interview de Vincent de Coorebyter par Véronique Lamquin, parue dans Le Soir, 2 janvier 2015, 6 p.
À première vue, 2014 aura été une année de clivages, de contestations, d’émergence de mouvements citoyens. Lames de fond ou phénomènes conjoncturels ?
Les @nalyses en ligne
La neutralité n’est pas neutre
par Vincent de Coorebyter, paru sur L. Abedinaj, L. Blésin, D. Cabiaux, F. Wibrin (dir.), Neutralité et faits religieux. Quelles interactions dans les services publics ?, Louvain-la-Neuve, Academia L'Harmattan, collection « Islams en changement », 2014, p. 19-42
La neutralité n’est pas neutre. Cette assertion peut surprendre, et elle est en tout cas faite pour interpeller, c’est-à-dire pour indiquer d’entrée de jeu que le choix de la neutralité, qui est en apparence le plus neutre de tous, est un acte hautement politique, et ce pour de multiples raisons.
Les @nalyses en ligne
La crise du système démocratique
par Vincent de Coorebyter, paru dans La Revue nouvelle, n° 9-10, septembre-octobre 2014, p. 16-21
Nous vivons une crise structurelle du système démocratique, une crise inhérente, peut-être pas à son fonctionnement d’origine, mais à ses grandes caractéristiques telles qu’on les connait depuis un siècle. Le système semble incapable de développer l’adhésion de l’électeur ordinaire. Du point de vue du citoyen, en regardant les effets et non les causes, on identifie aisément deux types d’aliénations propres au suffrage universel, qui sont très puissantes et se renforcent mutuellement.
Les @nalyses en ligne
Démocratie enrayée et aspirations de l’individu contemporain
par Vincent de Coorebyter, paru dans La démocratie, enrayée ?, Bruxelles, Académie royale de Belgique, collection « Actes de colloque », 2013, p. 261-268
Que la démocratie soit enrayée, bloquée, c’est désormais une évidence. Mais quel rapport entretenons-nous, en tant qu’individus, avec ce blocage ? Sur fond de quelle attente, en fait, ce blocage apparaît-il ? Qu’attendons-nous de la démocratie, et que sommes-nous prêts à lui apporter, nous qui en déplorons les limites et les faiblesses ? En un mot : qui sommes-nous, ici et aujourd’hui, en Europe occidentale et en particulier les moins de 50 ans, les plus représentatifs de la nouvelle donne dont ce texte tente de dresser le tableau ?
Courrier hebdomadaire
Les résultats des élections communales du 14 octobre 2012 à Bruxelles
Courrier hebdomadaire n° 2193, par Vincent de Coorebyter, 47 p., 2013
Le 14 octobre 2012 ont eu lieu dans les communes belges les élections pour le renouvellement des conseils communaux. Le présent Courrier hebdomadaire est consacré à la présentation des résultats de ce scrutin dans les 19 communes de la Région de Bruxelles-Capitale. Plusieurs évolutions marquantes sont mises en évidence par l’analyse. À l’inverse du scrutin précédent, le taux de participation bruxellois est en baisse, avec une perte de 3,8% des inscrits. S’élevant à 82,9% en moyenne, ce niveau est le plus faible des trois régions. En termes de rapports de force, le résultat le plus frappant réside dans un affaiblissement des positions dominantes. Cela contraste avec les résultats de 2006, qui avaient au contraire renforcé ces positions. La nouvelle tendance se traduit, d’une part, par la diminution du nombre de communes dans lesquelles une liste détient la majorité absolue en sièges et, d’autre part, par les importants changements survenus dans l’attribution des postes de bourgmestre. On note aussi que, davantage qu’en 2006, la répartition des maïorats diffère de celle des positions de premier parti. Par ailleurs, de nombreux changements affectent la composition des coalitions communales, notamment suite à la rupture entre le MR et le FDF. Vincent de Coorebyter étudie successivement les résultats obtenus par les listes flamandes et la stratégie des partis flamands, puis les résultats globaux obtenus par les principaux partis francophones, et enfin les résultats des autres listes. Tout en tenant compte des nombreuses situations singulières, les calculs effectués ici permettent de déterminer qui, du PS ou du MR, occupe la première position au terme du scrutin communal, de voir où se situe le FDF depuis sa rupture avec le MR, d’établir qui, entre le CDH et Écolo, l’emporte sur son rival, et de constater le net effondrement de l’extrême droite. Une comparaison est établie entre les coalitions conclues à l’issue des deux scrutins de 2006 et 2012.
Les @nalyses en ligne
Secret du vote, transparence de l’élection
par Vincent de Coorebyter, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 12 septembre 2013
En Belgique comme dans les autres démocraties, le secret du vote ne fait pas débat et ne retient plus guère l’attention. Cette règle est entrée dans les mœurs et nous paraît naturelle. On pourrait pourtant s’en étonner, car le secret est généralement considéré comme une pratique antidémocratique, le signe que des décideurs ont quelque chose à cacher. La transparence constitue même une des règles de base de la démocratie, comme en atteste la publicité des débats parlementaires. Le secret du vote lors des élections apparaît donc comme une enclave dans un système voué à la publicité, voire à la transparence.
Les @nalyses en ligne
Vers des élections anti-européennes ?
par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 27 juin 2013, p. 13
Les élections du 25 mai 2014 retiennent surtout l’attention, en Belgique, par le cumul des scrutins (fédéral, régions, communautés) et par la perspective d’un nouveau succès de la N-VA. Elles pourraient pourtant se singulariser à un autre titre : ce sera également un jour d’élections européennes, et pour la première fois l’Europe pourrait constituer un des enjeux majeurs de la campagne. L’image de l’Europe s’est en effet fortement dégradée, au point qu’on ne peut écarter, même en Belgique, l’hypothèse d’un vote anti-européen. Ce texte passe en revue quelques-uns des facteurs qui ont contribué à cette dégradation. Les autorités européennes devraient tenir compte de cette évolution si elles veulent éviter que le renouvellement du Parlement européen soit l’occasion de sanctionner l’orientation même de la construction européenne.
Les @nalyses en ligne
Nous ne sommes pas relativistes
par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 29 mai 2013, p. 15
Le relativisme occupe une place particulière dans les débats sur la société multiculturelle dans laquelle nous vivons désormais. Il est rarement invoqué de manière explicite, peut-être parce que le fait d’être relativiste n’est pas considéré comme positif ou mobilisateur. Mais le relativisme n’en constitue pas moins la toile de fond des discussions en cours. La reconnaissance de nouvelles identités ou religions ne serait pas envisageable si l’on ne postulait pas que la société est assez ouverte, pluraliste et tolérante – en un mot, relativiste – pour accepter de faire une place à des traditions culturelles alternatives. En outre, une des manières de faire accepter de nouvelles valeurs, d’origine parfois lointaine, consiste à relativiser toutes les valeurs, à inviter chacun à reconnaître ce que ses propres valeurs ont de contingent. Pourtant, le relativisme est loin de dominer les mentalités. Ceux qui revendiquent la reconnaissance d’une culture minoritaire ne relativisent précisément pas cette culture, tandis que ceux qui sont invités à l’accepter ne sont pas forcément aussi relativistes, voire indifférents à ce qu’il leur est proposé d’accepter, qu’on ne le postule.
Les @nalyses en ligne
Le retour de la vieille France
par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 24 avril 2013, p. 15
L’opposition à la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux homosexuels, en France, a frappé les imaginations par son insistance et par sa radicalité croissante. Le sujet a été abondamment commenté dans les médias belges, et a alerté des associations de nature diverse. Il donne dès lors l’occasion de réfléchir aux conditions dans lesquelles s’engage un combat idéologique, qui n’a de sens que si l’on ne se trompe pas d’adversaire et si l’on identifie correctement sa position. Or il faut se méfier, dans ce domaine, des grilles d’analyse qui viennent spontanément à l’esprit et qui ne sont pas nécessairement les plus appropriées. En l’occurrence, il n’est pas inexact d’inscrire l’opposition au mariage homosexuel au registre du clivage Église/État, mais cette interprétation est réductrice. Cette chronique tente de montrer quelle part il faut faire, dans le domaine des idées, aux héritages historiques, qui sont souvent invisibles car redevables du passé, mais qui modèlent toujours les mentalités.
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Référentiels explicites et évidences implicites
par Vincent de Coorebyter, paru dans Conceptions du dialogue interculturel en Wallonie et à Bruxelles, Bruxelles, Administration générale de la Culture, collection « Culture-Education permanente », n° 16, 2012, p. 25-34
Le dialogue entre les cultures apparaît comme une nécessité dans les sociétés multiculturelles : il est le garant d’une certaine qualité du vivre ensemble, d’une compréhension réciproque, voire de l’apaisement des conflits de valeurs. La question se pose, néanmoins, de savoir quels segments de culture doivent entrer en dialogue ou pouvoir se confronter. Spontanément ou inconsciemment, ce sont des valeurs explicites, théorisées, conscientes d’elles-mêmes, qui sont mises en dialogue. Or ce n’est pas nécessairement autour de ces référentiels de valeurs explicites que des malentendus sont à craindre ou que des dissensions sont à aplanir. On développera au contraire l’hypothèse, dans cet article, que les différends les plus sensibles portent sur des évidences implicites dont ni la société d’accueil ni les personnes issues de l’immigration n’ont forcément conscience.
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Les ambiguïtés du parcours d’accueil
par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 27 mars 2013, p. 15
Pendant plusieurs années, le monde politique francophone s’est demandé s’il ne devrait pas s’inspirer du décret flamand sur l’« inburgering » pour créer un parcours d’intégration, obligatoire ou non, à l’intention des nouveaux immigrants. En 2009, une telle perspective était annoncée dans les déclarations des gouvernements francophones concernés. Des avant-projets de décret sont actuellement en discussion à la Région wallonne et à la COCOF, et permettent de faire le point sur les dispositifs prévus. L’examen de ces projets, et leur mise en relation avec la réforme récente du code de la nationalité belge, permettent de comprendre la philosophie des dispositifs annoncés mais aussi de pointer un certain nombre d’ambiguïtés qui ne manqueront pas de nourrir le débat, voire de susciter certaines oppositions, au sein des associations concernées par ces enjeux.
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La N-VA, objet politique non identifié
par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 27 février 2013, p. 13
Le rebond de la N-VA dans les sondages d’intentions de vote repose la question des motifs de sa popularité. Tout le monde s’accorde sur l’efficacité de sa stratégie de communication, mais la nature de cette stratégie et des messages qu’elle permet de faire passer reste difficile à définir. Une des singularités de cette stratégie consiste à communiquer sur des symboles davantage que sur des principes, à réagir à des événements précis plutôt qu’à défendre une vue d’ensemble, et à ne pas expliciter les cibles ou certains des projets de la N-VA afin d’éviter les reproches ou les controverses de fond. Cette manière de communiquer tout en se dérobant explique pourquoi la N-VA ne peut pas être qualifiée de parti populiste, alors que ses accents et ses thèmes privilégiés la rapprochent de cette tendance depuis les élections fédérales de 2010.
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Mittal, patron voyou ?
par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 30 janvier 2013, p. 13
La décision d’ArcelorMittal de fermer sept outils de la phase à froid dans le bassin sidérurgique liégeois a suscité une levée de boucliers. Elle a été interprétée comme le point d’orgue d’une stratégie cynique, de la part de Mittal, consistant à multiplier les demandes d’aide publique lors de ses décisions d’investissement et à ne pas tenir ses promesses lorsque son intérêt lui suggère de désinvestir. Lakshmi Mittal est ainsi devenu le symbole du patron voyou. La condamnation morale dont il fait l’objet, notamment de la part du monde politique, a pour conséquence de rejeter toute la responsabilité sur sa recherche effrénée de profit. Mais raisonner de la sorte revient à occulter le fait que le système d’aides aux entreprises organise et avalise cette recherche de profit, les aides étant précisément conçues pour que les patrons y voient un motif d’investir ici plutôt que là. Loin que les patrons soient des hors-la-loi qui bafouent les règles, ce sont des procéduriers qui s’engouffrent dans le système pour en exploiter toutes les ressources. Il faudrait donc réfléchir aux effets pervers du système plutôt que de dénoncer des comportements individuels.
Les @nalyses en ligne
Pièges et limites d’une culture du respect
par Vincent de Coorebyter, paru dans Les @nalyses du CRISP en ligne, 27 décembre 2012
Dans le cadre d’un colloque militant pour le développement d’une culture du respect, la question a été posée des pièges et des limites éventuelles d’une obligation universelle de respect. Cet article s’efforce de baliser ces pièges et ces limites, en optant pour un point de vue non pas utopique ou normatif mais sociologique, qui tienne compte des dynamiques sociales effectives. L’impératif de respect y est également mis en balance avec l’exercice des libertés fondamentales, dont la liberté de jugement.
Dossiers
Fédéralisme et confédéralisme (2012)
Dossier n° 79, par Étienne Arcq, Vincent de Coorebyter, Cédric Istasse, 125 p., 2012
La Belgique est un État fédéral. Pourtant, des acteurs politiques et des spécialistes du droit pensent qu’elle tend au confédéralisme. La même hésitation existe pour l’Union européenne, qui est juridiquement une organisation internationale mais qui évolue vers un destin fédéral aux yeux de beaucoup d’observateurs. La première partie de ce Dossier clarifie les concepts d’État fédéral, de confédération, d’organisation internationale, etc. Ces notions sont mises à la portée de tous par des définitions simples et de nombreux exemples. La deuxième partie porte sur la Belgique. Elle est un État authentiquement fédéral, mais très singulier si on le compare aux modèles les plus connus d’États fédéraux. Elle possède aussi des traits confédéraux qui sont mis en avant par des acteurs politiques désireux de nouvelles réformes. La troisième partie porte sur l’Union européenne. Après une présentation schématique des institutions de l’Union, elle évalue ce qui, dans leur fonctionnement, relève du modèle fédéral voulu par certains de ses fondateurs. Des encadrés développent des exemples ou illustrent les analyses. Un glossaire définit les principaux termes techniques utilisés.
Les @nalyses en ligne
La constitutionnalisation de la laïcité
par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 28 novembre 2012, p. 15
Le président des FDF, Olivier Maingain, a déposé une proposition de révision de la Constitution en vue d’inscrire la laïcité dans la loi fondamentale belge. Cette initiative a provoqué un intéressant débat, notamment entre deux constitutionnalistes en vue, Francis Delpérée et Marc Uyttendaele, le premier jugeant que la Belgique constitue déjà un État laïque, le second estimant à l’inverse que la constitutionnalisation de la laïcité entraînerait des bouleversements majeurs. Cette chronique s’efforce d’éclairer les termes du débat en présence, en vérifiant notamment ce que l’exemple français, sous-jacent à la discussion, nous enseigne sur le principe de laïcité.
Les @nalyses en ligne
La N-VA est-elle dans l’impasse ?
par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 31 octobre 2012, p. 13
Les élections du 14 octobre 2012 ont été marquées par la victoire de la N-VA en Flandre, et particulièrement à Anvers. Après le scrutin, la N-VA s’est prononcée en faveur d’une nouvelle réforme institutionnelle, donnant rendez-vous à la Flandre en 2014. Pourtant, l’analyse des chiffres (y compris ceux des élections provinciales, parfois occultées) montre que la victoire de la N-VA n’est pas aussi éclatante qu’en 2010, et qu’elle s’accompagne d’un recul global du bloc nationaliste flamand. En outre, la N-VA s’est engagée depuis 2010 dans un nouveau discours politique, franchement populiste, qui peut la rendre dépendante de l’électorat repris au Vlaams Belang et compromettre ses chances de recréer un axe avec son meilleur allié potentiel, le CD&V. Il importe donc de bien mesurer la place occupée par la N-VA sur l’échiquier politique flamand.
Les @nalyses en ligne
Comme un sentiment de malaise
par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 26 septembre 2012, p. 11
Les élections communales sont présentées comme un scrutin de proximité, le plus à même de réconcilier les citoyens avec la politique. Pourtant, à l’approche des élections du 14 octobre 2012, on a perçu un sentiment de malaise au sein des médias francophones. D’une part, ils donnaient l’impression que le scrutin était déjà joué, en Flandre parce que les sondages annonçaient une nouvelle victoire historique de la N-VA, et du côté francophone parce que de nombreux accords préélectoraux semblaient avoir été passés entre les partis. En outre, des pratiques légales mais éthiquement discutables ont fait l’objet d’une critique insistante, comme le recours aux bourgmestres empêchés ou aux candidats destinés à séduire un groupe religieux ou ethnique déterminé. Il s’imposait donc de faire le point sur ces motifs de malaise, et de souligner qu’il est possible de les dissiper par des réformes législatives pour autant que l’on en ait la volonté.
Courrier hebdomadaire
La préparation des élections communales et provinciales du 14 octobre 2012
Courrier hebdomadaire n° 2150-2151, par Pierre Blaise, Vincent de Coorebyter, Jean Faniel, 138 p., 2012
Ce Courrier hebdomadaire rappelle tout d’abord la situation politique issue de l’élection communale de 2006 : poids des partis au lendemain du scrutin dans chacune des régions et majorités dans les grandes villes wallonnes et flamandes. Ensuite, il propose une approche globale des stratégies de dépôt des listes pour le scrutin de 2012, l’analyse étant plus fouillée pour Bruxelles et pour les grandes villes. Une attention particulière est accordée aux communes à statut linguistique spécial situées dans la périphérie bruxelloise et le long de la frontière linguistique. La situation dans la grande périphérie flamande de Bruxelles est également prise en compte. La même analyse est faite pour les provinces : rappel de la situation politique et analyse de la stratégie de dépôt des listes. Pour la deuxième fois depuis la régionalisation décidée en 2001, les élections communales et provinciales sont organisées par les régions. Diverses modalités d’application différant dès lors d’une région à l’autre, les principales règles en vigueur et leurs modifications récentes sont rappelées pour chacune des trois régions.
Les @nalyses en ligne
De la difficulté à parler du « vivre ensemble »
par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 5 juin 2012, p. 12
Les événements de Molenbeek ont relancé le débat sur l’intégration et sur le « vivre ensemble » dans un contexte très particulier : l’interpellation d’une Belge convertie portant le niqab, et l’intervention saisissante d’un groupuscule extrémiste, Sharia4Belgium. Le débat lui-même s’est focalisé, du côté francophone, sur la création de parcours d’intégration pour les primo-arrivants, alors que les questions les plus lancinantes concernent les personnes nées en Belgique ou qui y sont installées de longue date. De manière générale, le débat reste entravé par des postulats qui handicapent une véritable confrontation des points de vue, alors que sa toile de fond, initialement favorable à une dynamique inclusive, s’est profondément transformée. Il reste donc encore, pour cadrer la discussion, à s’accorder sur les motifs légitimes de désaccord.
Les @nalyses en ligne
Une même crise pour deux scrutins
par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 8 mai 2012, p. 15
Le 6 mai 2012, l’élection présidentielle française et les élections législatives en Grèce débouchaient sur des résultats apparemment inverses : victoire d’un candidat du « système » en France, déroute des partis de gouvernement en Grèce. La situation des deux pays est également très différente. Mais cela rend d’autant plus frappant le fait que le scrutin grec apparaît comme une caricature du scrutin français, où les partis radicaux avaient obtenu un tiers des voix au premier tour. Par-delà la crise, et par-delà les issues politiques immédiates, on peut donc se demander si ces élections ne révèlent pas un malaise profond, qui tiendrait dans le recul conjoint de la liberté individuelle et de la souveraineté populaire.
Les @nalyses en ligne
Pourquoi le populisme est-il de droite ?
par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 11 avril 2012, p. 13
Pour ceux qui entendent le combattre, le populisme reste un adversaire difficile à définir. C’est particulièrement le cas en Europe de l’Ouest, où le populisme est marqué à droite, alors que de prime abord la dénonciation des élites et de leurs privilèges devrait plus naturellement être le fait de partis de gauche. Il convient donc de revenir sur ce qui caractérise le populisme européen pour en cerner la nature et ne pas employer l’étiquette de populisme de manière trop large.
Les @nalyses en ligne
Le sens de la présidentielle française
par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 13 mars 2012, p. 13
L’élection présidentielle française fascine les observateurs et les médias, et son apparence de clarté n’y est pas pour rien. Ce scrutin aux règles remarquablement simples semble être d’une lisibilité parfaite, ce qui permet à chacun d’essayer de dégager le sens de cette élection. A l’analyse, pourtant, il s’avère que cette impression de clarté et cette idée de « sens » sont trompeuses, la logique d’une élection étant précisément de ne pas construire du sens mais de l’écarter ou de le brouiller. Petite tentative de décryptage, à l’heure où la campagne bat son plein.
Les @nalyses en ligne
« Un problème de légitimité démocratique, incontestablement »
par Vincent de Coorebyter, paru dans Espace de Libertés, n° 405, 1er février 2012, p. 5-8
Les sommets européens successifs consacrés au sauvetage de la Grèce et de la zone euro, et les décisions de plus en plus lourdes de conséquences qui y sont prises ou qui les accompagnent, ont posé crûment la question du caractère démocratique ou non des enceintes de décision internationales, en particulier en situation de crise. Sans prétendre répondre à cette question en détail, cet entretien s’efforce de la poser dans des termes exacts en revenant sur les principes de base du fonctionnement démocratique, et notamment sur les notions, parfois trompeuses et souvent ambiguës, de mandat, de représentation, de légitimité démocratique, de volonté populaire, etc.
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La bouteille à encre francophone (bis)
par Vincent de Coorebyter, paru dans Le Soir, 14 février 2012, p. 13
Dans une interview au « Soir », Benoît Lutgen a brisé une lance en faveur d’une gestion paritaire plutôt que politique des compétences à transférer aux entités fédérées. Il a ainsi ouvert un débat, qui pourrait réserver bien des surprises, sur le mode de gouvernance des futures politiques sociales des entités fédérées francophones. Son interview repose aussi la question de l’éclatement du paysage institutionnel francophone, écartelé entre la Région wallonne, la Communauté française, la COCOF et les deux entités fédérées bilingues à Bruxelles, la Région et la Commission communautaire commune. Les projets de gestion francophone intégrée doivent tenir compte des règles constitutionnelles, qui donnent un pouvoir considérable aux Bruxellois néerlandophones et qui ne les encouragent pas à s’arrimer à une authentique fédération entre la Wallonie et Bruxelles, dans laquelle leur pouvoir serait dilué.