[ { "type": "article-journal", "accessed": { "date-parts": [ [ "2026", 8, 9 ] ] }, "title": "Les Forges de Clabecq. Chronique d\u2019une survie fragile (1992-1996)", "title-short": "", "abstract": "L\u2019origine des Forges de Clabecq remonte \u00e0 la construction, le 8 novembre 1781, par un entrepreneur bruxellois, Marc-Pierre Van Esschen, d\u2019un moulin \u00e0 battre le fer sur la Sennette. En 1819, la Fonderie et Platinerie en fer de Clabbeck comprend un haut-fourneau, des cylindres \u00e0 laminer et quatre makas, lourds marteaux destin\u00e9s \u00e0 battre le fer. Le 11 octobre 1888, l\u2019usine, dot\u00e9e d\u2019un laminoir et d\u2019un train \u00e0 t\u00f4les, adopte le statut de soci\u00e9t\u00e9 anonyme : la SA des Forges de Clabecq, dirig\u00e9e par la famille Goffin. D\u00e9but 1911, la soci\u00e9t\u00e9 passe, sous l\u2019impulsion d\u2019un ing\u00e9nieur li\u00e9geois, Eug\u00e8ne Germeau \u2013 dont la descendance constituera une des deux familles propri\u00e9taires des Forges de Clabecq \u2013 du statut de transformatrice \u00e0 celui de productrice d\u2019acier. En effet, une nouvelle usine est inaugur\u00e9e qui comprend des hauts-fourneaux, une aci\u00e9rie, des laminoirs et une centrale \u00e9lectrique. En 1945, Emile Dessy \u2013 figure de proue de l\u2019autre famille propri\u00e9taire des Forges \u2013 relance l\u2019entreprise \u00e0 l\u2019issue de la guerre. A partir de 1964, celle-ci s\u2019agrandit : \u00e0 l\u2019usine de Clabecq vient s\u2019ajouter une nouvelle usine, sur le site proche d\u2019Ittre, comprenant une aci\u00e9rie LD (\u00e0 oxyg\u00e8ne), compl\u00e9t\u00e9e en 1971 par un train \u00e0 t\u00f4les fortes et moyennes, un nouveau haut fourneau (1972) et la premi\u00e8re coul\u00e9e continue \u00e0 brames de Belgique, qui deviendra op\u00e9rationnelle en 1974. En outre, les Forges de Clabecq disposent \u00e9galement de leur propre tr\u00e9filerie. C\u2019est ainsi que, vers la fin des ann\u00e9es 1960, l\u2019entreprise produit, \u00e0 partir de quelque 780.000 tonnes d\u2019acier brut en 1966-1967, des produits plats (t\u00f4les moyennes et fortes) et des produits longs (ronds \u00e0 b\u00e9ton, fil machine et treillis). A l\u2019\u00e9poque, les investissements concernaient essentiellement le nouveau haut fourneau (1972), le laminoir en continu et un projet d\u2019une deuxi\u00e8me coul\u00e9e continue devenue op\u00e9rationnelle en 1977. Ce survol du d\u00e9veloppement des Forges de Clabecq situe l\u2019entreprise comme un petit producteur au niveau europ\u00e9en, jouant sur un double cr\u00e9neau : les t\u00f4les moyennes et fortes et certains produits longs et disposant d\u2019un outil technologiquement performant. Lorsqu\u2019\u00e9clate la crise de la sid\u00e9rurgie europ\u00e9enne et mondiale, fin 1974, ces atouts ne suffiront pourtant pas \u00e0 mettre les Forges de Clabecq \u00e0 l\u2019abri de la tourmente. Comme il ressort de la premi\u00e8re partie de ce Courrier hebdomadaire, l\u2019ampleur de la crise qui frappe l\u2019entreprise braban\u00e7onne n\u2019est gu\u00e8re comparable \u00e0 celle qui affecte les sid\u00e9rurgies li\u00e9geoise et carolor\u00e9gienne, puis le groupe Cockerill Sambre. C\u2019est que si, entre 1975 et 1988, il y a eu des restructurations et des rationalisations aux Forges, elles se sont effectu\u00e9es sans conflits sociaux majeurs, m\u00eame si l\u2019emploi y a \u00e9t\u00e9 fortement atteint. Toutefois, apr\u00e8s une embellie (1988-1990), la situation des Forges va se d\u00e9grader tr\u00e8s rapidement. Une premi\u00e8re alerte s\u00e9rieuse secoue l\u2019entreprise dans le dernier trimestre de 1992, o\u00f9 elle ne doit son salut qu\u2019\u00e0 une intervention de la R\u00e9gion wallonne. Apr\u00e8s deux ann\u00e9es (1993-1994) o\u00f9 les Forges r\u00e9ussissent plus ou moins \u00e0 limiter les d\u00e9g\u00e2ts, la situation se d\u00e9t\u00e9riore \u00e0 nouveau, tr\u00e8s gravement, au cours du deuxi\u00e8me semestre de 1995. Au point qu\u2019en d\u00e9cembre, le pr\u00e9sident-administrateur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9, Pierre Dessy, avoue ne plus contr\u00f4ler la situation et que, \u00e0 la demande de la Soci\u00e9t\u00e9 wallonne pour la sid\u00e9rurgie-SWS, le conseil d\u2019administration commande \u00e0 Laplace Conseil un audit des Forges. Le 24 janvier, les conclusions de l\u2019audit sont soumises au conseil d\u2019administration dont d\u00e9missionnent les principaux repr\u00e9sentants des actionnaires priv\u00e9s. Il faut intervenir : via la SWS, la R\u00e9gion wallonne obtient la nomination de Libert Froidmont, vice-pr\u00e9sident de la SWS, filiale de la Soci\u00e9t\u00e9 r\u00e9gionale d\u2019investissements de Wallonie-SRIW, \u00e0 la t\u00eate des Forges. Parant au plus press\u00e9, celui-ci parvient, apr\u00e8s communication des conclusions de l\u2019audit Laplace, \u00e0 maintenir p\u00e9niblement les Forges \u00e0 flot, avec des fonds propres r\u00e9duits \u00e0 leur plus simple expression (BEF 50 millions) en recentrant la production sur le laminoir (550.500 tonnes de t\u00f4les) et en recherchant des synergies pour commercialiser durablement le surplus de demi-produits (quelque 200.000 tonnes). Une premi\u00e8re table ronde avec les sid\u00e9rurgistes concern\u00e9s par l\u2019\u00e9ventuel sauvetage de Clabecq, \u00e0 savoir les Usines Gustave Bo\u00ebl-UGB, la Fabrique de fer de Charleroi-Fafer et Cockerill Sambre, ne d\u00e9gage aucune solution. C\u2019est pourquoi le ministre-pr\u00e9sident du gouvernement wallon, Robert Collignon, demande un rapport sur l\u2019avenir de la sid\u00e9rurgie wallonne \u00e0 Jean Gandois, pr\u00e9sident de Cockerill Sambre. Le \u2019rapport Gandois\u2019 est connu d\u00e9but juin et ne laisse gu\u00e8re de marges de manoeuvre au gouvernement wallon. Celui-ci, voulant assurer la continuation d\u2019une activit\u00e9 industrielle sur le site de Clabecq, tranche le 14 juin. Le sort des Forges est tr\u00e8s provisoirement r\u00e9gl\u00e9, puisqu\u2019une activit\u00e9 de sid\u00e9rurgie int\u00e9gr\u00e9e (hauts fourneaux, aci\u00e9rie, coul\u00e9e continue, laminoir) y est maintenue sous r\u00e9serve de l\u2019approbation par la Commission europ\u00e9enne de la recapitalisation envisag\u00e9e par le gouvernement wallon via la Soci\u00e9t\u00e9 wallonne pour la sid\u00e9rurgie. Apr\u00e8s une br\u00e8ve r\u00e9trospective pr\u00e9sentant les principaux \u00e9v\u00e9nements qui ont jalonn\u00e9 l\u2019\u00e9volution des Forges de Clabecq durant la p\u00e9riode 1973-1991, le pr\u00e9sent Courrier hebdomadaire s\u2019attache \u00e0 suivre la chronologie des faits principaux qui ont constitu\u00e9 le destin des Forges de Clabecq depuis 1992. Nous nous sommes efforc\u00e9 d\u2019analyser durant ces cinq ann\u00e9es (1992-1996), les prises de position et les strat\u00e9gies des diff\u00e9rents acteurs : la direction de l\u2019entreprise, les actionnaires priv\u00e9s et les d\u00e9l\u00e9gations syndicales des Forges de Clabecq, tout comme les interventions des pouvoirs publics wallons et le contr\u00f4le exerc\u00e9, \u00e0 des moments cruciaux, par la Commission europ\u00e9enne.", "language": "fre", "URL": "https://www.crisp.be/fr/catalogue/1267-les-forges-de-clabecq-chronique-dune-survie-fragile-19921996.html", "author": [ { "family": "Capron", "given": "Michel" } ], "contributor": "", "editor": "", "issued": { "date-parts": [ [ "2026", 8, 9 ] ] }, "container-title": "Courrier hebdomadaire du CRISP", "archive": "www.crisp.be", "journalAbbreviation": "Courrier hebdomadaire", "issue": "1529-1530", "page": null, "ISSN": "", "note": "type: periodical\npublisher :CRISP\npublisher-place : Bruxelles" } ]