[ { "type": "article-journal", "accessed": { "date-parts": [ [ "2026", 6, 18 ] ] }, "title": "L\u2019extr\u00eame-droite francophone face aux \u00e9lections", "title-short": "", "abstract": "Les \u00e9lections l\u00e9gislatives du 24 novembre 1991 ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9es notamment par un progr\u00e8s des listes d\u2019extr\u00eame droite, qui recueillent pr\u00e8s de 500.000 voix (environ 130.000 voix aux \u00e9lections l\u00e9gislatives de 1987). Cette progression importante est due principalement aux scores r\u00e9alis\u00e9s par le Vlaams Blok en Flandre : 383.441 voix, soit 10,9% (\u00e0 Bruxelles, il obtient 21.840 voix, soit 3,9%). Du c\u00f4t\u00e9 francophone, le poids des listes d\u2019extr\u00eame droite \u2013 en progr\u00e8s certain pour l\u2019une d\u2019entre elles \u2013 est plus faible (moins de 100.000 voix dont pr\u00e8s de 40.000 \u00e0 Bruxelles).La d\u00e9finition de l\u2019extr\u00eamisme de droite n\u2019est pas chose ais\u00e9e. Si seuls des groupes marginaux revendiquent cette appartenance, les mouvements \u00e0 vocation \u00e9lectorale ne l\u2019acceptent pas. Il n\u2019existe pas une extr\u00eame droite qui constituerait un ensemble monolithique mais des mouvements dont le corpus th\u00e9orique pr\u00e9sente des aspects conservateurs (sauvegarde des structures socio-\u00e9conomiques existantes, belgicisme et anti-f\u00e9d\u00e9ralisme), traditionalistes (restauration des \u2019valeurs \u00e9ternelles\u2019, monarchisme, maintien de la structure de l\u2019Etat), nationalistes, n\u00e9o-fascistes,... Un des traits communs \u00e0 ces mouvements est la x\u00e9nophobie, voire le racisme.L\u2019histoire et le cadre du d\u00e9veloppement des partis d\u2019extr\u00eame droite dans les deux principales communaut\u00e9s du pays ne permettent pas de les assimiler.Du c\u00f4t\u00e9 francophone, subsiste une pluralit\u00e9 de groupes dont \u00e9mergent surtout le Front national et plus localement Agir. Il n\u2019y a pas eu cr\u00e9ation d\u2019un p\u00f4le politique d\u2019extr\u00eame droite f\u00e9d\u00e9rateur de ces mouvements et groupes en raison notamment de l\u2019absence de leader et de groupe relais, de la difficult\u00e9 de chacun de ces groupes \u00e0 se structurer eux-m\u00eames et \u00e0 \u2019fid\u00e9liser\u2019 un \u2019personnel\u2019 politique.L\u2019histoire de ces groupes est faite de tensions internes successives qui souvent ont amen\u00e9 leur scission ou la cr\u00e9ation de nouveaux groupes par un nombre restreint de personnes. Les structures militantes de ces groupes sont peu nombreuses et peu organis\u00e9es. La progression du Front national aux \u00e9lections de 1991 peut \u00eatre partiellement attribu\u00e9e \u00e0 la disparition sur le terrain politique des listes concurrentes (essentiellement celles d\u00e9pos\u00e9es aux scrutins l\u00e9gislatifs pr\u00e9c\u00e9dents par le Parti des forces nouvelles) et \u00e0 la recherche de respectabilit\u00e9 qui a anim\u00e9 ses principaux dirigeants ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Jusqu\u2019aujourd\u2019hui, il n\u2019assure que tr\u00e8s partiellement un r\u00f4le f\u00e9d\u00e9rateur, au contraire du Front national en France ou du Vlaams Blok en Flandre.Autre distinction importante : le Vlaams Blok s\u2019inscrit dans la tradition nationaliste flamande tandis que les groupes d\u2019extr\u00eame droite du c\u00f4t\u00e9 francophone sont rest\u00e9s belgicistes et anti f\u00e9d\u00e9ralistes, \u00e0 l\u2019exception toutefois d\u2019Agir qui d\u00e9fend des positions r\u00e9gionales sans pour autant s\u2019inscrire dans l\u2019histoire du mouvement wallon.Ce num\u00e9ro du Courrier hebdomadaire du CRISP aborde les partis et mouvements d\u2019extr\u00eame droite \u2013 ou de droite extr\u00eame pour reprendre une expression de l\u2019un d\u2019entre eux \u2013 qui se pr\u00e9sentaient aux suffrages dans les arrondissements wallons et bruxellois le 24 novembre 1991, \u00e0 savoir le Front national, Agir, la Ligue europ\u00e9enne populaire \u00e9cologique et nationaliste (LEPEN) et le Parti communautaire national europ\u00e9en (PCN). La filiation de ces partis avec d\u2019autres ou l\u2019affiliation successive de certains de leurs dirigeants ou membres \u00e0 plusieurs mouvements au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, n\u00e9cessitent de retracer aussi l\u2019histoire du Parti des forces nouvelles (PFN), du Parti lib\u00e9ral chr\u00e9tien (PLC) et de l\u2019Union pour une nouvelle d\u00e9mocratie UND).", "language": "fre", "URL": "https://www.crisp.be/fr/catalogue/1149-lextremedroite-francophone-face-aux-elections.html", "author": [ { "family": "Brewaeys", "given": "Philippe" }, { "family": "Dahaut", "given": "V\u00e9ra" }, { "family": "Tolbiac", "given": "Ana\u00efs" } ], "contributor": "", "editor": "", "issued": { "date-parts": [ [ "2026", 2, 14 ] ] }, "container-title": "Courrier hebdomadaire du CRISP", "archive": "www.crisp.be", "journalAbbreviation": "Courrier hebdomadaire", "issue": "1350", "page": null, "ISSN": "", "note": "type: periodical\npublisher :CRISP\npublisher-place : Bruxelles" } ]