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Les femmes cadres

Courrier hebdomadaire n° 1189,
par P. Sztum, 44 p., 1988

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Référence : CH1189


Épuisé, disponible en photocopies ou au format PDF sur www.cairn.info

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Etudier le groupe socio-professionnel des femmes cadres nécessite, dans un premier temps, la recherche d'une définition générale des cadres. Notre tentative à les cerner s'est heurtée à plusieurs difficultés causées par l'absence d'une définition précise et par l'insuffisance des informations chiffrées les concernant. Les quelques définitions existantes utilisent des paramètres tantôt récurrents, tantôt variables mais restent floues à l'égard de toute une série de professions. En Belgique, la section cadres des deux organisations représentatives des travailleurs, le Groupement national des cadres (GNC) pour la CSC et le Syndicat général des cadres (Sygeca) pour la FGTB reprennent la définition des 'travailleurs intellectuels' de l'Organisation internationale du travail. Selon cette conception, est considérée comme appartenant au personnel de cadre : 'chaque personne qui a bénéficié d'une formation professionnelle ou d'un enseignement de degré supérieur, ou qui a acquis une expérience considérée de valeur égale dans le domaine scientifique, technique ou administratif, et qui exerce, en tant qu'appointé, une fonction à prédominance intellectuelle, qui suppose l'exercice dans une haute mesure d'un certain pouvoir de jugement ainsi que la prise d'initiative et qui, en plus, entraîne un degré relativement élevé de responsabilité. De plus, relève de cette définition, toute personne qui répond aux caractéristiques énoncées et qui reçoit de son employeur, une délégation d'autorité pour planifier, diriger et coordonner une partie de l'entreprise ou d'une organisation et ce avec la compétence correspondante. Le personnel de direction auquel une compétence étendue a été déléguée, appartient également au personnel de cadre, mais sera plutôt considéré comme direction qui centralise et délègue l'autorité susmentionnée' (1). La Confédération nationale des cadres (CNC) a, de son côté, élaboré sa propre définition de la fonction : c'est 'l'activité de personnes qui, dans les liens d'un contrat de louage de travail, assument dans une entreprise ou toute communauté de travail la conduite, la responsabilité ou l'animation d'un service ou d'une partie de service, ou y exercent, avec droit d'initiative, l'autorité partielle ou totale du chef d'entreprise en raison d'une compétence généralement consacrée par une formation du niveau de l'enseignement supérieur ou acquise par une expérience professionnelle équivalente' (2). Il n'y a aucune définition légale des cadres mais un certain nombre de dispositions les concerne, ainsi la loi du 22 janvier 1985 régit la représentation des cadres au conseil d'entreprise et vise 'les employés qui, à l'exclusion de ceux qui font partie du personnel de direction (...) exercent dans l'entreprise une fonction supérieure réservée généralement au titulaire d'un diplôme d'un niveau déterminé ou à celui qui possède une expérience professionnelle équivalente'. La loi du 7 août 1922 utilise le paramètre de la rémunération pour classer les travailleurs en catégories, celle du 14 juin 1921 se réfère plutôt au pouvoir de direction. Afin de pallier les lacunes et insuffisances de la définition, une approche sociologique permet de dégager des critères sur base desquels les cadres vont se positionner : 'le cadre n'est pas un indépendant, il est proche de la direction, il participe sans pour autant s'y identifier, c'est un responsable qui jouit d'une certaine autonomie, il a souvent fait des études supérieures' (3). Cette approche de la fonction évoque des qualificatifs que l'on retrouve de manière récurrente dans tous les secteurs professionnels : les cadres sont 'collaborateurs, membres du personnel de direction, employés supérieurs, personnel supérieur, personnel de direction et de confiance, collaborateurs, diplômés, cadres et ingénieurs, cadres et personnel de maîtrise, ingénieurs, cadres et dirigeants, cadre et personnel scientifique, personnel d'encadrement' (4). Les travailleurs concernés peuvent dès lors provenir d'horizons très diversifiés. En outre, la perception de la notion de cadre se révèle très différente suivant les personnes interrogées et leurs attentes vis à vis du statut. D'une manière générale, on peut observer : – une tendance à élargir la définition : certaines organisations, pour divers motifs, conçoivent le groupe socio-professionnel des cadres de la manière la plus large possible : pour le Sygeca, une chef caissière en fait partie. S'il est vrai qu'elle détient une certaine autorité, qu'elle exerce des responsabilités et prend des initiatives, l'on s'écarte cependant de la définition reprise par le syndicat qui insiste sur la prédominance intellectuelle de la fonction de cadre