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Les @nalyses en ligne

Les relations entre l’Union européenne et le Royaume⁠-⁠Uni après le « Brexit »

par Vaïa Demertzis, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 23 décembre 2016

Il y a six mois jour pour jour, les citoyens britanniques ont choisi de quitter le giron européen, quarante-trois ans après l’avoir rejoint. Depuis lors, le Royaume-Uni et l’Union européenne se préparent à redéfinir leurs relations. Bien que les négociations de sortie ne soient pas encore engagées, le débat sur la forme que prendront ces relations agite les cénacles britanniques et européens. S’y greffe une réflexion sur l’évolution future des relations transatlantiques. Pour redéfinir la relation euro-britannique, six scénarios sont généralement envisagés. Cette @nalyse du CRISP en ligne examine ces six modèles de Brexit et leurs implications.

Les @nalyses en ligne

Le nerf de la guerre

par Jean Faniel, paru dans Imagine demain le monde, n° 115, mai-juin 2016, p. 30-31

La Belgique pourrait bien connaître prochainement une toute nouvelle vague d’immigration. Ce mouvement soulève différentes questions. Est-il normal que ces personnes cherchent ailleurs une vie plus facile ? Comment seront-elles accueillies dans notre pays ? Une politique coordonnée au niveau européen n’est-elle pas urgemment nécessaire ? Au début de l’année 2017, le Grand-Duché de Luxembourg mettra en œuvre une vaste réforme fiscale…

Les @nalyses en ligne

Un scandale mondial aux retombées locales : les effets des Panama papers sur l’Islande

par Nicolas Stéfanski, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 12 avril 2016

Les Panama papers n’auront pas eu un effet décisif aussi immédiat ailleurs qu’en Islande. Accusé d’avoir détenu, avec son épouse, une société offshore qu’il n’avait pas déclarée alors que son mandat politique l’y contraignait, le Premier ministre islandais, Sigmundur Davíð Gunnlaugsson, a dû démissionner le mardi 5 avril 2016, soit deux jours à peine après le début des révélations. Les conséquences déjà enregistrées par le scandale des Panama papers en Islande soulèvent des questions sur l’avenir immédiat du pays et, vraisemblablement, sur ses rapports avec l’Union européenne. Elles illustrent également de manière particulièrement tangible les effets que peut avoir la mondialisation des flux de capitaux, d’une part, et d’information, d’autre part.

Les @nalyses en ligne

Attentats de Paris : un certain idéal de communication politique

par John Pitseys, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 18 novembre 2015

La France est en guerre, déclare le président français, François Hollande, devant le Congrès du Parlement français le 16 novembre 2015. Ce faisant, il utilise les mêmes mots que ceux prononcés deux jours plus tôt par Manuel Valls au journal télévisé de TF1. Le Premier ministre affirmait alors que l’État islamique (EI) perdrait la lutte, mais avouait que celle-ci ne faisait que commencer. Il est vrai que Paris ressemble à un champ de bataille embué par les larmes des témoins. Il est cependant faux de croire que les actes qui ont été commis sont des actes de guerre. Ce sont des actes terroristes. Aussi étrange ou déplacé que cela puisse paraître à ses victimes, le terrorisme représente avant tout un outil de communication, une technique rhétorique. Son but premier est de faire passer un message, d’influencer les émotions et les opinions de son destinataire.

Les @nalyses en ligne

« Agreekment », TINA et mouvements sociaux

par Jean Faniel et Vaïa Demertzis, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 24 juillet 2015

Le 13 juillet 2015, le sommet de la zone euro a adopté une déclaration formulant les obligations que la Grèce devra respecter afin que soit conclu « un éventuel futur accord sur un nouveau programme » du Mécanisme européen de stabilité. Donald Tusk, le président du Conseil européen, a baptisé ce texte « agreekment », mêlant les termes anglais « accord » et « Grèce ». Cet accord a été ressenti par de nombreux Grecs comme un coup de force et comme une véritable humiliation. Les conditions imposées à la Grèce ont également été largement dénoncées comme allant à l’encontre de la souveraineté nationale de ce pays et, plus largement, de la démocratie. Enfin, de nombreux économistes de premier plan ont réfuté catégoriquement la possibilité que ces mesures permettent à ce pays de sortir de la grave récession économique à laquelle il fait face. Pour de nombreux mouvements sociaux à travers l’Europe, le bras de fer dans lequel le gouvernement grec s’est engagé avec ses créanciers relève non seulement du domaine économique, mais peut-être plus encore de la lutte symbolique et idéologique contre le néolibéralisme et l’adage qui l’incarne « There is no alternative » (abrégé en TINA). Or le texte de l’« agreekment » comporte des passages qui paraissent vouloir marteler qu’il n’y a pas d’alternative possible en dehors des principes préconisés par le Fonds monétaire international, la Commission européenne et la Banque centrale européenne. L’approbation par A. Tsípras puis par le Parlement grec du texte du 13 juillet pourrait par conséquent marquer aux yeux des citoyens qui dénoncent le néolibéralisme l’échec d’une rupture avec celui-ci, entraînant de possibles effets démobilisateurs. Cependant, les conditions dans lesquelles cet accord a été conclu pourraient au contraire attiser la colère d’une partie des citoyens contre les institutions qui l’ont soumis à la Grèce, et plus largement contre l’Union européenne et le projet néolibéral qu’elle incarne à leurs yeux. On peut dès lors se demander quels effets l’« agreekment » va avoir sur les mouvements sociaux qui contestent la validité de « TINA ».

Livres

Les chagrins de la Belgique. Libération et reconstruction politique 1944⁠-⁠1947

Livre, par Martin Conway, 527 p., 2015

La libération de la Belgique par les troupes alliées en septembre 1944 marqua la fin d’une Occupation allemande particulièrement dure. Ce fut aussi le début d’une période turbulente et décisive dans l’histoire du pays. La transition entre guerre et paix n’eut rien de facile, bien au contraire. Les forces politiques concurrentes que représentaient le roi Léopold III et ses partisans, l’ancien gouvernement en exil à Londres et les mouvements de résistance s’affrontèrent en un combat acharné, avec le pouvoir politique pour enjeu. Dans les années qui suivirent, un climat constant de crise politique et sociale régna. Les manifestations qu’organisait la Résistance, les grèves et les mouvements de protestation pour ou contre le roi semblèrent menacer le pays d’une guerre civile et d’une dissolution institutionnelle. Dès 1947, pourtant, la Belgique avait atteint une certaine stabilité : les groupes de résistance avaient été marginalisés et le Parti communiste exclu du gouvernement, le roi languissait dans son exil involontaire en Suisse et ‒ c’était là l’élément le plus manifeste ‒ les partis politiques et le régime parlementaire avaient retrouvé la place qui était la leur avant-guerre. Martin Conway livre ici une contribution substantielle à l’histoire de la Libération en Europe. Grâce à des archives du plus grand intérêt, il dresse le premier récit du processus de normalisation politique qui permit à la Belgique de s’intégrer à l’ordre politique européen d’après-guerre. Mais il montre aussi que ce succès eut un prix. L’absence de toute réforme politique d’envergure après la Seconde Guerre mondiale exacerba les tensions entre les différentes classes sociales, entre les communautés linguistiques et entre les régions du pays. Les fondements du détricotage de l’État-nation belge qui interviendrait dans la seconde moitié du vingtième siècle étaient ainsi jetés. « Cette édition en français constitue un enrichissement essentiel pour le public francophone qui s’interroge sur l’étrange cas de la Belgique contemporaine. » Extrait de la préface de J. Gotovitch

Courrier hebdomadaire

Les historiens belges et la construction européenne (1944⁠-⁠1956)

Courrier hebdomadaire n° 2217-2218, par Els Witte, 67 p., 2014

La décennie qui suit la fin de la Seconde Guerre mondiale se caractérise par une importante évolution des mentalités, tant parmi les décideurs politiques qu’au sein de l’opinion publique. Dans la Belgique de l’immédiat après-guerre, cette mutation permet la mise en route de la construction européenne. Ce parcours est marqué entre autres par la création du Benelux et par l’intégration de l’Allemagne dans la future Union européenne. Le présent Courrier hebdomadaire met en lumière le rôle joué par une catégorie méconnue d’acteurs de ce processus : les historiens belges. Durant les années 1944-1956, ceux-ci contribuent puissamment à la production, à la diffusion et à l’encouragement de la pensée européenne. Ils répondent en cela à une demande, émanant de la société, de mobiliser les liens entre le passé et le présent pour appuyer les entreprises en cours. Leur tâche n’est guère facile, certains projets étant hautement polémiques. La construction européenne, qui n’en est encore qu’à ses débuts, se déroule dans un contexte fortement polarisé. Le cas de la question allemande est particulièrement sensible. Els Witte montre comment, tout en veillant à préserver leur indépendance scientifique, les historiens belges ont mis leur discipline au service de l’idée d’unification européenne. L’étude s’intéresse notamment à la manière dont, avec le soutien des autorités, ils ont contribué à améliorer les liens entre les pays du Benelux et ont œuvré à la réconciliation avec l’Allemagne.

Les @nalyses en ligne

La révélation d’Obama

par Edgar Szoc et John Pitseys, paru dans Politique, revue de débats, n° 83, janvier-février 2014, p. 28-31

La question des inégalités socioéconomiques est de nouveau centrale dans la production intellectuelle et les débats publics. Même Obama s’y met. Est-ce le signe d’un retour, à tout le moins dans le champ de la réflexion, des « grandes luttes pour l’émancipation » ? John Pitseys et Edgar Szoc retracent le parcours politique de la question de l’égalité et des inégalités au cours des trois dernières décennies et distinguent des conceptions fort différentes de l’égalité, qui ont débouché sur des actions politiques elles aussi bien différentes.

Les @nalyses en ligne

Les élections de 2013 en Islande : enjeux pour l’Union européenne et pour les dynamiques citoyennes

par Nicolas Stéfanski, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 17 juin 2013

Le 27 avril 2013, les Islandais étaient appelés à renouveler leur parlement. Ce scrutin s’est déroulé dans un contexte très particulier vu la situation que l’île a connue depuis cinq ans, marquée par l’effondrement de son économie, par un changement majeur de coalition gouvernementale, par un processus démocratique de réforme profonde de la Constitution et par le dépôt d’un dossier d’adhésion à l’Union européenne. Cet article examine le résultat du récent scrutin et l’accord scellé entre les partis de la nouvelle coalition pour envisager leurs implications sur le processus d’adhésion à l’Union européenne d’une part, et sur la réforme constitutionnelle et sa dynamique citoyenne d’autre part.

Les @nalyses en ligne
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Le sens de la présidentielle française

par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 13 mars 2012, p. 13

L’élection présidentielle française fascine les observateurs et les médias, et son apparence de clarté n’y est pas pour rien. Ce scrutin aux règles remarquablement simples semble être d’une lisibilité parfaite, ce qui permet à chacun d’essayer de dégager le sens de cette élection. A l’analyse, pourtant, il s’avère que cette impression de clarté et cette idée de « sens » sont trompeuses, la logique d’une élection étant précisément de ne pas construire du sens mais de l’écarter ou de le brouiller. Petite tentative de décryptage, à l’heure où la campagne bat son plein.

Les @nalyses en ligne

« Un problème de légitimité démocratique, incontestablement »

par Vincent de Coorebyter, paru dans Espace de Libertés, n° 405, 1er février 2012, p. 5-8

Les sommets européens successifs consacrés au sauvetage de la Grèce et de la zone euro, et les décisions de plus en plus lourdes de conséquences qui y sont prises ou qui les accompagnent, ont posé crûment la question du caractère démocratique ou non des enceintes de décision internationales, en particulier en situation de crise. Sans prétendre répondre à cette question en détail, cet entretien s’efforce de la poser dans des termes exacts en revenant sur les principes de base du fonctionnement démocratique, et notamment sur les notions, parfois trompeuses et souvent ambiguës, de mandat, de représentation, de légitimité démocratique, de volonté populaire, etc.

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La République entre Marianne et Marine

par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 10 mai 2011, p. 14

Depuis quelques semaines, le FN français, sous la présidence de Marine Le Pen, candidate à l’élection présidentielle de 2012, se revendique de la République et de la laïcité. Curieusement, ces déclarations n’ont pas provoqué la levée de boucliers qu’elles méritaient. On peut s’en inquiéter, car cela pourrait signifier que les notions de république et de laïcité se prêtent à l’exploitation islamophobe et xénophobe qu’en fait désormais le FN. S’il appartient aux républicains français de remettre les pendules à l’heure, il n’est pas inutile, en Belgique où il existe également des tendances de droite radicale qui se réclament de la laïcité, de bien montrer en quoi, sur un point crucial, la pensée républicaine est aux antipodes du positionnement du Front national.