[ { "type": "article-journal", "accessed": { "date-parts": [ [ "2026", 10, 22 ] ] }, "title": "L\u2019Union europ\u00e9enne et la pr\u00e9sidence belge - Juillet-d\u00e9cembre 1993", "title-short": "", "abstract": "Lorsque la Belgique prend la pr\u00e9sidence du Conseil des Communaut\u00e9s au 1er juillet 1993, la construction europ\u00e9enne se trouve engag\u00e9e depuis quelques mois dans un retournement de conjoncture. De juin 1984 \u00e0 f\u00e9vrier 1992, elle avait progress\u00e9 sur la voie de la stabilit\u00e9 budg\u00e9taire, de la formation d\u2019un grand march\u00e9 unique, d\u2019une union \u00e9conomique et mon\u00e9taire et d\u2019une politique \u00e9trang\u00e8re et de s\u00e9curit\u00e9 commune, le tout constituant l\u2019Union europ\u00e9enne. Le Conseil europ\u00e9en de Fontainebleau, en juin 1984, avait trouv\u00e9 une solution au probl\u00e8me de la contribution britannique pos\u00e9 depuis 1979 par le Premier ministre britannique Margaret Thatcher. Un an plus tard, celui de Milan convoquait la conf\u00e9rence intergouvernementale qui aboutissait \u00e0 l\u2019Acte unique europ\u00e9en sign\u00e9 en f\u00e9vrier 1986, alors que la Communaut\u00e9 s\u2019\u00e9largit \u00e0 l\u2019Espagne et au Portugal. Un Conseil europ\u00e9en extraordinaire en f\u00e9vrier 1988 assure la s\u00e9curit\u00e9 budg\u00e9taire jusqu\u2019\u00e0 fin 1992. En juin 1989, c\u2019est la marche vers l\u2019union \u00e9conomique et mon\u00e9taire qui prend son d\u00e9part au Conseil europ\u00e9en de Madrid. A Strasbourg, en d\u00e9cembre 1989, les chefs d\u2019Etats et de gouvernement lient le soutien \u00e0 la r\u00e9unification allemande \u00e0 un approfondissement qui aurait pour \u00e9l\u00e9ment substantiel un engagement allemand envers l\u2019union \u00e9conomique et mon\u00e9taire. A la mi-d\u00e9cembre 1990, le Conseil europ\u00e9en de Rome marque l\u2019ouverture des conf\u00e9rences intergouvernementales sur l\u2019union \u00e9conomique et mon\u00e9taire et l\u2019union politique qui aboutit au trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne sign\u00e9 \u00e0 Maastricht le 7 f\u00e9vrier 1992. Pour la fin de l\u2019ann\u00e9e, le grand march\u00e9 doit \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 et le trait\u00e9 de Maastricht entr\u00e9 en vigueur.Ainsi la p\u00e9riode 1984-1992 appara\u00eet comme la troisi\u00e8me p\u00e9riode de relance et d\u2019avanc\u00e9e de la construction europ\u00e9enne, apr\u00e8s les ann\u00e9es 1955-1957 (relance de Messine, n\u00e9gociations de Val Duchesse) qui conduisent \u00e0 la signature des trait\u00e9s de Rome et celles, 1969-1972, qui sont marqu\u00e9es par les sommets de La Haye (d\u00e9cembre 1969), o\u00f9 l\u2019on convient du tryptique \u2019ach\u00e8vement, approfondissement, \u00e9largissement\u2019, et par le Sommet de Paris (octobre 1972) qui programme l\u2019Union europ\u00e9enne et l\u2019union \u00e9conomique et mon\u00e9taire pour 1980.Le d\u00e9bat sur la ratification du trait\u00e9 de Maastricht marque un retournement de tendance qui met un terme aux avanc\u00e9es successives de la p\u00e9riode 1984-1992. Le r\u00e9f\u00e9rendum danois du 2 juin 1992 (50,7% de \u2019non\u2019) et la courte majorit\u00e9 du \u2019oui\u2019 (51,1%) au r\u00e9f\u00e9rendum fran\u00e7ais du 20 septembre manifestent le d\u00e9calage entre de larges fractions de l\u2019opinion publique, lorsque celle-ci est directement consult\u00e9e, et les objectifs et implications de l\u2019Union europ\u00e9enne. Le long d\u00e9bat et le vote serr\u00e9 \u00e0 la Chambre des communes ainsi que les recours contre le trait\u00e9 aupr\u00e8s de la Cour constitutionnelle allemande confirment les interrogations et r\u00e9ticences que les approbations par voie parlementaire relativement ais\u00e9es dans les autres pays ne suffisent pas \u00e0 dissiper.Le d\u00e9senchantement au sein de l\u2019Union doit sans doute beaucoup \u00e0 l\u2019irr\u00e9pressible avanc\u00e9e du ch\u00f4mage et \u00e0 une faible croissance. Celle-ci stagne autour des 2%, celui-l\u00e0 atteint pr\u00e8s de 17 millions de personnes. Pr\u00e9occup\u00e9e de ma\u00eetriser l\u2019effet inflatoire des co\u00fbts de la r\u00e9unification, l\u2019Allemagne pratique une orthodoxie mon\u00e9tariste de taux d\u2019int\u00e9r\u00eats \u00e9lev\u00e9s. Elle entretient aussi une pression sp\u00e9culative qui anticipe une baisse des taux et une politique de relance chez les partenaires de l\u2019Allemagne. Fin juillet 1993, la rigidit\u00e9, ou la fermet\u00e9, de la Bundesbank, qui maintient son taux d\u2019escompte, d\u00e9clenche une fi\u00e8vre sp\u00e9culative qui oblige \u00e0 \u00e9largir de 2,25 \u00e0 15% les marges de fluctuation au sein du Syst\u00e8me mon\u00e9taire europ\u00e9en, hypoth\u00e9quant d\u2019embl\u00e9e l\u2019av\u00e8nement de la monnaie unique pr\u00e9vu au plus t\u00f4t pour 1997.Au ch\u00f4mage et \u00e0 la fragilit\u00e9 mon\u00e9taire s\u2019ajoute l\u2019impuissance de la future Union europ\u00e9enne \u00e0 peser sur le cours de la guerre entre les r\u00e9publiques issues de l\u2019ex-f\u00e9d\u00e9ration yougoslave. Les divergences internes au sein des Douze quant \u00e0 la reconnaissance de ces r\u00e9publiques et au recours \u00e0 la force pour faire respecter les r\u00e9solutions du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019ONU manifestent que cette \u2019grande puissance en train de na\u00eetre\u2019, selon l\u2019expression du pr\u00e9sident F. Mitterrand \u00e0 Maastricht en d\u00e9cembre 1991 \u00e0 propos de l\u2019Union europ\u00e9enne, dispose d\u2019une influence limit\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019un conflit qui se d\u00e9roule \u00e0 sa fronti\u00e8re et qui provoque une crise de conscience de la civilisation europ\u00e9enne elle-m\u00eame.En juillet 1993, lorsque la Belgique prend la pr\u00e9sidence du Conseil des Communaut\u00e9s, on peut se demander si le trait\u00e9 de Maastricht, qui attend encore d\u2019entrer en vigueur, ne tient pas surtout de la superstructure institutionnelle sans prise significative sur les r\u00e9alit\u00e9s \u00e9conomiques et mon\u00e9taires ou sur les crises politiques d\u2019un voisinage imm\u00e9diat. Tel est \u2019l\u2019\u00e9tat de l\u2019Union\u2019 au d\u00e9but du second semestre 1993. Six mois plus tard, apr\u00e8s le Conseil europ\u00e9en de Bruxelles des 10 et 11 d\u00e9cembre, il appara\u00eet sous un jour moins sombre. Les causes du d\u00e9senchantement n\u2019ont pas disparu. Mais la volont\u00e9 politique de les affronter en mettant en oeuvre les moyens du trait\u00e9 de Maastricht a retrouv\u00e9 une cr\u00e9dibilit\u00e9. La pr\u00e9sidence belge s\u2019\u00e9tait donn\u00e9 deux objectifs majeurs et une r\u00e8gle de m\u00e9thode : mettre en oeuvre les nouvelles dispositions du trait\u00e9, accentuer la coordination et l\u2019action communautaire pour relancer la croissance et juguler le ch\u00f4mage, d\u2019une part", "language": "fre", "URL": "https://www.crisp.be/fr/catalogue/1207-lunion-europeenne-et-la-presidence-belge-juilletdecembre-1993.html", "author": [ { "family": "de Wilde d\u2019Estmael", "given": "Tanguy" }, { "family": "Franck", "given": "Christian" } ], "contributor": "", "editor": "", "issued": { "date-parts": [ [ "2026", 3, 18 ] ] }, "container-title": "Courrier hebdomadaire du CRISP", "archive": "www.crisp.be", "journalAbbreviation": "Courrier hebdomadaire", "issue": "1432-1433", "page": null, "ISSN": "", "note": "type: periodical\npublisher :CRISP\npublisher-place : Bruxelles" } ]