« Un mauvais départ pour la politique des cultes »
interview de Caroline Sägesser par Marie-Cécile Royen, parue dans Le Vif/L’Express, 14 janvier 2021, p. 44-46
Les remous autour de l’Exécutif des musulmans de Belgique relancent le débat sur l’intervention de l’État dans la gestion des cultes. Est-elle autorisée et nécessaire ?
Podcasts
Covid, un an après le premier cas
intervention de Benjamin Biard diffusée dans Carrefour de l’info sur Arabel avec Tarik Laabi, 8 février 2021
Cela un fait an que le 1er cas de Covid a été détecté chez nous, un an après l’occasion d’aborder les réactions qui ont fleuri sous différentes formes à la gestion de la pandémie avec Benjamin Biard docteur en sciences politiques. Il est chargé de recherches au sein du secteur socio-politique du CRISP.
Courrier hebdomadaire
La répression des collaborations, 1942-1952. Nouveaux regards sur un passé toujours présent
Courrier hebdomadaire n° 2469-2470, par Luc Huyse, Steven Dhondt, Bruno De Wever, Koen Aerts, Pieter Lagrou, 66 p., 2020
Les années d’occupation qu’a connues la Belgique au cours de la Seconde Guerre mondiale ont notamment été marquées par le fait que plusieurs dizaines de milliers de citoyens ont posé des actes de collaboration avec les autorités allemandes. Une fois restauré, l’État belge a ensuite mené une politique de répression, par laquelle il a entendu faire payer à ces personnes le prix de leur comportement jugé incivique. En 1993, est paru au CRISP l’ouvrage La répression des collaborations, 1942-1952 : un passé toujours présent , dans lequel L. Huyse et S. Dhondt retracent la genèse et l’application de cette politique de répression. Depuis lors, près de trente ans se sont écoulés, durant lesquels la recherche scientifique a réalisé de considérables progrès dans l’étude de cette thématique toujours sensible : des sources inédites sont devenues accessibles, des pans de connaissance ont été complétés ou révisés, de nouveaux questionnements ou angles d’approche sont apparus, des problématiques ou perspectives ont été renouvelées, etc. Plus encore que par le nombre des publications (qui va sans cesse croissant), c’est par une exploration continue de ce qui constituait auparavant autant d’angles morts tenaces que la recherche a pu approfondir ce que L. Huyse et S. Dhondt avaient mis en lumière. Dès lors, les deux auteurs ont entrepris de doter leur ouvrage d’une mise à jour, sous la forme de quatre chapitres supplémentaires. Ils ont eux-mêmes pris la plume pour l’un d’entre eux, et ont confié les trois autres respectivement aux historiens B. De Wever, K. Aerts et P. Lagrou. Paraissant trois quarts de siècle après la Libération, et alors que collaboration et répression restent toujours deux phénomènes indissociablement liés à la Seconde Guerre mondiale dans la mémoire collective belge, ce complément résorbe des angles morts importants et met à bas des mythes bien ancrés. Ce Courrier hebdomadaire peut être découvert seul ou accompagné de l’ouvrage de 1993. Une offre spéciale permet de commander les deux volumes à un prix avantageux. Offre spéciale
Les @nalyses en ligne
La société civile, victime mais aussi actrice de la crise sanitaire
par Vincent Lefebve et Benjamin Biard, paru dans Imag, le magazine de l’interculturel, n° 353, septembre 2020, p. 10-14
La période de confinement qui s’est étendue du 17 mars au 4 mai 2020 et celle de déconfinement qui a suivi ont été marquées par une intense activité au sein de la société civile. Très nombreux sont les acteurs, issus du secteur associatif, du monde académique ou d’autres segments de la vie sociale, à être intervenus dans l’espace public. Quelles ont été ces interventions ? Sur quoi ont-elles porté ? Comment ont-elles évolué après le confinement ? Bref, dans quelle mesure peut-on considérer la crise comme le catalyseur d’une nouvelle configuration socio-politique ?
Les @nalyses en ligne
Associatif en crise et en temps de crise
interview de Jean Faniel et Vincent Lefebve par Christophe De Mos, parue dans PluriCité, n° 25, 2020, p. 12-21
Comme le reste de la société, le tissu associatif et syndical belge a été chamboulé par la crise sanitaire puis socio-économique engendrée par la pandémie de coronavirus. Revenir sur les caractéristiques de cette société civile permet de mieux saisir le bouleversement que celle-ci traverse actuellement et de s’interroger sur les transformations à plus long terme auxquelles il lui faudra faire face.
Podcasts
Crise pandémique et mobilisations sociales
intervention de Benjamin Biard et Vincent Lefebve diffusée dans L’actualité en 3D sur Radio Panik avec Julien Pieret, 7 septembre 2020
Entre le 18 mars et le 4 mai 2020, la Belgique, à l’instar de l’ensemble des pays du monde, a vécu une période inédite dans son histoire et par son ampleur : quasi 2 mois de confinement physique, 2 mois d’angoisse collective, 2 mois de sidération sociale... Si aujourd’hui, le strict confinement est prudemment levé, la situation sociale, économique et politique demeure particulièrement inquiétante et l’avenir incertain. Cependant, tout au long du confinement, une série d’acteurs, rompus ou non aux combats sociaux, ont pris la parole en vue et à court terme de peser sur la gestion de cette crise autant sanitaire que sociale, à long terme d’en tirer les leçons susceptibles de baliser une profonde (r)évolution de notre système politique et économique. C’est précisément ces mobilisations, diversifiées et réinventées, que nous analyserons lors de cette émission de rentrée : comment la société civile belge a-t-elle vécu cette crise et comment en imagine-t-elle la sortie ? Pour aborder cette question, nous aurons le plaisir de nous entretenir avec Benjamin Biard et Vincent Lefebve, chargés de recherche au CRISP (le Centre de recherche et d’information socio-politiques) et Serge Govaert, administratreur du CRISP et tous troisauteurs d’un Courrier hebdomadaire (n° 2457-2458) récemment publié et intitulé « Penser l’après-corona. Les interventions de la société civile durant la période de confinement causée par la pandémie de covid-19 (mars-mai 2020) », une publication parmi de nombreuses autres que le CRISP a consacrées à la crise pandémique et dont nous avions déjà fait écho sur cette antenne.
Courrier hebdomadaire
Penser l’après-corona. Les interventions de la société civile durant la période de confinement causée par la pandémie de Covid-19 (mars-mai 2020)
Courrier hebdomadaire n° 2457-2458, par Benjamin Biard, Serge Govaert, Vincent Lefebve, 127 p., 2020
En Belgique, la période de confinement décidée par les autorités publiques pour lutter contre les effets de la pandémie de Covid-19 s’est étendue, au sens strict, du 18 mars au 4 mai 2020. A priori , cette période n’était guère propice aux mobilisations des citoyens, en particulier puisqu’il leur était interdit de se réunir. Pourtant, s’est alors manifestée une importante effervescence intellectuelle et militante, qui s’est traduite par de multiples prises de position de la société civile. Il s’est agi, d’une part, de répondre aux défis suscités par la crise sanitaire et, d’autre part, de préparer la période « post-corona ». Ces initiatives ont essentiellement pris la forme de cartes blanches publiées dans la presse (et relayées sur les réseaux sociaux) et de lettres ouvertes adressées aux responsables politiques. Des débats en ligne, des enquêtes participatives, des manifestations virtuelles, etc. ont aussi pris place, de même que quelques actions dans l’espace public malgré leur interdiction. Ce Courrier hebdomadaire donne un aperçu aussi large que possible des interventions collectives qui se sont manifestées et entrecroisées au cours de ces sept semaines de confinement. Partant, il recense autant que faire se peut les mobilisations qui ont accompagné ces interventions et éclaire les constellations d’acteurs qui les ont organisées ou y ont souscrit. Les revendications exprimées par la société civile sont présentées selon neuf pôles : le financement des services publics (et, en particulier, celui du système de soins de santé) ; la culture et le sport ; l’enseignement ; la pauvreté et les inégalités sociales ; la place et le sens du travail ; les urgences sanitaire et écologique ; le capitalisme et la mondialisation ; les libertés fondamentales ; le renouvellement démocratique et la participation citoyenne.
Courrier hebdomadaire
La campagne TAM TAM
Courrier hebdomadaire n° 2448-2449, par Robin Van Leeckwyck, 58 p., 2020
Le programme puis la politique du gouvernement fédéral Michel I (N-VA/MR/CD&V/Open VLD) ont provoqué une vague de contestations. Entre 2014 et 2019, les syndicats ont organisé nombre de manifestations de protestation. Parallèlement, au sein du monde associatif, de nouveaux mouvements sociaux et citoyens ont émergé, tels que Hart boven Hard (HBH), Tout autre chose (TAC), la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés (BxlRefugees), les Gilets jaunes ou les marches pour le climat. Craignant de voir la coalition fédérale au pouvoir être reconduite après les élections du 26 mai 2019, différents acteurs mobilisés contre le gouvernement Michel I ont œuvré, à partir du mois de janvier 2017, à mettre en place une campagne nationale d’information, de sensibilisation et de mobilisation en vue du scrutin à venir : la campagne TAM TAM (acronyme signifiant initialement « Un tout autre mouvement pour un tout autre monde »). Ce Courrier hebdomadaire propose une analyse détaillée de cette campagne. Il s’intéresse successivement à la genèse et à la mise en place de TAM TAM, au déroulement de la campagne (divisé en trois « saisons » entre février 2018 et mai 2019), à la nature et à l’objectif de TAM TAM, à l’organe central de TAM TAM qu’est le bureau (évolution de la composition, importance de la présence syndicaliste et mutuelliste, etc.), au financement de la campagne et à la communication de TAM TAM. Il n’est certes pas possible de mesurer l’influence que la campagne a eue in fine sur le cours et les résultats du scrutin du 26 mai 2019 – ni même de savoir si impact il y a eu. Il n’en reste pas moins que, tout au long de sa courte existence, TAM TAM a été l’un des acteurs de l’union des luttes menées au sein du milieu associatif et syndical pour la justice sociale, climatique et migratoire.
Courrier hebdomadaire
La Belgique entre crise politique et crise sanitaire (mars-mai 2020)
Courrier hebdomadaire n° 2447, par Jean Faniel, Caroline Sägesser, 44 p., 2020
Au début du mois de mars 2020, la Belgique rejoint la liste des pays touchés par la pandémie de Covid-19, maladie infectieuse apparue quelques mois plus tôt en Chine et provoquée par le coronavirus SARS-CoV-2. Or, à ce moment-là, la Belgique est plongée dans une crise politique qui semble d’une gravité sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale : depuis plus d’un an, le pays est dirigé par des gouvernements fédéraux en affaires courantes et minoritaires et, depuis près de dix mois, le monde politique cherche en vain à mettre en place un gouvernement fédéral de plein exercice et disposant d’une majorité au sein de la Chambre des représentants issue des élections du 26 mai 2019. Cette irruption soudaine d’une crise sanitaire majeure met la crise politique en mode pause. Afin de gérer la pandémie, un gouvernement fédéral Wilmès II (MR/CD&V/Open VLD) prête serment devant le roi le 17 mars 2020, puis obtient successivement la confiance d’une majorité de membres de la Chambre des représentants (le 19 mars) et une délégation de pouvoirs spéciaux par une majorité plus large encore de députés fédéraux (le 26 mars). La Première ministre, Sophie Wilmès (MR), s’engage à borner son action à la gestion de la crise et à ses conséquences, et à revenir demander la confiance de l’assemblée dans un délai de six mois. Les pouvoirs spéciaux sont accordés pour une période de trois mois, renouvelables une fois. La crise politique peut donc apparaître temporairement résolue ; toutefois, à mesure que l’urgence sanitaire s’estompe, elle refait surface. Dans ce Courrier hebdomadaire , le CRISP relève les principales tensions qui ont émaillé la gestion de la crise et les critiques que celle-ci a suscitées, puis fait le point sur la situation politique fédérale après huit semaines de gouvernement Wilmès II et trace des pistes de réflexion pour l’avenir politique au niveau fédéral. Exceptionnellement, cette publication est dès à présent accessible librement en ligne .
Les @nalyses en ligne
La conservation des archives, un enjeu démocratique délaissé
interview de Jean Faniel par Marie-Laurence Dubois et Sarah Lessire, parue dans archivistes.be, 30 janvier 2020
Pour toutes les disciplines scientifiques, la consultation d’archives est indispensable. La conservation de celles-ci est dès lors cruciale. Plus largement, conservation et consultation des archives, publiques ou privées, représentent un véritable enjeu démocratique. Mais l’attention accordée à ce domaine, le cadre légal et les moyens alloués apparaissent souvent déficients, particulièrement en Belgique francophone.
Les @nalyses en ligne
Le Centre d’action laïque a cinquante ans : et s’il changeait de nom ?
par Caroline Sägesser, paru dans La Revue nouvelle, n° 7, novembre 2019, p. 7-10
Le Centre d’action laïque (CAL) a été fondé en 1969 pour fédérer les mouvements laïques francophones et en représenter les membres devant les pouvoirs publics. L’action du CAL a notamment permis la reconnaissance des organisations philosophiques non confessionnelles et leur financement public, au même titre que les cultes. La laïcité dite organisée est aujourd’hui un élément constitutif du pluralisme de la société belge. Le moment est peut-être venu de redéfinir son identité afin de restituer au principe de laïcité son statut de bien commun.
Podcasts
Piliers, dépilarisation et clivage
intervention de Caroline Sägesser diffusée dans L’édition de la rédaction sur Arabel avec Tarik Laabi, 17 décembre 2019
Notre invitée dans l’édition de la rédaction Caroline Sägesser, docteur en Histoire, chargée de la recherche au sein du CRISP / Centre de recherche et d’information socio-politiques qui a coordonné le livre sous le titre : Piliers, Dépilarisation et Clivage philosophique en Belgique.
Les @nalyses en ligne
Cultes et laïcité dans les accords de gouvernement des entités fédérées
par Caroline Sägesser, paru sur dans une version courte sur o-re-la.org, 25 octobre 2019
La Belgique a voté le 26 mai 2019. État fédéral, elle a procédé, outre à l’élection de ses députés européens, au renouvellement tant des parlements de Région et de Communauté que du Parlement fédéral. Six mois plus tard, les négociations pour former un gouvernement fédéral sont loin d’aboutir, tandis que tous les gouvernements des Communautés et des Régions ont été constitués. Quelles dispositions les accords de gouvernement de ces niveaux de pouvoir prévoient-ils pour les cultes et la laïcité ? Cette @nalyse aborde quatre thématiques : les communautés cultuelles locales, les cours de religion et de morale, les questions relatives à la laïcité et/ou à la neutralité et les questions liées à la prévention du radicalisme religieux.
Livres
Piliers, dépilarisation et clivage philosophique en Belgique
Livre, par Anne-Sophie Crosetti, Caroline Sägesser, Jean Faniel, Lynn Bruyère, 288 p., 2019
La « pilarisation », concept venant des Pays-Bas et emprunté au néerlandais « verzuiling », constitue une des caractéristiques fondamentales de la société belge. Construit historiquement dès le début du 19 e siècle sur les clivages philosophique et socio-économique, ce système d’organisation sociale et politique a mené à la construction de milieux sociaux séparés. Ces « piliers », fondés sur une même idéologie (catholique, laïque, libérale ou socialiste), encadrent les individus du berceau au tombeau au travers d’organisations qui leur sont propres, telles que des écoles, des hôpitaux, des mutualités, des syndicats, des coopératives, des mouvements de jeunesse et parfois un parti. Depuis plusieurs décennies, se pose la question de la dépilarisation. Les changements sociétaux concomitants à une ouverture et à une reconfiguration des piliers ont engendré une restructuration de la société, et ce, notamment, au travers d’une multiplication de nouvelles organisations. Si un processus de dépilarisation semble avoir été entamé dès les années 1960, qu’en est-il aujourd’hui ? Reste-t-il, dans la société belge, des résidus de pilarisation et de quelle façon sont-ils visibles ? À travers de nombreuses études de cas abordant l’action de la société civile, cet ouvrage examine différentes facettes du pays sous l’angle de son rapport à la pilarisation en s’attachant tout particulièrement à prendre en compte les dimensions sociologique, politique et historique du phénomène et en ciblant plus spécifiquement le déclin supposé du clivage philosophique. Publié avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles
Les @nalyses en ligne
L’autonomie, pour quoi faire ?
par Jean Faniel, paru dans Imagine demain le monde, n° 131, janvier-février 2019, p. 34-35
Se donner ses propres règles de fonctionnement, s’administrer soi-même est souvent perçu comme une forme d’émancipation, une nécessité, voire un Graal. Dans certains cas cependant, l’autonomie peut se transformer en mantra, en contrainte, en fardeau ou en moyen d’échapper à tout contrôle. Tout dépend de la réalité qui l’entoure.
Dossiers
L’art et son marché (2018)
Dossier n° 89, par Anne-Sophie Radermecker, Sybille du Roy de Blicquy, 153 p., 2018
Concevoir l’œuvre d’art comme une marchandise n’est pas chose aisée, en raison de son statut artistique. Pourtant, refuser de penser l’art sous l’angle du marché revient à négliger toute une réalité qui l’entoure et participe à sa définition.
Si le négoce de l’art renvoie l’image d’une niche réservée à l’élite, la réalité est bien plus variée. Artistes, conservateurs, experts, marchands, galeristes, commissaires-priseurs ou collectionneurs travaillent souvent dans la discrétion et dans un environnement incertain, dépendant d’un ensemble de contingences économiques, sociales, politiques et culturelles.
Vu sa longue et riche tradition artistique, la Belgique entretient des liens étroits avec l’économie de l’art. Nombre d’artistes plasticiens belges, de toutes époques, sont aujourd’hui des représentants majeurs de l’histoire de l’art et leurs œuvres circulent sur le marché de l’art. Pour sa part, Bruxelles continue à s’imposer sur la scène internationale de l’art contemporain. Malgré cela, peu d’études existent en Belgique francophone sur l’impact de cette économie florissante, mais difficile à cerner en raison notamment de l’opacité de ce marché.
Ce Dossier présente les principaux protagonistes du marché, privés et publics, et les interactions qui s’établissent entre eux. Sont examinés tour à tour l’offre du marché de l’art sous l’angle de l’artiste et de l’œuvre, les différents intermédiaires qui interviennent entre l’offre et la demande, et la demande elle-même.
Podcasts
Pour une portée de dollars... Je festivale, tu festivales, il...
intervention de Christophe Goethals et Marcus Wunderle diffusée dans La bande à Piksou sur Radio Panik, 21 mai 2018
La saison des festivals pointe son nez. On va donc parler musique. Mais pas comme on l’entend d’habitude. Cette émission envisage les festivals sous les angles « subsides », « offre », « agents », « concurrence » et « LiveNation ». Elle revient sur la « festivalisation », c’est-à-dire la tendance à la multiplication, à la diversification et à la massification des festivals en Belgique et en Europe. Cette festivalisation connaît-elle un essoufflement ?
Courrier hebdomadaire
Le projet de Centre de formation pour sportifs de haut niveau (CFSHN)
Courrier hebdomadaire n° 2352, par Jérôme Defosse, 35 p., 2017
Le projet de doter les athlètes francophones d’un Centre de formation pour sportifs de haut niveau (CFSHN) remonte à plusieurs décennies. Mais la Communauté française a longtemps été réticente à l’idée d’investir dans une telle infrastructure, notamment parce qu’elle estimait préférable de soutenir le « sport pour tous ». En 2009, le gouvernement Demotte II (PS/Écolo/CDH) ouvre la voie à un aboutissement potentiel du dossier. Porté par le ministre des Sports, le projet consiste alors en un centre unique, qui réunirait l’ensemble de l’élite sportive dans une installation de grande ampleur : quelque 87 000 m², pour un total de 70 millions d’euros. Rapidement, la question de la localisation du futur CFSHN constitue une importante source de tensions au sein du gouvernement, dont certains membres défendent des intérêts sous-régionaux, notamment pour des motifs électoraux. André Antoine (CDH) soutient la candidature de Louvain-la-Neuve, tandis que Jean-Claude Marcourt (PS) est favorable à celle de Liège. Au final, les négociations mènent, le 6 mars 2012, à la victoire de l’option néo-louvaniste. Toutefois, le projet retenu est bien moindre que dans sa mouture initiale : il se réduit à la construction d’une piste d’athlétisme couverte, pour une surface de 10 000 m² et un budget de 20 millions d’euros (auxquels s’ajoutent toutefois des fonds pour diverses réalisations connexes, à Louvain-la-Neuve ou à Liège). Les divers centres locaux sont donc maintenus, au grand soulagement de nombre d’entre eux. Le dossier du CFSHN doit ensuite résoudre les problèmes qui se posent dans le choix du maître d’œuvre technique et financier, après que la Province de Brabant a décidé de se retirer du projet néo-louvaniste. Enfin, les travaux débutent au printemps 2017, pour une inauguration prévue deux ans plus tard. J. Defosse retrace le processus ayant mené à l’adoption du projet de CFSHN et analyse les enseignements de ce dossier quant à la prise de décision en Belgique francophone.
Livres
Les classes sociales en Belgique. Deux siècles d’histoire
Livre, par Guy Vanthemsche, 461 p., 2016
Après avoir été fort en vogue jusque dans les années 1970, la notion de classes sociales a connu une longue période de désaffection. Depuis lors, les identités nationales, ethniques ou religieuses ont retenu l’attention des chercheurs. Pourtant, les classes sociales restent un élément crucial pour comprendre l’évolution de notre société contemporaine. Ce livre vise à combler une lacune en offrant une synthèse des connaissances actuelles sur l’histoire des différents groupes socio-économiques en Belgique en se focalisant sur les XIXe et XXe siècles : les salariats en général et leurs relations avec les marchés du travail, les ouvriers, les employés, les fonctionnaires, les agriculteurs, les indépendants, les professions libérales et les élites économiques. Cet ouvrage a été couronné par le Prix Ernest Discailles décerné par l’Académie royale de Belgique.
Dossiers
La production cinématographique (2016)
Dossier n° 86, par Fabienne Collard, Christophe Goethals, John Pitseys, Marcus Wunderle, 117 p., 2016
Le cinéma est souvent désigné comme le septième art. Il est aussi une industrie, avec ses activités de production et de commercialisation, ainsi que ses questions de financement et de rentabilité. Comme d’autres activités culturelles et économiques, le cinéma connaît de profondes évolutions, liées notamment à des mutations technologiques. Ainsi, un des enjeux majeurs à l’heure actuelle est la dématérialisation des contenus et son impact sur toute la filière de production cinématographique. Vu sous ce double angle culturel et économique, le secteur du cinéma a rarement fait l’objet d’une étude générale, encore moins en Belgique francophone. Le présent dossier vise à combler cette lacune. La première partie dresse un état des lieux général de l’organisation et des acteurs de l’industrie cinématographique en décrivant la chaîne de production du film. La deuxième se concentre sur la production cinématographique en analysant le secteur et son évolution, tant en termes d’entreprises et d’emplois que de types de production. La troisième partie décrit les sources de financement de la production en accordant une attention particulière aux soutiens publics apportés par les différents niveaux de pouvoir. L’aide des pouvoirs publics s’avère cruciale dans la structuration de la production cinématographique et dans le type d’œuvres produites. Mais rien ne permet d’affirmer que ce développement sera pérenne compte tenu des transformations que traverse ce secteur, des moyens limités des pouvoirs publics et de la concurrence fiscale internationale.
Les @nalyses en ligne
Qui a tué Driss ? La trêve ou le sacrifice du bouc émissaire
par John Pitseys, paru dans La Revue nouvelle, n° 4, juillet 2016, p. 70-74
Qui a tué Driss ? Qui lui a fait la peau bleue ? Footballeur professionnel pour le club de Heiderfeld, situé quelque part en Gaume, Driss Assani a été retrouvé mort dans la Semois, atteint d’une balle, les os brisés, le crâne défoncé. Récemment muté au village de Heiderfeld où il a vécu une partie de son adolescence, l’inspecteur Yoann Peeters conclut rapidement à un crime et est chargé de mener l’enquête. Toutefois, l’assassin n’est pas forcément le seul coupable. Si le bourreau est celui qui actionne la guillotine, c’est bien la foule qui amène l’agneau pantelant à l’abattoir : la dissection télévisuelle du petit village de Heiderfeld opérée par la série belge diffusée à l’hiver dernier par la RTBF nous parle aussi de politique.
Les @nalyses en ligne
Vers un essoufflement de la fièvre festivalière en Belgique ?
par Christophe Goethals, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 30 juin 2016
Le foisonnement de festivals de musique que l’on peut observer en Belgique est devenu l’un des éléments qui font la réputation du pays à l’international. Leur nombre a considérablement augmenté ces trente dernières années, au point que certains parlent d’un phénomène de « festivalisation » pour caractériser, en Belgique comme ailleurs, cette tendance à la multiplication, à la diversification et à la massification des festivals. Ce phénomène a profondément modifié le paysage culturel. Les festivals jouent dorénavant un rôle important pour l’accès à la culture, au même titre que les institutions culturelles permanentes. Mais depuis quelques années, les festivals sont soumis à de très fortes pressions : concurrence accrue, crise économique et financière, diminution des budgets publics et, par conséquent, de certaines subventions... On peut dès lors s’interroger sur cette tendance à la multiplication des festivals : du fait d’un changement de contexte, n’assisterait-on pas à un essoufflement de la fièvre festivalière en Belgique ?
Courrier hebdomadaire
L’accord de coopération culturelle entre la Communauté française et la Communauté flamande
Conclu le 7 décembre 2012 et entré en vigueur quatorze mois plus tard, l’accord de coopération culturelle entre les Communautés française et flamande constitue l’aboutissement d’un très long processus politique. En effet, il a fallu plus de quarante ans aux deux partenaires institutionnels avant de parvenir à trouver un terrain d’entente. Jusqu’alors, les négociations avaient systématiquement achoppé sur la question de la territorialité des compétences culturelles. Ce point de crispation n’est d’ailleurs pas encore totalement réglé. Du côté flamand, certains acteurs politiques voient dans cet accord de coopération un cheval de Troie francophone menaçant l’homogénéité culturelle de la Flandre. Du côté francophone, d’aucuns reprochent à cet accord de ne pas concerner les francophones vivant en Flandre. Ces tensions expliquent aussi que, loin de concerner l’ensemble du domaine de la culture, le texte se limite à quelques matières bien spécifiques. Aujourd’hui encore, la question du champ d’application de l’accord du 7 décembre 2012 reste très délicate. D’une part, ses signataires disposent de la faculté d’allonger, d’un commun accord, la liste des matières culturelles concernées. D’autre part et surtout, un doute important plane sur la possibilité juridique de mettre en œuvre cet accord en région bilingue de Bruxelles-Capitale. C’est là le principal paradoxe de ce texte : alors que c’est en région bruxelloise qu’il apparaissait le plus utile, il n’est pas acquis qu’il pourra y déployer ses effets. En outre, alors que son objectif était d’apaiser les tensions communautaires, il avive, chez certains francophones, la crainte d’une gestion co-communautaire de la culture à Bruxelles. Le présent Courrier hebdomadaire aborde ces différents aspects de la problématique. Il fait également le point sur les premières réalisations concrètes issues de l’accord du 7 décembre 2012, en tentant de percevoir ce qu’elles laissent entrevoir pour l’avenir.
Courrier hebdomadaire
Le débat sur les institutions culturelles et scientifiques fédérales. Une étude de l’Académie flamande
Courrier hebdomadaire n° 2284-2285, par Els Witte, 53 p., 2015
Au fil des réformes de l’État successives, une large part des compétences relatives à la culture et à la recherche scientifique a été transférée aux Régions et aux Communautés : radio, télévision, musées, bibliothèques, universités, etc. Cependant, treize institutions culturelles et scientifiques continuent à dépendre du niveau fédéral, ayant des activités qui dépassent le cadre des entités fédérées et étant difficilement attribuables à une seule Région ou Communauté : les Archives générales du royaume, la Bibliothèque royale, l’Institut d’aéronomie spatiale, l’Institut royal météorologique, l’Institut royal du patrimoine artistique, l’Institut royal des sciences naturelles, le Musée royal de l’Afrique centrale, les Musées royaux d’art et d’histoire, les Musées royaux des beaux-arts, l’Observatoire royal, l’Orchestre national, le Palais des beaux-arts et le Théâtre royal de la Monnaie. Presque toutes situées en région bruxelloise, ces institutions prestigieuses sont importantes au niveau belge, européen et international. Elles gèrent un riche patrimoine national, à la fois artistique, historique et scientifique, et disposent d’une expertise reconnue dans leur domaine. Depuis plusieurs années, l’avenir des institutions culturelles et scientifiques fédérales est au centre de divers débats, marqués notamment par la réforme de BELSPO (le Service public de programmation de la Politique scientifique fédérale). Ces débats sont devenus particulièrement vifs depuis la formation du gouvernement Michel, suite à l’annonce des projets de la secrétaire d’État à la Politique scientifique, Elke Sleurs (N-VA). En 2015, ce thème a fait l’objet d’une étude publiée par l’Académie royale flamande de Belgique des Sciences et des Arts. Réalisé par l’historienne Els Witte, ce texte a semblé d’un grand intérêt au CRISP, qui a décidé de le porter à la connaissance du public francophone. Ce Courrier hebdomadaire est donc quelque peu atypique, puisqu’il constitue la traduction d’une étude parue en néerlandais.
Les @nalyses en ligne
La bande dessinée en Belgique francophone, un secteur qui compte
par Marcus Wunderle, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 17 décembre 2015
En Belgique francophone, les plus importantes maisons d’édition sont celles actives dans le secteur de la bande dessinée. Parallèlement, la BD représente la part la plus importante du chiffre d’affaires du secteur de l’édition francophone belge. En outre, elle génère des profits dérivés substantiels grâce aux adaptations audiovisuelles qui en découlent. Même passés sous le contrôle de groupes étrangers, les éditeurs francophones de BD historiquement belges maintiennent leur présence en Wallonie et à Bruxelles. Cette prépondérance de la BD dans l’édition en Belgique n’est pas neuve. Quelles sont les raisons de cette prééminence ? Et que représente le prolongement audiovisuel de ce segment de l’édition ?