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Les @nalyses en ligne

L’art ou la vie ?

par Caroline Sägesser, paru sur revuepolitique.be, 18 avril 2023

Ces derniers mois, des militantes et des militants écologistes ont multiplié les actions médiatiques dans des musées, visant des œuvres connues pour s’assurer une bonne place dans les journaux télévisés et les colonnes de journaux. Ces actions sont-elles « violentes », comme certains commentateurs ont pu le signaler ? Ne risquent-elles pas d’être contre-productives et de donner des munitions aux forces antiécologiques ?

Les @nalyses en ligne

Concertation et conflit sur le terrain social

interview de Jean Faniel par Luca Alù et Louis Oger, parue sur mammouth.media (IHECS), 5 mai 2023

Ces derniers jours, le conflit social qui secoue les magasins Delhaize a remis à l’avant-plan la question de la conflictualité liée au travail et, de facto, de la concertation sociale.

Podcasts

La Suisse, une source d’inspiration pour la Belgique ?

intervention de Caroline Sägesser diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 8 mai 2023

Pour ce nouvel épisode de l’Actualité en 3D, on vous emmène en Suisse… Ses sommets enneigés, ses lacs majestueux, ses villages cossus, ses fromages renommés, ses banques ou encore son horlogerie… Mais aussi et surtout et c’est cela qui retiendra toute notre attention, son système fédéral particulier et son sens aigu de la démocratie directe pratiquée à tous les niveaux de pouvoir. La Suisse, ce pays, à la fois proche et exotique, qui semble présenter autant de points communs que de différences avec la Belgique fédérale et qui à ce titre est régulièrement pointé comme source d’inspiration potentielle pour faire évoluer notre propre système institutionnel ou démocratique. Quand et comment est né l’État fédéral suisse ? Comment est-il organisé, quels sont les entités fédérées qui le composent, quels sont les compétences respectives de la Confédération et des cantons ? Comment a évolué ce système particulier et est-il source de tensions comparables à celles que nous vivons régulièrement en Belgique ? Le fonctionnement des organes de la Confédération suisse est-il susceptible d’inspirer les responsables politiques belges qui s’apprêtent à entamer des négociations destinées à opérer une nouvelle réforme de l’État ? Et puis, d’où vient cette pratique systématique de la démocratie directe qui nous amuse autant qu’elle nous fascine ? Comment concrètement cette tradition se poursuit-elle encore aujourd’hui ? Quelles sont les ressources mais également les limites de ce système ? Pourrait-on l’importer en Belgique ?

Les @nalyses en ligne

Droit de vote aux européennes dès 16 ans : un véritable enjeu démocratique

par Benjamin Biard, paru dans une version légèrement différente dans Espace de Libertés, n° 510, avril 2023, p. 38-42

Au printemps 2024, les Belges de plus de 16 ans pourront voter aux élections européennes. Cet abaissement de l’âge de vote à ce scrutin s’inscrit à la fois dans un processus historique et est lié aux enjeux contemporains. Mais avec quels impacts ?

Les @nalyses en ligne

« En cas d’urgence, l’associatif et les citoyens sont parfois plus efficaces »

interview de Jean Faniel par Laurence Van Ruymbeke, parue dans Le Vif, 13 avril 2023, p. 39-41

Faute de moyens et de volonté politique, l’État ne répond pas présent sur tous les fronts. L’associatif et les citoyens prennent alors le relais. La densité et l’efficacité du tissu associatif belge ne tombent pas du ciel. Ses racines sont plongées dans une histoire déjà longue, ce qui en fait un acteur majeur du fonctionnement du pays. Pour autant, l’État peut-il prendre l’habitude de s’appuyer sur le monde associatif pour se décharger de ses missions ? Au point de perdre le contact avec les réalités que vit la population ? La solidarité est belle, mais le danger est réel.

Courrier hebdomadaire

Presse quotidienne belge : passé, présent et futur économiques

Courrier hebdomadaire n° 2552, par Bernard Cools, 46 p., 2022

Au cours des trois dernières décennies, le monde de la presse quotidienne belge a connu de multiples évolutions et mutations. À la suite de divers regroupements et concentrations, six groupes d’édition se partagent le marché actuellement : Rossel, IPM, Mediahuis, DPG Media, Roularta et Thommessen. Les Belges se voient proposer pas moins d’une vingtaine de titres : 11 en français ( Le Soir , La Libre Belgique , L’Écho …), 9 en néerlandais ( De Standaard , De Morgen , De Tijd …) et 1 en allemand ( Grenz-Echo ). Seul Metro (qui présente également la particularité d’être gratuit) est de création récente. Inversement, plusieurs journaux locaux ont disparu par absorption. La presse quotidienne se décline désormais sur différents supports. Les ventes en format papier sont en régression marquée, tandis que les versions numériques progressent constamment. Parallèlement, les abonnements acquièrent une importance supérieure aux achats au numéro. Aujourd’hui, les lectorats sont historiquement élevés, mais le modèle économique du secteur est confronté à une diminution de l’audience solvable et à un repli des revenus publicitaires. Pour le futur, trois questions se posent. Quel est l’avenir des éditions imprimées ? Comment parvenir à capter et à fidéliser les consommateurs potentiels ? Quels revenus attendre de l’application de la directive européenne sur le « droit voisin » ?

Podcasts

La Belgique face aux crises

intervention de Vincent Lefebve diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 10 avril 2023

Aujourd’hui, c’est le 50e épisode de L’Actualité en 3D, le rendez-vous mensuel de décryptage de l’actualité politique que nous vous proposons en partenariat avec le CRISP, le Centre de recherche et d’information socio-politiques. Pour cet épisode jubilaire, nous allons tenter de prendre un peu de hauteur en croisant deux thématiques qui ont été centrales lors des 49 épisodes précédents de L’Actualité en 3D, en associant deux des fils rouges tissés par cette succession d’émissions. Premier fil rouge : la Belgique fédérale dont le système institutionnel et politique a été au cœur de nombreux épisodes. Une Belgique dont nous avons évoqué l’histoire à travers ses symboles et autres emblèmes, une Belgique dont l’architecture fédérale a été au cœur de l’émission de septembre 2021, une Belgique dont certaines composantes – la Région bruxelloise ou la Communauté germanophone – ont été présentées par nos soins, une Belgique politique dont nous avons étudié certains des piliers à travers nos émissions consacrées aux familles politiques libérales ou sociales-chrétiennes et dont nous avons également analysé certains dispositifs politiques décisifs ces dernières années, comme celui dit des affaires courantes ou en analysant les modalités de formation ou de démission d’un gouvernement. Deuxième fil rouge de L’Actualité en 3D : la notion de crise. Des crises qui s’accumulent et se superposent comme nous l’avons encore constaté lors de notre émission bilan de l’année 2022. Mais souvenez-vous que notre première émission était consacrée à une crise politique, celle survenue en Région wallonne à l’été 2017. Et puis, l’actualité nous a conduit à envisager la crise due au Brexit, la crise climatique et énergétique notamment avec Fabienne Collard, la crise du pouvoir d’achat au cœur de notre émission consacrée à l’accord interprofessionnel, puis évidemment la crise sanitaire à laquelle nous avons consacré pas moins de trois émissions. Et donc pour cette 50e émission, nous allons nous demander dans quelle mesure l’apparition d’une crise teste et met à l’épreuve notre système institutionnel et politique, dans quelle mesure une crise révèle les failles mais aussi les ressources que notre système présente. Comment nos autorités politiques font face aux crises ? Une crise constitue-t-elle un facteur d’unité, de rassemblement des différentes forces sociales et politiques qui constituent la Belgique ou à l’inverse, une crise accentue-t-elle les nombreuses divisions communautaires ou idéologiques qui traversent la Belgique depuis ses origines ? Voilà en quelques mots la question générique qui sera au cœur de cette émission et pour y répondre, nous aurons le plaisir de recevoir Vincent Lefebve, philosophe, juriste et chargé de recherche pour le CRISP.

Courrier hebdomadaire

La démocratie et ses variantes

Courrier hebdomadaire n° 2551, par Vincent de Coorebyter, 44 p., 2022

« Démocratie directe », « démocratie délibérative », « démocratie participative », « démocratie représentative », etc. Les politologues, juristes et philosophes distinguent de multiples variantes de la démocratie. Pour sa part, V. de Coorebyter propose un classement qui permet de les englober toutes : la distinction entre « démocratie universaliste » et « démocratie catégorielle ». La première est constituée des mécanismes permettant à tous les citoyens de débattre de tout, quelle que soit leur situation ou leur qualité et quel que soit l’objet de la décision. La seconde réside dans les dispositifs qui organisent l’expression politique sur la base des intérêts constitués, réservant dès lors la participation aux membres des groupes concernés par les intérêts pris en compte. Ces deux grands types de démocratie ne sont toutefois pas étanches, des cas d’hybridation existant ; ainsi en va-t-il, par exemple, des élections sociales. Ce Courrier hebdomadaire propose également un aperçu à la fois théorique, analytique et réflexif des principales modalités par lesquelles s’exerce la démocratie universaliste. Pour chacune d’entre elles, il s’agit de répondre à trois questions. Quels sont les mécanismes permettant au citoyen de jouer un rôle politique ? Ce rôle est-il prévu, reconnu, instauré, limité, contrôlé, interdit ou encadré par la loi ? Quelles sont les principales caractéristiques de ces mécanismes, leurs conditions de légitimité, leur dynamique ? Le tableau ainsi dressé fait apparaître une grande diversité de dispositifs et de modes d’action : élection de représentants, panel de citoyens tirés au sort, enquête publique, sondage, pétition, consultation populaire, référendum, budget participatif, grève, manifestation, recours à la justice, lobbying, lancement d’alerte, désobéissance civile, etc. Tous sont les témoins d’une vitalité démocratique plus importante qu’on ne le dit parfois.

Courrier hebdomadaire

La réforme de la démocratie locale en Flandre

Courrier hebdomadaire n° 2550, par Serge Govaert, 46 p., 2022

Le 16 juillet 2021, la Région flamande a promulgué un décret visant à opérer un « renforcement de la démocratie locale ». Sa mesure phare consiste en la suppression de l’obligation de vote pour les élections communales et provinciales. La Flandre a ainsi mis fin, pour ce qui concerne les scrutins locaux sur son territoire, à un principe qui prévalait depuis plus d’un siècle. Par le même décret, la Région flamande a également modifié sa législation sur divers autres points importants, tels que l’impact du vote en case de tête, le processus de formation des coalitions communales et le mode de désignation du bourgmestre. En outre, elle a introduit un mécanisme de motion de défiance constructive. À plusieurs égards, elle s’inspire manifestement des dispositions en vigueur depuis quelques années en Région wallonne, sans toutefois les reproduire à l’identique. Ce Courrier hebdomadaire retrace l’historique de l’adoption de ce décret flamand, ainsi que son parcours parlementaire. Il évoque aussi les effets que son application a d’ores et déjà eus dans certaines communes de Flandre. Enfin, il s’interroge sur les conséquences qu’elle pourrait avoir lors des élections locales de 2024, que ce soit dans les communes (notamment à Anvers et à Gand) ou pour les partis politiques (à commencer par le CD&V).

Les @nalyses en ligne

Une législature perdue pour la concertation sociale ?

interview de Jean Faniel par Isabelle Morgante, parue dans sous le titre « Un gouvernement utile pendant 50 % de la législature ? » dans UCM Magazine, 28 février 2023

La législature en cours a déjà été bousculée par de nombreuses crises. Entre partis politiques de la majorité fédérale et entre interlocuteurs sociaux, les désaccords sont nombreux. Plus d’un an encore avant les scrutins de 2024, retour sur ces tensions.

Courrier hebdomadaire

L’actionnariat des entreprises en Wallonie en 2020

Courrier hebdomadaire n° 2548-2549, par David Van Den Abbeel, Fabienne Collard, Marcus Wunderle, 64 p., 2022

L’actionnariat des entreprises est une donnée fondamentale de l’économie de marché, qu’il soit constitué de grandes familles, de multinationales ou de fonds publics, qu’il soit ou non concentré dans quelques mains, et qu’il concerne le secteur privé ou le secteur public. Par l’apport de capitaux, les actionnaires deviennent tout à la fois les partenaires financiers et les copropriétaires des sociétés dans lesquelles ils investissent. À l’échelle d’une région ou d’un pays, ils comptent donc parmi les principaux détenteurs du pouvoir économique. Réalisé par l’équipe du secteur Économie du CRISP, ce Courrier hebdomadaire est consacré à la structure de l’actionnariat en Wallonie en 2020. Il fait le point sur trois thématiques : la définition belge de l’entreprise et la démographie wallonne de celle-ci ; l’évolution de la concentration des entreprises en Wallonie ; la structure de propriété des entreprises wallonnes. Il permet de dégager des tendances claires pour chacun de ces points. L’analyse met en évidence plusieurs réalités de l’économie wallonne, dont la concentration de l’emploi dans un nombre d’entreprises relativement restreint, l’importance des pouvoirs publics belges en termes d’emploi, et le poids des groupes étrangers (essentiellement français, néerlandais, états-uniens, britanniques et allemands) dans l’actionnariat des entreprises de Wallonie. En outre, cette étude permet de prendre la mesure de certaines conséquences de la crise induite par la pandémie de Covid-19 puis de la reprise économique qui l’a suivie.

Podcasts

La Commission d’enquête parlementaire wallonne sur les inondations de juillet 2021. Analyse et leçons à tirer d’une catastrophe naturelle

intervention de Benjamin Biard diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 13 mars 2023

Souvenez-vous l’été (avant) dernier... Juillet 2021: une partie de la Belgique est sous eaux. En quelques heures, des torrents de boue entrainent tout sur leur passage, notamment la vie de 39 personnes, et détruisent plusieurs dizaines de milliers d’habitations. Bien que naturelle, cette catastrophe est aussi une question politique. Preuve en est la décision, adoptée dès septembre 2021, de constituer une Commission d’enquête parlementaire au sein du Parlement wallon destinée d’une part à tirer les leçons de cet évènement sans précédent et d’autre part à formuler une série de recommandations en vue de mieux préparer les autorités et les citoyens à y faire face. Après plusieurs mois de travaux, cette Commission a rendu son rapport il y a un peu moins d’un an. Que dit ce rapport ? Etablit-il des responsabilités politiques dans les éventuels manquements en amont ou juste après la catastrophe ? Qui faisait partie de cette Commission et comment se sont déroulés ses travaux ? Les victimes des inondations y ont-elles participé ? Plus généralement, à quoi sert une commission d’enquête parlementaire ? Telles seront entre autres les questions adressées à notre invité du jour, Benjamin Biard, politologue et chargé de recherche pour le CRISP, le Centre de recherche et d’information socio-politiques partenaire de notre émission. Benjamin a en effet suivi les travaux de cette commission et son analyse a récemment été publiée dans un Courrier hebdomadaire du CRISP.

Les @nalyses en ligne

Les catholiques de Belgique, nouvelle minorité ?

par Caroline Sägesser, paru sur o-re-la.ulb.be, 12 décembre 2022

L’Église catholique de Belgique a publié son cinquième rapport annuel, qui porte sur l’année 2021. Ce document fournit notamment les premiers chiffres relatifs à la fréquentation des églises et des sacrements depuis la crise sanitaire. Ceux-ci montrent une nette accélération de la diminution de la pratique religieuse en Belgique, au point d’autoriser cette question : les catholiques sont-ils devenus une minorité ?

Les @nalyses en ligne

« Opération militaire spéciale » : un exemple d’euphémisme en temps de guerre

par Cédric Istasse, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 24 février 2023

Nommer une réalité, c’est lui permettre d’exister dans les esprits. Mais souvent, c’est aussi – voire surtout – tenter d’influencer la façon dont cette réalité sera perçue et pensée et, donc, d’influer sur la manière dont elle existera et se déploiera. Sans surprise, les temps de guerre sont dès lors l’une des circonstances dans lesquelles l’acte de nommer revêt une pleine dimension politique. Au point que certains régimes, comme celui qui est aujourd’hui à la tête de la Russie, entendent l’accaparer car ils y voient, plus qu’une simple faculté, un élément de pouvoir.

Les @nalyses en ligne

Vers la pire campagne électorale de l’histoire ?

interview de Benjamin Biard par Noé Spies, parue dans Levif.be, 8 février 2023

Les prochaines élections ne sont prévues qu’au printemps 2024. Pourtant, un air de campagne semble planer depuis plusieurs semaines dans la sphère politique belge. Entre déclarations fracassantes, stratégie de communication et premières tendances électorales, décryptage du champ de bataille.

Podcasts

La voiture électrique. Vers une mutation du secteur automobile

intervention de Fabienne Collard diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 13 février 2023

Vous les voyez se multiplier le long des voiries publiques, dans les parkings des supermarchés, aux côtés des pompes à essences... Les bornes de recharge pour véhicules électriques ! Présentée comme l’une des pistes privilégiées pour lutter contre le réchauffement climatique, l’électrification du parc automobile fait actuellement l’objet d’investissements conséquents, de normes de plus en plus contraignantes et de politiques incitatives plus ou moins efficaces. Elle sera au coeur de notre émission du jour au cours de laquelle nous aurons le plaisir de recevoir Fabienne Collard, économiste de formation, chargée de recherche au CRISP, spécialiste de la politique énergétique et autrice d’un récent Courrier hebdomadaire consacrée aux mutations du secteur automobile ainsi que d’une analyse en ligne sur le même sujet. Dans quelle mesure le transport est-il responsable de l’émission de gaz à effet de serre et d’autres substances toxiques dans l’atomosphère ? Quelle est la stratégie européenne en vue de parvenir à un parc automobile entièrement électrifié à l’horizon 2035 ? A-t-elle du retard en la matière par rapport aux États-Unis ou à la Chine ? La Belgique sera-t-elle à même de se conformer à cette échéance ? Et au fait, c’est quoi exactement une voiture électrique ? Telles seront entre autres les questions au menu de ce nouvel épisode de l’Actualité en 3D.

Les @nalyses en ligne

Hausse des salaires nominaux, aides publiques ponctuelles et perte de pouvoir d’achat

par Bernard Conter et Jean Faniel, paru dans Chronique internationale de l’IRES, n° 180, décembre 2022, p. 123-138

Dans un contexte d’inflation exceptionnelle, les syndicats belges combattent la loi qui encadre la négociation salariale bisannuelle. L’indexation automatique qui prévaut en Belgique protège le revenu des salariés et des allocataires sociaux. Mais elle n’empêche pas une perte du revenu réel et bloque la hausse négociée des salaires. Le gouvernement s’en tient au cadre légal, tout en prenant des mesures pour aider les ménages et les entreprises face à la hausse des prix, en particulier de l’énergie.

Les @nalyses en ligne

Quels remèdes au grand blues des Belges ?

par Caroline Sägesser, paru sur revuepolitique.be, 2 février 2023

Lundi 23 janvier. La presse dévoile le contenu de l’enquête Noir Jaune Blues 5 ans après, une étude réalisée par la fondation Ceci n’est pas une crise et basée sur un sondage réalisé en juillet 2022. Noir Jaune Blues brosse un portrait peu réjouissant de notre moral, et dessine les contours d’une société belge qui n’a plus confiance dans les institutions démocratiques et qui glisse vers la tentation d’un régime autoritaire.

Courrier hebdomadaire

La commission d’enquête parlementaire wallonne sur les inondations de juillet 2021

Courrier hebdomadaire n° 2546-2547, par Benjamin Biard, 68 p., 2022

À la mi-juillet 2021, la Belgique est frappée par des niveaux de précipitations historiques qui causent des inondations exceptionnelles. Celles-ci sévissent principalement en Wallonie, où elles touchent 209 communes sur 262, y provoquant des dégâts matériels et humains considérables. Rapidement, des voix appellent à la mise en place de commissions d’enquête parlementaire à différents niveaux de pouvoir. Au niveau fédéral, cette revendication ne trouve pas à se concrétiser. Au sein du Parlement wallon, en revanche, elle donne lieu à l’installation d’une commission d’enquête – la troisième dans l’histoire de cette assemblée. Créée le 1 er septembre 2021, cette commission est chargée d’examiner les causes et d’évaluer la gestion des inondations en Wallonie. Elle clôt ses travaux le 31 mars 2022, après plus de 120 heures d’auditions. Le même jour, le Parlement wallon réuni en séance plénière adopte les 161 recommandations issues de ces investigations. Ce Courrier hebdomadaire étudie le fonctionnement et les travaux de la commission d’enquête parlementaire. Il fait ressortir la dynamique consensuelle qui a accompagné le déroulement du processus, même si cela n’a pas exclu des débats parfois houleux, voire des tensions entre les groupes politiques (notamment sur l’opportunité d’auditionner directement des victimes des inondations). En outre, B. Biard analyse le rôle de la société civile et aborde la question du suivi des recommandations.

Courrier hebdomadaire

La loi du Pacte culturel : enjeux anciens, nouveaux défis

Courrier hebdomadaire n° 2545, par Hugues Dumont, 50 p., 2022

La loi du 16 juillet 1973 garantissant la protection des tendances idéologiques et philosophiques (dite loi du Pacte culturel) fête ses 50 ans en 2023. À cette occasion, H. Dumont se penche sur deux questions. Quelles étaient les forces, mais aussi les faiblesses, du modèle initial institué par cette loi ? Et quelles sont les raisons politiques et juridiques qui obligent à constater que ce modèle est aujourd’hui très largement dépassé ? Sur cette base, il esquisse trois scénarios possibles pour l’avenir. En effet, le modèle de la loi du Pacte culturel n’est pas nécessairement voué à être abandonné. Il est envisageable d’en conserver les dispositions qui continuent à être vues comme pertinentes, et de réviser les autres dans le sens d’un pluralisme plus diversifié et plus ouvert aux courants qui ne se reconnaissent pas dans les partis et piliers traditionnels. Malgré divers défauts, la loi du Pacte culturel reposait sur une intuition qui reste valable de nos jours : pour lutter contre les discriminations idéologiques et philosophiques et pour garantir le respect du pluralisme, il convient d’associer les tendances et les groupements représentatifs qui pourraient être victimes de ces discriminations à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques publiques. Afin de pouvoir s’étendre à d’autres catégories de discriminations, cette intuition devrait être dotée d’un dispositif adapté à la société civile belge et à l’architecture institutionnelle du pays telles qu’elles se présentent aujourd’hui. Une telle évolution pourrait prendre la voie d’une révision constitutionnelle, qui montrerait que la citoyenneté fédérale belge peut encore s’articuler avec les autonomies communautaires et régionales de manière dynamique. Il pourrait alors revenir à chaque Communauté, pour ce qui concerne les matières culturelles, de réécrire la loi du Pacte culturel sans en compromettre les acquis et en se hissant au niveau des exigences constitutionnelles de la démocratie participative.

Les @nalyses en ligne

Élus et citoyens face à l’éthique politique et à l’environnement

interview de Vincent de Coorebyter par Antoine Clevers et Stéphane Tassin, parue dans La Libre Belgique, 31 décembre 2022, p. 8-10

À la fin de l’année 2022, le Parlement wallon a été secoué par un ensemble de révélations rapidement qualifiées d’« affaires ». À Bruxelles, ce sont notamment le plan Good Move et les contestations qu’il a suscitées qui ont marqué l’actualité. À travers ces deux cas, Vincent de Coorebyter analyse les rapports qu’entretiennent les élus et les citoyens, en particulier face à des questions aussi sensibles que l’éthique politique et l’environnement.

Les @nalyses en ligne

« 2023 ne doit pas être une année perdue »

interview de Jean Faniel par Quentin Joris, parue dans L’Écho, 28 décembre 2022, p. 6-7

Après un millésime politique 2022 marqué par un « empilement de crises » et lors duquel il est parfois devenu difficile de rester optimiste, que nous réserve 2023 ? Cette interview revient sur l’année politique écoulée et aborde celle qui s’annonce : une année préélectorale au cours de laquelle les défis ne manqueront pas.

Courrier hebdomadaire

La mutation du secteur automobile

Courrier hebdomadaire n° 2543-2544, par Fabienne Collard, 90 p., 2022

En annonçant la fin de la commercialisation des voitures à moteur à combustion pour 2035, l’Union européenne impose au secteur de la construction automobile un timing concret pour solder l’ère des moteurs thermiques. Dans ce contexte, la filière électrique rechargeable – composée de voitures 100 % électriques et de voitures hybrides rechargeables –, qui se résumait à peu de choses il y a dix ans encore, représente désormais une dizaine de pourcents des parts de marché au niveau mondial, concentrées essentiellement sur la Chine, l’Europe et les États-Unis. Cet essor récent s’explique essentiellement par les politiques incitatives mises en place et par les normes d’émission imposées aux constructeurs, ainsi que par les annonces des autorités publiques visant soit la fin progressive de la vente de véhicules thermiques, soit l’atteinte de leurs ambitions en termes de développement de la flotte électrique. Forcés de prendre le train en marche, les constructeurs ont adapté peu à peu leur stratégie et, désormais, ils contribuent à amplifier le mouvement ainsi amorcé par une offre élargie de modèles électriques et par des annonces très médiatisées sur leurs objectifs en termes d’électrification de leur gamme. Pour autant, le chemin vers l’électrique reste long et parsemé d’obstacles. De nombreux défis doivent en effet encore être rencontrés, tels qu’assurer la mise en place d’une infrastructure de recharge adaptée, anticiper les problèmes qui ne manqueront pas de survenir concernant les capacités de production dans leur ensemble et, surtout, convaincre de potentiels acheteurs toujours dubitatifs face aux prix d’achat et à l’autonomie de ces véhicules rechargeables.

Podcasts

L'année politique 2022. Retour sur un empilement de crises

intervention de Jean Faniel et Caroline Sägesser diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 9 janvier 2023

Alors que nous espérions vivre une année 2022 plus calme que les deux précédentes, les crises se sont enchaînées, cumulées, entrechoquées, empilées tout au long de ces douze derniers mois. Il a d’abord fallu continuer de gérer la crise sanitaire qui, encore aujourd’hui, continue de planer à l’heure où la Chine connaît un nouveau boom épidémique. Puis, il y eut la crise ukrainienne avec cette guerre manifestement née pour durer et dont les conséquences géopolitiques demeurent incertaines. Dans son sillage, ce fut la crise énergétique, l’explosion des tarifs du gaz et de l’électricité et, en Belgique, la menace sourde d’une pénurie en cas de forte demande. Mais plus largement, c’est une crise économique que nous traversons depuis plusieurs mois avec un taux d’inflation record (inédit depuis 1975), un chômage demeurant important et, paradoxalement, une pénurie de main-d’œuvre constatée dans plusieurs secteurs d’activités. Depuis plusieurs mois, la Belgique connaît en outre une (énième) crise de l’accueil des personnes migrantes, dont le déroulé met à l’épreuve les principes de tout État de droit démocratique. Enfin, alors que l’année 2022 fut l’année la plus chaude jamais enregistrée, la crise climatique fait craindre le pire pour les générations futures… ou même actuelles . Face à ces différentes crises, quelles ont été les exigences de la société civile et les réponses de nos autorités politiques ? Comment, plus généralement, les partis politiques belges ont-ils vécu cette année 2022 ? Pour en débattre, nous aurons le plaisir de recevoir Jean Faniel et Caroline Sägesser, tous deux membres du CRISP, le Centre de recherche et d’information socio-politiques, le partenaire de notre émission.

Courrier hebdomadaire

Grèves et conflictualité sociale en 2021 (II). Luttes sociales : entre salariat et précariat

Courrier hebdomadaire n° 2541-2542, par Iannis Gracos, 92 p., 2022

Le Groupe d’analyse des conflits sociaux (GRACOS) est un collectif interdisciplinaire ayant pour objectif l’étude des principaux mouvements de grève et autres éléments de la conflictualité sociale qui jalonnent chaque année civile. Ce Courrier hebdomadaire est consacré aux conflits qui ont marqué l’actualité belge en 2021. Particulièrement significatifs par rapport à l’histoire sociale et aux enjeux futurs, ceux-ci sont regroupés en deux volumes. Ce second volume est consacré à des conflits survenus dans des secteurs ou des entreprises relevant du privé. Le bras de fer entre Uber et les sociétés de taxis de la Région bruxelloise a connu d’importants développements, notamment sur le plan législatif. Dans la grande distribution, les annonces de difficultés financières et de pertes d’emploi se sont multipliées, engendrant autant de tensions sociales. Chez IBM, les travailleurs ont usé de la télégrève pour protester contre les projets de restructuration portés par la direction. Ce volume retrace également les luttes menées par le mouvement des sans-papiers en faveur d’une régularisation. L’étude se clôt par une annexe statistique fournissant un aperçu quantitatif du phénomène des grèves en Belgique en 2021. Le GRACOS se compose actuellement de 23 membres : B. Bauraind, A. Bingen, M. Brodersen, J. Buelens, B. Conter, V. Demertzis, E. Deront, A. Dufresne, J. Faniel, C. Gobin, T. Hausmann, N. Hirtz, G. Lambert, V. Lefebve, C. Leterme, E. Martinez, L. Mélon, A. Orban, P. Reman, M. C. Trionfetti, K. Vandaele, J. Vandewattyne et C. Vanroelen. La présente étude a été rédigée avec la collaboration de C. Fichefet, D. Sepulchre et M. Strale.