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Le cinéma d’animation

Courrier hebdomadaire CH1217-1218 • 1988
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Dans le secteur audiovisuel où l’ensemble des observateurs et des estimations s’accordent pour dire que la demande et les besoins d’images ne cesseront de croître à moyen ou à long terme, le développement des industries de programmes, et la position que les pays européens peuvent prétendre y occuper, sont des questions qui méritent quelque attention.
Le présent Courrier hebdomadaire concerne l’un des secteurs de ces industries de programmes en Belgique : le cinéma d’animation.
Le cinéma d’animation revêt des formes très diversifiées et peut trouver de multiples créneaux de diffusion. Cependant, les grandes séries de dessin animé pour la télévision représentent aujourd’hui 90 à 95% du marché global de l’animation dans le monde, le solde consistant en longs métrages destinés à l’exploitation en salles, en courts-métrages, en films publicitaires, didactiques, d’entreprise, etc. Et il est prévisible que la demande en séries destinées aux chaînes de télévision continuera de se développer, en même temps que les possibilités de consommation dimages mécanisées’ à domicile, induites par l’extension des réseaux câblés, l’élargissement des créneaux horaires des chaînes de télévision existantes, la création de nouvelles chaînes, la multiplication des possibilités de diffusion par satellite, la croissance du marché des magnétoscopes et des vidéocassettes, etc.
Dans les pays occidentaux, l’industrie du dessin animé est marquée par la double hégémonie des Etats-Unis et du Japon qui ont créé des structures industrielles et commerciales importantes capables de répercuter l’offre et de rencontrer la demande de programmes sur le plan intérieur et international.
Selon toutes les sources consultées, c’est le Japon qui, ayant compris l’importance et la spécificité de la production de longues séries de dessins animés destinés à la télévision (52, 65, ou 104 épisodes) se place en tête de ce marché, amenant même les américains à céder une part de leur propre marché aux entreprises japonaises. Selon l’INA, cette industrie japonaise est réputée capable de produire 1.800 épisodes de 26 minutes par an, et elle occuperait au total 20.000 personnes.
A titre d’exemple, la firme TOEI Animation, considérée comme la plus grande société de réalisation de séries d’Extrême-Orient, produit 250 épisodes de 26 minutes par an, emploie 600 personnes et fait travailler 60 entreprises en sous-traitance. Parmi ses réalisations les plus connues, on compte Goldorak, Capitaine Harlock, Candy-Candy, Les misérables, Arsène Lupin. La firme travaille à la fois en direction des télévisions et des sponsors japonais et exécute des travaux de sous-traitance pour des entreprises américaines.
Sur le plan de la diffusion, les télévisons japonaises, dès le milieu des années 1960, ont progressivement augmenté le temps d’antenne réservé aux dessins animés. Elles en diffusent actuellement plus de 45 heures par semaine.
Aux Etats-Unis sont produites en moyenne par an 22 séries de 52 à 65 épisodes. Les trois principales entreprises sont Hanna Barbera (le numéro 1 mondial qui assure à lui seul plus de la moitié de la programmation des grands réseaux de télévision), Filmation et Marvel. Ensemble ils produisent plus de 400 heures de dessins animés par an et emploient 1.200 personnes. La firme Walt Disney s’est délibérément spécialisée dans la production de films d’animation destinés à la diffusion en salles.
La force des entreprises américaines et japonaises découle, pour une bonne part, de l’importance de leurs marchés intérieurs respectifs qui leur permettent d’amortir des programmes d’envergure sur base de la commande d’un seul réseau de télévision.
Face à la position dominante des producteurs et fabricants japonais et américains, et en l’absence de données synthétiques concernant l’industrie du dessin animé en Europe, certains pays ont entrepris d’étudier la situation économique de leur propre cinéma d’animation.
La recherche qui est à la base du présent Courrier hebdomadaire s’inscrit dans ce contexte. Elle présentait un caractère largement exploratoire et s’est donné pour objectifs principaux d’identifier les agents de la branche, d’étudier leurs caractéristiques et de constituer, dans la mesure du possible, un ensemble de données factuelles les concernant. C’est à partir de questionnaires, de rencontres et d’interviews avec des dirigeants d’entreprises audiovisuelles, des producteurs, des éditeurs, des studios, avec des responsables d’institutions et d’associations professionnelles,..., ainsi qu’au moyen de publications de presse et d’organismes de recherche, que cette élaboration des données a été réalisée. Le présent Courrier hebdomadaire reflète les résultats de ces démarches, comportant à la fois une synthèse des données et la présentation de ’cas de figure’. L’annexe 1 présente les principales caractéristiques des agents producteurs et/ou fabricants de films d’animation.
La recherche a été réalisée par nos soins aux Ateliers des Arts (ADA) en 1986/1987, pour le compte de la Direction de l’audiovisuel du Ministère de la Communauté française. Dans le cadre du Centre d’information et de recherche sur l’économie de la culture et de la communication (CIRECC), nous avons actualisé diverses données et avons réarticulé et synthétisé le rapport original en vue de sa publication.
Date de publication
1988
Nombre de pages
51 p.
Numérotation
n° 32-33
Éditeur
CRISP
Localisation
Bruxelles
ISSN
00089664 [papier]
Référence
CH1217-1218
Pour citer la ressource
M. Jaumain, G. Vandenbulcke, « Le cinéma d’animation », Courrier hebdomadaire, CRISP, n° 1217⁠-⁠1218, 1988.
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Thème(s)
Culture et sports
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