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Courrier hebdomadaire

La campagne TAM TAM

Courrier hebdomadaire n° 2448-2449, par Robin Van Leeckwyck, 58 p., 2020

Le programme puis la politique du gouvernement fédéral Michel I (N-VA/MR/CD&V/Open VLD) ont provoqué une vague de contestations. Entre 2014 et 2019, les syndicats ont organisé nombre de manifestations de protestation. Parallèlement, au sein du monde associatif, de nouveaux mouvements sociaux et citoyens ont émergé, tels que Hart boven Hard (HBH), Tout autre chose (TAC), la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés (BxlRefugees), les Gilets jaunes ou les marches pour le climat. Craignant de voir la coalition fédérale au pouvoir être reconduite après les élections du 26 mai 2019, différents acteurs mobilisés contre le gouvernement Michel I ont œuvré, à partir du mois de janvier 2017, à mettre en place une campagne nationale d’information, de sensibilisation et de mobilisation en vue du scrutin à venir : la campagne TAM TAM (acronyme signifiant initialement « Un tout autre mouvement pour un tout autre monde »). Ce Courrier hebdomadaire propose une analyse détaillée de cette campagne. Il s’intéresse successivement à la genèse et à la mise en place de TAM TAM, au déroulement de la campagne (divisé en trois « saisons » entre février 2018 et mai 2019), à la nature et à l’objectif de TAM TAM, à l’organe central de TAM TAM qu’est le bureau (évolution de la composition, importance de la présence syndicaliste et mutuelliste, etc.), au financement de la campagne et à la communication de TAM TAM. Il n’est certes pas possible de mesurer l’influence que la campagne a eue in fine sur le cours et les résultats du scrutin du 26 mai 2019 – ni même de savoir si impact il y a eu. Il n’en reste pas moins que, tout au long de sa courte existence, TAM TAM a été l’un des acteurs de l’union des luttes menées au sein du milieu associatif et syndical pour la justice sociale, climatique et migratoire.

Courrier hebdomadaire

La Belgique entre crise politique et crise sanitaire (mars⁠-⁠mai 2020)

Courrier hebdomadaire n° 2447, par Jean Faniel, Caroline Sägesser, 44 p., 2020

Au début du mois de mars 2020, la Belgique rejoint la liste des pays touchés par la pandémie de Covid-19, maladie infectieuse apparue quelques mois plus tôt en Chine et provoquée par le coronavirus SARS-CoV-2. Or, à ce moment-là, la Belgique est plongée dans une crise politique qui semble d’une gravité sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale : depuis plus d’un an, le pays est dirigé par des gouvernements fédéraux en affaires courantes et minoritaires et, depuis près de dix mois, le monde politique cherche en vain à mettre en place un gouvernement fédéral de plein exercice et disposant d’une majorité au sein de la Chambre des représentants issue des élections du 26 mai 2019. Cette irruption soudaine d’une crise sanitaire majeure met la crise politique en mode pause. Afin de gérer la pandémie, un gouvernement fédéral Wilmès II (MR/CD&V/Open VLD) prête serment devant le roi le 17 mars 2020, puis obtient successivement la confiance d’une majorité de membres de la Chambre des représentants (le 19 mars) et une délégation de pouvoirs spéciaux par une majorité plus large encore de députés fédéraux (le 26 mars). La Première ministre, Sophie Wilmès (MR), s’engage à borner son action à la gestion de la crise et à ses conséquences, et à revenir demander la confiance de l’assemblée dans un délai de six mois. Les pouvoirs spéciaux sont accordés pour une période de trois mois, renouvelables une fois. La crise politique peut donc apparaître temporairement résolue ; toutefois, à mesure que l’urgence sanitaire s’estompe, elle refait surface. Dans ce Courrier hebdomadaire , le CRISP relève les principales tensions qui ont émaillé la gestion de la crise et les critiques que celle-ci a suscitées, puis fait le point sur la situation politique fédérale après huit semaines de gouvernement Wilmès II et trace des pistes de réflexion pour l’avenir politique au niveau fédéral. Exceptionnellement, cette publication est dès à présent accessible librement en ligne .

Courrier hebdomadaire

Le redéploiement économique de la Wallonie face à la diversité de ses territoires

Courrier hebdomadaire n° 2442-2443, par Jean-Marie Halleux, Bruno Bianchet, Hubert Maldague, Jean-Marc Lambotte, Pierre-François Wilmotte, 116 p., 2019

La question du redéploiement économique de la Wallonie est lancinante depuis des décennies. Même si le décrochage structurel subi lors de la seconde moitié du 20 e siècle a désormais cessé, la convergence vis-à-vis des régions voisines n’est toujours pas au rendez-vous. Les difficultés économiques qui affectent la Wallonie trouvent leur origine dans le déclin des secteurs qui en avaient fait le premier bassin industriel moderne sur le continent européen. Par rapport à la plupart des autres régions qui se trouvent dans une situation analogue, la Wallonie présente la singularité de disposer de compétences institutionnelles très étendues, notamment en matière de développement économique et d’aménagement du territoire. Dans le cadre d’une limitation des transferts financiers inter-régionaux au sein de l’État fédéral belge, cette particularité pose avec acuité la question de la contribution des agents économiques – les ménages et les entreprises – aux budgets des autorités en charge d’assurer les besoins collectifs. Ce Courrier hebdomadaire éclaire sur la manière dont les territoires wallons – au pluriel, vu leur grande diversité en termes de niveau de développement – sont susceptibles de contribuer au redressement économique de la Wallonie. Pour cela, il étudie la géographie économique de cette région, en analysant les fortes disparités socio-spatiales que présente celle-ci. L’accent est mis en particulier sur la question des ressources territoriales, c’est-à-dire des caractéristiques qui permettent aux territoires d’attirer des flux de revenus et qui, ainsi, constituent autant d’atouts sur lesquels la Wallonie est susceptible de s’appuyer. L’étude questionne également l’efficacité des politiques publiques en matière de développement économique et territorial.

Les @nalyses en ligne

Le Vlaams Belang, un parti d’influence

par Benjamin Biard, paru dans Politique, revue belge d’analyse et de débat, n° 111, mars 2020, p. 10-13

La victoire du Vlaams Belang aux élections du 26 mai 2019, renouant avec son meilleur score (2004), fait craquer le filet de sécurité qui avait été dressé autour de lui sous le nom de « cordon sanitaire ». Mais surtout, les thèmes dont il est porteur ont percolé dans tout le champ politique. Il n’est donc pas forcément nécessaire d’exercer directement le pouvoir pour avoir de l’influence, même si celle-ci reste limitée.

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Le syndrome de la Belle au bois dormant. Confinement et impuissance politique

par Vincent Lefebve, paru dans Carnet de crise du Centre de droit public de l’ULB, n° 11, 10 avril 2020

Le 18 mars 2020, la romancière française Leïla Slimani publie une chronique de confinement sur le site Internet du journal  Le Monde . Pour expliquer à ses enfants les raisons ainsi que l’issue probable de la situation inédite provoquée par la pandémie de Covid-19, elle se réfère à la célèbre histoire de la Belle au bois dormant. Cette intervention de la romancière a fait l’objet de nombreuses réactions en écho à la question des inégalités sociales accentuées par la crise. Une dimension de ce texte ne semble toutefois pas avoir été perçue. La séquence dans laquelle nous sommes actuellement engagés recèle en effet deux issues possibles, l’une placée sous le signe de l’apathie politique, l’autre sous celui de la lucidité et de la reconstruction. Au syndrome de la Belle au bois dormant, on peut opposer la figure d’Hypnos, à laquelle s’est identifié le poète français René Char alors qu’il était résistant durant la Seconde Guerre mondiale.

Courrier hebdomadaire

L’État belge face à la pandémie de Covid⁠-⁠19 : esquisse d’un régime d’exception

Courrier hebdomadaire n° 2446, par Frédéric Bouhon, Andy Jousten, Xavier Miny, Emmanuel Slautsky, 53 p., 2020

Face à la pandémie de Covid-19, la Belgique prend des mesures fortes, qui répondent à l’obligation juridique des États de réagir face à un risque pour la vie. Les circonstances n’en mettent pas moins les institutions dans une situation d’exception. En effet, elles posent des questions de droit constitutionnel qui touchent aux traits majeurs de l’État belge. En Belgique, apporter une réponse centralisée à une telle crise sanitaire et à ses conséquences dans divers domaines est compliqué par le partage de compétences en vigueur entre les différents niveaux de pouvoir. Depuis la mi-mars 2020, des solutions originales sont mises en œuvre pour associer l’Autorité fédérale et les entités fédérées (Régions et Communautés) à une prise de décision concertée. Les rapports entre les assemblées législatives et les pouvoirs exécutifs connaissent des évolutions considérables, qui ébranlent jusqu’aux principes du régime parlementaire belge. La crise du coronavirus a poussé de nombreux partis à accorder leur confiance à un exécutif fédéral très minoritaire et jusqu’alors chargé d’expédier les affaires courantes. Elle a aussi conduit à un important transfert de pouvoirs – tout aussi provisoire qu’impressionnant – des parlements au profit des gouvernements. À cet égard, le recours aux pouvoirs spéciaux à presque tous les niveaux institutionnels de l’État belge est un événement hors du commun. La crise sanitaire du Covid-19 amène également les pouvoirs publics belges à limiter considérablement les droits et libertés fondamentaux des citoyens, à une échelle inédite en temps de paix. Si les motivations de toutes ces mesures sont compréhensibles, de nombreuses questions juridiques se posent. Ce Courrier hebdomadaire en offre une première analyse « à chaud ». Exceptionnellement, cette publication est dès à présent accessible librement en ligne .

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« Changement d’heure : la der des der ? »

par Caroline Sägesser, paru dans Imagine demain le monde, n° 138, mars-avril 2020, p. 38-39

Le dimanche 29 mars, avançant nos montres d’une heure, nous passerons à l’heure d’été. En Belgique, comme dans le reste de l’Union européenne. Cela sera-t-il le dernier changement d’heure ? En 2018, la Commission européenne a décidé de mettre fin à cette pratique. Toutefois, elle laisse aux États membres le soin de choisir l’heure permanente qu’ils souhaitent adopter…

Courrier hebdomadaire

L’extrême droite en Europe centrale et orientale (2004⁠-⁠2019)

Courrier hebdomadaire n° 2440-2441, par Benjamin Biard, 68 p., 2019

Depuis le début du 21 e siècle, l’extrême droite gagne du terrain sur le Vieux Continent. Au fil des scrutins, elle progresse dans les urnes et gagne en légitimité auprès d’une frange croissante de la population européenne. Certes, le mouvement n’est pas uniforme. Mais il n’empêche que, globalement, l’extrême droite est aujourd’hui bien davantage présente dans les assemblées parlementaires européennes qu’elle ne l’était il y a quinze ou vingt ans. Bien plus, au cours des deux dernières décennies, plusieurs formations politiques d’extrême droite ont pris part à l’exercice du pouvoir : soit indirectement en soutenant un gouvernement minoritaire, soit directement en intégrant une coalition gouvernementale. L’influence de l’extrême droite sur les processus publics de décision s’en trouve ainsi sensiblement accrue. Ce Courrier hebdomadaire est consacré aux évolutions récentes des partis d’extrême droite dans les 13 pays d’Europe centrale et orientale membres de l’Union européenne : Bulgarie, Chypre, Croatie, Estonie, Grèce, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République tchèque, Roumanie, Slovaquie et Slovénie. Il relève les événements clés qui ont marqué le développement de chacun de ces partis, les stratégies politiques qu’ils développent, et leurs rapports avec les pouvoirs législatif et exécutif.

Les @nalyses en ligne

Dérèglement climatique et coronavirus, d’une urgence à l’autre

par Vincent Lefebve, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 17 mars 2020

En raison de la propagation du Covid-19 nouvellement apparu, un état d’urgence sanitaire a été déclaré dans plusieurs pays. En Belgique, les décisions les plus notables ont été prises le 12 mars 2020 au terme d’une réunion du Conseil national de sécurité. Et, trois jours plus tard, la décision a été prise par 10 partis politiques d’accorder les pouvoirs spéciaux au gouvernement fédéral pour parer aux effets de cette maladie. Dans la presse, à peu de choses près, il n’est plus question que de ce virus, de ses effets – non seulement sanitaires, mais aussi sociaux, économiques et politiques – et des moyens qui peuvent être mobilisés afin de lutter contre lui. La place que cette thématique occupe dans l’espace médiatique a relégué au second plan d’autres éléments importants de l’actualité politique récente, comme la reprise des manifestations pour le climat. Pourtant, si l’urgence sanitaire à laquelle est confrontée aujourd’hui la communauté internationale est bien réelle et très préoccupante, l’urgence climatique, qui avait été décrétée l’an dernier par de nombreux acteurs institutionnels ou issus de la société civile, l’est également toujours. Ces deux types d’urgences, sanitaire et climatique, ne doivent en fait pas être opposés, mais plutôt replacés dans les contextes politique et temporel spécifiques auxquels ils appartiennent.

Courrier hebdomadaire

Les réformes de l’assurance chômage (2011⁠-⁠2019)

Courrier hebdomadaire n° 2438-2439, par Vincent Lefebve, 101 p., 2019

Au cours de la dernière décennie, le système belge d’assurance chômage a connu de nombreuses et profondes réformes. Celles-ci, qui ont touché à de nombreux pans de la réglementation, ont essentiellement été le fait du gouvernement fédéral Di Rupo entre 2011 et 2014. Les gouvernements Michel I et, dans une moindre mesure, Michel II n’ont cependant pas été en reste. Deux séries de réformes ont un impact socio-politique particulièrement notable. D’une part, la dégressivité des allocations de chômage dites ordinaires, c’est-à-dire celles qui sont ouvertes en raison d’une activité professionnelle salariée antérieure, a été renforcée. D’autre part, les allocations obtenues après les études – désormais appelées « allocations d’insertion » (et plus « allocations d’attente ») – ont été fortement révisées. Leur bénéfice a été limité dans la plupart des cas à une période de trois ans (alors qu’auparavant, une fois acquises, elles étaient potentiellement illimitées dans le temps). Les obligations en termes de recherche active d’emploi pesant sur leurs bénéficiaires ont été accrues. L’âge limite avant lequel ces allocations peuvent être demandées a été abaissé (de 30 à 25 ans). Les conditions liées aux études accomplies pour pouvoir en bénéficier ont été durcies. Après avoir replacé ces réformes dans le temps long de l’histoire de l’assurance chômage, ce Courrier hebdomadaire analyse le contexte politique et socio-économique qui a présidé à leur adoption, la façon dont elles ont été mises en œuvre, et les réactions qu’elles ont suscitées aux niveaux politique, social et juridictionnel. Il permet de rendre intelligibles près de dix années de réformes d’un domaine particulièrement technique et opaque du droit belge. Il met en outre en évidence tant l’impact social que la signification politique des décisions prises, et il souligne le rôle des cours et tribunaux comme enceintes de mobilisation sociale et comme garants de la légalité des décisions du pouvoir exécutif.

Courrier hebdomadaire

Le statut pénal des parlementaires

Courrier hebdomadaire n° 2436-2437, par Marie Solbreux, Marc Verdussen, 108 p., 2019

Comme tout citoyen, un député ou un sénateur doit assumer la responsabilité pénale de ses actes. Il s’agit là d’une exigence essentielle dans un État de droit. Pour autant, cette responsabilité pénale des parlementaires doit-elle s’appliquer selon les mêmes règles que celles auxquelles est soumis tout autre individu ? Ou se prête-t-elle à des tempéraments, voire à des dérogations ? S’efface-t-elle même parfois pour laisser la place à une véritable irresponsabilité ? Les réponses qu’appellent ces questions doivent intégrer diverses exigences liées à la position particulière qu’occupent les parlementaires dans la direction des affaires publiques : il convient de concilier des principes aussi divers que l’État de droit et l’égalité des citoyens, d’une part, et la séparation des pouvoirs et la continuité de l’État et en particulier du travail parlementaire, d’autre part. En Belgique, le statut pénal des parlementaires donne lieu à un régime d’immunité, qui se décline en deux éléments : l’irresponsabilité, qui couvre les opinions et votes qu’un député ou sénateur exprime dans l’exercice de son mandat parlementaire, et l’inviolabilité, qui couvre tous les autres actes d’un parlementaire, qu’ils soient de nature politique ou privée. Le pluriel est de rigueur : plutôt que d’une immunité, il est question d’immunités parlementaires. Pour l’une et l’autre de celles-ci, M. Solbreux et M. Verdussen analysent ici les règles constitutionnelles à partir des décisions jurisprudentielles et des commentaires doctrinaux qu’elles ont suscités, mais aussi en se penchant sur la pratique concrète des différentes assemblées parlementaires du pays.

Podcasts

L'Affaire Climat : saisir la justice pour lutter contre le réchauffement climatique ?

intervention de Vincent Lefebve diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 2 mars 2020

Pour ce nouvel épisode de l’Actualité en 3D, nous aurons le plaisir de recevoir Vincent Lefebve, philosophe et juriste chargé de recherche au CRISP, le Centre de recherche et d’information socio-politiques, pour lequel il suit le déroulement de l’Affaire Climat actuellement en cours devant les tribunaux belges. L’Affaire climat est une action en justice inédite qui vise à forcer les autorités publiques à lutter plus efficacement contre le réchauffement climatique. Quelles sont les personnes qui ont introduit une telle action ? Quelles autorités vise-t-elle et devant quel juge se déroule-t-elle ? Quels sont les arguments juridiques développés à l’appui de cette action et les résultats espérés par les personnes qui en sont à l’origine ? Une telle action en justice est-elle inédite dans le paysage militant global ? Y a-t-il eu des précédents dans d’autres pays du monde et si oui, pour quels résultats ? Comment les militants écologistes s’organisent-ils en Belgique ou ailleurs pour utiliser la justice à leurs fins militantes ? L’action en justice est-elle une arme courante et efficace pour les mouvements sociaux ? Enfin, les juges sont-ils légitimes et efficaces lorsqu’ils interviennent dans ce type de débat ? Telles seront entre autres les questions que nous discuterons en compagnie de Vincent Lefebve.

Les @nalyses en ligne

La conservation des archives, un enjeu démocratique délaissé

interview de Jean Faniel par Marie-Laurence Dubois et Sarah Lessire, parue dans archivistes.be, 30 janvier 2020

Pour toutes les disciplines scientifiques, la consultation d’archives est indispensable. La conservation de celles-ci est dès lors cruciale. Plus largement, conservation et consultation des archives, publiques ou privées, représentent un véritable enjeu démocratique. Mais l’attention accordée à ce domaine, le cadre légal et les moyens alloués apparaissent souvent déficients, particulièrement en Belgique francophone.

Les @nalyses en ligne

Enseignement : déconfessionnalisé mais toujours bien pilarisé

par Caroline Sägesser, paru dans Politique, revue belge d’analyse et de débat, n° 110, décembre 2019, p. 63-66

Nombreuses sont les organisations qui ont modernisé leur nom en abandonnant la référence au christianisme ou au catholicisme, car elle leur semblait désormais dépassée ou pas suffisamment inclusive. En revanche, les écoles catholiques ne suivent pas ce mouvement. Le secteur de l’enseignement est même par excellence celui qui demeure « pilarisé » sur le plan structurel, alors même que le facteur confessionnel ne constitue plus un facteur d’adhésion déterminant. À partir du cas de l’enseignement fondamental et secondaire, on peut se demander quelles sont les implications de cette situation dans le contexte plus global de la « pilarisation » et de la « dépilarisation » en Belgique.

Podcasts

État des lieux de l'extrême droite en Europe

intervention de Benjamin Biard diffusée dans L’édition de la rédaction sur Arabel avec Tarik Laabi, 17 février 2020

Dans votre édition de la rédaction ce lundi, l’état des lieux de l’extrême droite en Europe avec l’un de nos partenaires, le CRISP / Centre de recherche et d’information socio-politiques et notre invité Benjamin Biard docteur en sciences politiques chargé de recherches au sein du secteur socio-politique du CRISP / Centre de recherche et d’information socio-politiques.

Les @nalyses en ligne

Urgence climatique, quel rôle pour les juges et la justice ?

par Vincent Lefebve, paru dans La Revue nouvelle, n° 8, décembre 2019, p. 66-72

L’urgence climatique est devenue un défi politique majeur de notre temps. La voie juridictionnelle est l’un des moyens pour y faire face. On observe depuis plusieurs années l’émergence d’un contentieux global en matière climatique. En Belgique, l’affaire climat (Klimaatzaak) retient en particulier l’attention. Si elle s’inscrit dans un contexte institutionnel particulier, celui de la Belgique fédérale, marqué par un éclatement des compétences en matière climatique, cette affaire constitue également une réplique d’un contentieux emblématique intervenu aux Pays-Bas. Dans l’affaire Urgenda, des juges ont estimé que la responsabilité de l’État néerlandais pour inaction climatique pouvait être engagée. Ces victoires ont incité des membres de la société civile actifs dans d’autres pays à s’emparer de l’arme du droit pour faire progresser la cause du climat. Quel rôle peuvent être amenés à jouer les juges dans nos démocraties contemporaines lorsqu’elles se trouvent confrontées à des périls inédits ?

Les @nalyses en ligne

CDH et CD&V, un ancrage contrasté au sein du « pilier chrétien »

par Benjamin Biard, paru dans Politique, revue belge d’analyse et de débat, n° 110, décembre 2019, p. 22-27

Alors qu’ils constituaient jadis des formations d’un poids considérable dans le paysage politique belge, tant le CDH que le CD&V ont atteint le niveau électoral le plus faible de leur histoire lors du scrutin multiple du 26 mai 2019. Ces performances négatives semblent s’inscrire dans un processus de déclin continu des forces sociales-chrétiennes en Belgique. Au lendemain du scrutin, la question de l’ancrage de ces deux partis au sein du « pilier » chrétien s’est posée. Leurs réponses respectives se sont avérées divergentes.

Courrier hebdomadaire

Les évolutions électorales des partis politiques (1944⁠-⁠2019) (III). Les familles politiques

Courrier hebdomadaire n° 2435, par Cédric Istasse, 37 p., 2019

La logique des familles politiques est encore bien vivace dans la Belgique d’aujourd’hui. Les liens privilégiés entre « partis frères » par-delà la frontière linguistique restent nombreux, même si c’est de manière variable pour la famille socialiste, la famille libérale, la famille de tradition sociale-chrétienne et la famille écologiste. Ce Courrier hebdomadaire se penche sur un aspect particulier de l’histoire des familles politiques : leurs évolutions électorales depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le constat qui s’impose est celui d’un déclin global, d’abord somme toute limité jusqu’au début du 21 e siècle mais qui s’amplifie et s’accélère depuis une dizaine d’années. En 1958, le score électoral cumulé des familles culminait à 95 %. En 2019, il est d’à peine 57 %. Bien plus, si l’on ne s’intéresse qu’aux trois familles dites traditionnelles (rouge, bleue et orange), le chiffre chute désormais – ce qui constitue un fait sans précédent – sous la barre des 50 %. Cette évolution est particulièrement marquée pour les socialistes en Wallonie, pour les libéraux en Région bruxelloise et pour les sociaux-chrétiens en Flandre. Pour leur part, les écologistes ont connu un mouvement « en dents de scie ». Cette étude rappelle la force électorale qu’ont connue les familles pendant des décennies. Elle montre par ailleurs que la distribution des forces politiques issue des élections du 26 mai 2019 est inédite à plusieurs égards, en particulier lorsque l’on considère le résultat du scrutin fédéral du côté flamand. Sans nul doute, cette configuration est à l’origine, pour une large part, des difficultés actuellement rencontrées dans la formation d’un nouveau gouvernement fédéral de plein exercice.

Les @nalyses en ligne

« En Belgique, on a sous⁠-⁠estimé l’importance de l’utopie en politique »

interview de Vincent de Coorebyter par Mathieu Colleyn, parue dans L’Écho, 28 décembre 2019, p. 4-5

Dans cette interview accordée à L’Écho, Vincent de Coorebyter analyse les dynamiques qui traversent la société et modifient un paysage politique concurrencé par de nouveaux phénomènes citoyens. Selon lui, la radicalité s’intensifie au sein d’une jeunesse façonnée par le tribalisme des réseaux sociaux.

Courrier hebdomadaire

Les résultats des élections fédérales et européennes du 26 mai 2019

Courrier hebdomadaire n° 2433-2434, par Benjamin Biard, Pierre Blaise, Jean Faniel, Cédric Istasse, Caroline Sägesser, 145 p., 2019

En Belgique, les élections du 26 mai 2019 ont constitué un scrutin complexe, aux enjeux et aux effets multiples. Les citoyens ont été appelés à renouveler de manière directe six assemblées : la Chambre des représentants, le Parlement wallon, le Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale, le Parlement flamand, le Parlement de la Communauté germanophone et la représentation belge au Parlement européen. Cinq autres assemblées ont été renouvelées de manière indirecte, dont le Sénat et le Parlement de la Communauté française. Le présent Courrier hebdomadaire est consacré au renouvellement du Parlement fédéral et à l’élection des représentants belges au Parlement européen. Il dégage les principaux enseignements du scrutin du 26 mai 2019, en mettant l’accent sur les modifications du paysage électoral qui en résultent. L’analyse des évolutions prend essentiellement pour point de comparaison les élections fédérales ou les élections européennes du 25 mai 2014. Pour la Chambre des représentants, sont analysés le comportement électoral (en ce compris l’absentéisme et les votes non valables), les résultats à l’échelle de l’ensemble du pays et dans les différentes régions, les scores et l’implantation électorale des partis politiques, et la nouvelle composition de l’assemblée. Pour le Sénat, sont abordées la désignation des sénateurs émanant des entités fédérées et celle des sénateurs cooptés. Pour l’élection de la représentation belge au Parlement européen, le plan est semblable à celui suivi pour la Chambre. L’exposé est soutenu par une vingtaine de cartes. Celles-ci permettent notamment de visualiser, canton par canton, les scores électoraux qu’ont obtenus, en 2014 et en 2019, les différentes listes actuellement représentées au Parlement fédéral.

Les @nalyses en ligne

Élections sociales : quels enseignements tirer des précédents scrutins ?

par Pierre Blaise, paru sur HR.square, n° 32, janvier-février 2020, p. 26-27

Les élections sociales – dont la prochaine édition se déroulera entre le 11 et le 24 mai 2020 – constituent un moment particulier de démocratie sur les lieux de travail. Bien entendu, elles trouvent avant tout leur signification au niveau de chaque entreprise. Une vue hélicoptère sur les précédents scrutins livre toutefois quelques enseignements. Bilan et perspectives avec Pierre Blaise.

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Du gouvernement fédéral à l'Iran, des élections sociales à la présidentielle américaine

intervention de Jean Faniel diffusée dans L’édition de la rédaction sur Arabel avec Tarik Laabi, 20 janvier 2020

Dans votre Edition De la Rédaction ce lundi: l’un de nos partenaires, le CRISP (le Centre de Recherche et d’Information Socio-Politique) et notre invité, son directeur général Jean Faniel pour une thématique plus prospective sur ce qu’il faudra tenir à l’oeil en 2020 qui pourrait avoir des répercussions sur nous, ici. Du gouvernement fédéral à l’Iran, des élections sociales à la présidentielle américaine.

Les @nalyses en ligne

Deuxième rapport de l’Église catholique en Belgique : Des taux de pratique toujours en baisse

par Caroline Sägesser, paru sur o-re-la.org, 23 décembre 2019

L’Église catholique belge vient de faire paraître son deuxième rapport annuel. Comme l’année dernière, le document consiste en un peu moins d’une centaine de pages richement illustrées, qui présentent une série de données chiffrées relatives à l’évolution de la vie de l’Église. En comparaison avec l’édition 2018, le rapport s’est enrichi de quelques données complémentaires, et de références aux événements qui ont rythmé la vie de l’Église durant cette année-là. On retiendra principalement de cette édition les taux de pratique religieuse particulièrement bas qui y figurent, et le rôle croissant des femmes au sein de l’Église, une dimension mise en avant par les rédacteurs.

Podcasts

Les affaires courantes : c'est qui qui fait quoi ?

intervention de Caroline Sägesser diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 13 janvier 2020

Pour ce premier épisode de l’Actualité en 3D de l’année 2020, nous aurons le plaisir de recevoir Caroline Sägesser, historienne, spécialiste des cultes, de la laïcité, de leur organisation et de leur financement. Caroline est chargée de recherche pour le CRISP, le Centre de recherche et d’information socio-politiques partenaire de cette émission et, à ce titre, une fine observatrice de la vie politique belge. Précisément, cette émission sera consacrée à un élément particulièrement prégnant de l’actualité gouvernementale : la notion d’affaires courantes. En effet, depuis sa démission en décembre 2018 et vu l’impossibilité, à ce jour, de lui trouver un successeur à la suite des élections du 26 mai 2019, le gouvernement fédéral est dit en affaires courantes. Que signifie cette expression ? Quel lien entretient-elle avec la séparation des pouvoirs législatifs et exécutifs et plus largement avec la démocratie parlementaire ? Quand est-elle apparue dans le vocabulaire politique et fait-elle l’objet de règles juridiques ? Concrètement, quand un gouvernement est-il dit en affaires courantes et en quoi cette qualité impacte-t-elle ses marges de man?uvre ? Quel est le rôle du Parlement durant les affaires courantes et comment sort-on d’une telle période ? Voilà certaines des questions qui rythmeront l’entretien que nous mènerons en compagnie de Caroline Sägesser...

Les @nalyses en ligne

Freiner pour avancer (ses pions)

par Jean Faniel, paru dans Imagine demain le monde, n° 137, janvier-février 2020, p. 34-35

Le rythme de la politique est souvent fait d’à-coups. Un dossier peut traîner pendant un long moment puis se débloquer subitement pour l’une ou l’autre raison. Dans certains cas, le retard est délibéré, qu’il soit voulu par le promoteur du projet ou par un autre acteur. Freiner l’avancement d’un dossier peut ainsi répondre à des visées stratégiques.