[ { "type": "article-journal", "accessed": { "date-parts": [ [ "2026", 9, 11 ] ] }, "title": "Le cin\u00e9ma d\u2019animation", "title-short": "", "abstract": "Dans le secteur audiovisuel o\u00f9 l\u2019ensemble des observateurs et des estimations s\u2019accordent pour dire que la demande et les besoins d\u2019images ne cesseront de cro\u00eetre \u00e0 moyen ou \u00e0 long terme, le d\u00e9veloppement des industries de programmes, et la position que les pays europ\u00e9ens peuvent pr\u00e9tendre y occuper, sont des questions qui m\u00e9ritent quelque attention.Le pr\u00e9sent Courrier hebdomadaire concerne l\u2019un des secteurs de ces industries de programmes en Belgique : le cin\u00e9ma d\u2019animation.Le cin\u00e9ma d\u2019animation rev\u00eat des formes tr\u00e8s diversifi\u00e9es et peut trouver de multiples cr\u00e9neaux de diffusion. Cependant, les grandes s\u00e9ries de dessin anim\u00e9 pour la t\u00e9l\u00e9vision repr\u00e9sentent aujourd\u2019hui 90 \u00e0 95% du march\u00e9 global de l\u2019animation dans le monde, le solde consistant en longs m\u00e9trages destin\u00e9s \u00e0 l\u2019exploitation en salles, en courts-m\u00e9trages, en films publicitaires, didactiques, d\u2019entreprise, etc. Et il est pr\u00e9visible que la demande en s\u00e9ries destin\u00e9es aux cha\u00eenes de t\u00e9l\u00e9vision continuera de se d\u00e9velopper, en m\u00eame temps que les possibilit\u00e9s de consommation dimages m\u00e9canis\u00e9es\u2019 \u00e0 domicile, induites par l\u2019extension des r\u00e9seaux c\u00e2bl\u00e9s, l\u2019\u00e9largissement des cr\u00e9neaux horaires des cha\u00eenes de t\u00e9l\u00e9vision existantes, la cr\u00e9ation de nouvelles cha\u00eenes, la multiplication des possibilit\u00e9s de diffusion par satellite, la croissance du march\u00e9 des magn\u00e9toscopes et des vid\u00e9ocassettes, etc.Dans les pays occidentaux, l\u2019industrie du dessin anim\u00e9 est marqu\u00e9e par la double h\u00e9g\u00e9monie des Etats-Unis et du Japon qui ont cr\u00e9\u00e9 des structures industrielles et commerciales importantes capables de r\u00e9percuter l\u2019offre et de rencontrer la demande de programmes sur le plan int\u00e9rieur et international.Selon toutes les sources consult\u00e9es, c\u2019est le Japon qui, ayant compris l\u2019importance et la sp\u00e9cificit\u00e9 de la production de longues s\u00e9ries de dessins anim\u00e9s destin\u00e9s \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision (52, 65, ou 104 \u00e9pisodes) se place en t\u00eate de ce march\u00e9, amenant m\u00eame les am\u00e9ricains \u00e0 c\u00e9der une part de leur propre march\u00e9 aux entreprises japonaises. Selon l\u2019INA, cette industrie japonaise est r\u00e9put\u00e9e capable de produire 1.800 \u00e9pisodes de 26 minutes par an, et elle occuperait au total 20.000 personnes.A titre d\u2019exemple, la firme TOEI Animation, consid\u00e9r\u00e9e comme la plus grande soci\u00e9t\u00e9 de r\u00e9alisation de s\u00e9ries d\u2019Extr\u00eame-Orient, produit 250 \u00e9pisodes de 26 minutes par an, emploie 600 personnes et fait travailler 60 entreprises en sous-traitance. Parmi ses r\u00e9alisations les plus connues, on compte Goldorak, Capitaine Harlock, Candy-Candy, Les mis\u00e9rables, Ars\u00e8ne Lupin. La firme travaille \u00e0 la fois en direction des t\u00e9l\u00e9visions et des sponsors japonais et ex\u00e9cute des travaux de sous-traitance pour des entreprises am\u00e9ricaines.Sur le plan de la diffusion, les t\u00e9l\u00e9visons japonaises, d\u00e8s le milieu des ann\u00e9es 1960, ont progressivement augment\u00e9 le temps d\u2019antenne r\u00e9serv\u00e9 aux dessins anim\u00e9s. Elles en diffusent actuellement plus de 45 heures par semaine.Aux Etats-Unis sont produites en moyenne par an 22 s\u00e9ries de 52 \u00e0 65 \u00e9pisodes. Les trois principales entreprises sont Hanna Barbera (le num\u00e9ro 1 mondial qui assure \u00e0 lui seul plus de la moiti\u00e9 de la programmation des grands r\u00e9seaux de t\u00e9l\u00e9vision), Filmation et Marvel. Ensemble ils produisent plus de 400 heures de dessins anim\u00e9s par an et emploient 1.200 personnes. La firme Walt Disney s\u2019est d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment sp\u00e9cialis\u00e9e dans la production de films d\u2019animation destin\u00e9s \u00e0 la diffusion en salles.La force des entreprises am\u00e9ricaines et japonaises d\u00e9coule, pour une bonne part, de l\u2019importance de leurs march\u00e9s int\u00e9rieurs respectifs qui leur permettent d\u2019amortir des programmes d\u2019envergure sur base de la commande d\u2019un seul r\u00e9seau de t\u00e9l\u00e9vision.Face \u00e0 la position dominante des producteurs et fabricants japonais et am\u00e9ricains, et en l\u2019absence de donn\u00e9es synth\u00e9tiques concernant l\u2019industrie du dessin anim\u00e9 en Europe, certains pays ont entrepris d\u2019\u00e9tudier la situation \u00e9conomique de leur propre cin\u00e9ma d\u2019animation.La recherche qui est \u00e0 la base du pr\u00e9sent Courrier hebdomadaire s\u2019inscrit dans ce contexte. Elle pr\u00e9sentait un caract\u00e8re largement exploratoire et s\u2019est donn\u00e9 pour objectifs principaux d\u2019identifier les agents de la branche, d\u2019\u00e9tudier leurs caract\u00e9ristiques et de constituer, dans la mesure du possible, un ensemble de donn\u00e9es factuelles les concernant. C\u2019est \u00e0 partir de questionnaires, de rencontres et d\u2019interviews avec des dirigeants d\u2019entreprises audiovisuelles, des producteurs, des \u00e9diteurs, des studios, avec des responsables d\u2019institutions et d\u2019associations professionnelles,..., ainsi qu\u2019au moyen de publications de presse et d\u2019organismes de recherche, que cette \u00e9laboration des donn\u00e9es a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e. Le pr\u00e9sent Courrier hebdomadaire refl\u00e8te les r\u00e9sultats de ces d\u00e9marches, comportant \u00e0 la fois une synth\u00e8se des donn\u00e9es et la pr\u00e9sentation de \u2019cas de figure\u2019. L\u2019annexe 1 pr\u00e9sente les principales caract\u00e9ristiques des agents producteurs et/ou fabricants de films d\u2019animation.La recherche a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e par nos soins aux Ateliers des Arts (ADA) en 1986/1987, pour le compte de la Direction de l\u2019audiovisuel du Minist\u00e8re de la Communaut\u00e9 fran\u00e7aise. Dans le cadre du Centre d\u2019information et de recherche sur l\u2019\u00e9conomie de la culture et de la communication (CIRECC), nous avons actualis\u00e9 diverses donn\u00e9es et avons r\u00e9articul\u00e9 et synth\u00e9tis\u00e9 le rapport original en vue de sa publication.", "language": "fre", "URL": "https://www.crisp.be/fr/catalogue/1055-le-cinema-danimation.html", "author": [ { "family": "Jaumain", "given": "Michel" }, { "family": "Vandenbulcke", "given": "Guy" } ], "contributor": "", "editor": "", "issued": { "date-parts": [ [ "2026", 10, 28 ] ] }, "container-title": "Courrier hebdomadaire du CRISP", "archive": "www.crisp.be", "journalAbbreviation": "Courrier hebdomadaire", "issue": "1217-1218", "page": null, "ISSN": "", "note": "type: periodical\npublisher :CRISP\npublisher-place : Bruxelles" } ]