Dans le processus de décolonisation du Congo belge, l’organisation de la Table ronde ainsi que la transposition ultérieure des résolutions qui y furent prises en une loi fondamentale, marquèrent une étape décisive et irréversible.
Cette dernière s’inscrivit dans le cadre tracé par le message du Roi Baudouin du 13 janvier 1959 qui confirmait la volonté de la Belgique ’de conduire, sans atermoiements funestes, mais sans précipitation inconsidérée, les populations congolaises à l’indépendance dans la prospérité et la paix’.
L’idée de convoquer une conférence belgo-congolaise à Bruxelles se précisa dans le courant de l’automne 1959, notamment sous la pression des socialistes qui étaient alors dans l’opposition.
Il ne s’agit pas ici de retracer en détail le processus de décision et le déroulement des travaux de la Table ronde, ni d’analyser les influences exercées, dans l’accession du Congo à l’indépendance, par des groupes et des institutions tels que les groupes financiers, l’Eglise catholique ou l’administration belge ; mais, en dehors de ce jeu de structures, d’observer comment a pu jouer, ponctuellement, l’influence de certaines personnes : les conseillers officiels et officieux des délégations congolaises à la conférence de la Table ronde. Resituer cette influence ne peut se faire qu’en fonction d’une information qui nous est transmise principalement par les témoignages de personnes, qui souvent sont celles dont on essaye d’évaluer l’action.