[ { "type": "article-journal", "accessed": { "date-parts": [ [ "2026", 8, 10 ] ] }, "title": "Les relations entre les mouvements belge et sovi\u00e9tique pour la paix", "title-short": "", "abstract": "L\u2019analyse traditionnelle de la relation entre le mouvement occidental pour la paix et l\u2019Etat sovi\u00e9tique ne porte que marginalement sur leurs divergences id\u00e9ologiques ou sur leurs conflits d\u2019int\u00e9r\u00eat. Les \u00e9crits critiques sur le mouvement pour la paix, publi\u00e9s en Occident, et les \u00e9crits soutenant les actions pour la paix publi\u00e9s en Union sovi\u00e9tique, insistent g\u00e9n\u00e9ralement sur une convergence de vue ou d\u2019int\u00e9r\u00eat. Les premiers pr\u00e9tendent que le mouvement occidental pour la paix sert les int\u00e9r\u00eats de l\u2019Etat sovi\u00e9tique, tandis que les seconds affirment que la diplomatie sovi\u00e9tique a toujours servi les objectifs de ce mouvement. Les premiers remarquent en outre que les objectifs du mouvement occidental pour la paix sont \u00e9galement propag\u00e9s par les m\u00e9dias sovi\u00e9tiques, tandis que ceux-ci voient dans les actions pour la paix une confirmation pure et simple du point de vue sovi\u00e9tique.L\u2019existence de d\u00e9saccords entre des organisations occidentales de paix et le gouvernement sovi\u00e9tique n\u2019est pas ni\u00e9e, mais elle est toujours consid\u00e9r\u00e9e comme mineure et sans influence d\u00e9cisive sur le caract\u00e8re politique ou sur l\u2019\u00e9volution m\u00eame du mouvement international pour la paix. Du c\u00f4t\u00e9 occidental, les analyses critiques du mouvement pour la paix affirment que, quelque soit l\u2019ampleur des divergences de vues, l\u2019action pour la paix tend \u00e0 affaiblir le syst\u00e8me de d\u00e9fense occidental, ce qui sert uniquement les int\u00e9r\u00eats sovi\u00e9tiques. Les \u00e9crits sovi\u00e9tiques, quant \u00e0 eux, ne veulent voir, dans les critiques \u00e9manant du mouvement occidental pour la paix \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la politique du Kremlin, qu\u2019autant de preuves suppl\u00e9mentaires de manipulations par des groupes anti-sovi\u00e9tiques et de d\u00e9sinformation par les m\u00e9dias occidentaux.Les mots \u2019noyautage\u2019 et \u2019manipulation\u2019 sont pr\u00e9sents dans les deux analyses, apparemment oppos\u00e9es, comme concepts clefs. Dans la majorit\u00e9 des publications sovi\u00e9tiques, ces concepts sont utilis\u00e9s pour pallier \u00e0 toute critique \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019Union sovi\u00e9tique. Elles permettent \u00e9galement \u00e0 bon nombre d\u2019observateurs occidentaux d\u2019expliquer le degr\u00e9 d\u2019organisation du mouvement pour la paix durant la derni\u00e8re d\u00e9cennie. Selon ces observateurs, les mobilisations pour la paix se seraient faites sous l\u2019impulsion d\u2019organisations comme le Conseil mondial de la paix ou par les partis communistes, tous d\u2019ob\u00e9dience sovi\u00e9tique. Selon certaines analyses occidentales, le Parti communiste de Belgique aurait, par exemple, contr\u00f4l\u00e9 dans une certaine mesure les diff\u00e9rents organes belges de coordination de paix, cr\u00e9\u00e9s dans les ann\u00e9es septante.Cette vision des choses ne r\u00e9siste pas \u00e0 une analyse approfondie des rapports entre les mouvements belge et sovi\u00e9tique pour la paix. Une convergence de vues entre les organes de coordination du mouvement belge pour la paix et le Comit\u00e9 sovi\u00e9tique de d\u00e9fense de la paix (organisation qui a pour objectif de d\u00e9fendre le point de vue gouvernemental dans le mouvement international pour la paix), existe effectivement \u00e0 bien des \u00e9gards. Ces organisations d\u00e9fendent actuellement des positions comparables concernant le renforcement de l\u2019armement nucl\u00e9aire et chimique de l\u2019OTAN, le projet am\u00e9ricain \u2019Initiative de d\u00e9fense strat\u00e9gique\u2019, etc. Les organes belges de coordination de paix plaident, tout comme le Comit\u00e9 sovi\u00e9tique de d\u00e9fense de la paix, pour un d\u00e9veloppement de la d\u00e9tente entre l\u2019Est et l\u2019Ouest et pour des mesures de confiance aux niveaux militaire et politique. Tous deux proposent la cr\u00e9ation de zones r\u00e9gionales d\u00e9nucl\u00e9aris\u00e9es et exemptes d\u2019armes chimiques comme un premier pas vers un d\u00e9sarmement g\u00e9n\u00e9ral, tandis que le gouvernement belge, en d\u00e9fendant ici le point de vue de l\u2019OTAN, consid\u00e8re de telles initiatives r\u00e9gionales comme contre-productives dans la recherche d\u2019accords globaux.Le pr\u00e9sent Courrier hebdomadaire, en portant essentiellement sur les diff\u00e9rences et les divergences entre les mouvements, ne cherche pas \u00e0 minimiser l\u2019importance de ces convergences. Nous supposons simplement qu\u2019une analyse approfondie des contradictions objectives et des divergences dans le mouvement international pour la paix est essentielle \u00e0 la compr\u00e9hension de son \u00e9volution.Cette \u00e9tude retrace, en premier lieu, les grandes lignes de l\u2019histoire des relations entre les mouvements belge et sovi\u00e9tique pour la paix durant les ann\u00e9es cinquante et soixante. Une telle analyse historique permet de mieux comprendre la sp\u00e9cificit\u00e9 des positions du \u2019nouveau\u2019 mouvement pour la paix, apparu \u00e0 la fin des ann\u00e9es septante. L\u2019impact de la restructuration (perestro\u00efka) du syst\u00e8me sovi\u00e9tique sur les relations entre les mouvements belge et sovi\u00e9tique pour la paix est ensuite \u00e9tudi\u00e9e.Notre analyse se limite aux activit\u00e9s du mouvement pour la paix dirig\u00e9es contre une guerre nucl\u00e9aire possible, sans traiter des nombreuses mobilisations contre les guerres conventionnelles dans le tiers monde (Cor\u00e9e, Alg\u00e9rie, Vietnam, etc.). L\u2019article se limite, en outre, aux deux p\u00e9riodes indiqu\u00e9es. Le mouvement pour la paix a en effet connu durant les ann\u00e9es cinquante, soixante et quatre-vingt les mobilisations contre l\u2019arme nucl\u00e9aire les plus importantes de l\u2019apr\u00e8s-guerre. En cons\u00e9quence, nous ne retra\u00e7ons ni l\u2019historique du Comit\u00e9 international pour la s\u00e9curit\u00e9 et la coop\u00e9ration europ\u00e9ennes, cr\u00e9\u00e9 en 1972, o\u00f9 les repr\u00e9sentants belges et sovi\u00e9tiques ont jou\u00e9 un r\u00f4le primordial, ni son influence sur la conclusion de l\u2019Acte final de la Conf\u00e9rence sur la s\u00e9curit\u00e9 et la coop\u00e9ration europ\u00e9ennes, sign\u00e9 \u00e0 Helsinki le 1er ao\u00fbt 1975.", "language": "fre", "URL": "https://www.crisp.be/fr/catalogue/1037-les-relations-entre-les-mouvements-belge-et-sovietique-pour-la-paix.html", "author": [ { "family": "Coppieters", "given": "Bruno" } ], "contributor": "", "editor": "", "issued": { "date-parts": [ [ "2026", 2, 19 ] ] }, "container-title": "Courrier hebdomadaire du CRISP", "archive": "www.crisp.be", "journalAbbreviation": "Courrier hebdomadaire", "issue": "1190", "page": null, "ISSN": "", "note": "type: periodical\npublisher :CRISP\npublisher-place : Bruxelles" } ]