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CH1358-1359 Agrandir l'image

Des immigrés à intégrer. Choix politiques et modalités institutionnelles

Courrier hebdomadaire n° 1358-1359,
par P. Blaise et A. Martens, 72 p., 1992

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Référence : CH1358-1359


Épuisé, disponible en photocopies ou au format PDF sur www.cairn.info

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Alors que l'histoire de l'immigration plonge ses racines dans un passé lointain, alors que l'établissement durable des travailleurs étrangers et de leurs familles est perçue – depuis beaucoup moins longtemps – comme une donnée irréversible par les autorités politiques, par la population et par les immigrés eux-mêmes, la question de l'intégration des personnes d'origine étrangère est posée avec insistance, aujourd'hui encore, dans divers milieux sociaux, politiques, associatifs. Percées électorales des partis d'extrême droite, relations tendues entre l'islam et la société, montées de la violence dans des quartiers défavorisés, sont autant de signaux de l'existence d'un malaise. Autant de raisons de considérer, pour certains, que l'intégration n'est pas possible et, pour d'autres, que cette problématique n'a jamais été vraiment prise en compte par les autorités politiques. L'histoire des politiques d'accueil et d'intégration des travailleurs immigrés et de leurs familles, de l'après-guerre à nos jours, indique pourtant qu'en un demi-siècle de nombreuses initiatives ont été prises aux différents niveaux de pouvoir dans les domaines politique, administratif ou social. Sans doute, leur contenu n'a-t-il rencontré que partiellement les besoins, les pratiques se sont-elles distancées des intentions exprimées, la volonté politique était-elle souvent absente. Sans doute aussi ont-elles manqué tantôt de persévérance, tantôt de coordination. La première partie du présent Courrier hebdomadaire se propose de dresser un tableau des mesures adoptées, en regard des phases successives d'immigration et des principales législations adoptées. Cette partie morphologique porte sur les modes d'intégration des populations d'origine étrangère mis en oeuvre par les pouvoirs publics et sur leurs aspects institutionnels, administratifs et juridiques, sans cependant aborder les contenus détaillés de dispositions spécifiques, elles aussi de nature à favoriser l'intégration. Il s'agit plutôt d'aborder la création et la réalisation de centres, de comités ou de conseils, lieux d'accueil, de consultation, voire de participation à l'élaboration et à l'exécution de politiques. Cette partie descriptive conduit à analyser et à évaluer, dans un second temps, les orientations politiques en matière d'intégration des immigrés et leur traduction en termes opérationnels. On s'interrogera notamment sur les conceptions, les moyens et les effets des diverses réalisations, ainsi que sur leur cohérence et leur pérennité. La réflexion débouche enfin sur une approche plus spéculative inspirée par des événements récents. En l'état actuel, toutefois, l'évolution des rapports entre la société et ses minorités d'origine étrangère ne peut guère s'appréhender que sous la forme d'hypothèses. Des glissements perceptibles depuis l'arrivée de 'nouvelles immigrations' montrent combien, comme pour beaucoup d'autres phénomènes de société, la situation n'est ni homogène ni figée. Une remarque de vocabulaire s'impose d'emblée. Aujourd'hui, la société belge comporte une population, soit étrangère soit belge d'origine étrangère mais qui n'a pas vécu elle-même l'immigration. Néanmoins, les termes 'immigration' et 'immigrés' seront utilisés à l'instar de ce qui est encore pratiqué en de nombreux lieux, notamment officiels, parce qu'ils sont les plus usuels. Ils renvoient dans cette étude, à la notion plus large de 'population d'origine étrangère'.