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1959 - 2022

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Courrier hebdomadaire

Avant le voyage royal : dix ans de relations Belgique⁠-⁠Congo

Courrier hebdomadaire n° 483, par Jules Gérard-Libois, 27 p., 1970

Courrier hebdomadaire

La visite du Président Mobutu en Belgique

Courrier hebdomadaire n° 464, 21 p., 1969

Livres

Rébellions au Congo

Livre, par Benoît Verhaegen, 860 p., 1969

Livres

Congo 1967

Livre, par Jules Gérard-Libois, 544 p., 1969

Livres

Introduction à la politique congolaise

Livre, par Crawford Young, 392 p., 1968

Courrier hebdomadaire

Le destin de l’Union Minière

Courrier hebdomadaire n° 406, 24 p., 1968

Livres

Congo 1966

Livre, par Jules Gérard-Libois, 544 p., 1967

Lorsque pour la première fois, en janvier 1960, le Centre de Recherche et d’Information Socio-Politiques (CRISP) consacra un volume aux groupements congolais mis en lumière par l’événement, à leurs prises de position et à l’évolution de la politique coloniale belge au cours de 1959, il entendait essentiellement répondre à une forte demande d’information sérieuse concernant le Congo, à la veille de l’indépendance de ce pays. Cette information consistait principalement en documents recueillis par le CRISP - documents souvent inédits, parfois très confidentiels dont les auteurs du dossier estimaient qu’ils étaient importants pour la connaissance des groupes et la compréhension de l’événement. Ces documents provenaient pour une bonne part des milieux nationalistes congolais qui, dès 1958, avaient pris l’habitude de confier leurs textes aux dirigeants du CRISP et, pour une autre part, des autorités belges agissant sur le terrain au Congo (sûreté, administration coloniale) ou à l’échelon parlementaire et gouvernemental en Belgique. En dépit d’inévitables imperfections dans la réalisation du dossier tous les milieux intéressés à la situation congolaise reconnurent dans le volume Congo 1959 un instrument privilégié pour la connaissance des faits et des groupes. Si la méthode de travail était essentiellement fondée sur la collecte des documents et sur leur sélection, elle exigeait pourtant au préalable une bonne connaissance des groupes existants et de leur valeur représentative, des données de l’histoire et du moment, des acteurs congolais et belges, ainsi qu’un certain type de relation et de communication permettant aux auteurs d’accéder aux meilleures sources et aux documents les plus intéressants. C’est dans le même sens, avec des méthodes identiques, que furent réalisés les volumes suivants et spécialement ceux qui couvrent les années 1960-1964 : primauté donnée au document (collecte, sélection) et recours pour la structure de l’ouvrage à des éléments découlant de l’événement plutôt que d’interprétations ou d’explications théoriques des phénomènes. Cette méthode de travail était empirique, Les auteurs des dossiers n’avaient pas par principe renoncé à toute ambition de réaliser ultérieurement des synthèses ou de s’adonner un jour à des essais théoriques. Mais pour eux, l’obligation de collecter le document, de suivre l’évolution des groupes, de recenser les acteurs constituait un premier garde-fou contre la tentation d’élaborer des synthèses hâtives ou d’étouffer une réalité fluide, multiforme, dans des cadres d’interprétation ou dans des concepts inadaptés […]

Courrier hebdomadaire

Le nouveau cours de la coopération belgo⁠-⁠congolaise (juillet⁠-⁠octobre 1967)

Courrier hebdomadaire n° 383, 23 p., 1967

Courrier hebdomadaire

L’affaire de l’Union minière du Haut Katanga

Courrier hebdomadaire n° 350, 31 p., 1967

Livres
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Patrice Lumumba. Les cinquante derniers jours de sa vie

Livre, par H. Donnay, G. Heinz, 195 p., 1966

Le 17 janvier 1961, deux cents jours après la proclamation de l’indépendance du Congo, Patrice Lumumba est frappé de mort violente à Elisabethville. Fondateur du Mouvement National Congolais en octobre 1958, c’est lui qui, en juin 1960, au terme du régime colonial belge, avait formé le premier gouvernement souverain de la République du Congo, En quelques semaines, il lui fut donné de connaître l’éclatement de l’ancienne Force Publique, l’intervention militaire belge, la sécession du Katanga et du Sud-Kasaï, l’action des casques bleus des Nations-Unies, les guerres tribales du Kasaï, la rupture brutale de son alliance avec le président Kasa-Vubu, le coup d’État militaire du colonel Mobutu, la mise en résidence surveillée à Léopoldville, l’emprisonnement à Thysville et les menaces de mort. Vivant, Lumumba fut une personnalité qui suscita autour d’elle des passions contradictoires, Mort, Lumumba continue à peser sur la vie et le destin du Congo et de l’Afrique : c’est sur son nom que s’affrontent les groupes et les pays ; c’est au nom de la fidélité à sa mission que des masses vont à la rébellion armée contre le pouvoir établi. Créatrice d’un mythe dont la, force dépasse celle de l’homme qui lui donne son nom, la mort de Lumumba reste, aujourd’hui encore, un mystère à bien des égards. Les conditions dans lesquelles elle s’est produite sont mal connues et les versions les plus contradictoires ont été diffusées, parfois dans le but de détruire des adversaires et de jeter le discrédit sur la politique qu’ils incarnent. L’ONU n’a pu élucider certains aspects décisifs de ce destin tragique : des témoins se sont dérobés ; des sources lui furent inaccessibles. Il reste essentiel pour l’avenir politique du Congo que la vérité tout entière soit faite un jour sur les circonstances de la mort de Lumumba, et surtout sur le contexte dans lequel elle s’est inscrite, sur les mécanismes qui ont déterminé l’événement et sur les principaux acteurs dont la responsabilité est engagée à des degrés divers. Il ne nous appartenait pas de faire ici œuvre de procureur ou d’enquêteur de police, d’autant que nous n’en avions ni les moyens ni les pouvoirs. Nous avons par contre mené une enquête politique approfondie. Nous avons voulu conserver au travail un caractère principalement descriptif, éclairant les faits et les mécanismes, sans faire le procès de telle ou telle personne. Souvent même, pour ne pas compromettre la sécurité des intéressés, nous n’avons pas mentionné certains noms, dont la publication n’eût pas fourni de complément important pour la compréhension des faits. Nous avons aussi eu le souci de situer l’événement dans le climat passionnel de l’époque : par le texte, par l’image et par des documents sonores dont l’authenticité nous permet une approche vivante d’une vérité difficile à saisir, Notre enquête a exigé de nombreuses recherches et de multiples interviews en Belgique, au Congo et à l’étranger. Nous n’avons pas obtenu ou trouvé tout ce que nous aurions souhaité. Bien des pistes sont d’ailleurs définitivement brouillées. Néanmoins, notre recherche patiente et objective nous a permis de mieux cerner les faits réels, d’écarter des informations tendancieuses ou fausses, d’éliminer des interprétations intéressées ou polémiques. Le cadre de notre narration est solide : c’est à l’intérieur de ce cadre que s’inscrit la vérité, toute la vérité qu’il sera peut-être nécessaire et possible de faire un jour avec les moyens adéquats.

Livres
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Rébellions au Congo

Livre, par Benoît Verhaegen, 568 p., 1966

Courrier hebdomadaire

Les relations belgo⁠-⁠congolaises (mai 1966 – septembre 1966) (II)

Courrier hebdomadaire n° 338, 21 p., 1966

Courrier hebdomadaire

Les relations belgo⁠-⁠congolaises (mai 1966 – septembre 1966) (I)

Courrier hebdomadaire n° 337, 18 p., 1966

Courrier hebdomadaire

Les relations belgo⁠-⁠congolaises

Courrier hebdomadaire n° 321-322, 44 p., 1966

Courrier hebdomadaire

L’aide financière belge au Congo : le crédit d’un milliard

Courrier hebdomadaire n° 320, 21 p., 1966

Livres
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Congo 1964. Political documents of a developing nation

Livre, par Jules Gérard-Libois, Jean Van Lierde, 600 p., 1965

Courrier hebdomadaire

Le contentieux belgo⁠-⁠congolais

Courrier hebdomadaire n° 283, 25 p., 1965

Livres
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La décision politique en Belgique. Le pouvoir et les groupes

Livre, par Jean Ladrière, Jean Meynaud, François Perin, 403 p., 1965

Rares sont les études qui ont été, jusqu’à présent, consacrées à la vie politique belge. Or la Belgique a connu et connait encore un certain nombre de problèmes d’importance majeure. A beaucoup d’égards, elle constitue un microcosme où apparaissent les principaux éléments caractéristiques des pays occidentaux. Le premier mérite de ce livre, réalisé par le Centre de recherche et d’information socio-politiques (Bruxelles), est de présenter un tableau de la vie politique belge, de 1944 à nos jours. La réalisation d’une telle entreprise n’allait pas sans difficulté tenant à l’absence d’études préalables sur les points étudiés ou à l’acuité des problèmes posés : ces difficultés ont été surmontées. En second lieu, l’équipe du CRISP est parvenue à faire œuvre de science politique, en se donnant comme ligne de recherche l’analyse de décisions qui ont marqué la politique en Belgique ces dernières années (crise de l’unité belge, pacte scolaire, création des organes de la politique scientifique, ’loi unique’, réforme de l’impôt sur le revenu, programmation économique, crise charbonnière, politique des prix agricoles, politique congolaise... ). Cette méthode conduit les auteurs à donner à la substance même de l’activité politique toute son importance, et permet d’apprécier au mieux les résultats de cette activité. Le présent ouvrage, qui rappelle, en outre, les bases et les étapes de la vie politique belge et est illustré de nombreux documents, fournit un instrument de référence à tous ceux qui s’intéressent à la Belgique, ainsi qu’aux problèmes de l’Europe.

Livres

Congo 1963

Livre, par Jorge Beys, Paul-Henry Gende-Bien, Jules Gérard-Libois, Benoît Verhaegen, 456 p., 1964

« Congo 1963 » est le cinquième ouvrage de la série des « Congo » éditée par le CRISP. Avant d’esquisser dans cette introduction un rapide panorama de l’évolution politique du Congo au cours de cette année, il n’est sans doute pas inutile de rappeler et de préciser les règles de méthode et les objectifs poursuivis par cette collection. L’enseignement classique de l’histoire par les historiens a certes une valeur incontestable et universelle, qu’il s’agisse de l’histoire d’un peuple disparu, d’une époque lointaine ou d’une société de dimension restreinte. Lorsque les règles de la connaissance historique sont respectées, un fait du passé peut avoir autant de signification humaine qu’un fait actuel. Sociologie et histoire tendent à se confondre lorsque cette dernière parvient à franchir le seuil de la rareté et de l’imprécision des faits révolus pour déboucher sur la représentation d’un fait social. Cependant lorsqu’il n’est pas possible d’atteindre un degré suffisant de connaissance et de précision. et qu’aucune interprétation sociologique n’est autorisée, l’ historien, sans parler du compilateur stérile, n’est plus qu’un collectionneur de faits épars, dans lesquels viendront peut-être puiser les historiens et les sociologues futurs. La connaissance systématique des faits sociaux contemporains dans leur déroulement historique - que ton pourrait considérer comme une histoire ultra-contemporaine - devrait offrir des facilités plus grandes que dans le cas de l’histoire classique des faits passés. En effet, à ces possibilités de l’historien s’ajoutent les techniques du sociologue. A l’interrogation des textes et des objets se joint celle des personnes. L’histoire ultra-contemporaine, qui se situe nécessairement au confluent de l’histoire et de la sociologie, aurait en outre l’avantage pratique de fournir, aux gouvernants et aux peuples, un diagnostic adéquat des problèmes de leurs sociétés. Une telle discipline est cependant loin d’être acceptée tant par les historiens que par les sociologues. Les premiers, reculant devant la masse et la subjectivité des faits actuels, préfèrent se réfugier dans l’analyse des sociétés mortes et des processus accomplis ; les seconds sont contraints par leur technique de recherche de ne cerner qu’un secteur de la réalité à la fois, après en avoir forgé le cours évolutif. Par conséquent l’analyse des faits contemporains d’histoire reste aux mains des journalistes et essayistes, qui se contentent de donner au public une pseudo-connaissance et une sociologie-digest. L’élaboration d’une connaissance scientifique de l’histoire ultra-contemporaine nécessite une double démarche : : il faut tout d’abord que soient rassemblés, sélectionnés, classés et présentés les faits et les textes de cette histoire, du moins dans la mesure ou ceux-ci sont accessibles. La collection des « Congo » tente de répondre à cet objectif. Mais il faut ensuite que le recours à la méthode et aux techniques de la sociologie et de la science politique complète, critique et sélectionne ces matériaux et leur donne leur signification authentique. Les auteurs de la collection des « Congo » sont conscients d’une part des lacunes de la documentation écrite présentée, soit que celle-ci ne leur ait pas été accessible, soit que le choix des textes présentés ait été défectueux : d’autre part du caractère déformant, partiel et artificiel de la documentation écrite en général, et des documents publics congolais en particulier. Ce sont les raisons pour lesquelles ils souhaitent que d’autres poursuivent l’œuvre commencée par une analyse sociologique. Cependant, malgré cette mise en garde, les auteurs sont convaincus de faire œuvre utile à deux égards : ils espèrent avoir fourni aux écrivains, sociologues et historiens une documentation qui leur épargnera de nombreux efforts et réduira leur coefficient d’erreur et d’approximation. Mais ils destinent d’abord et avant tout leur ouvrage à tous ceux que l’histoire récente du Congo concerne directement, c’est-à-dire les peuples du Congo et de l’Afrique et leurs dirigeants. Dans la mesure où désormais l’histoire peut s’écrire en même temps qu’elle se fait et où les acteurs principaux pensent avoir une connaissance scientifique de la société et de ses problèmes, il est nécessaire de les munir du maximum d’information et d’une vision d’ensemble des évènements auxquels ils participent. En 1963, lie Congo fut marqué d’abord par la fin de ;[a sécession katangaise et par la dissolution de l’entité katangaise en trois provinces. Ce chapitre capital de l’histoire du Congo a été abordé dans les dernières pages de « Congo 1962 » et dans l’ouvrage « Sécession au Katanga ». Mais c’est en septembre-octobre 1963 que se situe l’évènement le plus significatif pour l’avenir du Congo : la rupture définitive entre l’exécutif et le législatif déclenchée par la mise en congé illimitée des Chambres par le chef de l’État. Deux conséquences en découlèrent qui se sont révélées déterminantes pour révolution du Congo en 1964 : en premier lieu, l’opposition fut contrainte de se réfugier dans la clandestinité ou dans l’exil. La formation d’un gouvernement insurrectionnel à Brazzaville fournit aux rébellions rurales la superstructure politique qui leur faisait défaut et leur donna toute leur importance. En second lieu, le gouvernement, privé de la force démocratique que représentaient les Chambres, malgré leur faiblesse et leur corruption, passa sous la coupe de son noyau dur constitué par le groupe de Binza. Le geste du chef de l’État priva en fait les institutions congolaises de leurs forces modérées du Centre. L’exécutif glissa à droite et l’opposition opta pour l’insurrection. L’impasse était totale. C’était le prologue du drame, désormais inévitable, qui se jouerait en 1964.

Courrier hebdomadaire

Le conditionnement politique de l’Opération Dragon rouge (Stanleyville – novembre 1964)

Courrier hebdomadaire n° 264, 26 p., 1964

Courrier hebdomadaire

L’assistance militaire belge à la République du Congo

Courrier hebdomadaire n° 247, 20 p., 1964

Livres
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Sécession au Katanga

Livre, par Jules Gérard-Libois, 364 p., 1963

« Que Dieu protège le Katanga indépendant ». Par ces mots, le Conseil des ministres provinciaux présidé par M. Tshombe terminait la déclaration du 11 juillet 1960 par laquelle il proclamait le Katanga totalement indépendant et demandait à la Belgique de s’unir avec lui « en une étroite communauté économique ». « Nous sommes prêts à proclamer devant le monde que la sécession katangaise est terminée ». C’est en ces termes que le 14 janvier 1963. le Conseil des ministres présidé par M. Tshombe annonçait de Kolwezi qu’il acceptait la réintégration du Katanga dans la République du Congo, selon le schéma fixé par le Plan Thant en août 1962. Du 11 juillet 1960 au 14 janvier 1963, pendant trente mois et trois jours a existé et fonctionné une province congolaise en sécession, érigée en État de fait dont l’indépendance pourtant ne fut reconnue officiellement par aucun pays. Ces trente mois de sécession ont, jusqu’à ce jour, alimenté plus de polémiques passionnées que de recherches ou études objectives. D’où venait cette idée d’indépendance au Katanga ? Qui la soutenait et lui donnait corps ? Comment et avec quels puissants moyens a-t-elle pu être proclamée puis expérimentée ? Quels facteurs ont finalement provoqué r échec de la tentative sécessionniste ? Sans doute est-il encore prématuré de vouloir écrire aujourd’hui toute l’histoire de la sécession : des témoignages utiles font encore défaut : les sources actuellement disponibles sont souvent tendancieuses ou incomplètes et des éléments essentiels de la réalité ne s’expriment dans la presse, dans les déclarations ou des rapports des autorités intéressées que par allusions ou par affirmations globales. Nous voudrions ici plus modestement raconter ce qui s’est passé au Katanga, avec un souci particulier de mettre en lumière les conditionnements locaux et extérieurs de la sécession. Cette narration se fonde sur r ensemble des sources publiques actuellement disponibles ainsi que sur des témoignages et sur des documents inédits, souvent confidentiels, qui permettent de comprendre certains mécanismes de la sécession, notamment en matière d’encadrement et d’assistance militaires ou d’action diplomatique concertée au sujet du régime de M. Tshombe.

Livres

Parti solidaire africain (PSA). Documents 1959⁠-⁠1960

Livre, par Benoît Verhaegen, Herbert Weiss, 316 p., 1963

Livres
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Congo 1962

Livre, par Jules Gérard-Libois, Benoît Verhaegen, 464 p., 1963

Le premier gouvernement présidé par M, Adoula fut investi le 2 août 1961 par les Chambres réunies en session extraordinaire à Lovanium. L’activité du gouvernement durant tannée 1961 se concentra sur trois points : 1) La recherche d’une reconnaissance internationale : la participation du Congo à la conférence de Belgrade fut la tentative la plus spectaculaire de la politique étrangère du gouvernement ; 2) la reconquête de l’unité du Congo par la fin de la sécession katangaise : les accords de Kitona en décembre 1961 donnèrent momentanément t illusion d’une réussite en ce domaine ; 3) le maintien de l’unité du gouvernement : le départ de M. Gizenga, vice-premier ministre, pour Stanleyville en octobre 1961 annonça l’échec de cette politique. Ces événements ont été présentés et commentés dans un ouvrage précédent du CRISP : CONGO 1961. L’année 1962 fut dominée par deux problèmes politiques fondamentaux : celui des structures de la République et celui de la résorption de la dissidence katangaise. Ces deux problèmes sont traités respectivement dans les parties II et III de cet ouvrage. La première partie est consacrée à la présentation de la politique intérieure du Gouvernement Adoula et, en particulier, de ses relations avec l’opposition. Une place importante a été réservée aux déclarations des principaux représentants des groupes politiques à Léopoldville. L’inefficacité concrète de la plupart de ces interventions ne peut faire oublier leur importance en tant que témoignage de l’idéologie nationaliste. Les politiciens furent confrontés durant l’année 1962 avec une mutation profonde des institutions et des structures de la République qui aboutit à retirer la direction effective du pays des mains des parlementaires. La sécession katangaise fut résorbée grâce au jeu combiné d’une action diplomatique internationale et d’une offensive militaire des Nations Unies. La réalisation des nouvelles provinces fut opérée sous la pression des forces politiques locales et avalisée par un Parlement débordé. C’est aux forces syndicales qu’incomba le rôle de livrer une bataille d’arrière-garde pour le maintien des institutions politiques nationales, Enfin les principales forces de la République, l’armée et l’administration, affermirent au cours de l’année 1962, et sans doute pour longtemps, leur emprise sur la vie politique nationale, amorçant l’évolution progressive du régime parlementaire vers une bureaucratie militaire. Il est sans doute encore trop tôt pour considérer la direction de cette évolution comme définitive, mais on peut néanmoins souligner, dès à présent, une constante des structures congolaises qui s’est manifestée tant à travers la période coloniale, qu’à travers la crise des années 1960 et 1961 et à travers la stabilisation de 1962 : l’importance fondamentale de l’administration et de l’armée au détriment des institutions et des forces spécifiquement politiques. Le rôle et l’état actuel des forces économiques n’ont pas été analysés dans cet ouvrage. Ceci ne veut pas dire qu’ils ne soient pas importants, et sans doute maintenant plus que jamais. Nous renvoyons le lecteur aux différentes analyses et documents publiés par la revue Études Congolaises et notamment le dossier : « Situation Économique et Financière du Congo en 1962 », paru dans le n° 3 de mars 1963. Malgré le succès croissant rencontré par nos publications précédentes : Congo 1959, Congo 1960 et Congo 1961, nous sommes conscients des imperfections de ces travaux : certains documents et faits importants ne sont pas cités ou reproduits, des secteurs entiers de la vie politique ne sont pas traités, tels l’influence des groupes de pression internationaux et celle des forces économiques ; une place trop grande est accordée aux déclarations, dont l’importance concrète est souvent minime, au détriment des jeux de couloir et des pressions discrètes, mais efficaces etc… C’est pourquoi la lecture et l’utilisation d’un tel ouvrage ne peuvent déboucher sur des généralisations et des conclusions même partielles. Des informations et des analyses complémentaires demeurent indispensables avant de pouvoir utilement interpréter l’évolution politique du Congo. Le souhait des auteurs est que le travail entrepris ici soit poursuivi, complété, amélioré par les chercheurs et les étudiants africains auxquels incombe la charge d’écrire leur propre histoire.

Courrier hebdomadaire

La politique ’katangaise’ de la Belgique (II). Août 1961⁠-⁠janvier 1963

Courrier hebdomadaire n° 184, 22 p., 1963