Le 5 août 1970, un arrêté royal est promulgué qui annonce la création d’institutions culturelles d’un type nouveau : les Centres culturels agréés, Maisons de la Culture et Foyers culturels. Héritiers, pour une part, des exigences de démocratie culturelle mises en avant par mai 68, les Centres culturels devaient relever un triple pari : assurer la participation du public à la mise en œuvre d’une politique de décentralisation et de démocratisation de la culture. Restituer, ni plus ni moins, la culture aux citoyens, les citoyens à la culture. Que reste-t-il aujourd’hui, dans la Communauté française, de ce pari ? Quels en étaient les origines, les enjeux, les ambiguïtés ? Le mode de gestion inédit des Centres culturels, associant pouvoirs publics et organisations privées, démocratie indirecte et démocratie directe, a-t-il garanti le pluralisme et la participation de tous ? La multiplication des Centres culturels s’est-elle accompagnée d’une véritable démocratisation de la culture ? Telles sont quelques-unes des questions abordées dans ce livre, où la politique des Centres culturels fait pour la première fois l’objet d’un bilan global, d’une mise en perspective historique et d’une analyse critique.