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Les @nalyses en ligne

Stratégies et performances électorales des partis néerlandophones dans la région bilingue de Bruxelles⁠-⁠Capitale (2004⁠-⁠2024)

par Caroline Sägesser, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 10 janvier 2025

La Région de Bruxelles-Capitale est une région bilingue, où tant les partis néerlandophones que francophones et les rares partis nationaux participent aux élections. Ces formations doivent toutefois respecter les règles d’organisation propres à chaque scrutin. Lorsque les règles le permettent, partis francophones et néerlandophones sont amenés à considérer la possibilité d’une alliance. Ces différences de règles et de situations, et le fait que tous les scrutins aient été organisés en 2024 sur une même courte période, offrent l’occasion d’une série d’observations intéressantes à propos des choix posés par les partis néerlandophones à Bruxelles et de leurs résultats électoraux. Pour chaque scrutin, cette @nalyse du CRISP en ligne met les résultats des récentes élections en parallèle avec ceux des vingt dernières années.

Courrier hebdomadaire

La simultanéité des élections en Belgique dans le contexte européen

Courrier hebdomadaire n° 2608, par Cédric Istasse, Caroline Sägesser, 35 p., 2024

De tous les peuples d’Europe, les Belges sont ceux qui votent le moins souvent. En effet, depuis 1999, en vertu de la Constitution, les élections pour les différents parlements de Région et de Communauté – c’est-à-dire pour le Parlement wallon, le Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale, le Parlement de la Communauté française, le Parlement flamand et le Parlement de la Communauté germanophone – ont lieu le même jour que les élections pour le Parlement européen. En outre, depuis 2014, l’habitude a été prise d’organiser également les élections fédérales – c’est-à-dire celles de la Chambre des représentants – le même jour que ces autres scrutins. Dès lors, en une décennie, les Belges n’ont été appelés aux urnes que par trois fois pour des élections législatives : le 25 mai 2014, le 26 mai 2019 et le 9 juin 2024. Ces trois dates ont à chaque fois été celles tout à la fois des élections européennes, des élections fédérales et des élections régionales et communautaires. Cette pratique des scrutins simultanés constitue une particularité belge, n’étant de mise dans aucun autre pays de l’Union européenne. Si elle ne va pas sans présenter certains avantages, en termes de stabilité des gouvernements et de coût des campagnes électorales, elle comporte aussi divers inconvénients. Notamment, il apparaît qu’elle brouille les enjeux des différents scrutins (et, en particulier, fait souvent passer au second plan ceux de l’élection européenne), qu’elle induit un déficit démocratique, et qu’elle participe à la désaffection des citoyennes et des citoyens pour la politique.

Courrier hebdomadaire

Les législations visant à favoriser la participation politique des femmes : évolutions et effets (1994⁠-⁠2022)

Courrier hebdomadaire n° 2557-2558-2559, par Cédric Istasse, 141 p., 2022

Depuis 1994, des réformes législatives successives ont visé à appuyer – et cela d’une façon de plus en plus marquée – la présence des femmes aux différents niveaux de pouvoir en Belgique. C’est ainsi que, par exemple, les listes de candidats aux élections doivent comporter de nos jours un nombre égal de femmes et d’hommes. Parfois, le système de la « tirette » est même de mise. Quant à eux, les organes exécutifs sont tenus de compter au moins une femme dans leurs rangs – voire, pour certains d’entre eux, d’être composés d’au moins un tiers de femmes. Ce Courrier hebdomadaire fait état de l’évolution des législations adoptées en Belgique avec pour objectif de favoriser la représentation des femmes en politique, que ce soit par l’instauration de quotas ou par l’imposition d’une obligation de mixité voire de parité. Ce faisant, il offre également un panorama des règles qui sont actuellement en vigueur. Ensuite, il procède à une analyse des effets des législations considérées, respectivement pour les organes législatifs et pour les organes exécutifs. Concrètement, il étudie l’évolution de la proportion de femmes élues lors des différents scrutins, ainsi que celle de la proportion de femmes siégeant dans les instances exécutives. Sont envisagés tout à la fois le niveau européen, le niveau fédéral, le niveau régional et communautaire, le niveau provincial et le niveau communal. Le propos est appuyé par une centaine de tableaux et graphiques. Dans la mesure du possible, des ventilations par formation politique (ainsi que, le cas échéant, par communauté linguistique) sont réalisées.

Courrier hebdomadaire

Les évolutions électorales des partis politiques (1944⁠-⁠2019) (III). Les familles politiques

Courrier hebdomadaire n° 2435, par Cédric Istasse, 37 p., 2019

La logique des familles politiques est encore bien vivace dans la Belgique d’aujourd’hui. Les liens privilégiés entre « partis frères » par-delà la frontière linguistique restent nombreux, même si c’est de manière variable pour la famille socialiste, la famille libérale, la famille de tradition sociale-chrétienne et la famille écologiste. Ce Courrier hebdomadaire se penche sur un aspect particulier de l’histoire des familles politiques : leurs évolutions électorales depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le constat qui s’impose est celui d’un déclin global, d’abord somme toute limité jusqu’au début du 21 e siècle mais qui s’amplifie et s’accélère depuis une dizaine d’années. En 1958, le score électoral cumulé des familles culminait à 95 %. En 2019, il est d’à peine 57 %. Bien plus, si l’on ne s’intéresse qu’aux trois familles dites traditionnelles (rouge, bleue et orange), le chiffre chute désormais – ce qui constitue un fait sans précédent – sous la barre des 50 %. Cette évolution est particulièrement marquée pour les socialistes en Wallonie, pour les libéraux en Région bruxelloise et pour les sociaux-chrétiens en Flandre. Pour leur part, les écologistes ont connu un mouvement « en dents de scie ». Cette étude rappelle la force électorale qu’ont connue les familles pendant des décennies. Elle montre par ailleurs que la distribution des forces politiques issue des élections du 26 mai 2019 est inédite à plusieurs égards, en particulier lorsque l’on considère le résultat du scrutin fédéral du côté flamand. Sans nul doute, cette configuration est à l’origine, pour une large part, des difficultés actuellement rencontrées dans la formation d’un nouveau gouvernement fédéral de plein exercice.

Courrier hebdomadaire

Les évolutions électorales des partis politiques (1944⁠-⁠2019) (II). Analyse nationale

Courrier hebdomadaire n° 2418-2419, par Cédric Istasse, 55 p., 2019

Avec les scrutins locaux du 14 octobre 2018 puis les scrutins multiples du 26 mai 2019, la Belgique a clos un cycle électoral. Le moment apparaît donc propice à un examen des évolutions électorales qui ont marqué l’histoire des principales formations politiques belges au cours des trois derniers quarts de siècle, soit depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Tel est l’exercice que réalisent ce Courrier hebdomadaire et le précédent. L’étude procède en deux temps, en se penchant d’abord sur les trois régions (successivement la Wallonie, la Flandre et la Région bruxelloise) puis sur l’ensemble du pays. Elle s’inscrit dans la tradition qu’a le CRISP, depuis sa fondation, de consigner et d’analyser les résultats des élections intervenues en Belgique depuis le milieu du 20 e siècle. Cette seconde livraison est celle de l’analyse nationale. Y sont présentées, d’une part, l’évolution de la hiérarchie des formations politiques issue des urnes et, d’autre part, celle du score électoral obtenu par les principales formations politiques. L’exposé est appuyé par de nombreux graphiques et tableaux. Deux types de scrutin sont pris en considération ici : l’élection de la Chambre des représentants (depuis 1946) et l’élection des parlements de Région ou de Communauté (depuis 1995).

Courrier hebdomadaire

Les évolutions électorales des partis politiques (1944⁠-⁠2019) (I). Analyse par région

Courrier hebdomadaire n° 2416-2417, par Cédric Istasse, 91 p., 2019

Avec les scrutins locaux du 14 octobre 2018 puis les scrutins multiples du 26 mai 2019, la Belgique a clos un cycle électoral. Le moment apparaît donc propice à un examen des évolutions électorales qui ont marqué l’histoire des principales formations politiques belges au cours des trois derniers quarts de siècle, soit depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Tel est l’exercice que réalisent ce Courrier hebdomadaire et le suivant. L’étude procède en deux temps, en se penchant d’abord sur les trois régions puis sur l’ensemble du pays. Elle s’inscrit dans la tradition qu’a le CRISP, depuis sa fondation, de consigner et d’analyser les résultats des élections intervenues en Belgique depuis le milieu du 20 e siècle. Cette première livraison est celle de l’analyse par région. Y sont étudiées successivement la Wallonie, la Flandre et la Région bruxelloise. Pour chaque région, sont présentées, d’une part, l’évolution de la hiérarchie des formations politiques issue des urnes et, d’autre part, celle du score électoral obtenu par les principales formations politiques. L’exposé est appuyé par de nombreux graphiques et tableaux. Quatre types de scrutin sont pris en considération ici : l’élection de la Chambre des représentants (depuis 1946), l’élection des parlements de Région ou de Communauté (depuis 1989 pour la Région bruxelloise, depuis 1995 pour la Wallonie et pour la Flandre), l’élection des conseils provinciaux (depuis 1994, pour les seules Région wallonne et Région flamande) et l’élection du Conseil de l’Agglomération bruxelloise (un unique scrutin en 1971).

Courrier hebdomadaire

Le vote des Belges de l’étranger

Courrier hebdomadaire n° 2310, par Pierre Blaise, 61 p., 2016

L’octroi du droit de vote aux Belges résidant à l’étranger fait régulièrement l’objet de vifs débats. Tout projet visant à instaurer, à étendre ou à réformer ce droit suscite des discussions multiples, à la fois symboliques (la question touchant aux principes de la participation démocratique) et stratégiques (les intérêts des partis politiques différant fortement). Depuis 1984, les Belges résidant dans un autre État membre de l’Union européenne peuvent voter pour l’élection des représentants belges au Parlement européen. Lors du scrutin européen de 2019, tel sera également le cas des expatriés vivant hors de l’Union. Pour le niveau fédéral, la première loi date de 1998. S’étant avérée inopérante, elle a été remplacée dès 2002 par de nouvelles règles, qui ont été révisées plusieurs fois depuis lors, encore en 2016. Actuellement, le débat porte sur les élections régionales et communautaires. Ce Courrier hebdomadaire retrace les processus de décision qui, depuis le début des années 1980, ont façonné la législation belge relative au droit de vote des Belges à l’étranger. Une attention particulière est réservée aux récents développements législatifs, ainsi qu’aux actuelles discussions concernant l’élection du Parlement wallon, du Parlement bruxellois, du Parlement flamand et du Parlement de la Communauté germanophone. Notamment, il s’interroge sur les enjeux liés à l’extension du droit de vote aujourd’hui. L’étude permet également de prendre conscience de l’impact électoral que peut avoir le vote des expatriés belges. Étudiant les résultats des élections de la Chambre entre 2003 et 2014, elle indique l’importance numérique de cette catégorie d’électeurs, analyse l’évolution de leur participation aux élections et montre la répartition de leurs voix entre les différentes formations politiques. En l’occurrence, les Belges résidant à l’étranger votent d’une manière sensiblement différente que leurs compatriotes vivant en Belgique. Les réformes récemment adoptées ou en cours n’auront donc pas le même impact électoral pour tous les partis.

Courrier hebdomadaire

Les négociations communautaires et la formation du gouvernement Di Rupo (juin 2010⁠-⁠décembre 2011)

Courrier hebdomadaire n° 2144-2145, par Serge Govaert, 85 p., 2012

Des élections fédérales du 13 juin 2010 à la nomination du gouvernement Di Rupo le 5 décembre 2011, il s’écoule pas moins de 540 jours. Entre ces deux dates, les négociations sont pratiquement ininterrompues. Leur objectif est double : constituer un nouveau gouvernement fédéral et conclure un accord en vue d’une sixième réforme de l’État. Durant près d’un an et demi, la Belgique voit se succéder un nombre inédit de phases de négociation – huit au total –, chacune confiée par le roi à un ou plusieurs chargés de mission. Le nombre de partis impliqués reflète également la complexité de la situation : sept jusqu’en février 2011, neuf jusqu’au 21 juillet, huit après le retrait de la N-VA et jusqu’à la conclusion de l’accord institutionnel, puis six une fois qu’il s’agit de former le gouvernement. Après avoir retracé en détail ce long cheminement, Serge Govaert analyse les principales caractéristiques des négociations de 2010-2011, marquées notamment par une extension de la notion d’affaires courantes, le rôle actif du roi et une certaine mobilisation citoyenne. À cette occasion, il met en lumière les facteurs de blocage ou de résolution des problèmes, et souligne également le rôle des contraintes extérieures (menace de sanctions européennes et risque de dégradation de la note du pays par les agences de notation).

Courrier hebdomadaire

Les discussions communautaires sous le gouvernement Leterme II (2009⁠-⁠2010)

Courrier hebdomadaire n° 2126, par Serge Govaert, 37 p., 2012

Le contentieux communautaire, qui a longuement occupé le devant de la scène politique, a retardé la formation d’un gouvernement de plus de 500 jours. Serge Govaert retrace l’évolution de ce conflit avant les élections fédérales du 13 juin 2010, sous le gouvernement Leterme II, après avoir proposé cette analyse pour les gouvernements Verhofstadt III, Leterme et Van Rompuy dans un précédent Courrier hebdomadaire . L’auteur revient sur le décret de la Communauté flamande organisant l’inspection pédagogique dans les écoles francophones de la périphérie, qui a constitué un premier foyer de tension. Il rappelle ensuite les multiples péripéties du dossier B-H-V, du conflit d’intérêts déclenché par le Parlement de la Communauté germanophone jusqu’à la démission du gouvernement fédéral le 26 avril 2010, en passant par la mission de Jean-Luc Dehaene et son échec et par la rupture gouvernementale initiée par l’Open VLD le 22 avril, journée cruciale qui se voit ainsi remise en perspective. Serge Govaert analyse la radicalisation des positions des partis flamands face aux enjeux communautaires, s’efforçant notamment d’en dégager les points forts, d’en définir les acteurs et d’en expliquer les origines et les effets.

Courrier hebdomadaire

Les électeurs de la N⁠-⁠VA aux élections fédérales du 13 juin 2010

Courrier hebdomadaire n° 2125, par Koen Abts, Marc Swyngedouw, 31 p., 2011

La N-VA reste de loin le premier parti en Flandre : de récents sondages la placent toujours en tête des intentions de vote, malgré un léger tassement. Qui sont ses électeurs ? Le Courrier hebdomadaire en dresse un profil-type basé sur l’électorat de 2010. Les auteurs ont interrogé quelque 1800 électeurs flamands, dont près du tiers ayant voté pour le parti de Bart De Wever. Les résultats de cette enquête permettent d’établir dans quelle mesure l’électorat de la N-VA est représentatif de la population flamande. Ces électeurs se recrutent dans presque toutes les couches socio-culturelles et socio-économiques. Les cadres supérieurs, les employés et les fonctionnaires sont cependant légèrement surreprésentés, à l’inverse des indépendants, des ouvriers non qualifiés et des diplômés du primaire : l’extraordinaire poussée de la N-VA ne s’explique donc pas par le vote des couches populaires. Par ailleurs, même s’il est majoritairement chrétien, l’électorat de la N-VA transcende largement tous les clivages religieux et idéologiques. L’étude éclaire aussi les principales préoccupations de l’électorat de la N-VA, et notamment ses positions vis-à-vis de la structure future de la Belgique, du nationalisme flamand et de l’immigration. Distinguant entre électeurs fidèles et électeurs conquis en 2010, elle permet de se rendre compte de l’impact exact de l’« effet De Wever » et de la volonté de changement politique qui s’exprime au sein de la population néerlandophone.

Les @nalyses en ligne

Formation du gouvernement fédéral et fonctionnement des parlements : retour sur la clé D’Hondt

par Anne Tréfois et Jean Faniel, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 8 décembre 2011

Durant plus de cinq cents jours, les citoyens belges ont pu suivre les péripéties qu’a connues la plus longue période de formation d’un gouvernement. La composition de l’équipe Di Rupo a suscité bon nombre de commentaires. Mais comment se forme un gouvernement fédéral ? Quelles sont les règles et les pratiques en la matière ? Qu’est-ce que la clé D’Hondt et quel rôle joue-t-elle dans la négociation ? Dans quels autres domaines s’applique-t-elle ? Éclairage...

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Les contradictions de la démocratie

par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 30 août 2011, p. 12

444 jours après les élections, nul ne sait encore quand un nouveau gouvernement sera installé. La longueur inhabituelle de cette crise ne peut s’expliquer que par une pluralité de facteurs. Par-delà les motifs de fond, déjà mis en évidence dans des analyses précédentes du CRISP, on s’interroge ici sur le poids de deux motivations qui renvoient aux règles de base de la démocratie : la peur des élections, et la volonté de respecter ses engagements comme s’il s’agissait de mandats impératifs. Ce dernier facteur est vertueux en soi, mais inapproprié dans un système fondé sur la représentation proportionnelle et sur des gouvernements de coalition. Le premier facteur renvoie, quant à lui, à différentes évolutions qui fragilisent les partis politiques et les conduisent à des excès de prudence.

Courrier hebdomadaire

Le libéralisme francophone du PLP au MR (III). 2004⁠-⁠2011

Courrier hebdomadaire n° 2110-2111, par Paul Wynants, 94 p., 2011

Le troisième Courrier hebdomadaire consacré par Paul Wynants à l’évolution récente du libéralisme francophone couvre la présidence de Didier Reynders. Sous sa houlette, en 2007, les réformateurs francophones remportent une victoire électorale sans précédent. On peut alors penser qu’ils vont réaliser l’objectif de leur chef de file  : « Faire basculer le centre de gravité politique en Wallonie ». La réalité sera assez différente. L’échec de la formation d’une coalition « orange bleue », la coexistence gouvernementale difficile avec les socialistes et le CDH, la crise financière lourde de conséquences et la vaine tentative d’intégration du parti LiDé de Rudy Aernoudt mettent le parti à l’épreuve. Les résultats des élections européennes, communautaires et régionales de 2009 sont décevants et le MR est maintenu dans l’opposition en Région wallonne, en Région de Bruxelles-Capitale et en Communauté française. L’autorité du président Reynders s’effrite peu à peu, au point qu’il doit renoncer à la direction du Mouvement réformateur, après un nouveau revers électoral en 2010. Le 14 février 2011, il cède la place àCharles Michel, qui s’est affirmé comme un de ses opposants les plus résolus. Dans la conclusion, Paul Wynants revient sur les caractéristiques du libéralisme francophone  : l’expansion par agrégation de différents segments du spectre politique, la souplesse idéologique et une forte personnalisation du pouvoir. Il pointe de la sorte les enjeux auxquels le MR sera confronté sous la présidence de Charles Michel.

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Les principes de réalité

par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 12 juillet 2011, p. 12-13

Après le rejet de la note du formateur par la N-VA et par le CD&V, des scénarios alternatifs à une négociation à neuf partis se multiplient. Pour ne pas alimenter de nouvelles illusions sur une sortie de crise reposant de simples éléments tactiques, il faut prendre la mesure de la singularité de la situation actuelle, qui condamnait pratiquement le formateur à l’échec, et de la position de force du CD&V, qui se sait arithmétiquement indispensable et qui a la possibilité de décider à lui seul du maintien ou non de la N-VA dans le jeu de la négociation. Plus que jamais, les principes de réalité l’emportent sur les ressources de l’imagination.

Courrier hebdomadaire

Le nouveau mouvement bruxellois

Courrier hebdomadaire n° 2103-2104, par Jean-Paul Nassaux, 88 p., 2011

En 2003, l’asbl Manifesto publie un manifeste où elle dénonce l’inadéquation des institutions politiques avec la réalité multiculturelle bruxelloise. Elle organise l’année suivante un colloque sur le thème « Quelle(s) communauté(s) pour les Bruxellois  ? ». Ainsi commençait à s’exprimer un malaise de Bruxellois francophones et néerlandophones vis-à-vis du fonctionnement politique et de la structure institutionnelle belges. Ils demandaient la création d’une « Communauté bruxelloise ». Deux autres associations intéressées par une approche semblable sont créées en 2005  : bruXsel forum et Aula Magna. Les trois associations vont dès lors agir de façon concertée. En décembre 2006, un appel intitulé « Nous existons  ! Wij bestaan  ! We exist  ! » est adressé par internet. Il est largement relayé par la presse et recueille assez rapidement plusieurs milliers de signatures. Le mouvement ainsi créé associe la société civile dans la présentation, en mars 2008, d’une plate-forme commune pour l’avenir de la Région de Bruxelles-Capitale, puis mobilise les universités lors des États généraux de Bruxelles fin 2008 et début 2009. Entre-temps, un nouveau parti, Pro Bruxsel, apparaît sur la scène politique avec un programme basé sur la plate-forme de mars 2008. Jean-Paul Nassaux décrit la naissance du nouveau mouvement bruxellois. Il analyse la nature et la dynamique de ses principaux acteurs, le contenu de leurs revendications et les critiques dont elles font l’objet de la part d’universitaires et d’acteurs traditionnels de la vie bruxelloise. Il s’interroge aussi sur l’ampleur de la diffusion des idées fortes du nouveau mouvement auprès des Bruxellois  : promotion du multilinguisme, importance accordée à l’enseignement, projet culturel commun, rôle international de Bruxelles, communauté urbaine pour des matières telles que l’aménagement du territoire et la mobilité, réexamen du rôle des communes, etc.

Courrier hebdomadaire

Les résultats des élections fédérales du 13 juin 2010

Courrier hebdomadaire n° 2082-2083, par Pierre Blaise, Vincent de Coorebyter, Jean Faniel, 98 p., 2010

Le 13 juin 2010, pour la vingt-et-unième fois depuis la Seconde Guerre mondiale, les électeurs ont été appelés, de manière anticipée, à renouveler la composition de la Chambre des représentants et du Sénat. Ces élections fédérales ont vu, comme celles de 2007, d’importantes modifications de la carte électorale. Pour la première fois, le parti arrivé en tête du scrutin en Flandre et à l’échelon national est un parti nationaliste flamand, la N-VA, et non plus une formation issue d’une des trois familles politiques traditionnelles. En Wallonie et en Communauté française, le PS a repris la position de premier parti, que le MR lui avait ravie en 2007. Alors que les enjeux communautaires ont marqué le scrutin dans tout le pays, ils ont manifestement eu un impact différent sur l’électorat flamand et sur l’électorat francophone. À côté du succès rencontré par la N-VA et par le PS, la plupart des principales autres formations politiques ont subi un recul plus ou moins prononcé. Le FN a perdu toute représentation parlementaire, tandis que le Parti populaire a fait son entrée à la Chambre des représentants. Comme par le passé, le CRISP analyse la participation électorale et les résultats des listes à la Chambre des représentants et au Sénat à différents niveaux de totalisation des résultats. La composition des deux assemblées élues est comparée aux précédentes. Une analyse des coalitions gouvernementales possibles est également présentée, compte tenu de divers facteurs, dont les majorités spéciales qui devraient s’avérer nécessaires dans un contexte de réforme institutionnelle.

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Élections fédérales et familles politiques : résultats contrastés et tendances communes

par Jean Faniel, paru dans Humanisme & Solidarité, n° 18, juillet 2010, 5 p.

Le scrutin fédéral du 13 juin 2010 a livré un résultat clair. Parmi les douze partis politiques représentés au Parlement fédéral sous la 52e législature (2007–2010), neuf ont subi un recul par rapport à 2007, un (Groen!) a connu une légère progression, et deux sont sortis largement vainqueurs : la N-VA en Flandre et le PS du côté francophone. Une treizième formation a réalisé un résultat lui permettant de faire son entrée à la Chambre des représentants : le Parti populaire. Dans cet article, Jean Faniel met en évidence quelques tendances de ce scrutin et s’interroge sur les performances des « familles politiques » lors de ces élections.

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Élections, partis et financement public : les retombées financières du scrutin du 13 juin 2010

par Jean Faniel, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 25 juin 2010

Depuis 1971, les deux assemblées du Parlement fédéral octroient des subsides aux groupes politiques constitués en leur sein afin d’assurer leur fonctionnement. La loi du 4 juillet 1989 relative à la limitation et au contrôle des dépenses électorales, ainsi qu’au financement et à la comptabilité ouverte des partis politiques a introduit un mécanisme de financement public des partis représentés dans ces mêmes assemblées. Les sommes versées aux groupes au titre de subside sont calculées sur la base du nombre de membres que comptent les groupes politiques. Celles versées aux asbl de financement des partis au titre de dotation publique fédérale dépendent du nombre de voix récoltées lors du dernier scrutin fédéral. Par conséquent, le renouvellement du Parlement fédéral a non seulement des conséquences politiques sur les partis, notamment du point de vue de la répartition des sièges, mais il a également des répercussions financières sur les moyens attribués aux partis et aux groupes politiques.

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« Le curieux destin des libéraux »

par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 22 juin 2010, p. 28

Le MR a fait un résultat historiquement bas aux élections du 13 juin 2010, plus frappant encore que l’excellent score du PS. Ce nouveau recul étonne d’autant plus que les libéraux avaient le vent en poupe au début des années 2000, que l’évolution de la société et de l’économie semble devoir leur être favorable, et que leurs idées ont progressé dans le champ politique. Ils souffrent peut-être, aujourd’hui, de ne plus se démarquer suffisamment des autres partis, ce qui pose la question de leur ligne politique. Les autres hypothèses sur leur déclin récent montrent qu’il est réversible, mais aussi que le MR devra faire face à des questions difficiles.

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« Une étonnante continuité »

par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 15 juin 2010, p. 14

Les résultats des élections fédérales du 13 juin 2010 ont été interprétés comme un tremblement de terre. Cette expression est impropre du point de vue historique du côté francophone : le très haut score du PS, qui lui donne 15 % d’avance sur le MR en Wallonie, n’est pas une première dans l’histoire de ce parti, qui renoue en fait avec la suprématie qu’il a longtemps connue. Il y a par contre une vraie rupture quantitative en Flandre, mais qui ne doit pas masquer la continuité des choix des citoyens en faveur des mêmes tendances politiques depuis 20 ans, et qui doit s’interpréter à la lumière du contexte récent, contexte qui balise aussi les négociations institutionnelles à venir.

Les @nalyses en ligne

« Les projets politiques des Wallons et des Flamands divergent de plus en plus »

par Jean Faniel, paru sur metrofrance.com, 9 juin 2010

Les élections fédérales anticipées braquent les projecteurs des médias internationaux sur la Belgique. Connu pour sa complexité et pour ses tensions communautaires, et étant situé au cœur de l’Europe, le pays intrigue. Quatre jours avant les élections, le quotidien gratuit Metro France a proposé un tchat avec Jean Faniel, chercheur au CRISP. Ses réponses aux questions des internautes permettent de resituer les éléments de la crise institutionnelle actuelle et de la campagne électorale dans une perspective de moyen et de long terme.

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« Pourquoi encourager vos jeunes à voter »

par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Ligueur, n° 12, 9 juin 2010, p. 10

Face à la crise gouvernementale et à la complexité institutionnelle du pays, la tentation est grande de se désintéresser de la politique. D’autant qu’une campagne a été lancée pour encourager l’absentéisme aux prochaines élections fédérales. Quel message les parents peuvent-ils adresser aux jeunes pour les inciter à voter le 13 juin 2010 ? Pour répondre à cette question, il faut à la fois replacer ce scrutin dans son contexte, entendre les frustrations légitimes des citoyens, mais aussi rappeler les mécanismes de base d’un scrutin démocratique, en soulignant ses atouts et sans nier ses limites.

Courrier hebdomadaire

La préparation des élections fédérales du 13 juin 2010

Courrier hebdomadaire n° 2061-2062, par Pierre Blaise, Vincent de Coorebyter, Jean Faniel, 89 p., 2010

Le 13 juin 2010, quelque 7 700 000 électeurs participeront au renouvellement des assemblées législatives fédérales. Parmi eux, 42 089 sont des Belges résidant à l’étranger. Le Courrier hebdomadaire énonce dans une première partie les circonstances qui ont conduit à la convocation anticipée de ces élections fédérales et décrit le contexte dans lequel elles se tiennent, en particulier en ce qui concerne l’organisation des élections dans la circonscription de Bruxelles-Hal-Vilvorde, le dépôt des listes, le vote automatisé et l’inscription sur les listes électorales de Belges vivant à l’étranger. La deuxième partie rappelle les résultats des élections antérieures dans les deux assemblées à renouveler. Les tendances générales observées en 2007 sont rappelées, de même que les progressions ou reculs enregistrés par les listes ayant une représentation au Parlement et les modifications intervenues dans la hiérarchie des partis. Les résultats en voix et en sièges pour la Chambre sont présentés à l’échelle territoriale des provinces qui, à l’exception de la province de Brabant flamand, coïncident avec les circonscriptions électorales depuis le scrutin de 2003. En outre, une dernière section rappelle de manière synthétique les résultats des élections régionales et communautaires tenues le 7 juin 2009. Le détail des résultats est également fourni par circonscription pour le Parlement flamand et par province pour le Parlement wallon. La troisième partie donne un aperçu général des listes en présence avant de commenter la présentation des candidats par les partis dans chaque circonscription électorale pour la Chambre et dans les deux collèges électoraux pour le Sénat.

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« Voter pour des idées »

par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 25 mai 2010, p. 21

La campagne en vue des élections du 13 juin 2010 est atypique, très prudente, comme pour conjurer le sentiment de crise. A la différence des scrutins précédents, celui-ci n’est pas précédé par des spéculations susceptibles d’orienter les choix des électeurs, qu’il s’agisse de résultats de sondages ou de formules de coalition gouvernementale. Ne faisant pas face, en outre, à un bilan clair, et se voyant proposer des candidats qui, pour une large part, se présentaient déjà en 2009, les électeurs pourraient être conduits à voter en fonction des programmes des partis, ce qui est finalement assez inhabituel en Belgique.