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Disparitions d’enfants et Justice : émergence de nouveaux acteurs

Courrier hebdomadaire n° 1590-1591,
par B. Rihoux et S. Walgrave, 72 p., 1998

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Référence : CH1590-1591


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Depuis le mois d'août 1996, avec le déclenchement de l'affaire Dutroux et consorts, la Belgique est le théâtre de mobilisations d'une ampleur et d'un nombre jamais vus. Une crise de confiance nettement plus profonde que durant les années précédentes s'est développée entre les citoyens et de nombreuses institutions. Depuis l'été 1996, l'on a également assisté à des rebondissements multiples en relation avec des affaires d'enlèvements d'enfants, de pédophilie ou de maltraitance, Il s'est passé peu de semaines se sont passées sans qu'un développement ou une hypothèse ne fasse la une des médias. Développements et hypothèses qui sont depuis des mois au coeur des conversations quotidiennes, dans un contexte marqué par l'émotion, certes légitime, vu la nature des affaires en question. Au moment, donc, où les affaires de disparition d'enfants et de pédophilie continuent de défrayer la chronique dans le pays, comment s'engager dans une démarche de recherche politologique ou sociologique de ces phénomènes? Malgré le temps écoulé depuis les événements d'août 1996 et des mois qui ont suivi, la difficulté de maintenir le recul nécessaire demeure grande à cause de la charge émotive qui leur reste attachée. De plus, les dossiers et les enjeux soulevés restent d'actualité, notamment parce que les procès n'ont pas encore eu lieu et que différentes investigations (instruction judiciaire, mais aussi commission parlementaire) sont encore en cours. L'objet du présent Courrier hebdomadaire est l'analyse des nouveaux acteurs qui ont émergé sur la scène publique à l'occasion de ces affaires. C'est donc au niveau de ces acteurs individuels ou collectifs que l'on se placera, dans le prolongement d'une publication précédente (1). Non pas que l'analyse des réformes du système judiciaire ou des enquêtes en cours soient inintéressantes, mais parce que ces réformes et enquêtes n'auraient pas été possibles sans l'émergence de nouveaux acteurs défiant le système politico-institutionnel. D'autre part, pour mieux comprendre les enjeux qui traversent le pays depuis près de deux années, il importe de mieux identifier les logiques de construction et d'évolution de ces différents acteurs. Ces acteurs sont nombreux et se sont affirmés avec plus ou moins de vigueur. La plupart sont apparus au cours des années 1990, voire plus récemment dans le fil des événements de 1995-1996. Parmi les acteurs collectifs, l’on peut citer : - les associations flamandes Ouders van een vermoord kind - OVK, créée en 1993 par les parents de Joris Viville, et Hulpfonds voor Vermiste en Ontvoerde Kinderen - HOVK, créée dès 1991 à l'initiative de Eric Gijsbregts, le père de Nathalie Gijsbregts ; - l'asbl Marc et Corine, créée par Jean-Pierre Malmendier (le père de Corine Malmendier) et François Kistemann (le père de Marc Kistemann) en 1992 ; - l'asbl Opérations Marie-France Botte créée en 1995 ; - les « comités blancs» lancés en décembre 1996. Au fil des événements, des acteurs individuels se sont également affirmés, et, en premier lieu, des parents d'enfants disparus et/ou assassinés, plus médiatisés comme les Russe et les Lejeune, Marie-Noëlle Bouzet (la mère d'Elisabeth Brichet), Paul Marchal, les Benaïssa, Tiny Mast (la mère de Kim et de Ken Heyrman) ou moins médiatisés dans de nombreux autres cas. Dans la très grande majorité des cas, des groupements de fait se sont formés autour de chaque parent ou famille. Parfois, ces groupements ont pris la forme d'asbl, telle l'asbl Julie et Mélissa N’oubliez pas! autour des parents Russe-Lejeune, mais également autour de Marie-Noëlle Bouzet, des Marchal (Het Huis van An), ... Outre ces nouveaux acteurs ayant acquis une visibilité plus importante, il existe également dans le pays de nombreuses associations plus ou moins développées, à caractère national ou plus local, et qui se centrent sur les problèmes de l'enfance, de la maltraitance et de la pédophilie : les associations Parents-Secours, SOS Enfants, Écoute Enfants, Missing Children International Network, SOS Inceste Belgique, SOS Enfants-Parents, Fondation Nathalie, Ajade, Enfance Maltraitée, Enfance en Danger, etc. S'y ajoutent d'autres acteurs préexistants mais qui, de par leurs préoccupations, se sont particulièrement préoccupés de ces enieux : la Ligue des Familles, la Ligue des Droits de I'Homme, le CRASC, etc. A un autre niveau, il faut également citer différents acteurs de la sphère publique qui sont intervenus également de manière active et qui, le cas échéant, sont également porteurs de revendications : l'ONE, les Services d'Aide à là Jeunesse, la Délégation générale aux droits de l'enfant et de la jeunesse, ... (1) B. RIHOUX, S. WALGRAVE, L'année blanche. Un million de citoyens blancs. Qui sont-ils? Que veulent-ils ?, Coll. Petite bibliothèque de la citoyenneté, EVO, Bruxelles, 1997, 159 pages. Cet ouvrage analyse particulièrement l'évolution des mobilisations collectives d'août 1996 à juin 1997, mais aussi la genèse et le développement des 'comités blancs'.

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