, Bart De Wever, ou a-t-il des causes plus profondes, qu’il faudrait chercher aussi bien dans l’Histoire que dans son idéologie et dans la configuration du paysage politique flamand ?

Courrier hebdomadaire

La comitologie ou les mesures d’exécution dans la Communauté européenne

Courrier hebdomadaire n° 2066, par Olivier Maiscocq, 38 p., 2010

Dans le jargon européen, le terme de comitologie désigne les procédures utilisées pour l’exercice des compétences d’exécution accordées par le Conseil des ministres à la Commission européenne. Celle-ci se fait assister dans cet exercice par un « comité comitologique ». Le choix entre plusieurs procédures existantes est effectué dans l’acte législatif de base, le plus souvent une directive ou un règlement, qui comporte des mesures d’exécution à adopter. Les procédures se différencient par l’autonomie plus ou moins grande qu’elles laissent à la Commission par rapport aux avis des comités, ce qui touche à l’équilibre entre les trois grandes institutions, Commission, Conseil et Parlement européen. Olivier Maiscocq expose d’abord en quoi consistent les procédures comitologiques et comment elles ont évolué. Il repère ensuite les enjeux qu’elles représentent pour l’équilibre institutionnel européen. Dans un troisième temps, il dresse le bilan des relations entre la Commission et le Parlement européen d’une part, et les comités comitologiques d’autre part. Il conclut sur les conséquences de l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne sur le fonctionnement de la comitologie.

Courrier hebdomadaire

La réglementation européenne en matière de nanotechnologies

Courrier hebdomadaire n° 2065, par Aida Maria Ponce Del Castillo, 40 p., 2010

Les nanotechnologies laissent entrevoir de très importantes possibilités de développement économique. Le marché mondial des nanotechnologies devrait s’élever entre 750 et 2 000 milliards d’euros d’ici 2015. On s’attend à ce que les nanotechnologies soient une source de progrès pour la société. Elles sont considérées comme les technologies clés du 21e siècle. Jusqu’à ce jour, le financement public dépasse le privé. Plus de soixante pays ont mis en place des programmes nationaux en matière de nanotechnologies et on assiste à une augmentation du nombre de brevets, dont la majorité vient de l’Union européenne, du Japon et des USA. Aida Ponce Del Castillo examine l’agenda européen en matière de nanotechnologies. Dans la première partie, elle discute les problèmes liés à la définition des nanotechnologies. Dans la seconde partie, elle analyse la dynamique du processus réglementaire en Europe et ses perspectives. Elle expose ensuite les avis des consommateurs, des groupes environnementaux et des syndicats. Dans la dernière partie, l’auteure donne quelques exemples d’initiatives nationales en matière de nanotechnologies.

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« Les sondages influencent⁠-⁠ils le vote ? »

par Vincent de Coorebyter, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 26 juin 2010

Les sondages concernant les intentions de vote ne laissent personne indifférent. Ils ont particulièrement interpellé les médias et les responsables politiques en 2009, à la suite de l’abondance de sondages dans les mois précédant les élections régionales et européennes, et des décalages observés entre les intentions de vote affichées et les votes effectivement émis le 7 juin 2009. L’analyse présentée ici s’efforce de prendre la mesure de ces décalages, et d’expliquer les raisons pour lesquelles il ne faut, ni suspecter les sondages de manipulation, ni leur accorder de valeur prédictive. Quant à leur impact éventuel sur le comportement des électeurs, il s’avère dépendre surtout des stratégies que les partis adoptent à la lumière des sondages. Ce texte est le compte-rendu de l’exposé présenté au colloque « Elections, sondages et médias » organisé le 8 mars 2010 par l’Association des anciens parlementaires francophones.

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Élections, partis et financement public : les retombées financières du scrutin du 13 juin 2010

par Jean Faniel, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 25 juin 2010

Depuis 1971, les deux assemblées du Parlement fédéral octroient des subsides aux groupes politiques constitués en leur sein afin d’assurer leur fonctionnement. La loi du 4 juillet 1989 relative à la limitation et au contrôle des dépenses électorales, ainsi qu’au financement et à la comptabilité ouverte des partis politiques a introduit un mécanisme de financement public des partis représentés dans ces mêmes assemblées. Les sommes versées aux groupes au titre de subside sont calculées sur la base du nombre de membres que comptent les groupes politiques. Celles versées aux asbl de financement des partis au titre de dotation publique fédérale dépendent du nombre de voix récoltées lors du dernier scrutin fédéral. Par conséquent, le renouvellement du Parlement fédéral a non seulement des conséquences politiques sur les partis, notamment du point de vue de la répartition des sièges, mais il a également des répercussions financières sur les moyens attribués aux partis et aux groupes politiques.

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« Le curieux destin des libéraux »

par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 22 juin 2010, p. 28

Le MR a fait un résultat historiquement bas aux élections du 13 juin 2010, plus frappant encore que l’excellent score du PS. Ce nouveau recul étonne d’autant plus que les libéraux avaient le vent en poupe au début des années 2000, que l’évolution de la société et de l’économie semble devoir leur être favorable, et que leurs idées ont progressé dans le champ politique. Ils souffrent peut-être, aujourd’hui, de ne plus se démarquer suffisamment des autres partis, ce qui pose la question de leur ligne politique. Les autres hypothèses sur leur déclin récent montrent qu’il est réversible, mais aussi que le MR devra faire face à des questions difficiles.

Courrier hebdomadaire

Les autorités belges et la décolonisation du Congo

Courrier hebdomadaire n° 2063-2064, par Jacques Brassinne de La Buissière, Georges-Henri Dumont, 117 p., 2010

Le CRISP publie dans le présent Courrier hebdomadaire deux études sur la décolonisation du Congo belge. Il s’agit d’une période relativement courte, que l’on peut situer entre les derniers mois de 1958 et la fin du premier semestre de 1960. Leurs auteurs ont été des témoins proches des événements. Jacques Brassinne de La Buissière était affecté au cabinet d’Albert Lilar, vice-président du Conseil de cabinet et président de la conférence de la Table ronde belgo-congolaise. L’historien Georges-Henri Dumont était un proche collaborateur de Maurice Van Hemelrijck, le ministre du Congo belge et du Ruanda Urundi. Il a été sollicité par le gouvernement pour écrire l’histoire de la Table ronde belgo-congolaise, qu’il a publiée en 1961 aux Éditions universitaires à Paris.

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« Une étonnante continuité »

par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 15 juin 2010, p. 14

Les résultats des élections fédérales du 13 juin 2010 ont été interprétés comme un tremblement de terre. Cette expression est impropre du point de vue historique du côté francophone : le très haut score du PS, qui lui donne 15 % d’avance sur le MR en Wallonie, n’est pas une première dans l’histoire de ce parti, qui renoue en fait avec la suprématie qu’il a longtemps connue. Il y a par contre une vraie rupture quantitative en Flandre, mais qui ne doit pas masquer la continuité des choix des citoyens en faveur des mêmes tendances politiques depuis 20 ans, et qui doit s’interpréter à la lumière du contexte récent, contexte qui balise aussi les négociations institutionnelles à venir.

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« Pourquoi encourager vos jeunes à voter »

par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Ligueur, n° 12, 9 juin 2010, p. 10

Face à la crise gouvernementale et à la complexité institutionnelle du pays, la tentation est grande de se désintéresser de la politique. D’autant qu’une campagne a été lancée pour encourager l’absentéisme aux prochaines élections fédérales. Quel message les parents peuvent-ils adresser aux jeunes pour les inciter à voter le 13 juin 2010 ? Pour répondre à cette question, il faut à la fois replacer ce scrutin dans son contexte, entendre les frustrations légitimes des citoyens, mais aussi rappeler les mécanismes de base d’un scrutin démocratique, en soulignant ses atouts et sans nier ses limites.

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« Les projets politiques des Wallons et des Flamands divergent de plus en plus »

par Jean Faniel, paru sur metrofrance.com, 9 juin 2010

Les élections fédérales anticipées braquent les projecteurs des médias internationaux sur la Belgique. Connu pour sa complexité et pour ses tensions communautaires, et étant situé au cœur de l’Europe, le pays intrigue. Quatre jours avant les élections, le quotidien gratuit Metro France a proposé un tchat avec Jean Faniel, chercheur au CRISP. Ses réponses aux questions des internautes permettent de resituer les éléments de la crise institutionnelle actuelle et de la campagne électorale dans une perspective de moyen et de long terme.

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Conflits linguistiques : deux logiques contradictoires ?

par Vincent de Coorebyter, paru dans Démocratie, n° 11, 1er juin 2010, p. 1-11

On aborde généralement les conflits communautaires autour de B-H-V et de la périphérie bruxelloise en se focalisant sur les événements récents. Pourtant, tant le point de vue dominant en Flandre que le point de vue dominant du côté francophone sont incompréhensibles si l’on ne se réfère pas à une période plus longue. Cet entretien détaillé propose un retour aux sources, c’est-à-dire à la fixation de la frontière linguistique au début des années 60, afin de comprendre comment chaque communauté s’est forgé des convictions inverses de celles de l’autre communauté. Car ce n’est qu’en partant de ces divergences qu’une véritable pacification sera possible.

Courrier hebdomadaire

La préparation des élections fédérales du 13 juin 2010

Courrier hebdomadaire n° 2061-2062, par Pierre Blaise, Vincent de Coorebyter, Jean Faniel, 89 p., 2010

Le 13 juin 2010, quelque 7 700 000 électeurs participeront au renouvellement des assemblées législatives fédérales. Parmi eux, 42 089 sont des Belges résidant à l’étranger. Le Courrier hebdomadaire énonce dans une première partie les circonstances qui ont conduit à la convocation anticipée de ces élections fédérales et décrit le contexte dans lequel elles se tiennent, en particulier en ce qui concerne l’organisation des élections dans la circonscription de Bruxelles-Hal-Vilvorde, le dépôt des listes, le vote automatisé et l’inscription sur les listes électorales de Belges vivant à l’étranger. La deuxième partie rappelle les résultats des élections antérieures dans les deux assemblées à renouveler. Les tendances générales observées en 2007 sont rappelées, de même que les progressions ou reculs enregistrés par les listes ayant une représentation au Parlement et les modifications intervenues dans la hiérarchie des partis. Les résultats en voix et en sièges pour la Chambre sont présentés à l’échelle territoriale des provinces qui, à l’exception de la province de Brabant flamand, coïncident avec les circonscriptions électorales depuis le scrutin de 2003. En outre, une dernière section rappelle de manière synthétique les résultats des élections régionales et communautaires tenues le 7 juin 2009. Le détail des résultats est également fourni par circonscription pour le Parlement flamand et par province pour le Parlement wallon. La troisième partie donne un aperçu général des listes en présence avant de commenter la présentation des candidats par les partis dans chaque circonscription électorale pour la Chambre et dans les deux collèges électoraux pour le Sénat.

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« Neutralité et laïcité : une opposition en trompe⁠-⁠l’œil »

par Vincent de Coorebyter, paru dans Politique, revue de débats, n° 65, juin 2010, p. 60-65

Sur la question des relations Église-État, il est courant d’opposer la laïcité à la française au primat, en Belgique, du principe de neutralité, et d’en conclure que les deux pays divergent fortement dans cette matière. Pourtant, la confrontation de leurs dispositifs juridiques montre qu’ils partagent un large éventail de règles communes, qui l’emporte sur ce qui les différencie. On peut par contre les distinguer sur le plan idéologique, mais en veillant à ne pas confondre, comme on le fait souvent, la laïcité avec l’idéologie républicaine qui domine en France. Un examen plus attentif montre que la Belgique permet plus aisément de différencier les principes de neutralité et de laïcité, qui divergent autour de la légitimité accordée ou non au fait religieux.

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« Voter pour des idées »

par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 25 mai 2010, p. 21

La campagne en vue des élections du 13 juin 2010 est atypique, très prudente, comme pour conjurer le sentiment de crise. A la différence des scrutins précédents, celui-ci n’est pas précédé par des spéculations susceptibles d’orienter les choix des électeurs, qu’il s’agisse de résultats de sondages ou de formules de coalition gouvernementale. Ne faisant pas face, en outre, à un bilan clair, et se voyant proposer des candidats qui, pour une large part, se présentaient déjà en 2009, les électeurs pourraient être conduits à voter en fonction des programmes des partis, ce qui est finalement assez inhabituel en Belgique.

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Liberté ou autonomie instrumentale ?

par Vincent de Coorebyter, paru dans La Revue nouvelle, n° 5-6, mai-juin 2010, p. 42-48

Publié en ouverture d’un dossier sur les tensions entre l’impératif d’autonomie et les politiques de régulation du système scolaire, cet article fait le point sur la notion d’autonomie et sur les usages faits de ce concept polysémique. A l’origine, le terme d’autonomie désigne le fait de se régir d’après ses propres lois. Aujourd’hui, l’autonomie a surtout un sens instrumental : elle désigne une liberté d’organisation laissée à certains acteurs à qui des objectifs sont assignés de l’extérieur. Le débat sur l’autonomie dans le système scolaire peut avoir des implications très différentes selon le sens que l’on donne à cette notion, et certaines de ces implications ne seraient sans doute pas acceptées par tous les acteurs du système.

Courrier hebdomadaire

Un plan stratégique pour Charleroi

Courrier hebdomadaire n° 2060, par Thomas Dermine, 46 p., 2010

La transition vers l’économie de la connaissance est un défi pour les anciennes villes industrielles. Au 19e siècle et pendant une grande partie du 20e siècle, ces villes ont construit leur richesse en exploitant un avantage compétitif basé sur leurs ressources naturelles et la disponibilité de leur main-d’œuvre peu qualifiée. Aujourd’hui, le contexte économique a changé. Dans un système de production basé sur la connaissance, ce sont les idées, l’innovation et la création de connaissances qui constituent le socle de la compétitivité. Charleroi fait partie des villes dont la transition est particulièrement difficile. Comment les villes qui étaient dans la même situation que Charleroi et qui sont sorties du déclin ont-elles réussi cette transition ? Telle est la question de départ de Thomas Dermine. Sur la base d’une analyse économétrique de ces villes, l’auteur propose une série d’axes stratégiques pour le développement de Charleroi. Deux axes visent à accélérer la reconversion économique de Charleroi en favorisant la formation de certains clusters sectoriels et en renforçant les dynamiques entrepreneuriales. Deux autres visent à renforcer l’attractivité de la ville en préconisant un positionnement unique en tant que centre créatif et en transformant Charleroi en zone résidentielle de qualité.

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« Syndicats ver(t)s les congrès »

par Jean Faniel, paru dans Imagine demain le monde, n° 79, mai-juin 2010, p. 22-23

Les questions environnementales, liées notamment au défi climatique, ont progressivement fait leur entrée dans la réflexion des organisations syndicales belges. En 2010, la FGTB et la CSC tiendront chacune leur congrès statutaire. Les documents préparés à cette occasion par les deux syndicats accordent une place significative à ces thématiques. L’analyse de ces documents révèle à la fois les évolutions du discours syndical et les fondements de celui-ci, faisant notamment apparaître des différences entre les deux organisations.

Courrier hebdomadaire

Les mouvements anticommunistes dans les années 1920

Courrier hebdomadaire n° 2059, par Marc Swennen, 52 p., 2010

La révolution d’Octobre est l’un des événements majeurs du Xxe siècle. Les partis communistes, sections nationales de la IIIe Internationale, cherchent à étendre la révolution prolétarienne et à conquérir le pouvoir politique dans leur pays. Pour ce faire, ils doivent rompre avec le parlementarisme, sans délaisser pour autant le terrain des élections. Partout en Europe, cette stratégie suscite l’émoi d’une partie de l’opinion publique et provoque les représailles des autorités. En Belgique, un climat de peur du Rouge s’installe alors que le pays est en proie à d’importants changements sur le plan intérieur. Ce contexte, qui voit la création de mouvements anticommunistes, fait l’objet de la première partie de l’étude de Marc Swennen. Dans la deuxième partie, l’auteur montre que ces mouvements sont tous porteurs d’une idéologie anticommuniste, mais ont néanmoins leurs propres caractéristiques. Analyser leur vie interne et leur activité permet de rendre compte de cette différence de nature, de même que des conflits d’intérêts et des rivalités qui ne manquent pas d’éclater tant en leur sein qu’entre eux. L’anticommunisme n’est pas toujours revendiqué par ceux qui le pratiquent. Il est diffus et recouvre plusieurs conceptions politiques, philosophiques ou religieuses. Rassembler une documentation significative et exhaustive sur ces mouvements n’est dès lors pas chose aisée pour le chercheur, qui est amené à consulter des sources nombreuses et variées, tant dans des centres d’archives et de documentation belges qu’étrangers, et à les compléter ou les expliciter.

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« Territorialité contre personnalité : l’opposition ultime ? »

par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 27 avril 2010, p. 10

Les querelles entre Flamands et francophones autour de Bruxelles-Hal-Vilvorde révèlent une divergence de vues globale. Pour Jean-Luc Dehaene, il s’agit d’une opposition entre un principe de territorialité, défendu en Flandre, et un principe de personnalité défendu par les francophones. Le principe de personnalité, qui n’a pas le même poids juridique que la territorialité, ne suffit cependant plus à expliquer les prises de position francophones, qu’il faut plutôt éclairer au moyen de l’histoire des conflits linguistiques.

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Les clivages et l’école

par Vincent de Coorebyter, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 26 avril 2010

A l’invitation du Secrétariat général de l’Enseignement catholique, Vincent de Coorebyter a exposé la manière dont la vie politique belge se laisse analyser à la lumière de la notion de clivage. Son exposé ne reprend pas la doctrine classique des inventeurs de la notion, Seymour Lipset et Stein Rokkan, mais en propose une version réécrite en fonction du cas belge, et qui met davantage l’accent sur les leviers sociologiques qui expliquent l’apparition des clivages et sur les dynamiques de confrontation, d’apaisement et d’institutionnalisation impulsées par les clivages. L’exposé se concentre ensuite sur le cas de figure de l’école, qui donne l’occasion d’affiner un certain nombre de règles générales relatives à la dynamique des clivages, ce à quoi conduit également le débat qui a suivi avec le public.