[ { "type": "article-journal", "accessed": { "date-parts": [ [ "2026", 10, 6 ] ] }, "title": "Les politiques d\u2019insertion professionnelle des jeunes", "title-short": "", "abstract": "La politique de l\u2019emploi mise en oeuvre par les gouvernements qui se sont succ\u00e9d\u00e9s au cours des ann\u00e9es 80 a mis l\u2019accent sur l\u2019insertion professionnelle des jeunes. Consid\u00e9r\u00e9 comme un probl\u00e8me social aigu, le ch\u00f4mage des jeunes a suscit\u00e9, au cours de cette d\u00e9cennie, de multiples analyses et d\u00e9bats. De 1977 \u00e0 1990, pour compenser la destruction d\u2019emploi, les gouvernements ont pris des dispositions dont l\u2019objectif consiste \u00e0 augmenter le volume global de l\u2019emploi par le subventionnement public de contrats de travail pr\u00e9caires (les programmes de r\u00e9sorption du ch\u00f4mage). Ces mesures ne sont pas prioritairement destin\u00e9es aux jeunes mais s\u2019adressent plus g\u00e9n\u00e9ralement aux ch\u00f4meurs complets indemnis\u00e9s, quel que soit leur \u00e2ge. En 1977, le gouvernement prend les premi\u00e8res dispositions visant \u00e0 favoriser l\u2019embauche des jeunes, dont les effets restent toutefois limit\u00e9s. A partir de 1981, une politique d\u2019insertion professionnelle des jeunes s\u2019\u00e9labore. A l\u2019instar d\u2019autres pays europ\u00e9ens, elle se caract\u00e9rise par le d\u00e9veloppement de dispositifs de formation en alternance dont les buts sont d\u2019am\u00e9liorer la pr\u00e9paration \u00e0 l\u2019entr\u00e9e dans la vie active et de rapprocher l\u2019\u00e9cole et l\u2019entreprise. Les jeunes font d\u00e8s lors l\u2019objet d\u2019une politique sp\u00e9cifique tandis que le passage de l\u2019\u00e9cole \u00e0 l\u2019entreprise est profond\u00e9ment restructur\u00e9. C\u2019est sous deux gouvernements sociaux-chr\u00e9tiens-lib\u00e9raux que cette politique est men\u00e9e, essentiellement sous l\u2019\u00e9gide de trois ministres sociaux-chr\u00e9tiens : D. Coens (ministre n\u00e9erlandophone de l\u2019Education), M. Hansenne (ministre de l\u2019Emploi et du Travail) et J.-L. Dehaene (ministre des Affaires sociales). Durant ces deux l\u00e9gislatures, des dispositions importantes ont \u00e9t\u00e9 prises modifiant de mani\u00e8re substantielle l\u2019organisation institutionnelle du passage de l\u2019\u00e9cole \u00e0 l\u2019emploi. Une premi\u00e8re vague de mesures est prise en 1983-1984 et concerne sp\u00e9cifiquement les jeunes de moins de 18 ans. C\u2019est au cours de ces ann\u00e9es que sont adopt\u00e9s la loi sur l\u2019obligation scolaire qui prolonge la scolarit\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 18 ans, la loi sur l\u2019apprentissage industriel ainsi que l\u2019arr\u00eat\u00e9 royal organisant \u00e0 titre exp\u00e9rimental les centres d\u2019enseignement \u00e0 horaire r\u00e9duit. Une seconde vague de mesures prises en 1987 comprend d\u2019une part, la cr\u00e9ation de dispositifs d\u2019alternance pour les jeunes de 18 \u00e0 25 ans et d\u2019autre part, des mesures d\u2019aide \u00e0 l\u2019embauche bas\u00e9es sur l\u2019exon\u00e9ration des cotisations patronales. La coalition sociale-chr\u00e9tienne-socialiste-VU mise en place en 1988 ne modifie pas fondamentalement ce qui a \u00e9t\u00e9 fait ant\u00e9rieurement. La politique d\u2019insertion professionnelle des jeunes au cours des ann\u00e9es 1989 et 1990 s\u2019inscrit dans la continuit\u00e9 de celle mise en oeuvre par la pr\u00e9c\u00e9dente coalition. Quelques am\u00e9nagements sont apport\u00e9s dont la port\u00e9e consiste surtout \u00e0 reconduire ce qui a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 ant\u00e9rieurement. Deux faits sont n\u00e9anmoins \u00e0 retenir. D\u2019une part, apr\u00e8s une p\u00e9riode o\u00f9 toute la politique d\u2019emploi a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9e sans concertation avec les interlocuteurs sociaux, ces derniers jouent un r\u00f4le non n\u00e9gligeable dans la d\u00e9finition de la politique d\u2019insertion professionnelle, mais aussi, et c\u2019est une nouveaut\u00e9, \u00e0 partir de 1986 en mati\u00e8re de formation. D\u2019autre part, la politique d\u2019insertion professionnelle est concern\u00e9e par les r\u00e9formes institutionnelles de 1988 et 1989. Depuis 1981, la part relative des jeunes parmi les ch\u00f4meurs diminue. Cette diminution se traduit par un glissement de l\u2019int\u00e9r\u00eat port\u00e9 aux jeunes ch\u00f4meurs vers les ch\u00f4meurs de longue dur\u00e9e. Il en a \u00e9t\u00e9 ainsi lors des n\u00e9gociations sur l\u2019accord interprofessionnel de 1990. Dans le cadre de l\u2019\u00e9laboration du budget de 1991, le gouvernement envisage de supprimer durant deux ann\u00e9es l\u2019obligation de recruter des stagiaires en raison de l\u2019\u00e9volution favorable de l\u2019emploi des jeunes. Une partie des moyens ainsi lib\u00e9r\u00e9s doit \u00eatre r\u00e9orient\u00e9e vers les ch\u00f4meurs appartenant \u00e0 ce qu\u2019on appelle les \u2019groupes \u00e0 risques\u2019. Cette proposition est combattue par les employeurs et particuli\u00e8rement par la FEB qui obtient en novembre 1990 le retrait de ce passage du projet de la loi-programme. M\u00eame si la mesure des stages des jeunes, la premi\u00e8re \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 prise pour favoriser l\u2019embauche des jeunes, est maintenue, un changement des priorit\u00e9s semble s\u2019op\u00e9rer tant dans l\u2019analyse du ch\u00f4mage que dans les politiques sociales \u00e0 mener [\u2026]", "language": "fre", "URL": "https://www.crisp.be/fr/catalogue/1119-les-politiques-dinsertion-professionnelle-des-jeunes.html", "author": [ { "family": "Rea", "given": "Andrea" } ], "contributor": "", "editor": "", "issued": { "date-parts": [ [ "2026", 1, 4 ] ] }, "container-title": "Courrier hebdomadaire du CRISP", "archive": "www.crisp.be", "journalAbbreviation": "Courrier hebdomadaire", "issue": "1306-1307", "page": null, "ISSN": "", "note": "type: periodical\npublisher :CRISP\npublisher-place : Bruxelles" } ]