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La restructuration du Crédit communal

Courrier hebdomadaire n° 1539,
par J. Moden, 44 p., 1996

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Référence : CH1539


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Réalisée en moins d'un an, la restructuration du Crédit communal de Belgique-CCB s'inscrit dans un double contexte: la réorganisation du secteur public du crédit en Belgique d'une part, et le mouvement de rapprochement de fusion et de rachat dans le secteur financier d'autre part. S'agissant de la réorganisation du secteur public du crédit, la voie choisie par les dirigeants du Crédit communal s'est démarquée de celle qui a été définie par les responsables politiques pour les autres institutions publiques de crédit (1). Si le sort de l'Office central du crédit hypothécaire-OCCH et de la Caisse nationale du crédit professionnel-CNCP reste encore à déterminer, il est vraisemblable qu'il s'inspirera de la formule du désengagement des pouvoirs publics, c'est-à-dire d'une privatisation plus ou moins large, adoptée pour la Caisse générale d'épargne et de retraite-CGER, la Société nationale de crédit à l'industrie SNCI et l'Institut national de crédit agricole-INCA Rappelons qu'en 1993, la CGER a rejoint le groupe d'assurance belgo-néerlandais Fortis (AG/Amev). Trois ans plus tard, la CGER a racheté à l'Etat la participation de 50% que celui-ci détenait dans le capital de la SNCI. Quant au Crédit agricole, son capital est aujourd'hui réparti à parts égales entre la banque Bacob, la compagnie d'assurance Swiss Life et deux : coopératives agricoles. La solution mise en oeuvre pour le Crédit communal est plus originale dans la mesure où la cession des actions aux investisseurs privés, limitée à 34,5% du capital, s'est opérée au niveau d'un holding de contrôle créé pour la circonstance, le CCB Holding, et au travers d'une introduction en bourse. Il s'est agi, avec un montant proche de 34 milliards de francs, de la plus importante opération boursière réalisée dans notre pays. Il n'empêche que le rapprochement du Crédit communal avec le Crédit local de France-CLF, justifié par la nécessité de donner aux deux institutions une dimension européenne, confère à la restructuration du Crédit communal les allures d'une privatisation. En effet, le capital de la banque est aujourd'hui partagé entre le CCB Holding, privatisé pour un tiers, et le CLF Holding dans lequel les pouvoirs publics français, par la voie de la Caisse des dépôts et consignations-CDC essentiellement ne détiennent plus que 12% du capital. Cependant, en termes de pouvoir de décision, les membres désignés par les pouvoirs publics, belges ou français, restent largement majoritaires au sein du conseil d'administration du Crédit communal (banque), Le deuxième trait marquant de la restructuration du Crédit communal est son intégration dans un groupe multinational selon une formule proche de celle qui a été mise en oeuvre pour la constitution de Fortis. Deux holdings de contrôle, CCB Holding du côté belge et CLF Holding du côté français, ont été créés. Ils détiennent chacun 50% du capital des deux établissements de crédit. En vue de développer les synergies que ce partenariat permet, deux comités communs ont été mis en place : le comité stratégique au niveau des deux holdings et le comité consortial au niveau des deux établissements de crédit. Le groupe Dexia, issu de ce rapprochement, figure aujourd'hui au vingtième rang des banques européennes, bien au devant des groupes bancaires totalement ou partiellement belges, et domine largement le segment de marché sur lequel il s'est positionné. Un élargissement du groupe, à la fois sur le plan géographique (que ce soit par l'arrivée d'un nouveau partenaire ou par acquisition) et sur le plan des activités (dans le secteur de l'assurance par exemple) s'inscrirait dans la logique du chemin déjà accompli, mais il ne sera vraisemblablement pas à l'ordre du jour avant le prochain siècle. (1) Voir A. Vincent, 'Entreprises et holdings publics fédéraux : Restructurations et privatisations 1992-1995', Courrier hebdomadaire, CRISP, n° 1488-1489, 1995.
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