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2009 - 2025

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Les @nalyses en ligne

L’évolution de la fréquentation des cours philosophiques pousse⁠-⁠t-elle au changement ?

par Caroline Sägesser, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 4 décembre 2025

L’organisation des cours de religion et de morale non confessionnelle suscite le débat depuis plusieurs années. En Communauté française, une évolution significative a eu lieu en 2016-2017 dans l’enseignement officiel avec la réduction du volume horaire de ces cours à une heure par semaine et l’introduction du cours de philosophie et de citoyenneté. Ce dernier est obligatoire à raison d’une heure par semaine, et peut être suivi pour une deuxième heure, en lieu et place du cours de religion ou de morale. Les derniers chiffres de fréquentation révèlent que ce choix est devenu plus populaire, au détriment des cours de religion catholique et de morale non confessionnelle, qui sont de moins en moins choisis.

Les @nalyses en ligne

La démocratie face aux extrémismes

par Vincent de Coorebyter, paru dans L’Artichaut, vendredi 31 janvier 2025

Quelles sont les raisons de l’actuelle montée en puissance de la radicalité, alors que la fin du 20 e siècle était apparue comme un moment d’apaisement idéologique ?

Les @nalyses en ligne

Cinquantième anniversaire de la reconnaissance de l’islam en Belgique : peu de motifs de se réjouir

par Caroline Sägesser, paru sur o-re-la.ulb.be, vendredi 6 décembre 2024

La loi admettant le culte islamique parmi les bénéficiaires du financement public a été votée en 1974. La Belgique était alors le premier pays d’Europe occidentale à adopter une telle mesure. Cinquante ans plus tard, le culte islamique n’est toujours pas organisé et financé de façon équivalente aux autres cultes reconnus dans le pays. Cela dans un contexte où les craintes suscitées par le développement du fondamentalisme islamique ne sont pas moins présentes en Belgique que dans les pays voisins.

Courrier hebdomadaire

L’année politique 2023 au niveau fédéral

Courrier hebdomadaire n° 2621, par Caroline Sägesser, 51 p., 2024

Ce Courrier hebdomadaire retrace les faits saillants de l’année 2023 qui ont concerné le gouvernement belge et qui ont alimenté l’actualité politique au niveau fédéral. Pour le gouvernement De Croo, l’année 2023 représentait la dernière occasion de dégager des accords et de mettre en œuvre des réformes, avant que les énergies politiques ne soient largement absorbées par les échéances électorales de 2024. Toutefois, cette perspective n’a pas constitué l’aiguillon nécessaire à une action résolue, et l’année a été riche en échéances reportées et en réformes maintes fois annoncées puis définitivement abandonnées (réforme fiscale) ou fortement réduites (réforme des pensions). En outre, le gouvernement fédéral est apparu fragilisé, en raison de tensions au sein de la coalition Vivaldi, ainsi que de difficiles perspectives électorales pour plusieurs des partis politiques qui la composent. Caroline Sägesser examine ici les modifications intervenues dans la composition du gouvernement De Croo, et passe en revue les principaux événements et dossiers auxquels celui-ci a été confronté au cours de l’année 2023 (énergie, asile, concertation sociale, fiscalité, sécurité sociale, pensions, environnement, justice, budget, sécurité, cultes, survol aérien de Bruxelles, guerre en Ukraine, conflit israélo-palestinien…). Elle propose aussi un retour sur l’évolution de la cohésion de cette majorité singulière, qui se compose de plus de partis qu’aucune autre avant elle dans l’histoire de la Belgique.

Courrier hebdomadaire

L’année politique 2022 en Région bruxelloise

Courrier hebdomadaire n° 2585, par Pierre Blaise, Jean-Paul Nassaux, 60 p., 2023

Ce Courrier hebdomadaire retrace les principaux événements qui ont fait l’actualité politique en Région bruxelloise durant l’année 2022. L’attention se porte essentiellement sur le Parlement et le gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale (tant pour les compétences régionales que pour les compétences d’Agglomération), sans cependant oublier les institutions de la COCOF et de la COCOM. En Région bruxelloise, l’année 2022 a été celle de vifs débats politiques – en ce compris au sein du gouvernement Vervoort III – autour de questions telles que l’interdiction de l’abattage rituel sans étourdissement, l’aménagement de la friche Josaphat, le plan régional de mobilité « Good Move », le plan taxi et les questions posées par les activités de la plateforme Uber, et le plafonnement de l’indexation des loyers. Des décisions ont également été prises dans les domaines de la gestion de la pandémie de Covid-19, des méthodes de lutte contre la discrimination à l’embauche, de la propreté et de la démocratie participative. Enfin, des tensions ont opposé la Région de Bruxelles-Capitale à une ou plusieurs autres composantes de l’État fédéral (essentiellement l’Autorité fédérale et la Région flamande) sur des problématiques comme le survol aérien de la Région bruxelloise, l’instauration d’une taxe kilométrique et la sécurité.

Courrier hebdomadaire

Le parti Chez Nous

Courrier hebdomadaire n° 2579-2580, par Benjamin Biard, 55 p., 2023

Alors que l’extrême droite demeure marginale en Wallonie depuis de nombreuses années, un nouveau parti politique tente actuellement de s’y implanter : Chez Nous. Son objectif est d’opérer une percée électorale dans le sud du pays lors des scrutins du 9 juin 2024. Pour cela, il compte notamment sur le soutien dont il bénéficie depuis sa création de la part du Vlaams Belang (VB) et du Rassemblement national (RN) français. L’analyse de l’idéologie défendue par Chez Nous confirme l’ancrage du parti à l’extrême droite de l’échiquier politique, en tant que formation populiste de droite radicale ou national-populiste. Si Chez Nous entend respecter les formes du jeu démocratique, son positionnement repose sur une perspective inégalitaire de la société et sur un projet nationaliste, comme en témoignent ses positions en matière identitaire et migratoire. Par ailleurs, le réseau entretenu par Chez Nous en Belgique et à l’étranger est essentiellement constitué de partis, mouvements et personnalités défendant une idéologie d’extrême droite. Ces différents éléments expliquent la mobilisation à laquelle Chez Nous est confronté depuis ses débuts, que ce soit au sein de la société civile, du monde syndical ou du milieu politique. Ainsi, en 2023, plusieurs villes wallonnes se sont déclarées « antifascistes » par le moyen de l’adoption de motions. L’intense mobilisation qui se développe à l’encontre de Chez Nous – à laquelle s’ajoute le principe du cordon sanitaire médiatique observé en Belgique francophone – n’est pas sans conséquence sur le nouveau parti.

Podcasts

Le financement public des cultes a⁠-⁠t-il encore un avenir ? Nouvelles actualités mais vieux problèmes

intervention de Caroline Sägesser diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 9 octobre 2023

Réécoutez ‘L’actualité en 3D. Décrypter, débattre et discuter avec le CRISP’, émission proposée dans le cadre du partenariat avec Radio Panik. Au menu de l’émission présentée par Julien Pieret : 1° Caroline Sägesser : Le financement public des cultes a-t-il encore un avenir ? 2° ‘financement public des cultes’, une nouvelle définition extraite du Vocabulaire politique. 3° Le tour des dernières parutions du CRISP, avec Jean Faniel.

Les @nalyses en ligne

« Le régime des cultes est inadapté à une société plurielle »

interview de Caroline Sägesser par Fanny Declercq, parue dans une version légèrement différente dans Le Soir, 16 septembre 2022

Après l’annonce de la décision du ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne (Open VLD), de retirer la reconnaissance de l’Exécutif des musulmans de Belgique, l’organe de représentation du culte islamique en Belgique a dénoncé une action gouvernementale « grossièrement inconstitutionnelle et inacceptable ». Caroline Sägesser revient sur les difficultés que pose la représentation des communautés musulmanes dans le régime belge des cultes et analyse la décision du ministre libéral flamand comme l’anticipation d’une réforme institutionnelle en matière de culte.

Les @nalyses en ligne

L’imam et le gendarme

par Caroline Sägesser, paru dans La Revue nouvelle, n° 5, juin 2022, p. 4-8

« Un curé vaut bien dix gendarmes », aurait dit Napoléon I er , fournissant ainsi une justification à sa politique de réconciliation avec l’Église catholique après les tourments de la Révolution française. Ce retour du gallicanisme répondait alors à un objectif de maintien de la paix sociale et de développement du soutien au régime impérial. La politique du gouvernement belge à l’égard de l’organe représentatif du culte islamique, l’Exécutif des Musulmans de Belgique, est marquée depuis quelques années par une forme de néo-gallicanisme  : flirtant quelquefois avec l’infraction au principe de séparation de l’Église et de l’État, les autorités s’efforcent de faire émerger un « islam belge » ou un « islam européen », regardé comme une religion plus moderne, plus démocratique, et participant plus activement à la construction d’une société multicultuelle apaisée. Dans un contexte de forte préoccupation en matière de sécurité, la religion est ainsi regardée comme un instrument participant à son maintien et les imams, comme les curés d’autrefois, comme de possibles adjoints aux policiers. Ces derniers mois, les relations entre le ministre de la Justice, en charge des cultes, Vincent Van Quickenborne (Open VLD), et l’Exécutif des Musulmans de Belgique se sont radicalement détériorées, marquant peut-être l’échec définitif de cette politique.

Les @nalyses en ligne

Temporel des cultes : du nouveau en Flandre et à Bruxelles

par Caroline Sägesser, paru sur o-re-la.ulb.be, 19 novembre 2021

Dans un contexte marqué par la crise de l’Exécutif des Musulmans de Belgique, l’organe représentatif du culte islamique, qui rend improbable une reprise du processus de reconnaissance de mosquées par les Régions, la Flandre a adopté un nouveau décret réglementant le temporel des cultes. La Région de Bruxelles-Capitale vient d’examiner un texte très différent de celui qui vient d’être adopté au nord du pays.

Podcasts

Le port de signes convictionnels et la neutralité de l'Etat

intervention de Caroline Sägesser diffusée dans Carrefour de l’info sur Arabel avec Tarik Laabi, 14 juin 2021

Dans votre Carrefour de l’Information ce midi : les signes conventionnels avec l’un de nos partenaires le CRISP et notre invitée Carolie Sagesser, docteure en Histoire. Elle est chargée de recherches au sein du secteur Socio-Politique du CRISP.

Les @nalyses en ligne

Port de signes convictionnels : en sortir la tête haute

par Caroline Sägesser, paru dans Levif.be, 4 juin 2021

La condamnation judiciaire de la politique de neutralité exclusive pratiquée par la STIB continue de faire des remous. La question du port de signes convictionnels dans la fonction publique menace la cohésion sociale, divise la majorité bruxelloise et monopolise beaucoup d’énergie au moment où la gestion de la fin de la pandémie de Covid-19 exige peut-être qu’elle soit employée ailleurs. Quelles pourraient être les pistes pour sortir de cette crise ?

Podcasts

La neutralité religieuse en débat

intervention de Caroline Sägesser diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 7 juin 2021

Depuis plusieurs semaines et à l’initiative du parti DÉFI, la Chambre des représentants est saisie d’une proposition de révision de la Constitution en vue d’y inscrire le principe de laïcité. En quoi la Belgique se distingue-t-elle des États revendiqués laïques ? Que signifie le principe de neutralité religieuse qui semble présider aux relations entretenues entre l’État belge et les cultes ? Ce principe est-il amené à évoluer ? Pourquoi plusieurs partis politiques estiment ce débat indispensable et pourquoi d’autres rechignent à l’entamer ? Alors que la justice s’est récemment et à plusieurs reprises invitée dans la controverse relative au port de signes convictionnels dans certains lieux et services publics et qu’il est peu de dire que les décisions prises à ces occasions font grand bruit, nous ferons le point sur cette actualité chaude avec Caroline Sägesser, docteure en histoire, spécialiste des cultes et de leur financement, chargée de recherche pour le CRISP et que nous avions déjà reçue pour évoquer la place de l’Islam et celle du Mouvement laïque en Belgique.

Podcasts

La politique belge face à l'Islam

intervention de Caroline Sägesser diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 1 mars 2021

En décembre 2020, le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne (OPEN VLD) décidait de refuser la reconnaissance de la Grande mosquée de Bruxelles gérée par l’Exécutif des musulmans de Belgique, une décision qui fit grand bruit au sein de la communauté musulmane belge et de son principal organe représentatif. Cette décision n’est que l’énième incident d’une histoire tumultueuse, celle initiée il y a un demi-siècle et relative à la reconnaissance et l’organisation du culte musulman en Belgique. C’est précisément sur cette histoire que nous allons revenir lors de cet épisode de L’actualité en 3D, avec Caroline Sägesser, docteure en histoire, spécialiste des cultes et de leur financement, chargée de recherche pour le CRISP et autrice d’un récent Courrier hebdomadaire consacrée à l’organisation du culte islamique en Belgique et en Europe. De quand date la reconnaissance de l’Islam en Belgique ? Quelles conséquences eut cette reconnaissance ? Comment ce culte est-il financé par les autorités publiques ? Quelles sont les problèmes qu’a posé et que pose encore cette reconnaissance par l’État belge et ses différentes composantes ? Telles seront les questions auxquelles on tâchera de répondre lors de cette émission.

Les @nalyses en ligne

« Un mauvais départ pour la politique des cultes »

interview de Caroline Sägesser par Marie-Cécile Royen, parue dans Le Vif/L’Express, 14 janvier 2021, p. 44-46

Les remous autour de l’Exécutif des musulmans de Belgique relancent le débat sur l’intervention de l’État dans la gestion des cultes. Est-elle autorisée et nécessaire ?

Les @nalyses en ligne

Cultes et laïcité dans les accords de gouvernement des entités fédérées

par Caroline Sägesser, paru sur dans une version courte sur o-re-la.org, 25 octobre 2019

La Belgique a voté le 26 mai 2019. État fédéral, elle a procédé, outre à l’élection de ses députés européens, au renouvellement tant des parlements de Région et de Communauté que du Parlement fédéral. Six mois plus tard, les négociations pour former un gouvernement fédéral sont loin d’aboutir, tandis que tous les gouvernements des Communautés et des Régions ont été constitués. Quelles dispositions les accords de gouvernement de ces niveaux de pouvoir prévoient-ils pour les cultes et la laïcité ? Cette @nalyse aborde quatre thématiques : les communautés cultuelles locales, les cours de religion et de morale, les questions relatives à la laïcité et/ou à la neutralité et les questions liées à la prévention du radicalisme religieux.  

Podcasts

Comment la Belgique fiance et organise les cultes ?

intervention de Caroline Sägesser diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 4 février 2019

Émission diffusée le 4 février 2019 Pour ce nouveau numéro de l’Actualité en 3D, on aborde un thème relativement méconnu du grand public et pourtant diablement intéressant : la reconnaissance et le financement des cultes en Belgique. En effet, ni laïque, ni doté d’une religion d’État, notre pays se distingue par un régime tout à fait singulier de reconnaissance des religions et de financement de partie de leurs infrastructures et activités. Aussi, dans notre Belgique fédérale, rien n’est jamais simple et la régulation publique du fait religieux repose bien entendu sur une subtile répartition des compétences parmi les entités fédérale, régionales ou communautaires? Comment se fait-il que l’enseignement public prévoit des cours de religion ou qu’il existe des écoles confessionnelles en Belgique ? Pourquoi les ministres du culte sont-ils rétribués à même le budget de l’État ? Qu’appelle-t-on une « fabrique d’église » ? Comment l’autorité publique reconnait-elle un culte et à quelles prestations le statut de culte reconnu ouvre-t-il le droit ? Le mouvement laïque fait-il l’objet d’un traitement comparable à celui réservé aux religions ? Telles seront entre autres les questions auxquelles nous tâcherons de répondre?Pour ce faire, nous avons le plaisir d’accueillir Caroline Sägesser, docteure en histoire et spécialiste des politiques publiques en matière de fait religieux, elle a participé à de nombreuses recherches sur ce sujet notamment pour l’Observatoire des religions et de la laïcité de l’ULB. Chargée de recherche au CRISP, le Centre de recherche et d’information socio-politiques, elle y a publié un dossier (n°78/2011) intitulé « Culte & Laïcité » , ainsi que de plusieurs Courriers hebdomadaires consacrés à la régulation régionale des cultes, au fonctionnement de l’Église catholique, à la reconnaissance et au financement du mouvement laïque ou encore à la représentation de l’islam en Belgique.

Podcasts

L'interdiction de l'abattage des animaux sans étourdissement

intervention de Caroline Sägesser diffusée dans L’édition de la rédaction sur Arabel avec Tarik Laabi, 14 janvier 2019

L’interdiction de l’abattage des animaux sans étourdissement revient régulièrement dans l’actualité ces dernières années en Belgique, tout autant que dans d’autres pays européens. Pour nous en parler dans l’Edition De la Rédaction, Caroline Sagesser, Docteure en Histoire, chargée de recherche au sein du CRISP.

Courrier hebdomadaire

Les débats autour de l’interdiction de l’abattage rituel

Courrier hebdomadaire n° 2385, par Caroline Sägesser, 45 p., 2018

Depuis 1986, la législation belge impose aux abattoirs de mettre à mort les animaux « suivant la méthode la moins douloureuse », c’est-à-dire après étourdissement ou anesthésie. Cependant, elle prévoit une exception pour les animaux « faisant l’objet de méthodes particulières d’abattage requises par certains rites religieux ». En effet, le judaïsme et l’islam édictent diverses prescriptions alimentaires visant à rendre la viande propre à la consommation par les fidèles de l’une ou l’autre religion. Pour que sa viande soit casher , un animal doit être abattu selon les règles de la shehita  ; pour qu’elle soit halal , il doit l’être selon les règles du dhakât . Ces deux méthodes d’abattage réclament que l’animal soit conscient lors de sa mise à mort par tranchage du cou. Sont concernés le bétail (bovins, ovins et caprins) et la volaille. C’est l’abattage destiné à produire de la viande halal, répondant aux besoins d’une population musulmane européenne en croissance, qui fait l’objet de la plus forte visibilité médiatique, particulièrement lors de la célébration de l’Aïd el-Kébir (ou Aïd el-Adha) : la « fête du Sacrifice ». Au nom du bien-être animal, la Wallonie et la Flandre ont mis fin, à partir de 2019, à l’exception relative aux abattages prescrits par un rite religieux. Désormais, tout animal mis à mort dans un abattoir doit être préalablement étourdi ou anesthésié. Au nom des droits fondamentaux, diverses organisations issues des communautés juive et musulmane ont déposé un recours contre ces mesures auprès de la Cour constitutionnelle, dont le Consistoire central israélite de Belgique (CCIB) et l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB). En Région bruxelloise, de vifs débats sont en cours depuis plusieurs années, tant au sujet de la question des lieux d’abattage qu’au sujet de celle des méthodes d’abattage.

Les @nalyses en ligne

Radicalité et radicalisme : quelques distinctions pour éviter une pente glissante

par John Pitseys, paru dans La Chronique de la Ligue des droits de l’Homme, n° 178, mars 2017, p. 10-11

Commentant l’évolution des négociations entre le gouvernement fédéral qu’il dirige, le gouvernement wallon et la Commission européenne à propos du CETA, Charles Michel a exprimé ainsi son inquiétude : « J’ai le sentiment qu’il y a une radicalisation des positions ». Que les termes en aient été choisis soigneusement ou qu’ils aient été employés spontanément, cette phrase a priori anodine intervient dans un contexte politique particulier. Depuis le départ de jeunes Européens pour la Syrie, et plus encore depuis les attentats de Paris de 2015 et de Bruxelles de mars 2016, le mot « radicalisme » a pris une connotation particulière.

Les @nalyses en ligne

Les tribulations du républicanisme en république

par John Pitseys, paru dans Politique, revue belge d’analyse et de débat, n° 98-99, mars 2017, p. 109-114

La France comme la Belgique ont connu ces dernières années d’importants débats de société, portant entre autres sur les contours de l’intégration, le port des signes convictionnels dans l’espace public ou sur le mariage entre personnes de même sexe. L’opinion publique belge aime se répéter que ces débats ont été, en son sein, conduits de manière assez rapide et sereine. Ceux-ci ont en tout cas conduit à des législations assez libérales. En revanche, les sujets précités ont fait l’objet en France de désaccords passionnés, de mouvements d’opposition spectaculaires et – dans le cas du port de signes convictionnels, par exemple – de législations plus restrictives. Vus de Belgique, les débats français suscitent souvent un double sentiment : un peu d’étonnement devant le conservatisme apparent de la société française, et une fascination pour la vigueur du débat républicain. Ces impressions sont-elles fondées ? Cet article est paru dans le numéro spécial consacré à la France par la revue Politique.

Les @nalyses en ligne

La « communauté musulmane » de Belgique existe⁠-⁠t-elle ?

par Michaël Plastria, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 14 juillet 2016

Depuis les attentats du 22 mars 2016, il a été fréquemment fait mention de la « communauté musulmane ». Plusieurs voix se sont élevées pour appeler cette dernière à manifester contre le terrorisme, le radicalisme… Il est cependant utile de se demander ce que revêt cette expression et dans quelle mesure elle correspond à une réalité. En examinant certains aspects de la situation belge, cette @nalyse du CRISP en ligne a pour objectif d’interroger ce concept, sans pour autant prétendre analyser de manière approfondie ni exhaustive les réalités sociologiques des musulmans de Belgique ou les subtilités théologiques des divers courants de l’islam.

Les @nalyses en ligne

Une autre manière de réagir aux attentats, vraiment ?

par John Pitseys, paru dans Imagine demain le monde, n° 116, juillet-août 2016, p. 30-31

Très proches les uns des autres dans le temps et commis par le même mouvement terroriste, les attentats de Paris du 13 novembre 2015 et ceux de Bruxelles du 22 mars 2016 suscitent forcément la comparaison. Le débat et l’action publique semblent laisser place à un discours plus autoritaire en France, là où le débat public belge paraît plus tempéré. Mais est-ce vraiment le cas ?

Les @nalyses en ligne

La neutralité n’est pas neutre

par Vincent de Coorebyter, paru sur L. Abedinaj, L. Blésin, D. Cabiaux, F. Wibrin (dir.), Neutralité et faits religieux. Quelles interactions dans les services publics ?, Louvain-la-Neuve, Academia L'Harmattan, collection «  Islams en changement », 2014, p. 19-42

La neutralité n’est pas neutre. Cette assertion peut surprendre, et elle est en tout cas faite pour interpeller, c’est-à-dire pour indiquer d’entrée de jeu que le choix de la neutralité, qui est en apparence le plus neutre de tous, est un acte hautement politique, et ce pour de multiples raisons.

Les @nalyses en ligne

Référentiels explicites et évidences implicites

par Vincent de Coorebyter, paru dans Conceptions du dialogue interculturel en Wallonie et à Bruxelles, Bruxelles, Administration générale de la Culture, collection « Culture-Education permanente », n° 16, 2012, p. 25-34

Le dialogue entre les cultures apparaît comme une nécessité dans les sociétés multiculturelles : il est le garant d’une certaine qualité du vivre ensemble, d’une compréhension réciproque, voire de l’apaisement des conflits de valeurs. La question se pose, néanmoins, de savoir quels segments de culture doivent entrer en dialogue ou pouvoir se confronter. Spontanément ou inconsciemment, ce sont des valeurs explicites, théorisées, conscientes d’elles-mêmes, qui sont mises en dialogue. Or ce n’est pas nécessairement autour de ces référentiels de valeurs explicites que des malentendus sont à craindre ou que des dissensions sont à aplanir. On développera au contraire l’hypothèse, dans cet article, que les différends les plus sensibles portent sur des évidences implicites dont ni la société d’accueil ni les personnes issues de l’immigration n’ont forcément conscience.